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dalaï-lama

  • Dalaï-lama, compassion et nous

    Je n’appartiens pas au million de sympathisants ou « pratiquants » boudhistes qui vivraient actuellement en France.

     

    C’est, toutefois, avec un intense intérêt que j’avais observé la conversion à cette philosophie/doctrine de Maurice Béjart - voir ici le 26.12.2007 Maurice Béjart : Le corps libéré - être exceptionnel tant comme artiste que comme personne douée à un haut niveau de qualités humaines et spirituelles.

     

    Le hasard du quotidien, il y a quelques jours, m’a fait saisir dans le Val d’Oise, chez des personnes qui m’accueillent toujours avec bienveillance, un livre de sa sainteté le Dalaï-lama pour tromper une attente la nuit venue sur le quai d’une gare de banlieue.

     

    Ce soir là j’ai navigué avec ce chef spirituel dans ce qu’il disait de la compassion. En quelque sorte son art de vivre.

     

    Propos venus de Puissance de la compassion Evoluer dans la réconciliation avec autrui et soi-même, édition Pocket 2001. La première parution est antérieure de quelques années.

     

    La partie 4, pages 65 à 84, de cet ouvrage de 190 pages est intitulée Donner et recevoir. La pratique de l’amour et de la compassion.

     

    Après avoir déclaré que la compassion est « magique », l’auteur nous conduit à méditer sur la vie humaine. Tout spécialement les débuts et fins de toute vie où « nous dépendons considérablement de l’affection d’autrui » (p. 68)

     

    Il précise :

    « Le corps humain n’aime rien tant que la paix de l’esprit. Tout ce qui nous perturbe affecte notre santé, preuve que notre structure globale est adaptée à un environnement incluant l’amour. Nous possédons intérieurement un potentiel de compassion, dont il faut prendre conscience, pour l’enrichir et tenter de le mettre à profit. Là, et là seulement, réside le choix qui incombe à l’homme ici-bas. » (p. 68)

     

    Le véritable amour, la vraie compassion diffèrent de l’attachement, lequel se borne souvent

    à un sentiment de possession  (voir page 69)

     

    La compassion dont parle SS le Dalaï-lama "nous incline à considérer les autres comme plus important que nous-mêmes ". (p.70)

     

    Pour autant l’auteur respecte l’amitié, une « amitié sincère », « celle du cœur et non celle que suscite la position sociale ». (p.75)

    Proche de l’amitié, l’affection fraternelle. Celle que le dalaï-lama et son frère ont eu l’un envers l’autre, ayant vécu des années ensemble, se chamaillant dans leur jeunesse. Plus tard, ayant fui ensemble le Tibet. Or, ce frère est décédé. Et Sa Sainteté, comme n’importe quel humain, de se demander ce que devient ce frère ? Réincarné ? Ou pas ? Où est-il ? Que fait-il ? Etc….

     

    Dans Puissance de la compassion, il applique ensuite celle-ci à différents domaines pratiques. Dont celui de l’éducation et de la santé.

    « Croyants ou non, la compassion que vous montrerez à l’endroit des enfants scolarisés et des étudiants, aujourd’hui et demain, en dehors des résultats aux examens scolaires, fera de vous un enseignant efficace. Vos élèves en auront le souvenir pour le restant de leur vie.

      Sur le terrain de la médecine et de la santé, une maxime tibétaine affirme que l’efficacité du traitement dépend de la chaleur du cœur du médecin. Dans cet esprit, si une thérapie se révèle inopérante, on critique la personnalité du médecin en s’interrogeant sur ses capacités et sa bonté, ce qui n’améliore pas sa réputation. Certains se voient parfois traiter de tous les noms ! Il e fait aucun doute qu’en médecine la motivation compassionnelle est déterminante. » (p.76-77)

     

    « Pour toutes ces raisons, je pense que la compassion – qu’il m’arrive également d’appeler « affection » - est la clé de toutes les activités humaines ». (p.78)

     

    « Je suis convaincu que notre courage grandit avec la force de notre altruisme et qu’ainsi nous sommes moins enclins au découragement et au désespoir. La compassion est donc source de force intérieure. Lorsqu’elle s’accroît, on peut être ferme et déterminé, ce qui favorise le succès quels que soient les obstacles à affronter ». (p.80)

     

    « Quelle que soit la tradition ou la philosophie abordée, les notions de compassion, d’amour et de pardon forment une sorte de fonds commun des religions.» (p.81)

     

    Etant précisé ici que les « sans religion » ont place égale dans mon esprit et mon cœur avec les concernés par telle ou telle religion ou philosophie.

     

    Si intégrer le sentiment d’amour et de compassion – tel que minutieusement décrit par l’auteur – à son vécu habituel est porteur de conséquences positives sur le mental et la santé, que l’on soit croyant ou incroyant, il faut réaliser que cette mutation prend du temps.

     

    Ce qui n’empêche pas de commencer à faire le premier pas.

     

    Rien ne se perd de nos actes, de nos pensées, de nos sentiments.

     

    Il est cependant essentiel d’être en totale sincérité avec soi-même et ce qui est pensé et souhaité. D’avoir le cœur pur, en quelque sorte. Même si cette expression peut sembler « ringarde » ces temps-ci, elle exprime bien ce qu’elle veut dire.

     

    Le positif agit, inter-réagit dans le bon sens. Si petit soit-il.

    Le bon sens pour la collectivité des milliards d’individus actuellement présents sur cette terre.

    Le bon sens pour celui ou celle porteur de ce morceau de compassion, si infime soit-il.

     

    Outre Puissance de la compassion, Sagesse ancienne, monde moderne, Le livre de Poche 15290 édité en 2002 est entre mes mains.

    En 1989, Tenzin Gyatso, dalaï-lama, né en 1935, reconnu à deux ans en tant que 14ème incarnation du Bodhisattva Avalikitesvara, esprit de compassion, a reçu le prix Nobel de la paix.

     

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr