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décédés sous x

  • Décédés sous X

    Il y a sur la page intitulée "index thèmes blog" les sujets récapitulés avec les jours où les trouver. Merci.

     

    Chaque année en France il y aurait environ 1 000 à 3 000 décédés sous X.

    Qui sont-ils ?

     

    Rien à voir avec les nés sous X.

     

    Il s’agit là de personnes décédées sans que l’on sache aucunement leur identité, faute de papier présent. Une simple carte d’identité ferait l’affaire.

    Dans une telle situation, selon les lieux, ces défunts – momentanément dépourvus d’un état civil qui pourtant existe – sont généralement soit inhumés en fosse commune ou carrément incinérés. 

     

    Ce qui pose problème. Ou devrait en poser.

    Il est heureux – si je puis dire – que Yann, fils disparu de Monsieur Serge B…, ait échappé à la fosse commune et à l’incinération. Il a bénéficié d’une inhumation individuelle dans le cimetière de la commune où il a été retrouvé. Sur le ballast de la voie ferrée.

    Ce qui a permis, un jour, au père de ce jeune homme décédé accidentellement de retrouver le trace de son fils en 2006. Un fils inhumé alors bien loin de chez lui.

     

    C’est en août 2000 que ce garçon disparaît à l’issue d’une rave-partie avec ses amis près de  Montpellier, venu de Bordeaux exprès pour cette nuit musicale. Il a prévu ce qu’il faut pour son retour. Or, le lendemain, ce jeune homme stable et bien dans sa peau s’est « évanoui dans la nature ».

    Nuits sans sommeil pour le papa. Cauchemar indescriptible.  

    Les gendarmes, prévenus, ne trouvent rien.

    Le papa continue son enquête personnelle, y consacrant tout son temps libre, imaginant les pires évènements – secte ? prison ?

    Recevant une amende SNCF pour un trajet de Montpellier vers Lyon de son garçon le lendemain de cette nuit musicale, le papa saisit les tribunaux correspondants de Montpellier et Lyon. Puis il saisit le tribunal de Nice où est retrouvé un jour le sac à dos du garçon. Démarches vaines. 

     

    Le papa ne lâchant pas l’affaire a fait appel à une spécialiste des disparitions. Six ans plus tard, cette juriste  criminologue qu’il a mis sur le coup remonte le fil jusqu’à son garçon.

    D'abord elle découvre que la SNCF a bien fait mention en août 2000 du corps d’un jeune homme trouvé le long des voies, tombé d’un train, tué par un autre train, défiguré et sans papier, cela en Bourgogne près d’une petite commune. Ce garçon, traité par la mairie avec respect, dispose d'une vraie tombe dans le cimetière de la commune de Lux. Où il a été inhumé anonymement toujours en août 2000.C’est cela être enterré sous X.

    Un test ADN est fait en 2006 à la demande de la famille : c’est bien le fils disparu !  

     

    Pas de miracle, pas d’intervention d’extra lucide, mais une personne qui reprend le dossier et l’examine feuille à feuille, trouvant dedans le nécessaire et suffisant pour retrouver la trace de Yann. Ainsi le papa  accède au village qui a su donner une sépulture convenable à ce "sans-papier involontaire". Lequel repose aujourd’hui près des siens dans le bordelais.

     

    Des papiers étaient-ils dans le sac à dos resté dans le train ? Probable. 

    Aucun enquêteur officiel, au cours des 6 ans, n’aurait donc pensé à faire un quelconque lien entre un enterré sans papier et des papiers esseulés ? Probable.

    Ce qui m’ennuie est ceci : aucun prélèvement ADN n’est fait systématiquement pour un décédé sans papier afin de l’identifier ultérieurement.

    Ce n’est qu’en cas de mort suspecte que la police a l’obligation de faire ce prélèvement. Sinon, l’impasse est possible.

    Une mort accidentelle comme celle de ce jeune n’ayant pas été trouvée suspecte, il aurait tout aussi bien pu être « balancé  » en fosse commune ou incinéré. Dans ce cas non identifiable pour sa famille. 

     

    Une enquête a été conduite pour déterminer les circonstances de la mort de Yann, décédé à 20 ans.

     

    Combien de familles comme celles de Monsieur B…, peuvent être sans nouvelle d’un des leurs  décédés sous X  et dont on s’est débarrassé, sans précaution préalable, sans prélèvement  préalable d’ADN.  ?  Dont on s’est débarrassé comme d’une banale pelure de pomme de terre que l’on jette à la poubelle ?

    Quelque part c’est indécent.

     

    Qui connaîtrait un député susceptible d’interroger le gouvernement à ce sujet ? Après tout il ne s’agit que de décider d’un test ADN systématique, une inhumation respectueuse étant faite par ailleurs en attendant. 

    Je n’imagine pas que le prix d’un tel test soit rédhibitoire. Pas si compliqué quand même de procéder dans tous ces cas à un prélèvement ADN pour faire ensuite le rapprochement avec les familles en recherche d’une personne disparue. C’est le sentiment de celui qui avait en 2000 des responsabilités dans la commune de Lux, pensant qu’ainsi beaucoup d’interrogations – 80 % - pourraient être levées.

     

    Décéder sous X ne justifie pas d'être délaissé côté recherche identitaire. Voilà un cas où les tests ADN devraient être obligatoires à titre conservatoire, décès suspect ou pas.   

     

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr