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collège

  • Entre les Murs.

    Vous trouvez sur la page intitulée "index thèmes blog" les thèmes qui me paraissent les plus importants avec les jours où les trouvez . Merci.                 1er octobre : 102 visites, 339 pages;

    Un film à voir. A revoir. cantet2.jpg

     

    Ce film de Laurent Cantet est une adaptation libre du livre de François Bégaudeau, où l’auteur joue lui-même le rôle du professeur de français, également professeur principal de la classe de 4 ème qui nous est montrée au Collège Dolto dans le 20 ème arrondissement de Paris.

     

    J’habite le 20 ème arrt. Dans le même axe de fréquentations humaines, j’ai travaillé près de 10 ans à Sarcelles, autre lieu multicolore, attachant et fascinant quant aux cultures du monde.

     

    On entre dans le film par un bruit de fond, celui d’un café et de la rue  qui va croissant pour déboucher sur le visage de François, professeur autour duquel se construit le film avec les élèves et leur famille.

     

    C’est d’abord la rentrée des professeurs avec les indications sur les élèves : gentil, pas gentil, . Oui, ça fonctionne ainsi. 

     

    On assiste ensuite à la classe de rentrée avec le professeur de français, François Bégaudeau alias François Marin, qui invite les élèves à mettre sur une feuille leur nom sur leur table. Chahut de rentrée. Mais il y a 50% de nouveaux à apprendre à connaître.

    Texte et découverte de mots dont le sens n’est pas connu de tous: spirituel, condescendant, succulent, Autriche, désormais …Avec les commentaires que l’on peut imaginer. Qu’il est encore plus agréable d’aller écouter et voir.

    On a ainsi sous les yeux une réalité. Une tendance à des échanges approchant la mise sur le même pied des élèves et de ce professeur qui tient admirablement le choc face à un public qui ne laisse rien passer. Professeur qui sait donner la réplique, restant respecté malgré tout.

    Une des difficultés réside dans le fait de ne pas se faire marcher sur les pieds - sinon l’autorité s’effondre - tout en dialoguant dans le respect de chaque élève, cet exercice étant compliqué par le fait qu’il se forme, se déforme, se reforme des mini-groupes par rapport à un élève interpellé sur un point de français ou un discours trop déjanté.cantet1.jpg

     

    Sur la forme on comprend. La casquette ou la capuche à ôter, le chahut à cesser pour disposer de davantage de temps pour apprendre…

    Sur le fond, «Rien de nouveau sous le soleil ». Tant pis si certains sursautent mais le collège Dolto qui nous est montré à travers ce film ne fait que révéler une amplification de phénomènes collectifs de base qui perturbent maintenant certains enseignants pas forcément armés, ainsi que des non enseignants.

     

    Je m’explique. Tout ce que font ces élèves s’est produit il y a 20 ans, 30 ans et plus. A une échelle bien moindre. Car alors il n’entrait pas dans le contexte sociétal la possibilité d’oser se dresser contre l’autorité, y compris quand cette autorité avait tort ou était pris en flagrant délit d’erreur. Il y avait les décideurs, les profs en haut, les subissant les décisions, les enseignés, les élèves, en bas. Pas de délégué de classe. Rien.

     

    Un exemple personnel pas méchant et bien réel. En 4 ème, pensionnaire à la retraite du Sacré Cœur de Jésus à Cholet - la ville de Ménie Grégoire et de son frère l’abbé Lauretin - c’était au réfectoire à midi. Suite à un comportement de groupe qui avait déplu – nous étions une centaine de pensionnaires - la responsable nous inflige un discours moralisateur dans le style de l’époque. Elle conclut ainsi : « Que ceux qui ne sont pas d’accord se lèvent. » Le propos étant injuste la petite 4 ème que j’étais s’est levée, à l’étonnement de toutes. Ce n’était pas de la fanfaronnade, c’était instinctif – comme on rectifie une opération fausse. « Melle Boisseau, vous viendrez me voir dans mon bureau  la fin du repas. » J’y fus donc, en tenue d’uniforme, et sans appréhension particulière. J’avais tort. Je n’héritai pas d’une sanction mais d’un savon. Autrement dit je me fis gronder, en dépit d’arguments recevables que l’on n’écouta pas.  J’eus beau rétorquer « Soyez logique, voyons, c’est vous-même qui avez dit qu’il était possible de se lever en cas de désaccord. » Rien  faire. C’était l’époque des adultes tout puissants. Encore  tout puissants dans certains cadres et qui en abusent.

     

    On pourrait rétorquer que dans le collège présenté il n’y a pas assez de discipline. Que c’est la faute des élèves, des parents, des cités…

    Quelles fautes ? Est-ce une faute de vivre à cheval sur au moins 2 cultures ? la française et une autre ? et surtout de se sentir quasi obligé « instinctivement » de défendre la culture du pays, là-bas, où certes il est peu probable que soit utilisé l’imparfait du subjectif mais dont d’autres valeurs sont tout aussi respectables.

     

    cantet4.jpgCar ce n’est pas le cours en soi sur l’imparfait du subjonctif qui retient seul l’intérêt, mais ce qu’il permet de montrer à partir des échanges professeurs élèves réalisés à cette l’occasion de ce rappel sur la concordance des temps.

    Quand un élève dit « C’est dans le Moyen Age. » pour parler de l’imparfait du subjonctif, il exprime tout haut ce que pensent plus ou moins toutes les jeunes classes à plus de 90% du privé comme du public. Mais le hiatus adultes et jeunes perdure et s’amplifie avec l’acquisition des nouvelles technologies, mal maîtrisés par les grands et parfaitement comprises par les jeunes, situation qui n’explose pas trop en raison de la dépendance économique dans laquelle les jeunes se trouvent.

     

    Je reviens au film. Au voyage entre les registres de l’écrit, entre l’expression écrite et verbale. Avec l’importance de l’intuition, une intuition pour un usage quasi automatique du français qui s’acquiert par la pratique. Comme pour tout.

     

    Le rythme est soutenu. On découvre une leçon sur le verbe croire au présent.

     

    Retour en salle des professeurs avec un prof de techno qui n’en peut plus. En 5 ans il n’a jamais vu ça !

     

    François poursuit sa classe de Français. Chaque élève a en mains « Le journal d’Anne Frank » «Qui veut lire ?» demande le prof. Silence. François désigne une élève : «J’lis pas. » Re-demande. Réponse : « J’ai pas envie de lire. ». On frôle l’insolence : « Je me tais. Je lis. Faut savoir choisir. »

    Esmeralda est alors sollicitée et fait une lecture du dernier chapitre. Et ça enchaîne sur la proposition de rédaction d’un auto portrait. Ce qui vaut en réplique : « A 13 ans rien à dire, à 70 ans oui » ou encore « Notre vie elle est pas passionnante » ou « Ce que je ressens, ça me regarde », « Y’a des trucs intimes », « Cours. Bouffe. Dors », « On peut avoir honte » ….On s’attarde sur la honte, les hontes.

     

    Retour en salle des profs pour une réunion : la machine à café ; un projet façon permis à points du côté de l’attitude des élèves ; la loi et l’esprit de la loi ; les soucis des professeurs…

     

    En classe lecture de certains auto portraits par les auteurs. Celui de Wei, venu d’Asie, révèle 4 heures par jour de console. Souleymane ne veut pas raconter sa vie. Arrivée d’un nouveau  ve nu d’ailleurs avec la classe qui se lève pour dire Bonjour.

     

    Un moment d’une qualité particulière : les parents reçus tour à tour par le professeur principal. Il y a là de vrais moments d’échange. Une maman souhaiterait Henri IV pour son fils. Les parents de Wie sont heureux d’apprendre que leur fils est excellent élève. La maman de Souleymane est là avec son grand frère qui traduit. Tous sont soucieux pour leurs enfants.

     

    On n’a pas fini avec les auto portraits. Souleymane se découvre par des photos très réussies et un prof qui le met en avant car c’est mérité.

    Plus tard les textes sont mis sur ordinateur par les élèves. A cette occasion  François découvre que les jeunes filles du 20 ème se rendent dans d’autres quartiers : Galeries Lafayette, Luxembourg RER.

     

    Hors collège, la mère de Wei est arrêtée, question papiers, direction centre de détention et expulsion. Au mauvais endroit au mauvais moment, après 3 ans de séjour. Une prof organise une quête pour avocat ou au moins intervention à la préfecture pour tenter quelque chose.

     

    Souleymane se laisse aller à tutoyer le professeur en cours. Direction le principal du collège. Suit le Conseil de classe auquel participent les deux déléguées dont Esmeralda. Les cases sont remplies et tamponnées, scellant le sort des jeunes. François prononce le mot « limité » à propos de Souleymane en matière scolaire. 

    Que n’a-t-il pas dit là !

    En classe, alors qu’il est question de poésie, de tercets et de quatrains,  Souleymane l’interpelle avec un « Vous m’avez cassé. »Le ton monte. François, découvrant le rapport des 2 déléguées leur lâche un « Pétasses » … interprété par elles comme « prostituées ». Souleymane se bagarre, quitte le cours sans autorisation. 48 h00 sans collège.

     

    L’épisode « pétasses » remonte jusqu’au principal. Les déléguées ont parlé à la CPE (Conseillère Principale d’Education), pour faire punir le prof n’ayant pas compris le sens de « pétasses ». François a appris par la jeune blessée involontairement par le sac de Souleymane que le garçon s’il est exclus du collège sera expédié définitivement au pays, au Mali. Il ne la croit pas.

     

    On se demande où vivent certains. Tout au moins s’ils savent ouvrir les yeux et les oreilles. En banlieue non favorisée, à propos de grossesse chez des jeunes demoiselles au collège ou au lycée, il y avait cela. L’envoi définitif en Afrique chez un parent - parfois avec mariage - , de demoiselles  nées en France, n’ayant généralement connu que la région parisienne et … ainsi sanctionnées. La France patauge. Entre les femmes de mari polygame pour lesquelles la Sécurité Sociale s’est adaptée et les familles de mineures africaines enceintes, il y a plus qu’un hiatus, un gouffre. La différence semblant liée au fait que du côté des femmes qui accouchaient sous une fausse identité il y avait risque de décès, alors que du côté des collégiennes ou des lycéennes il n’y a pas de risque de cet ordre. Ou c’est assez tôt et une IVG est proposée ou c’est trop tard et tant pis si elles sont expédiées au pays.

     

    On retrouve un François plongé dans ses pensées et qui fume dans une cantine vide. Il se fait rappeler à l’ordre par une dame de service qui lui fait remarquer qu’il est interdit de fumer là. Un long débat fait suite au sujet de Souleymane. Cette fois c’est l’ensemble des autres professeurs qui ne croient pas au renvoi du garçon au Mali. « On n’a pas à se substituer aux parents » déclare l’un d’eux alors que François Marin estime que le Conseil de Discipline est une mesure démesurée par rapport aux faits.

     

    En Conseil, la maman défend son fils « bec et ongles». Il fait des travaux domestiques pour aider sa mère, surveille les devoirs de ses frères et sœurs .C’est Souleymane qui fait le traducteur. Ce Conseil de Discipline fait peine à voir. J’ai été choquée et peinée. Quel décalage entre les professeurs d’un côté et cette maman qui n’a pas accès au français ni au système. C’est de l’injustice qui ressort.

    Il y a vote. Souleymane est exclu définitivement du collège. Certes l’Education Nationale, enfin le système est tenu de lui fournir une autre chaise dans un autre collège. Certes il y a possibilité de faire Appel. On n’a pas la suite.

     

    Puis c’est une classe d’avant vacances avec bilan par chacun de ce qui a été aimé ou retenu. La proportionnalité. Les plaques en géologie. L e théorème de Pythagore. L’une qui n’aurait  rien à dire a cependant lu en dehors La République de Platon et en parle clairement - sa sœur fait du droit. Une dernière s’attarde après les autres pour dire qu’elle n’a rien appris, qu’elle ne comprend pas ce qu’on fait et puis « Je ne veux pas aller en professionnel », vrai souci à propos duquel le prof la rassure.

     

    Cette touche scolaire finale porte l’attention sur les lycées professionnels en France où il est habituel – sauf vocations – de fourrer les élèves jugés pas assez bons pour prétendre à une poursuite en enseignement général. Des « élèves poubelles ».

    Ce qui est scandaleux dans tous les sens.

    Etre un professionnel ne s’improvise pas avec les « déchets » produits par l’enseignement général. Soit que les jeunes soient trop « limités » pour cela, soit que l’enseignement général préalable n’ait pas été capable de faire son travail avec des élèves tout à fait capables de continuer avec succès.

     

    C’est presque les vacances. Dans la cour de récré les jeunes se montrent des photos sur portable pendant que leur professeur se livre à une partie de foot énergique. Regard de la caméra sur une classe déserte. Le film s’achève comme il a commencé avec un bruit qui va s’estompant.cantet3.jpg

     

    Mes compliments aux élèves du collège Dolto, fort justement primés, ainsi qu’à François Bégaudeau, Laurent Cantet et tous les autres.

    Il y a place pour tous et toutes. Chacun à la bonne place pour réussir sa vie. La bonne personne au bon endroit.

    Je souhaite un monde moins bloqué dans ses règles administratives. Une multiplication de l’humanité entre les hommes. Utopie ? Je ne sais pas.

    Même si c’est un rêve. Pour moi les rêves sont faits pour être mis en pratique.

     

    Du courage les moins de 18 ans !.

     

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (photos: 3 images du film et sur les marches de Cannes avec la palme d'or) 

  • Mangas Yvan 14 ans

     En préalable, vous trouvez sur la page intitulée "index thèmes blog" les thèmes qui me paraissent les plus importants avec les jours où les trouvez, non classés pour l'instant en alphabétique.   

    Interview d’Yvan, collégien parisien de 14 ans, dimanche 1er juin 2008 , sur les mangas.733786325.jpg

     

    * Bonjour Yvan. Elève en 3 ème générale, avec une scolarité sans souci, dégourdi en sport, au conservatoire de musique depuis le départ, es-tu un garçon qui lit des mangas ? si oui depuis quel âge ? Te rappelles-tu ton 1er manga et quel âge avais-tu ?

    - Oui, je lis des mangas. J’ai lu mon 1er manga à l’âge de 11 ans, Naruto. En quelques mots, c’est l’histoire d’un orphelin, Naruto, qui rêve de devenir ninja.

    * Est-ce que tu les empruntes en bibliothèque ? ou les achètes-tu ? ou te sont-ils offerts ?                               J’achète généralement mes mangas ou on me les offre.

    *Peux-tu préciser quels types de mangas tu « consommes » ? As-tu des titres préférés ?

    - Dans la plupart des cas, je lis des mangas d’aventures ou fantastiques. Parmi mes préférés Naruto, Death Note, 20th Century Boy, ippo.

    * Et que dis-tu de la lecture de la fin vers le début ? Du rythme des récits ? Des sujets des récits ?   

                                                   2133578386.jpg - La lecture ainsi ne me dérange pas, c’est une habitude qu’on prend au fur et à mesure. Je pense que l’action est plus présente dans les mangas que dans la bande dessinée ; les récits sont donc intéressants et on ne s’ennuie jamais. Ces récits sont beaucoup plus tournés vers le fantastique ou l’aventure.

    * Et le graphisme ? As-tu un ou des dessinateurs phares ? Quel plaisir trouves-tu dans les mangas par rapport à la lecture de BD tels les Tintin ou les Astérix ou d’autres ?

    - Les graphismes varient beaucoup selon les mangas. On peut trouver de très beaux graphismes comme dans Death Note ou des graphismes moins soignés, avec One Piece.

    Comme je l’ai dit précédemment, je trouve qu’il y a plus d’action dans les mangas que dans les bandes dessinées. C’est principalement ce qui me plait dans les mangas.

    * L’absence de couleurs est-elle une gêne ?                                                                                                                                          - Non, l’absence de couleurs n’est absolument pas gênante ; dans certains cas c’est même un avantage: on peut imaginer la couleur de certaines choses, la couleur des cheveux de certains personnages…

    * Les mangas, est-ce pour toi une lecture parmi d’autres ? ou une passion ? et pour les copains de ton âge ? au lycée ? ou ailleurs ?       -  Je lis les mangas seulement pour me divertir ; ce n’est pas une passion, mais une lecture agréable. Les copains de mon âge lisent également des mangas. 

    * Si tu as une critique à faire ce serait quoi ?                                                                                                                                          -  Une série, comme Naruto, est généralement très longue, et acheter tous les tomes revient à dépenser une somme importante.

    * Si tu as un compliment à faire ?                                                                                                                                                746757827.jpg           - C’est toujours un grand plaisir de recevoir un manga.

    * Avec tes 14 ans, une vue d’ensemble sur les mangas lus et ce qu’ils déploient sur le plan culturel ? plus spécialement asiatique ?           - Quelques nouveaux mots mais vraie connaissance en plus.   

    * Y a-t-il des auteurs de mangas français ? - Je ne connais aucun auteur français.

    * Et toi ou des copains ça vous dirait-il d’écrire un livre façon maga sur des histoire à vous de tous les jours ? ou sur des histoires inventées ?                                                                                                                                                                                              - Oui pour s’amuser, ça pourrait être intéressant.

    * Autre chose que tu veux dire  ?                                                                                                                                                           - Non, rien de spécial.

    Merci,Yvan. Une très bonne fin d’année scolaire.                                                                                                                     Françoise                                                                                                                                                                                    contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr

  • NAT violenté au collège !

    En préalable, vous trouvez sur la page intitulée "index thèmes blog" les thèmes qui me paraissent les plus importants avec les jours où les trouvez, non classés pour l'instant en alphabétique. 

     La Bataille du Scarabée d’Or

    C’est de février à juin 2005, alors que Marc était en 6ème    générale dans un établissement scolaire du 12 ème  assurant le parcours de la maternelle à la terminale, que s’est déroulée ce que j’appelle La Bataille du Scarabée d’Or.

    A cette période, Marc a réparé son pied cassé en sport et a repris l’école – tout en boitant et souffrant puisque les jeunes sont censés ne pas avoir besoin de rééducation. C’est dans ce contexte que  le professeur de français qui est aussi le professeur principal ne trouve rien de mieux que de s’en prendre à ce garçon courageux. Au passage j’indique que ce garçon est orphelin de père depuis avril 2003 et a dépassé comme il faut ce drame - une psychologue compétente en NAT (Normaux ATypiques ou « précoces ») en atteste dès octobre 2004, pour lui et de même pour sa sœur de 5 ans plus jeune, NAT elle aussi.

    La maturité de ce garçon  n’est pas une raison pour que cette femme professeur « tombe » sans réfléchir sur Marc. Voici ce qui se passe et comment s’exerce cette vindicte qui n’est pas autre chose qu’une violence psychologique.

    A l’époque on ne sait pas que ce professeur a beaucoup de problèmes familiaux. Se défoulerait-on ? Qui sait… Toujours est-il que cette femme – oui, une nénette en plus ! convoque la maman de Marc - toujours sans Marc tenu à l’écart des propos peu sympa qui sont débités dans son dos et sans qu’il puisse rectifier ou nier. Alors qu’en primaire – où il fut un élève sans histoire et bien intégré – nul n’aurait osé parler d’un élève à ses parents hors de la présence de l’intéressé. Quel que soit cet élève.

    Donc à une maman encore stressée par le décès de son jeune mari NAT de talent, cette enseignante assène du négatif une fois, deux fois, trois fois, autant qu’elle le peut. Elle  s’acharne pour imposer aux yeux de cette maman une image cassée de son fils, s’acharne pour oser détruire au nom de «sa» science infaillible ce fils unique aux yeux de la maman. Pire, elle s’en prend aussi à ceux qui soutiennent Marc, adultes ou condisciples. C’est à Paris que cela se passe, dans un établissement privé très cul béni du 12  ème arrt. Depuis, avec les événements qui ont suivi, plus d'un en a été dégoûté !

    Que fait ce professeur ? Elle agit avec perversité en imposant à Marc - et à sa maman - le double langage contradictoire suivant:

    *Marc est prié de grandir, d’une part

    *Marc est prié de ne pas avoir d’initiative, d’autre part.

     

    Prier de grandir ! ce qui veut dire dans la pensée de cette mère de famille (ça aggrave son cas !) être autonome façon tout le monde. Marc entend le refrain : «A son âge il faut qu’il se prenne en charge ! » Ce qui est d’une bêtise profonde. Sait-elle, cette femme, que ce garçon cuisine sans souci depuis plusieurs années ? et pas que des pâtes mais du plus élaboré et du bon tels poisson, omelettes garnies, gâteaux etc… Sait-elle, cette femme, que si la tenue du cahier de textes n’est pas la tasse de thé de ce NAT  Marc sait, à côté de cela, gérer un budget d’une façon que bien des adultes lui envieraient, etc…Sait-elle, cette femme, les habitudes de  réflexion  philosophique de son élève ? Non. Elle ne sait pas et ne veut pas savoir.

    Que ce professeur ne s’informe pas, banal. Qu’elle refuse d’écouter ceux qui essaient de la rencontrer ou simplement de lui parler pour la mettre en garde, moi j’appelle ça de la faute professinnelle. Investie de tout son pouvoir de professeur principal, en corollaire dans sa tête elle a forcément raison. Ce que Marc note bien en son fort intérieur mais contre quoi il est impuissant à agir. Car, par-dessus le marché, la directrice – une vieille fille sans enfant  - ose se mêler de la vie de la famille de Marc, sortant totalement de son rôle  sans en éprouver la moindre gêne. Cet établissement qui se dit à l’écoute des NAT aura frappé sur Marc jusqu’à lui infliger le pire: le placement en foyer ASE (Aide Sociale à l'Enfance) par la Justice en Juin 2006.

    Pour l’instant on est en 2005. Ils sont 25 élèves dans cette 6 ème là et doivent présenter chacun – programme dixit – des œuvres différentes, soit 125 ouvrages. Marc, parmi les livres à présenter oralement  à la classe, retient Le Scarabée d’or sur l’avis d’une libraire du 20 ème qui fournit  de nombreux collèges. Cet écrit du camarade Edgar Poe, traduit sans piège, est proposé par de nombreux professeurs. Pour choisir ce scarabée là  Marc a inspecté la  4 ème de couverture, feuilleté le livre. Puis il l’a lu, relu et fait son résumé de présentation. Le voilà prêt, même si la présentation orale ne le fait pas sauter de joie car, pour lui, faire un exposé oral c’est quelque part dévoiler trop de son intimité. Ce que moi, qui écrit cette histoire vraie, je comprends parfaitement ayant quelques dizaines d’années auparavant choisi de rendre systématiquement pour avoir « la » note requise le sujet de rédaction sur lequel je ne kiffais pas, traitant aussi pour le plaisir le sujet qui m’intéressait que je gardais au secret pour moi.

    Retour à 2005 et surprise ! Marc se voit interdire de faire la présentation orale du Scarabée d’or de Poe  par son professeur. Selon cette personne son élève est incapable d’avoir compris ce livre. Pour elle, ce garçon à niveau et sans problème scolaire antérieur est un incapable ! Au  courant du travail fait par Marc, elle ne l’a pas empêché de mener jusqu’au bout sa préparation. D’ailleurs quels arguments auraient-elles pu trouver ? Il n’y en avait pas. Cette enseignante au comportement indigne dans ce cas ne fait rien d’autre que de jeter à la poubelle le temps de travail de son élève, l’énergie investie, l’intérêt de la découverte d’une œuvre intéressante etc… sans le moindre regret.

    Coïncidence malheureuse, ce prof principal convainc la maman de Marc quelle a raison car cette maman, jadis, a potassé en anglais ce Scarabée de Poe gardant le souvenir de quelque chose d’ardu, dur à saisir.

    Marc, face à la stupidité – je parlerais, moi, de méchanceté - de son professeur, refuse de travailler en remplacement du Scarabée un autre ouvrage. Ce n’est là que justice et raison.                                                                                                                      N’oublions pas que Marc est un NAT, et en conséquence quelqu’un de très spontanément respectueux d’une autorité justifiée, mais indifférent à une autorité irraisonnée.                                                                                                                                                   On en reste donc là pour le Scarabée.

    Mais en fin d’année, le professeur de Français, la même, proposant pour le 5 ème livre une présentation par écrit (elle doit être en retard ) Marc décide de présenter son Scarabée puisque le travail est fait et que rendre un écrit ne le gêne pas. D’ailleurs Marc n’a jamais été gêné pour présenter un oral quand il s’agissait de questions scientifiques : volcans, coquillages, et autres en primaire.

    Marc se met donc en peine de présenter quelque chose au propre puisque l’ordinateur est autorisé et ça, l’ordinateur, c’est son truc.

    Cela donne le texte qui suit, en noir sur fond vert, propre et agréable à regarder, avec la couverture du livre en illustration.

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     LE SCARABEE D'OR                                                     Marc .........

     

    Carte d'Identité du livre:

    Auteur: Edgar Allan POE

    Illustrateurs: Prunier et Morgan

    Traducteur: Charles Beaudelaire

    Collection: Folio junior

    Editeur: Gallimard

    Type: Aventure

     

    Les personnages principaux:

    William Legrand vit en solitaire sur une île. Eduqué, il a des livres. Il aime chasser, pêcher, chercher des coquillages et des insectes inconnus.

    Le narrateur, ami de monsieur Legrand, habite à Charleston.

    Le troisième personnage est Jupiter, dit Jup, vieux nègre affranchi qui veille sur Legrand en le servant.

     

    Le lieu:

    L'histoire débute sur l'île de Sullivan à neuf miles de Chalerston, ville de Caroline du Sud. Elle se déroule autour de cette île.

     

    L'époque:

    L'histoire commence en octobre 18..

     

    Le récit:

    Legrand a trouvé un scarabée inconnu. C'est un insecte de couleur jaune avec des reflets métalliques. Pour Jup on dirait un scarabé d'or. Legrand le dessine sur un vieux vélin. Le narrateur trouve le dessin étrange. Legrand se fâche.

    Un mois après le narrateur revient sur l'île. Son ami est bizarre. En expédition sur le continent les trois hommes atteignent un tulipier géant. Jup doit y grimper jusqu'à un crâne. Là il fait descendre le scarabée au bout d'une ficelle par l'orbite gauche. Le point où il touche terre sert de repère pour creuser plus loin. Rien !..Mais Jup a confondu sa droite et sa gauche. On mesure à nouveau et on creuse ailleurs.

    Legrand explique pourquoi ils ont creusé là....

     

    Mes appréciations techniques:

    Ce livre a 90 pages. Il n'a pas de chapitre mais des espaces. Il y a des illustrations. Le récit est au passé simple. Il y a de nombreux dialogues. La longueur des phrases est moyenne. Le lexique est riche.

    Le narrateur a vécu à Sullivan où il a écrit ce livre en 1843. 

     

    Mon appréciation de coeur:

    J'ai bien aimé ce livre car cela se passe sur une île près de Charleston sur la côte en Amérique.

          

    Le dénouement n’est pas mis volontairement: c’est la consigne !

    Mais l’élève n’est pas au bout de ses peines.                                                                                                                                       Le professeur va oser, en effet, poursuivant son idée fixe d’un garçon pas à la hauteur, harceler Marc  durant 10 minutes en classe, élève debout bien sûr ! pour lui faire avouer que ce n’est pas lui qui a fait ce travail. Marc n’a rien à avouer puisqu’il est l’auteur de ce qu’il a rendu. Il se tait face à ce comportement de malade d'un adulte. Il n'en pense pas moins.

    La classe entière est scandalisée par cette façon de faire. C’est Maïlys, fille de madame Joyce - l'unique  parent d’élève à qui Marc se confie les 2 ans qu'il passe à ce collège - qui raconte la chose autour d’elle. Maïlys est elle-même une déléguée de classe de choc qui n’a pas sa langue dans la poche.

    Au final, ce professeur mettra un 12/20 au travail de Marc, ajoutant la mention que ce n’est pas son travail - elle est incapable de s’empêcher de mal faire contre ce NAT.

    Effets collatéraux : tout le monde lit ou relit le Scarabée en sa version française pour les jeunes. Par tout le monde je veux dire d’autres élèves, dont Maïlys, sa sœur bachelière, leur maman, etc…Personne ne trouve rien d’extraordinaire.

    La chose est signalée à la librairie qui conseille de signaler le cas de ce professeur aux autorités.

     

    Ce serait fait volontiers si la directrice, elle aussi anti-Marc, n’avait pas un comportement  totalement  irresponsable.

    C’est à cause de cette dirlo là que Marc croupit depuis 2 ans en foyer, privé d’un circuit scolaire à son niveau, descendu, écrasé, nourri de mensonges. Maltraité comme les institutions savent si bien le faire ! Et, lui qui appréciait tant cela, en jeûne d'informatique depuis 2 ans !

     

    En cette Pentecôte 2008, quel souffle positif va-t-il enfin pouvoir souffler en faveur de ce garçon ?

    Espérons !

    Et vous les jeunes, vigilance ! vigilance !

     

    contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr