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christophe louis

  • De Maître Karim Achoui aux enfants « placés »

    Vous trouvez sur la page intitulée "index thèmes blog" les thèmes qui me paraissent les plus  importants avec les jours où les trouver. Merci.  Le 16 décembre 2008 : 172 visites avec 340 pages consultées

    Stupéfaction pour Maître Karim Achoui arashpalais22sept08 002.jpgen entendant les conclusions très attendues du procès Ferreira. Sept ans pour lui ! et de suite la mise sous écrou. Son avocat, Maître Francis Spitzner va demander sa libération ayant déclaré qu’il pense parfois qu’ "il faut mieux être ni avocat ni arabe. On s’en sort mieux. ". On n’est jamais très loin d’Outreau pour certains. Pour d’autres c’est le procès Dreyfus pour la communauté maghrébine. Evidemment Appel va être fait. Je n’ai pas eu de disponibilité en temps pour suivre au Palais ce qui se passait. Quand j’avais été présente à l’audience du lundi 22 septembre 2008, intéressante quant au droit à la liberté d’expression, à propos de la demande d’interdiction du livre de Me Karim Achoui publié chez Le Cherche Midi, j’avais bien entendu ensuite de la bouche de Maître Spitzner la nécessité de l’avocat pour faire le tri des faits et arguments afin de présenter ceux qui seraient les plus pertinents dans le contexte d’une procédure en cours. Pas forcément les mêmes – parfois tout au contraire ! – de ceux que présenterait le client qui a trop le nez dans le guidon et manque de perspective.

    Dans le même temps, avant-hier soir, j’ai suivi sur Haute Tension les 3 jours d’un procès d’assise à Amiens. Celui de l’assassinat en 2004 de Jean-Léon C… par Serge A… qui purge actuellement à la maison d’arrêt d’Amiens les 20 ans de prison récoltés. Bien m’en a pris de suivre cette émission. J’ai découvert avec stupéfaction la bonne tenue, surtout le respect présent en Assises, du moins pour cette affaire de la Somme. L’écoute respectueuse de la maman puis de l’épouse de l’auteur de l’assassinat. Le Président de la cour, Samuel Grévin, proposait même une chaise à l’épouse pour témoigner. De plus à l’issue du verdict, dépouillé de sa robe rouge avec parure d’hermine le Président, redevenu un civil comme un autre, apportait quelques mots de réconfort à la famille du condamné. Stupéfaite, je l’ai été !

    Pourquoi ? Hé bien parce qu’il y a plus de respect présent dans ce procès d’Assise – les Assises c’est du lourd quand même ! – que dans ce qui a pu être rapporté par des participants involontaires à de simples audiences conduites par des juges des enfants. Etonnant ! Alors qu’aucun méfait n’a eu lieu, il a été observé que le « traitement » infligé par ces juges est généralement irrespectueux. Ce au nom d’une intime conviction quasi toujours dirigée, a priori, à la fois contre des enfants non délinquants placés en foyer ou famille d’«accueil, et contre leurs parents devenus des sous-parents car leurs enfants sont placés.

    Je pose la question : pourquoi l’intime conviction des juges pour enfants fonctionne-t-elle  toujours dans le sens unique de parents défaillants et d’enfants à enlever de chez eux ? Une telle attitude occulte toute solution qui permettrait de maintenir chez eux les enfants non maltraités.

    Ainsi «condamnés» au placement institutionnel bien que n’ayant rien fait de mal les enfants placés subissent alors de multiples ruptures déstructurantes qui les conduisent à être dans la rue à 18 ans, comme cela a été bien dit par Monsieur Christophe Louis - www.mortdanslarue.org et les autres dans l’émission de C dans l’Air du vendredi 12 décembre 2008. Les participants de cette émission ne connaissent visiblement pas comment fonctionnent de l’intérieur les structures de l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance) dont ils parlent avec un  certain détachement. Normal, ils ne font pas partie, eux, de ces populations dont on prend les enfants. Qu’’en savent-ils ? Même eux peuvent un jour être concernés par le placement de leurs enfants ! Il suffit pour cela d’un directeur qui signale à tort, d’un voisin qui dérape….et hop ! le tour est joué ! Je n’invente rien, malheureusement pour les enfants placés dont j’ai eu connaissance et qui n’auraient jamais dû l’être.

    Placements qui coûtent des fortunes aux contribuables ! bobigny11octobre08 019.jpgà une époque où il faudrait trancher dans les dépenses inutiles et sources de désastres ultérieurs. Les enfants placés hors de leur famille deviennent pour 50% des SDF (Sans Domicile Fixe). Puisque Madame Christine Boutin – le ministre l’a répété dimanche soir chez Laurent Ruquier - veut vider la rue des SDF, il serait bon de fermer le robinet d’alimentation en SDF créé par l’ASE. Facile ! Ce qui doit devenir la norme, le placement des enfants sur place au domicile parental, est déjà mis en place dans le Nord à titre d’expérience pilote. Si si ! Je n’invente rien. Ma voisine de droite immédiate de l’atelier dirigé par Pierre Naves où j’avais choisi d’être présente lors du Colloque National du Fil d’Ariane le 11 octobre 2008 à Bobigny était responsable de cette expérience ouvrant sur du bon sens et de l’humanité. Elle est assez jeune et dispose d’assez de possibilités pour envisager une reconversion si les placements de jeunes cessent de remplir son établissement, donnant à terme sa fermeture. C’est bien l’intérêt des jeunes qui doit primer sur les rentes de situation n’est-ce pas ? Comme il a primé quand on a su remédier aux luxations de hanche des bébés, en les prévenant, ce qui a entraîné la fermeture des lieux d’hospitalisation pour chirurgie correctrice précédemment nécessaire. Pour ceux qui ne le savent pas, ce colloque du 11 était placé sous la Présidence de Jean-Pierre Rosenczveig, magistrat bien connu président du Tribunal des Enfants de Bobigny et responsable de DEI France (Défense des Enfants International section France) – www.dei-france.org  dont je suis membre.

    Soyez attentifs les jeunes. Le placement à domicile est maintenant légal et tout à fait possible. Au nom du seul intérêt des enfants. Qu’on se le dise !

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (photos archives personnelles : en haut Maître Karim Achoui au Palais de Justice de Paris le 22 septembre 2008 interviewé après l'audience; plus bas, Jean-Pierre Rosenczveig, président du Tribunal des Enfants de Bobigny, présidant le colloque du Fil d‘Ariane le 11 octobre 2008,sur la photo tout à gauche écoutant une intervention avant de commenter)