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catherine gadot

  • Jean-Pierre Rosenczveig, à propos des Enfants placés à saisir

    Il y a sur la page intitulée "index thèmes blog" les sujets récapitulés avec les jours où les trouver. Merci.

      

    Gadot09.06.03 016.jpgLe Président du Tribunal pour Enfants de Bobigny prend la parole au sujet du projet de loi Colombani Marano relatif à l’adoption.

    Il intervient après Pierre Verdier  avocat au barreau de Paris et Catherine Gadot fondatrice du Fil dAriane France seule association venant en aide aux enfants « placés » et à leur famille.

     

    Désolée pour les insuffisances du tournage !

     

    Jean-Pierre Rosenczveig nous dit ce qui suit.

    Que vous pouvez entendre en direct par le lien ci-après via Internet et Google http://www.youtube.com/watch?v=3mS3cEy71jA ou sur youtube.

     

    * Le projet de loi sur l’adoption ne peut être stoppé: c’est un ordre qui fait suite au rapport Colombani et est mis en œuvre par le Ministre Nadine Morano.

     

    * Il est par contre possible de privilégier l’adoption simple, déjà présente.

    Inutile de vouloir s’approprier un enfant par l’adoption plénière.

     

    * La loi prévue sera votée d’autant plus facilement qu’il existe une méconnaissance absolue du sujet chez le ministre et dans la classe politique d’une manière générale.

     

    * C’est récurrent : les gouvernements successifs sont convaincus que l’ASE, l’Aide Sociale à l’Enfance est un lieu où l’on abandonne les enfants.

    Les parents abandonnent leurs enfants. Les juges des enfants abandonnent les enfants. L’ASE elle-même abandonne les enfants.

    L’ASE a abandonné jadis. Et Jean-Pierre Rosenczveig cite le propos du DDASS, Directeur Départemental des Affaires Sanitaires et Sociales, du Val de Marne qui a découvert, un jour, que 1.500 enfants de son département avaient été en quelue sorte « oubliés » en placement dans des familles du Cantal et autres départements

    Par des combats, d’autres lois, ce magistrat nous dit que les choses ont changé.Gadot09.06.03 013.jpg

     

    * Le souci réside dans un fonctionnement  sur de fausses représentations. Et le juge pour enfants précise:  23.000 enfants sont confiés en moyenne par an par les juges pour enfants à l’ASE ; On s’imagine que ce sont des enfants délaissés.

    29.000 personnes sont des personnes en position de demandeurs d’adoption.

    On raproche les deux chiffres. Gagné !

    Le problème est que, dans la grande majorité des cas, les enfants « placés » ne sont pas des enfants délaissés.  Une décision de justice plaçant des enfants à l’ASE ne signifie pas pour autant que les parents sont maltraitants, ou insuffisants.

    Mais l’idée qui traîne, l’idée fausse ancrée dans la tête des décideurs est que l’ASE accueille des gosses abandonnés, d’une part, et que l’ASE ne s’en préoccupe pas, d’autre part. 

    1 ère idée fausse.

     

    * La 2 ème idée qui pousse à ce projet de loi est celle qui présiderait à l’approbation d’une sorte de droit à l’enfant pour les familles en difficulté de ce côté là.

    La réforme induite par ce projet ne permettra de se procurer qu’une poignée d’enfants adoptables en plus.

    Ce qui tourmente Jean-Pierre Rosenczveig est que pour quelques gosses en plus on va véhiculer une représentation très négative de l’ASE ;

    A savoir: des gens abandonnent, l’ASE abandonne, l’ASE ne sert à rien.

    Ne servant à rien et coûtant très cher, autant rompre très vite les liens enfants-parents biologiques pour les filer en adoption.

     

    Ainsi parle Jean-Pierre Rosenczveig.

     

    Personnellement, au vu de ce que je connais, l’ASE et les juges pour enfants ont une forte tendance à ne pas lâcher les enfants, même quand ils appartiennent à des familles sans souci et qu’ils ont été « placés » par erreur.

     

    Jean-Pierre Rosenczveig peut déclarer que Catherine Gadot exagère.

    La querstion est qu’ils ne sont pas du même bord.

    Catherine, qui a dû subir le placement de sa fille aînée, ressent autrement les choses qu’un magistrat dont aucun enfant n’a été placé dans sa famille.

    Outre son cas personnel, Catherine a 1.600 familles d’enfants « placés » pour apprécier autrement les choses que le Président du tribunal pour enfants de Bobigny.

     

    Ceci étant précisé, aucun des trois intervenants du 3 juin 2009 n'est favorable à ce projer de loi annoncé.

     

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (photo archives personnelles: en haut à gauche Jean-Pierre Rosenczveig le 3 juin 2009); plus bas: les trois intervenants)

  • En faveur des enfants, un éclairage de Catherine Gadot.

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    Gadot09.06.03 013.jpgLe 3 juin 2009 Catherine Gadot, Pierre Verdier et Jean-Pierre Rosenczveig ont donné une conférence de presse à propos d’un projet de loi concernant l’adoption.

     

    Catherine Gadot est Présidente du Fil d’Ariane France, http://le-fil-dariane-france-asso.fr Tél. 01.48.69.87.29, .seule association venant en aide aux enfants « placés » et à leurs familles.

     

    Catherine a rappelé ce jour-là deux faits :

    * de 1963 à 1975 la France a « importé » littéralement 1.700 enfants réunionnais, arrachés à leur famille

    * en 2007 l’Arche de Zoé a tenté d’enlever 103 enfants

     

    On entend Catherine Gadot sur la vidéo est visible à partir de Google par

    http://www.youtube.com/watch?v=CECtZ7X9B48

    ou directement sur Youtube.

     

    Les enfants objets ne sont pas une illusion.

    Les enfants « placés » à l’ASE ne risquent-ils pas, par ce projet de loi, de devenir des choses que l’on se passera de l’un à l’autre ?

     

    Sur la vidéo, de gauche à droite, Jean-Pierre Rosenczveig Président du Tribunal pour Enfants de Bobigny, puis Pierre Verdier avocat et militant pour l'accès à leurs origines des enfants nés sous X, enfin Catherine Gadot au micro.

     

    Soyez prudents, les jeunes !

     

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (photo archives personnelles du 3 juin 2009: les trois auteurs de la conférnece de presse : de gauche à droite Jean-Pierre Rosenczveig, Pierre Verdier, Catherine Gadot)

  • Enfants placés, des « produits » bons pour l’adoption ?

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    Gadot09.06.03 007.jpgVoici l’esentiel d’un article d’Anne Marie Illera, paru en mai 2009 dans le numéro 285 de JDJ- RAJS, intitulé « Adoption : vers où allons-nous ? ». Ce teste était joint au dossier de presse remis aux journalistes présents le 3 juin 2009 à l’écoute de Catherine Gadot, de Jean-Pierre Rosenczveig et de Pierre Verdier. Madame Illera  est une psychologue clinicienne branchée sur l’intérêt vrai des enfants, celui des enfants « placés » notamment.

     

    Avant cette note, 2 billets sur ce blog à propos de la conférence de presse du 3 juin 2009. L’un du 11 juin intitulé  «  Enfants placés à adopter ? Un scandale ! » introduisant à ce qui a été dit ce 3 juin sur le thème : 29 000 familles en attente, 29 000 enfants en magasin, suite au Projet de Loi relatif à l’adoption déposé au Sénat le 2 avril 2009. L’autre du  24 juillet 2009 « Enfants « placés » à saisir ! » avec le résumé et l’intervention en vidéo de Catherine Gadot à ce sujet

     

    Anne-Marie Illera est claire : « Et voilà que revient, encore une fois, le projet de « faire adopter » les enfants de l’ASE  (…) Sait-on encore que l’adoption c’est trouver une famille pour un enfant qui n’en a pas ? Et non l’inverse ! ».

     

    Tout est là.

    Pour des raisons diverses, il faut trouver des enfants à adopter pour satisfaire - non pas les enfants de l’ASE - mais des familles en mal d’enfants.

     

    Il y a d’emblée un hic, et de taille ! Car si des adultes demandent à adopter, il est très rare que les enfants, eux, souhaitent être adoptés. C’est même carrément exceptionnel !

    Ce n’est pas moi qui invente cela mais Cécile Delannoy qui l’écrit, une personne dont l’avis compte pour l’avocat Pierre Verdier qui n’est pas un imbécile.

     

    Madame Illera poursuit : « La ministre nous dit qu’ils « ont besoin d’amour et de stabilité pour bien grandir. »

    « Un enfant quoi qu’on en pense » poursuit plus loin Anne-Marie « est inscrit dans sa filiation de naissance et attaché à ses parents, sauf dans de rares exceptions…même lorsqu’il y a maltraitance. »

     

    La maltraitance, ça va ça vient. Il fut une époque où, en cas d’alcoolisme d’un parent, on arrachait systématiquement les enfants à leur famille même sans maltraitance. Et Dieu sait si les personnes touchées par l’acool sont des parents affectueux, attachés à leurs enfants !

     

    La ministre déclare encore joliment quant à ces adoptions curieusement organisées : « Ce sera au cas par cas, il n’y a pas d’objectifs chiffrés ».

    A quoi Anne-Marie Illera rétorque :

    « Je ne sais pas vous, mais moi, j’ai du mal à le croire ça dans le contexte actuel où tout n’est plus que chiffres et performances.Gadot09.06.03 016.jpg

    Bien sûr que si ! Demain il faudra satisfaire les candidats à l’adoption (qui sont aussi des électeurs) et il faudra « faire du chiffre », avec l’adoption des enfants délaissés comme avec le reste … »

     

    Madame Illera pose ensuite la question « Pourquoi faire une loi par-dessus celle qui existe déjà ? »

    Facile.

    Alors qu’aujourd’hui on peut déjà, après un an de délaissement, prononcer officiellemnt un abandon pour rendre un enfant adoptable, il sera possible avec cette loi miracle – si on ne réagit pas – de faciliter le circuit abandon-adoption, sans penser un instant à l’intérêt vrai de ces enfants.

    Et Anne-Marie poursuit :

    «Püis, nous pourrons passer à six mois car le temps presse : le séjour en famille d’accueil sera enfin déclaré néfaste pour les enfants. Cela permettra, de surcroît, de réelles économies pour le budget de l’ASE.

    Comme cela, discrètement, rapidement, en toute légalité, et presque sans faire exprès, « la machine » ASE pourrait enfin rendre « ses » enfants adoptables.

    Le rapport Colombani, à l’origine de cette réforme, ne serait-il pas le reflet du positionnement de certains « gens de terrain » ? (…)

    Le risque de dérive est grand car nous voyons bien qu’il sera plus facile de « laisser couler » une situation que de se battre jour après jour, semaine après semaine, souvent sans reconnaissance, pour que des parents en difficulté relèvent la tête et reprennent une vie plus ou moins « ordinaire » avec leurs enfants. Ceci, pour que leurs enfants reviennent à leur côté, sous le toit familial ou qu’ils soient, juste à côté d’eux, le temps qu’il faudra à chacun, chez une assistante familiale bienveillante et bien accompagnée.

    Pouvons-nous encore leur laisser le temps de la différence, le droit à la différence ? »

     

    En principe, un enfant devrait être placé de manière très provisoire et non durable. Certainement pas jusqu’à 18 ans, comme c’est très souvent le cas. Force est de constater qu’en général la bienveillance qui devrait être la règle vis-à-vis des enfants placés et de leurs familles « cabossés » par la vie se situe aux abonnés absents.

    Tout est axé sur la mise à l’écart quasi systématique des familles, une surveillance malveillante des rencontres entre parents et enfants quand elles sont autorisées façon peau de chagrin, rencontres « maquillées » sous le nom de visites médiatisées. En fait de médiation il y a erreur sur le terme.

     

    Je cherche dans le ciel, sur terre et sur la mer comment l’adoption forcée du côté des enfants, telle qu’envisagée par le projet Colombani-Morano, comblerait  le « besoin d’amour et de stabilité pour bien grandir » de ces jeunes.

     

    De qui se moque-t-on ?

    On a déjà bien secoué ces enfants avec des placements impensables et brutaux. On a continué en les isolant au maximum de leurs parents et de leur environnement habituel. Et on s’imagine qu’ils ne seront pas conscients qu’on les utilise comme des machines à faire plaisir au profit de familles autres que la leur ?

    Ces enfants là sont des êtres humains. Ils observent, réfléchissent, pensent, jugent.

     

    Gadot09.06.03 017.jpgD’ailleurs Anne-Marie Illera continue ainsi :

    « Et la personne dans tout cela ?

    Qu’en est-il de l’écoute et du respect du positionnement psychique de l’individu ?

    Qui va aller regarder où en est le parent qui « délaisse » ?

    Délaisse-t-il « vraiment » où est-il rongé par ses propres problèmes au point de ne pouvoir exercer, d’une manière que nous estimerions appropriée, son rôle de parent ?

    Qu’en est-il de ces enfants « délaissés » que l’on conduira vers une décision d’abandon et qui ne seront pas psychiquement dans une position d’enfants abandonnés ? (…)

    Il faut absolument comprendre qu’une déclaration d’abandon n’a rien à voir avec une adoption.

    Ce systématismre : délaissement = déclaration d’abandon = adoption, est dangereux. »

     

    Je le répète : ces enfants marchandises ne sont pas des enfants orphelins.

     

    Et il est fort dommage pour les enfants de l’ASE que l’on va destiner  à l’adoption si rien n’est fait que monsieur Colombani n’ait pas vécu de près un placement d’enfant au sein de sa propre famille. Confronté au réel, sur le tas du concret, il eut raisonné – fort probablement – très différemment !

     

    Ce qui me fait frémir, les jeunes, c’est qu’on ne sait pas qui peut se trouver demain dans ces « cabossés » de la vie ? Au sein de ceux-là pour qui une demande d’aide faite à l’ASE peut se métamorphoser en « placement » non justifié d’un ou plusieurs enfants.

     

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (photo archives personnelles du 3 juin 2009: en haut à gauche Pierre Verdier, plus bas à droite Jean-Pierre Rosenczveig, tout en bas à gauche Catherine Gadot)