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cathédrale

  • Christian Jacq zodiaque et temps

    Par hasard, je viens de rencontrer un texte qui évoque intelligemment le zodiaque. Les lignes que je vais citer sont tirées du livre de Christian Jacq « Le message des constructeurs de cathédrales » paru chez J'ai Lu en 1986. Le zodiaque est expliqué sous le titre Le mystère du temps pages 85 à 87 ;

    « Vézelay, Autun, Paris, Lyon, Vienne, Lescure, Bordeaux, Issoire... La liste serait très longue, des édifices où sont sculptés les signes du zodiaque.

    Evitons le travers rationnel qui ne voit que superstition dans l'astrologie. Cette dernière révèle les normes célestes, les lois éternelles du cosmos et la manière d'y conformer notre esprit en sacralisant le temps.

    Douze signes du zodiaque, douze types de réalisation de la Pensée divine. Dynamique du Bélier, créativité du Taureau, intelligence du Gémeaux, matrice du Cancer, noblesse du Lion, pureté de la Vierge, justesse de la Balance, facultés de transformation du Scorpion, sens du voyage du Sagittaire, désir d'ascension du Capricorne, sens rythmique du Verseau, sensibilité des Poissons : autant de qualités de l'Homme zodiacal qui est le modèle de chaque individu.

    Les calculs de l'astronomie ne suffisent pas à percevoir le cosmos. Ils permettent de l'analyser, de le « compter » ; il nous faut aller beaucoup plus loin à l'aide de l'astrologie qui fait communier l'homme avec son ciel intérieur.

    Le temps sacré s'exprime aussi par l'année. Elle n'est autre que Dieu roulé en cercle, tangent à toutes les époques et à tous les pays. Partout où nous irons, nous le rencontrerons et il n'est point de jour ou de nuit qui soit privé de lui.

    Les moments essentiels d'une année sont marqués par des fêtes. Lors des solstices, par exemple, on se réunit dans les villes comme dans les campagnes. Au solstice d'hiver, c'est l'intériorité qui prime avec la célébration du feu nouveau ; au solstice d'été, c'est l'extériorité, avec les danses, les jeux et la célébration du feu dans sa toute puissance.

    Janus aux deux visages est symbole de l'année. Incarnant le présent par son troisième visage, celui qu'on ne voit pas, il veille sur le passé et sur l'avenir. Il fait du temps une fête puisque c'est lui, dans le cycle des sculptures d'Amiens, qui préside le banquet célébré en l'honneur de l' année mourante et de l'année renaissante. Le Moyen Age avait créé une contrepartie féminine de Janus, la célèbre sainte Geneviève, dont le nom s'interprétait comme Janus nova, « porte nouvelle de l'année ».

    Le calendrier entier était porteur de sacré. Pour bien concrétiser l'idée, on avait forgé un saint Almanach, dont le martyr, bien entendu, était célébré le premier jour de l'année.A chaque jour sa vérité, à l'année entière de porter l'éternité en son sein. Avouons que dire le « cinq juin », « le trois août » n'a aucune signification. Pour donner une date, dans le Moyen Age traditionnel, on dira « deux jours avant la Saint-Michel », « cinq jours après la Noël ». On prendra donc une référence directe dans le sacré, dans le monde des saints et non dans la durée profane.

    La semaine, elle aussi, est un message symbolique, puisque nous la vivons en rapport avec le système planétaire. Dimanche est le jour du soleil, lundi celui de la lune, mardi celui de Mars, mercredi celui de Mercure, jeudi celui de Jupiter, vendredi celui de Vénus, samedi celui de Saturne. L'homme passif subit leur influence ; l'homme sage apprend à la connaître et à maîtriser les réactions positives ou négatives qu'elle déclenche en lui.

    La journée commence à trois heures du matin. C'est l'heure des laudes, c'est-à-dire de la joie de l'humanité qui perçoit la lumière qui, quoique cachée, va bientôt se manifester. Le jour qui vient sera pour nous l'occasion de tout vivre, de tout découvrir.

    Ouvrir à nouveau les yeux, goûter un nouvel éveil. Ne pas se lever tout de suite, ne pas commettre un excès de précipitation. Avant de mettre son corps en mouvement, l'homme du Moyen Age oriente la journée qui vient, il imite le Créateur organisant le cosmos.

    Pour penser sa propre action, c'est le critère d'utilité qui, là encore, prédomine. Etre utile à l'ensemble des hommes, être utile à ses proches, être utile à soi-même : voilà les trois intentions qu'il faudra, à nouveau, remettre sur le métier. Avec ce désir fermement ancré en soi, il est possible de faire le premier pas vers le jour qui se présente.

    Du lever du soleil à son coucher, de la création qui se renouvelle jusqu'à sa dissolution, la journée entière est symbole de l'éternité. On sort du sommeil comme d'une mort, on atteint l'apogée de la réalisation à midi, on connaît la paix au soir. Dans l'espace d'une journée, tout peut être accompli. Quels que soient les échecs, quelles que soient les imperfections, il n'y a aucune raison de désespérer ; demain, avec une autre journée dans ce monde-ci ou dans l'autre, une autre révélation nous sera accordée. »

    Voici ce petit extrait d'un livre extrêmement intéressant qui relie les symboles des cathédrales, livres toujours ouverts et vivants, à des sources de civilisations beaucoup plus anciennes dont l'Egypte.

    En avant propos, page cinq, l'auteur rapporte cette anecdote d'un homme qui, passant devant un chantier de sa cathédrale, interroge trois ouvriers. «  A quoi es-tu occupé? » « A gagner ma vie » répond le premier. « Et toi ? » « A tailler la pierre » répond le second. « Et toi ? » « A bâtir une cathédrale » répond l'artisan initié, sans doute futur Maître d'Oeuvre. Ce livre comporte trois parties, chacune découpée en trois chapitres. La première Quand la lumière fut, se subdivise ainsi : Du temps des pyramides au temps des cathédrales. L'art sans la science n'est rien. L 'univers est une parole divine. La seconde intitulée Dans la fraternité des bâtisseurs comporte les trois chapitres ci-après : Le visage du Maître d'Oeuvre, Notre Mère la cathédrale, Déchiffrer une cathédrale. La troisième partie, De chantier en chantier, a les trois chapitres suivants : Vivre l'initiation, Voyager par les symboles, Les deux chemins. Les deux chemins sont la voie de l'esprit, spéculative, et la voie de la main, opérative. C'est en liant actes spéculatifs » et « opératifs » que les communautés de constructeurs ont fait jaillir les cathédrales toujours présentes et vivantes pour qui sait lire leur enseignement. « Par l'union de l'esprit et de la main, le bâtisseur devient un homme en voie d'accomplissement de l'Oeuvre et de lui-même. Si la notion de « modèle » ou d' «  exemple » a encore une signification, c'est bien vers cet homme-là que nos regards doivent se tourner ». (p. 214)

    Christian Jacq conclut en évoquant L'éternelle sagesse des cathédrales, sagesse que je vous souhaite de découvrir à la lecture de ce précieux ouvrage disponible chez J'ai Lu pour quelques euros.

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr