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cancérologue

  • Bernard Lebeau, cancérologue, «2001, Odyssée de l’espèce »

    LEBEAU.jpgJ’ai rencontré une fois Bernard Lebeau. Je rendais alors visite au papa d’une amie à l’hôpital Saint Antoine alors qu’il se battait contre un cancer avec grand courage. Le professuer Lebeau était passé le voir. Il était possible de disposer de son avis, au passage, dans le couloir.

    Il est des êtres que l’on n’oublie pas, même avec une seule rencontre. Bernard Lebeau est de ceux-là, en raison de son humanité, de son respect de l’autre.

    C’est pourquoi je recommande les livres de ce médecin, professeur de penumologie à l’université Paris VI-Pierre et Marie Curie, chef de service à l’Assistance Publique, connu pour ses travaux de recherche clinique en cancérologie broncho-pulmonaire et ses actions vis- à-vis de l’intoxication tabagique.

    Le livre « 2001, Odyssée de l’espèce » paru en 2002 chez Atlantica offre pour 17 euros « une corbeille de réflexions » de « l’auteur, philantrope, c’est-à-dire « ami de l’espèce » » pour « voyager au hasard de ses rencontres avec des animaux dits supérieurs : les hommes ».(4ème page de couverture).

    L’auteur précise en page 9 le mode d’emploi de son livre, vécu de son année 2001 « Chaque jour décrit un prototype humain, rencontre fortuite ou rendez-vous prévus, professionnels ou personnels. Ces pages se lisent en suivant l’ordre de la logique imposée par le temps » (…) On y voyage « avec au quotidien six données constantes : Une date et une heure définissant le temps. Une idée principalre présentée en un mot. Une localisation définissant, dans l’espace, le lieu. Les initiales du des) héros, pour l’identifier, parfois, à vous d’y réfléchir. Des renseignements sur sa taille, son poids, son âge pour le quantifier. Deux formes bestiales pour le qualifier, induire contestation, sourire ou interrogation. Dans tout livre, comme dans tout voyage, il y a le prévisible et, soudain, l’imprévu; il y a le visible, il y a le caché. Sachez chercher, découvrir, dévoiler ».

    Deux extraits, page 29 et 222.

    Page 29 «  Souffre-douleur

    Jeudi 18 janvier, 19 h 30

    Banlieue parisienne

    N.B., 1,63 m, 58 kg, 33ans

    Dos de mule, tête de bâtard.

    - Elle est ma dépanneuse en pain. J’ai dû la voir dix fois en quelques années, depuis que je fréquente cette boulangerie, mais une fois sur deux mon regard est frappé. Il est impossible de ne pas remarquer sa joue droite tuméfiée. Il paraît possible que, pressée, elle se soir cognée ce matin dans la porte.Quelques semaines après, c’est un œil au beurre noir qui retient l’attention. La baguette suivante m’est vendue sans mot dire, sans maux sur le visage, mais ce visage est triste et les yeux sont bouffis d’avoir trop pleuré. La visite qui suit renforce l’impression, vu la belle ecchymose qui bleuit sa joue gauche. Lâchement, je refrène l’envie de lui parler ; je crains la répartie : « De quoi vous mêlez-vous ? » Elle est adulte et je ne suis pas certain du diagnostic. Si elle fait partie des centaines de milliers de femmes battues, il faudrait qu’elle sache que si, par fausse crainte ou peur de rerésailles, elle ne porte pas plainte auprès de la police, elle pirrrait s’adresser de façon plus discrète à des associations. Elles lui tendent la main pour la protéger. (Femmes info services : 01 40 33 80 60)

    Info toujours exacte.

    Page 222 «  Emotion

    Mercredi 1er août, 16h20

    Paris 12ème

    G.S., 1,62m, 54kg, 46ans

    Une hirondelle heureuse de couver son oison

    L’émotion est une sensation de chaleur débutant du plein milieu du corps et possédant au travers de celui-ci une irradition centrifuge pour abouritir à une émission périphérique liquide (en allant crecendo : sudorale, lacrymale, parfois même urinaire en cas de choc émotionnel majeur). Cheveux bruns, coupés courts, en pleine repousse, G. S. consulte souriante et sans souci, en tenue estivale. Perfusions terminées depuis novembre dernier, elle a récupéré tout au long de l’hiver. Cette hirondelle n’a pas plus fait le printemps, n’osant encore quitter la région parisienne. Pour la première fois, elle ne vient pas seule. Elle est accompagnée d’un délicieux oison, cheveux d’ambre, commme elle : sa petite fille de cinq ans. Elle est heureuse et fière de me la présenter. La visite est rapide car l’examen physique et le cliché thoracique rassurent pleinement médecin et patiente. Lorsque nous nous quittons, G.S. s’adresse à son petit oison : « Tu te souviens lorsque j’étais très malade, je ne pouvais plus m’occuper de toi. C’est ce monsieur, le docteur, qui m’a guérie. C’est grâce à lui que nous allons pouvoir partir toutes les deux en Corse la semaine prochaine. Tu peux lui dire merci. » Elle a dit merci et le plexus de l’ours est devenu solaire. »

    Oui, Bernard Lebeau peut être envahi par la joie d’avoir pu guérir !

    Deux exemples, moins de 18 ans, l’un triste, l’autre joyeux. Il y en a des quantités tout au long des plus des 264 pages de ce livre, nourri par la vie quotidienne. A découvrir !

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr ( illustration: couverture de «2001, Odyssée de l’espèce »)