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braver le silence

  • Elie Wiesel: Osons Dire !

    Socrate par le récit des 3 tamis - indique comment filtrer la pensée avant de parler. Par cette histoire, il répondait à une demande précise sur l'utilité ou non de sortir du silence. Il dénonçait ainsi les paroles folles, les silences manqués.

    Car il est des silences à ne pas garder, des silences à détruire, des silences de lâcheté, des silences de barbarie, des silences assassins !

    Un homme, Elie Wiesel, prix Nobel de la Paix 1986, a dénoncé les silences coupables. Tous ces silences muets sur les souffrances d'un enfant qui n'est pas écouté, qui n'est pas respecté. Même dans des lieux où il est censé être protégé, ces lieux où l'on méprise sa parole au goût de vent neuf, où l'on brise sa voix de lumière qui déplaît à un système figé, raidi, sourd et drapé dans son autorité légale.

    C'est dans un premier ouvrage "La Nuit" publié aux Editions de Minuit en 1958 qu'Elie Wiesel, rapporte ses souvenirs d'une période où "le monde se taisait", temps de déportation avec sa famille à partir de 1944 de ce garçon de 15 ans à Auschwitz puis à Birkenau.                                                          b0e6f7cd8b3dfefaaf9527a5ab50ca93.jpg

    Elie Wiesel nous le rappelle: "Il y a toujours des silences dans mes livres. Mais il y a silence et silence. Il faut se battre contre le silence dès qu'il cache un crime. Là, il faut crier, hurler."

    Il y a des murs de silence à braver. D'épaisses fortifications où sont celés des corps que l'on étouffe, des cœurs que l'on piétine, des âmes martyrisées. En cet automne 2007, là, sous nos yeux.

    Il faut oser. Il faut parler. Il est impossible de laisser l'autre périr ainsi sans rien faire. Ou alors de quoi notre part d'humanité est-elle souillée ?

    Il faut oser. Pour tous ces gosses incapables de se secourir seuls. Incapables de fuir une barbarie toujours pesante.

    Ces gamins avides de soleil et de joie, nourris de coups, de larmes et d'ombre, victimes offertes sans pitié à l'appétit d'un Moloch insatiable, chair livrée, pensée réduite en cendres…

    Responsable et aussi coupable:

    de se taire. Passer son chemin. Laisser faire.

    d'être poursuivi, écorché par tous les silences accumulés nés de l'indifférence, de la peur, de la lâcheté.

    de persister à se taire au lieu de faire connaître l'acte inhumain.

    de devenir tortionnaire au nom d'un silence facile.

    C'est pour exterminer ces hordes plombées de silence, porteuses de malheurs et de mal, qu'Elie Weissel continue à parler. Pour épargner s'il se peut toutes les jeunesses du monde. Au nom des enfants. Au nom d'un seul enfant !

    Elie Weissel ajoute:"Les leçons du XXe siècle n'ont pas été tirées. Nous avons essayé, mais elles n'ont pas été reçues.(…). Je suis triste pour les jeunes d'aujourd'hui. Si j'étais seul, je pourrais me dire: j'ai le droit de désespérer, j'ai toutes les raisons du monde pour ne plus avoir foi en l'homme ni en Dieu. Mais il y a l'autre. Dès qu'il y a l'autre, je n'ai plus le droit de renoncer."

    En juin 2006 à 77 ans Elie Wiesel rapporte: "Maintenant, j'ai un petit-fils de 9 mois dont je suis fou. Quand il me sourit, c'est le monde entier qui s'illumine. Il y a en lui l'innocence, la beauté, la pureté, l'espoir, tout ce qui est beau et noble dans l'homme. Et cela justifie toute l'aventure humaine sur terre. Cela la justifie... malgré tout."

    A une question sur lui-même, enfant, dont la vie a basculé dans le camp d'Auschwitz où sa mère, son père, sa petite sœur ont été exterminés, Elie Wiesel répond: "… J'ai un devoir envers l'enfant que j'étais. Je suis responsable de son avenir et de sa place dans l'éternité. Vous avez vu juste: c'est lui qui parle en moi. Autrefois, on a essayé de le priver de la parole. Moi, je la lui restitue. Je ne dirai jamais quelque chose dont cet enfant pourrait avoir honte. Je voudrais qu'il soit fier de moi."

    Il faut lire ou relire La Nuit et jeter aux horties toutes les peurs de dire.

    Ecoutons les plus jeunes. Dessillons nos yeux. Parlons tant qu'il est encore possible. Osons dire ! Osons parler !

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