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  • Concorde : que penser ?

    Une émission intéressante pour les amoureux des avions mercredi 3 février 2010 sur France 5 avec un C dans l’Air intitulé "Fallait-il arrêter Concorde ?"

    Autour d’Yves Calvi, pour parler de cet avion mythique dont deux exemplaires sont visibles au Musée de l’Air du Bourget, Stéphane Gicquel Secrétaire général de la Fédération Nationale des victimes d’accidents collectifs (Fenvac), Michel Polacco Journaliste spécialiste des questions d’aéronautique à Radio France et aviateur, Gérard Feldzer Directeur du Musée de l’air et de l’espace.

    Il ressort des échanges entre Gérard Feldzer et Michel Polacco qu’il n’y avait pas lieu d’arrêter le Concorde pour des raisons de sécurité.

    Le pilote et le co-pilote aux commandes le jour du drame de Gonesse étaient des fins connaisseurs d’un avion qu’il maîtrisait.

    La technique du risque maîtrisé ne fait pas l’affaire de Stéphane Gicquel ;

    Il est évident pour les trois que les 113 morts en raison du crash du Concorde, non loin de l’important Centre Hospitalier de Gonesse, sont 113 morts de trop. 109 en vol et 6 à terre au niveau d’un hôtel là où l’avion s’est abattu.

    Les spécialistes des avions déplorent, à juste titre, qu’il est insensé que ce soient des lampistes, six - et non les vrais responsables - qui soient en position de prévenus au ban des accusés.

    C’est un procès pénal qui s’ouvre.

    Les familles des victimes ont été indemnisées, sauf celle du commandant de bord qui souhaitait être présente au procès et pour laquelle l’indemnité est suspendue. Sont encore présentes au procès les familles des 4 victimes au sol ainsi qu’une famille d’un passager.

    On va assister à une bataille d’avocats car, dans cette affaire, les experts de tous côtés étaient d’accord sur le déroulé des choses, situation assez exceptionnelle en matière d’expertise.

    Pour Stéphane Gicquel ce procès pénal est ouvert à l’initiative et au nom de la société, à cause du traumatisme social causé par cette catastrophe. Au long de 53 audiences, tout sera décortiqué publiquement.

    Le lieu du drame pourrait devenir un lieu de mémoire.

    On apprend lors de l’émission que les pistes sont pleines de débris plus ou moins volumineux qui sont là au décollage des avions.

    On apprend que des projets d’avions d’affaires supersoniques ont été étudiés par Dassault en France et aux USA, sans aboutir. Deux problèmes restaient et restent à solutionner : celui du bang supersonique qui dure tout au long du parcours; celui du problème économique en raison de la forte consommation de carburant.

    La vie du Concorde continue. Cet avion, qui faisait Mac 1 en octobre 1970, est l’objet des soins de bénévoles passionnés pour le faire à nouveau rouler au sol au Bourget. Il pourrait à nouveau voler, avec les autorisations requises, comme avion de collection avec un budget de 2 à 5 millions d’euros – si j‘ai bien entendu – ce qui n’est pas envisagé.

    Ceux qui le souhaitent peuvent aller voir le billet mis ici le 0 juillet 2009 sous le titre « Crash Concorde ».

    Beaucoup d’informations, les jeunes, dans cette émission du mercredi 3 février 2010 visible quelques jours.

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr

  • Crash Concorde

    En préalable, vous trouvez sur la page intitulée "index thèmes blog" les thèmes qui me paraissent les plus importants avec les jours où les trouvez, non classés pour l'instant en alphabétique         

    Le 25 juillet 2000 dans l’après-midi je suis au Centre Administratif de Sarcelles, au lieu dit Les Flanades.  F.       un collègue de travail passe et m’indique : « Drôle de blague ! un  potte  vient de me téléphoner le crash du Concorde ! Tu parles ! »

    Il file. Il revient peu après : « Je dois partir en intervention. C’est vrai : le Concorde vient de se crasher ! tout près d’ici. »concorde.jpg

    F. est pompier volontaire, sérieux, un garçon compétent dans son travail et aussi en matière de secourisme ce qui est précieux lors de ses interventions. Ce père de 2 jeunes garçons vit à plein la devise de ce corps de sauveteurs : « sauver ou périr ».

    A part ça, un  physique efficace pour ce qu’il lui appartient de faire. Comme hobby un talent de dessinateur caricaturiste hors pair – mais lui, très humble, considère qu’il n’est qu’un amateur de seconde zone.

    C’est le même qui - quand se sont levées jadis des émeutes à Garges - secourait avec des collègues ceux qui en avaient besoin tout en se faisant « caillasser ». A tel point que lorsque je quittais Sarcelles le soir, sachant F…..de garde, je me demandais si j’allais le retrouver entier au travail le lendemain.

    F …file. L’info commence à se répandre. Il faut dire que Sarcelles est sur le trajet des pistes de Roissy, notamment des vols réguliers des Concorde.Un vrai ballet aérien permanent. On sait, par exemple, qu’il va falloir clore une réunion à Sarcelles Village quand le Concorde du soir revient des States. Car, pour ceux qui ne connaissent pas, Sarcelles est un ville en 2 parties réunies par un territoire d’un bon kilomètre  : l’ancien village, traditionnel, du côté de Saint Brice avec une halte SNCF située en bordure de Sarcelles mais sur la commune de Saint Brice ; et la ville nouvelle - vaste grand ensemble réalisé de 1955 à 1975 - a permis d’accueillir les populations déferlantes rapatriées d’Afrique du Nord avec une autre halte SNCF située en bordure de Sarcelles mais cette fois sur le territoire de Garges.

    Devenue assez imposante, la ville de Sarcelles a acquis en 2000 le statut de Sous Préfecture.

    On peut dire que Sarcelles, de part sa constitution ethnique, est une mosaïque assez représentative du monde. Islamabad  - qui fait l’actualité ces jours – est un lieu de départ des familles vers la France.  Sarcelles est une ville à laquelle on s’attache, et il se dit communément que quand on a bossé à Sarcelles on peut aller naviguer partout.

     

    Dans l’heure qui suit le crash du Concorde – pas n’importe quel Concorde puisque affrété par Air France pour rallier New York avec des passagers plutôt à l’aise jouant à des vacances de luxe – ça cause. L’une a eu son fils qui a vu de sa maison la boule de feu de l’explosion du Concorde. L’autre a entendu l’impact. On apprend qu’il s’en est fallu d’un rien que le Concorde s’écrase sur l’hôpital de Gonesse tout proche. Pas de survivant à priori.etc…

    Voilà l’horreur qui vient casser une journée de juillet jusque là belle et ensoleillée.

    Je rentre. J’habite Paris et je n’appartiens pas au corps des sapeurs pompiers de Gonesse. Je ne suis pas non plus réquisitionnée.

    Les médias ne parlent que de ça, à juste titre. Les politiques vont vite s’emparer de cette affaire et au nom du principe de précaution le Concorde va être assez vite interdit de vol.

     

    Le lendemain, F…. revient au travail, mission d’urgence accomplie. Il ne conte pas. On déteste ça quand on porte secours. L’assistance apportée est déjà parfois assez difficile à  digérer après. Et aucun pompier, aucun secouriste digne de ce nom ne parle de ses interventions ; l’attitude est pudique, toujours. Il n’y a que les non intervenants pour aller se répandre sur des détails macabres et à vomir. Oui à vomir.

    Certains pompiers n’ont pas pu supporter le spectacle et se sont évanouis. Ils ont été éloignés et interdits de se représenter sur ce coup là.

    F…. nous dit qu’effectivement des collègues pompiers n’ont effectivement pas cru l’annonce faite, si surprenante. Ils ont raccroché au 1er  appel, ayant lâché un commentaire genre : « Et ma grand’mère ?  elle fait du vélo sur la lune ? »  Ce n’est qu’au second appel que ces garçons, pourtant habitués à réagir illico, ont rallié le point de rendez-vous.

     

    Alors voilà, à quelques jours des  8 ans anniversaires de la mort accidentelle de 113 personnes  à Gonesse, celles de l’avion et celles sous l’impact du Concorde au niveau d’hôtel vide de  clients à 16h44 – que 113 personnes grâce au professionalisme du commandant de bord qui a porté l’avion qui tombait à l’écart de l’important Centre hospitalier de Gonesse – c’est le tribunal correctionnel de Pontoise qui suit l’affaire.

    Le procureur a d’ailleurs précisé que « l’ordonnance de renvoi concerne deux employés de la compagnie américaine, deux représentants d’Aérospatiale, ainsi qu’un responsable de le Direction générale de l’aviation civile (DGAC). »

    Mais au fait, pourquoi tout ce monde ?

    Pourquoi 3 circuits différents ?

    Parce que  l’un des 3, Continental Airlines, a eu un DC-10 qui aurait perdu un bout de titane, objet coupant sur lequel en roulant le train principal gauche de Concorde aurait dilacéré son pneumatique dont les morceaux projetés au niveau du réservoir de carburant ont déclenché une fuite majeure de kérosène. D’où la chute de l’avion.  En pratique ce n’est pas la conception du DC-10 qui est mise en cause mais son défaut d’entretien qui a généré une mauvaise fixation de la lamelle de titane incriminée. Deux responsables sont visés : John Taylor et Stanley Ford.

    Parce que le second des 3, l’Aérospatiale, est soupçonné de ne pas avoir apprécié comme il fallait les éclatements de pneus réitérés du Concorde. Sont cités : Henri Perrier et Jacques Herubel.

    Parce que le troisième des 3 circuits suspectés est la DGAC , en la personne d’un certain Claude Frantzen qui, de 1966 à 1994, s’est attaqué à la question des éclatements de pneus mais sans se préoccuper de la fragilité des réservoirs du supersonique.

     

    Tout ceci me laisse perplexe, alors que le Concorde avait été un bon et fidèle serviteur des années durant.

    Par ailleurs, intéressée par la fabrication des avions et les autres drames qui avaient pu se produire ici ou là, j’ai découvert que des avions livrés en bon état de marche étaient ensuite laissés aux aléas de l’entretien de leurs utilisateurs. Et c’est là que les choses semblent coincer. Car les utilisateurs sont tentés de faire de l’entretien bas de gamme, parfois à la limite d’une sécurité basique.

    La conséquence est que l’on incrimine un avion correct, alors que la faille est dans un entretien défaillant.

    Il se peut donc que le Concorde ait été interdit de vol, condamné soudain comme un vieux machin, alors que cela n’était pas nécessaire.

    Il se peut aussi qu’en raison de l’augmentation du trafic aérien, le Concorde se soit trouvé en situation de plus grande fragilité qu’au moment de sa mise en circulation. 

    Il se peut encore plein de choses que j’ignore car je ne suis pas un avionneur ni issue d’une famille d’avionneurs.

     

    Les jeunes examinez bien ce qui va être avancé quant aux responsabilités dans ce crash en Ile de France. Et apprenez à être des « pros », d’excellents professionnels dans votre job futur ou actuel – apprentis ou stagiaires.

    Si vous voulez jeter un clin d'oeil sur Sarcelles regardez "Elle court, elle court la banlieue", film plein d'humour sorti en 1937 et tourné à Sarcelles.

    contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr

  • C. MAUNOURY: Avion Passion

    Catherine MAUNOURY: Avion Passion

    Catherine appartient à La Beauce.  Sa famille, celle des Maunoury, est connue de tous les beaucerons. Plusieurs Maunoury  ont  assumé des responsabilités et leurs noms colonisent de nombreuses rues des communes d'Eure et Loir.  La Beauce c'est du blé à perte de vue la saison venue et,  dominant cet océan végétal si bien évoqué par Charles Péguy, la cathédrale de Chartres où se précipitent des touristes du monde entier. Autre empreinte de l'histoire, le château de Maintenon - actuellement boudé par les "tour opérator" avec un reste significatif de l'aqueduc mis en chantier par Louis XIV pour alimenter en eau les fontaines du château de Versailles à 80 kms de là - aqueduc aux restes suffisamment imposants pour passer en voiture sous une de ses arches,  être contemplé depuis la nacelle d'une montgolfière, et être le repère annonciateur de l'arrivée par sa  visibilité  depuis les avions long courrier.

    Cet avion si cher à Catherine Maunoury.  La plus jeune des Maunoury repérée à ce jour.

    Les Editions du Cherche Midi ont été interpelées quelque part par cette jeune femme passionnée. De cette passion constructrice et dévorante qui contamine tous les "possédés" d'un amour avouable qui pousse à le vivre à l'extrême.  Les "fous" de musique, d'aviation, de formule 1, de montagne  etc... Tous ceux et celles qui connaissent cet état de coeur si particulier s'y retrouveront.
    Au Cherche Midi le livre titré "L'étrange bonheur de voler" (octobre 2007, 204 p., 17 euros)  a ainsi vu le jour, fruit  d'un dialogue entre Catherine Maunoury  et Jacques Arnould.

    Ce livre se dévore et je vous le conseille. 
    Pour les jeunes lecteurs pas forcément au courant: Catherine est double championne du monde de voltige aérienne;  Jacques Arnould est spécialiste des questions d'éthique au  Centre National d'Etudes Spatiales (=CNES).

    Catherine Maunoury n'est pas la 1ère femme à flirter intensément avec le ciel.  Mais elle est vivante, là, maintenant. On peut la voir, lui écrire, et avant tout écouter la part de vie intime qu'elle nous livre lors de ce dialogue entre  Jacques et elle.
    Car conquérir le ciel est d'abord se conquérir. En apprenant à se connaître, à se contrôler, à dépasser des peurs possibles. En apprenant à connaître en son plus intime l'appareil  conduit à  s'arrimer au corps qui va le diriger, le conduire, jusqu'à  danser ensemble dans les airs.

    La  passion pour l'avion, la passion pour voler - aussi violente qu'une passion amoureuse  et aussi exigeante - a besoin de disponibilité, de compétences, d'une tête "bien faite autant que bien pleine".
    Tous les "possédés",  tous les "fous" de quelque chose ont en commun le contrôle d'eux-mêmes, qualité majeure pour ne pas être débordé par l'émotif  présent dans toute passion.

    Lisez, et vous verrez vous-même.
    Vous découvrirez les codes de ceux qui volent;  vous survolerez Chartres, et aussi le ruban asphaltée de la route vers Dreux au-dessus duquel la voltige est autorisée (p. 35) - avec pour débuter un tonneau tout simple pour Jacques.
    Qui le vit ainsi: "...Catherine manoeuvre son appareil.  Je vois alors le ciel basculer devant moi, lentement, sans à-coups, jusqu'à disparaître pour être remplacé par des champs et des forêts; mais déjà ce nouvel horizon disparaît. Pour la première fois de ma vie, je comprends ce que signifie "avoir la tête en bas" "... (p.38)

    Plus avant,  Catherine initie Jacques à la vrille et au fait de la contrôler; c'est plus dur pour l'élève (p.64).

    Il est question du mythe d'Icare, de maîtriser l'avion comme on maîtrise un cheval, de l'importance d'une bonne oreille interne pour la voltige, d'un sommeil suffisant et d'une alimentation adéquate.
    Il est montré la possibilité de flotter en apesanteur à bord de l'Airbus Zéro-G, d'utiliser - comme les oiseaux - des courants ascendants pour passer avec un petit avion au-dessus de la cordillère des Andes.
    On découvre aussi le vol en Rafale du Bourget à Istres, les wing walkers présents lors du meeting de La Fertais-Alais à la Pentecôte, une réflexion autour de la transgression des limites posées....

    Catherine se définit comme quelqu'un de sédentaire en page 173.  Jacques, avec elle, a défini la voltige "comme un voyage mouvementé dans l'air, mais immobile" en page 185.

    Le dernier paragraphe, en page 200, évoque le plaisir et la rencontre des 2 auteurs de ce livre écrit à 4 mains:    
      "Dès lors, notre rencontre était-elle si improbable ? Au fil de nos échanges et  de nos réflexions, ici mises en scène, affrontant cette délicate question du plaisir, nous nous sommes retrouvés en accord pour tenter de dire ce qui, au coeur de nos existences, leur donne souffle et saveur, sens et détermination. Le plaisir, celui de voler comme celui de vivre, ne saurait en être écarté: il se trouve en effet dans l'inconnu encore à découvrir, le choix encore à accomplir, la différence encore à accueillir.  A chacun de trouver cet étrange bonheur de voler qui le déposera au-delà de lui-même."

    Alors les jeunes, au moins une passion de prédilection ? ou plus, qui sait ?

    contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr