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arash derambarsh.livre

  • Marc Machin 2 août 2009, 7 à 8

    Il y a sur la page intitulée "index thèmes blog" les sujets récapitulés avec les jours où les trouver. Merci.

      

    C’est hier, dimanche 2 août, qu’un reportage concernant Marc Machin a été diffusé sur TF 1 lors du magazine Sept à Huit.

     

    MachinLiv.jpg1er sursaut : Marc Machin « accusé d’un crime qu’il n’aurait pas commis ».

    Aurait ? Non.

    Marc n’a pas commis le crime qui l’expédia en prison. Les tests ADN l’ont confirmé. Le témoin qui prétend l’avoir aperçu n’a pas l’objectivité ni la certitude d’une vidéo. D’ailleurs, sur les lieux du crime, une caméra de surveillance filmait. Mais le film de cette nuit là qui aurait pu innocenter Marc n’a pas été exploité en temps utile lors de l’enquête. Depuis il a été recyclé ou jeté.

     

    2 ème sursaut : l’obligation de soins – en pratique nous dit-on la consultation d’un psychologue. Obligation négligée, semble-t-il, par Marc.

    C’est la première fois que j’entends parler de cela.

    Qui a décidé de cette obligation ? Et pourquoi ?

    A partir de là, Sept à Huit – enfin le reportage – insiste lourdement sur le fait que Marc Machin est malade.

    Ce garçon dans la force de l’âge, victime d’une erreur judiciaire, accueilli à sa sortie de prison en héros sur les plateaux télé devient dans ce reportage un malade, un dangereux prédateur sexuel dont est souligné le passé.

    Un passé qu’il n’a d’ailleurs pas occulté dans son livre post libération « Seul contre tous » paru chez Pascal Galodé en mars 2009. Un passé dont les 2 fois lui ont valu, avant l’affaire du Pont de Neuilly, une condamnation à 2 ans de prison dont 18 mois avec sursis.

     

    3 ème sursaut : son père qui semble dire qu’avec les agressions sexuelles du printemps 2009, notamment du côté du métro Gambetta, Marc a trahi une sorte de contrat de confiance père-fils.

     

    4 ème sursaut : l’avocat de Marc Machin qui se plaît à penser que l’enfermement actuel à la maison d’arrêt de Nanterre pour des accusations cette fois exactes et reconnues par son client sera salutaire.

     

    Je crois rêver !

     

    Avant tout je pense aux femmes victimes, aux deux agressées avant la prison, aux trois de juin 2009.

    Je suis désolée pour ce qu'elles ont subi.

     

    Après, dans ce maelström qui tend à charger violemment Marc Machin - 7 à 8 a été chercher par exemple l’une des agressées d’avant prison qui y va franco ainsi qu’une animatrice d’émission d’un certain 5 juin 2009 qui en dresse un portrait très dévalorisant – la raison raisonnable manque.

     

    A l’exception de deux personnes. Une amie d’enfance de Marc Machin avec qui il a beaucoup parlé après sa sortie de prison. Entre ce qu’elle nous dit de Marc autrefois et aujourd’hui avec elle et les propos accusateurs des autres, Sept à Huit a titré « L’homme aux deux visages » à propos de ce garçon.

     

    L’autre personne d’exception est l’éditeur Arash Derambarsh qui a fait à son niveau tout ce qu’il pouvait : promotion, à valoir financier, rendez-vous. Arash a assuré à plein.

     

    A ces deux-là, j’ajouterais une troisième personne, non mentionnée hier : Dominique Paillé, Conseiller Politique du Président Nicolas Sarkozy  à l'Elysée et Porte parole de l'UMP, qui a été le seul à recevoir Marc Machin, à la demande d’Arash Derambarsh. 

     

    A ces personnes, je dis « Très bien ! ». Elles ont assuré leur part d’humanité.

     

    C’est tout le reste qui n’a pas fonctionné. Tous les autres.

     

    Toute vie en collectivité - que cette modalité d’existence plaise ou non – apporte une structure de vie, une organisation, une charpente obligatoire. Entraînant aussi une certaine forme de dépendance, obligatoire aussi.

     

    Un tel encadrement est porté à son paroxysme par un enfermement qui boucle entre des murs hostiles. La prison est un des exemples de cet enfermement maximum.

     

    A contrario la sortie de prison, sans accompagnement consenti et sans apport de plaisir durable, peut se révéler être un chemin semé d’embûches multiples et imprévues.

     

    Dont la principale est de disposer d’un temps libre, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 sans obligation aucune.

     

    Vivre enfermé est dur.

    Vivre libre totalement n’est pas plus facile, sauf à disposer d’une force de caractère qui est loin d’être donnée à tous.

     

    Ainsi, dans un tout autre domaine, les ermites passés et actuels ne s’installent pas dans ce style de vie sur un mouvement d’humeur. Ce sont généralemnt d’anciens moines ou moniales, ayant vécu des années en communauté, disposant d’une colonne vertébrale psychique suffisante au plan personnel, acquise au fil du temps. Ceci est valable en contexte chrétien, boudhique etc…

     

    Marc Machin n’a pas actuellement le profil du moine ou de l’ermite.

    Il a toutfefois lancé sur les ondes plusieurs fois des bouteilles à la mer, une fois libre, pour réclamer un travail auprès de ses chers chevaux.

     

    A-t-il reçu des propositions ? Je l’ignore.

     

    Qu’il ait disposé des euros empochés grâce à son livre pour s’acheter des fringues, aller en discothèque : où est le mal ? Je n’en vois pas.

     

    Je ne pense pas non plus que le fait de ne pas se rendre à des rendez-vous de psychologue ait changé grand-chose à la situation de Marc. Les psychologues ou psy divers ne sont pas des remèdes absolus. Ils ont l’avantage d’apaiser les juges, de tranquilliser la foule, en cette période où une grande partie de la société épouse sans broncher ni réfléchir la dictature autorisée des « psy ».

     

    Si les « psy » délivraient une ou des raisons de vivre, ça se saurait. Le plus souvent ils étayent une colonne vertébrale psychique insuffisante.

     

    Avant d’être enfermé en prison, Marc Machin n’avait pas acquis de goût pour un travail précis. Hormi son amour des chevaux, plusieurs fois répété lors d’entretiens post libération, je l’ai entendu.

     

    Imaginons.

    7 ans de galère prison pour un assassinat non fait.

    Une sortie fracassante rythmée par les flashs des journalistes, les sunlights des plateaux télé, les relais à la radio, une pression positive énorme à laquelle il fait face.

    Après quoi tout retombe. Le livre est lancé, l’erreur judiciaire entérinée par le public. On attend la révision. Sans plus. On passe à autre chose.

    Marc Machin est seul. Dramatiquement seul.

    Entré en prison sans avoir au préalable pu structurer sa vie d’une manière agréable ou du moins efficace il en ressort de même. Sans acquis particulier. Sans formation professionnelle. Sans diplôme alors qu’il aurait pu s’y atteler…si on le lui avait proposé. Un but dans la vie, fut-ce en prison, est une nécessité. Marc, enfermé, aurait pu préparer l’après et obtenir un baccalauréat, il en était capable en 7 ans ! Et continuer. Autour des chevaux.

    Nul n’y a pensé. C’est pourtant là, en prison, qu’un psychologue ou autre intervenant, aurait pu être efficace pour aider à l’orientation de Marc. Pour préparer son après prison.

    Marc est ressorti d’enfermement comme il y était entré : sans armature intérieure solide, sans atouts suffisants pour faire face; sans même disposer d’un plus au plan professionnel.

     

    Sur son trajet d’homme libre, après Arash Derambarsh, après Dominique Paillé : personne.

     

    Le gouffre du vide avale Marc.

     

    A son âge, l’affection d’un père ne peut pas combler une vie.

    Pas de femme pour l’apprécier, le réconforter.

    A défaut un travail aurait pu pour remplir, voire en partie combler et rendre – qui sait ? – joyeuses des journées qui sont longues, sans fin, quand elles sont sans but.

     

    Supporter successivement le noir de la prison erreur judiciaire, le soleil éblouissant des médias, puis la grisaille de l’anonymat, c’est beaucoup.

     

    Alors l’animatrice peut digresser en disant qu’il manque à Marc « un bon quart d’heure » - elle a eu la trouille pour son émission ! – le papa larmoyer en se pensant trahi, la justice s’estimer offensée avec son pyschologue non consulté…D’ailleurs le 18 mai le juge d’application des peines avait rappelé à l’ordre Marc Machin à propos de son « séchage » de psychologue.

     

    Pour de multiples raisons, Marc Machin a craqué.

    Malade d’un manque général d’estime.

    Malade d’une absence de travail.

    Malade d’indifférence.

     

    Un mal être qui s’est exprimé par des agressions sexuelles le 5 juin et après, des vidéos filmées sur son portable.

    De là à en faire un prédateur sexuel, je ne franchirais point ce pas.

     

    A l’âge de Marc on a de la force. Une énergie à revendre. Un potentiel qu’il faut bien dépenser, d’une façon ou d’une autre. Et tous les discours égalitaires du monde ne changeront rien à cette réalité de base : le fonctionnement physiologique d’un homme n’est pas celui d’une femme. Son potentiel musculaire est aussi très différent.

     

    D’où l’importance d’un boulot, si possible aimé, pour canaliser l’énergie débordante de ce jeune homme.

     

    Le circuit de révision va-t-il annuler sa condamnation à propos du meurtre du Pont de Neuilly ou choisir de le rejuger ? On attend la décision.

     

    Puisqu’il est à nouveau enfermé depuis le 15 juin 2009, c’est peut-être le moment pour Marc de penser à préparer un Baccalauréat quite à reprendre à partir de la seconde ou de la troisième, ou de se lancer dans une formation professionnelle. Autour des chevaux, par exemple. Il peut aussi, en parallèle, tenir un journal ou s'attaquer à un autre écrit. En ne négligeant pas tout le possible en exercice physique.

     

     

    Courage à toi, Marc !

     

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (photos : couverture du livre « Seul contre tous » paru chez Pascal Galodé)