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alexandre gérard

  • Vitamine D ? Carence, le danger rôde !

    Tel est le titre d’un article qui occupe les pages 30 à 32 de la revue Nutrition, n°14, du 4 ème trimestre 2010 que j’ai reçu il y a peu.

     

    Eu égard à des constats faits par ailleurs autour de moi, sur la base de résultats de dosages sanguins de vitamine D, il s’agit là d’une situation à prendre au sérieux. Pour les jeunes et pour les adultes.

     

    La vitamine D ne limite pas ses effets au seul métabolisme du calcium. Des travaux montreraient que la vitamine D est impliquée dans de nombreux fonctionnements : celui du cerveau, du pancréas, du contrôle du cycle cellulaire – et en conséquence de la survenue des cancers, de l’homéostasie métabolique, des systèmes cardiovasculaire, immunitaire et musculaire.

     

    Il s’agirait, pour l’instant, d’associations plutôt que de causalité. Les seules causalités démontrées actuellement concernent l’os et le métabolisme calcique.

     

    Il n’empêche.

    Dans cet article, le Professeur Eric Mallet, Université de Rouen, souligne que la supplémentation en vitamine D est « très souvent négligée après un an chez les enfants d’âge préscolaire, alors même que leur vitesse de croissance est importante, avec une situation plus défavorable qu’elle n’était auparavant : 6 % d’entre eux se situent au-dessous du seuil de 10 ng/ml. »

    Pour être clair, disposer d’une quantité de vitamine D inférieure à 10 nanogrammes par millilitre situe l’intéressé en carence avec un risque élevé de pathologie. Pathologie qui sera, selon l’âge, soit un rachitisme – maladie de la croissance et de l’ossification - chez l’enfant, soit une ostéomalacie – décalcification osseuse - chez l’adulte. Chez l’enfant « A la clé : des douleurs osseuses et musculaires, ainsi que des déformations osseuses, du fait d’un défaut d’accumulation des éléments minéraux au niveau du squelette. »

     

    Les femmes enceintes, elles, sont invitées à prendre par voie orale une dose unique de 80.000 à 1000.000 UI (Unités Internationales) quand arrive le 7 ème mois de grossesse. Carlos Camargo - publication faite dans American Journal of Clinical Nutrition 2007, 85(3):788-95 – a démontré chez les enfants de 3 ans examinés un risque plus élevé d’asthme quand la maman avait manqué durant la grossesse de vitamine D.

     

    A l’autre extrémité de la vie, l’insuffisance de vitamine D peut mener à l’ostéoporose, avec esse musculaire. Au CHU, Centre Hospitalier Universitaire, de Montpellier le Docteur Claude Jeandel indique l’insuffisance en vitamine D pour 97 % des personnes hospitalisés en gériatrie pour fracture.

     

    La vitamine D est apportée pour partie dans l’alimentation, pour partie par exposition au soleil.

    Au contraire des autres vitamines, la vitamine D est peu apportée par l’alimentation. Cette dernière ne permet pas d’atteindre un taux suffisant de vitamine D, même avec des aliments riches en vitamine D comme les sardines à l’huile, le saumon sauvage, les harengs, les anchois, les jaunes d’œufs. Sans parler de l’huile de foie de morue.

    L’exposition au soleil, environ 20 minutes chaque jour ou au moins 3 fois par semaine, pourrait assurer à un adulte en bon état un apport adéquat. Car le corps, par l’action directe du soleil sur la peau découverte, sans crème solaire, synthétise et stocke la vitamine D. Il ne s’agit pas de rester immobile, « planté » au soleil, mais de marcher, visage et mains découverts en automne ou hiver, en ajoutant au printemps et en été avant-bras, bras, jambes découvertes. La tranche horaire 11h00 – 14h00 est conseillée. A défaut, une autre, sachant que la quantité des rayons UVB arrivant sur terre est alors moindre; de même que par temps nuageux.

     

    Une difficulté concerne le port de vêtements trop couvrants. Le professeur Eric Mallet ajoute : « Il est très difficile de faire évoluer le régime des adolescents qui, parallèlement, se couvrent beaucoup et s’adonnent de plus en plus à des activités d’intérieur, comme l’informatique. Une supplémentation est donc opportune. ». J’ajoute que les sports en salle couverte quelle que soit la saison ne favorisent pas la synthèse de vitamine D. De même que l’absence d’exposition au soleil, spécialement en été où cela est plus facile.

     

    On trouve plus d’informations sur http://vitamined.guerir.org. 40 scientifiques internationaux soulignent que 75 %  des Européens manquent de vitamine D. Ils souhaiteraient une supplémentation en vitamine D de 1.000 à 2.000 UI par jour, surtout en automne et hiver.

     

    Le docteur Alexandre Gérard est l’auteur d’une thèse récente, soutenue le 10 décembre 2009 à l’université Claude Bernard Lyon 1, Faculté de Médecine Lyon-Est: Prévalence et facteurs de risque de l’hypovitaminose D chez les hommes entre 19 et 59 ans qui consultent en médecine générale. Il note : « 94 % des hommes âgés de 19 à 59 ans que nous avons étudiés en 2009 étaient carencés dont 27 % avec un déficit sévère.»

     

    Si le seuil de carence est de 10 ng/ml, le seuil de déficit serait à 20 ng/ml avec risque de fracture plus élevé, bien démontré chez l’enfant et l’adolescent par défaut de minéralisation de l’os; et, plus tard, un risque plus élevé d’ostéoporose au 3 ème âge. Quant au seuil d’insuffisance, il serait de 30ng/ml.

     

    En pratique ce que je ferais.

    Responsable d’enfants en croissance, je leur assurerais un apport de ci de là d’aliments rIches en vitamine D, ne serait-ce que pour varier les menus. Je m’assurerais, en me baladant avec eux les samedi, dimanche et si possible mercredi ainsi que durant les vacances ensemble, d’une exposition cutanée suffisante au soleil, sans encourir de risque de cancers de la peau qui sont en croissance sérieuse actuellement. Et, tant que leur croissance ne serait pas achevée, je ferais une supplémentation en vitamine D en suivant les Apports Nutritionnels Conseillés, ANC, pour la population française, à savoir :

    = Enfant de 1 à 3 ans 10 μg/jour (microgrammes par jour)

    = Enfant de 4 à 12 ans 5 μg/jour

    = Adolescent de 13 à 19ans 5 μg/jour

    Puis, pour ces grands devenus adultes, et en dehors du cas spécifique des femmes enceintes ou allaitantes, je me situerais – les repères permettent d’y voir plus clair – comme suit : surtout quand même si out le monde n’est pas encore d’accord sur toutm^me s’l y a encore m’

    = Adultes 5 μg/jour

    = Personnes âgées 10 μg/jour

    = Femmes enceintes et allaitantes 10 μg/jour.

    Pour être en terrain connu, je pratiquerais un dosage de vitamine D pour savoir si la supplémentation est nécessaire. Il peut y avoir la bonne surprise de personnes amateurs de promenades solaires quotidiennes et suffisantes et un supplément en vitamine D sera alors inutile. A l’inverse, pour les peu exposés aux UVB pour une raison ou pour une autre, les chiffres du dosage permettront d’adapter cette supplémentation au besoin plus ou moins important de chaque individu.

     

    Le dosage de vitamine D n’est pas d’un prix exorbitant. Et la supplémentation est modeste : une ampoule de vitamine D pour 2 ou 3 mois coûte 1,6 euros.

     

    Quant à supplémenter au quotidien, à la semaine ou au mois, le résultat est le même.

     

    S'exposaer au soleil tous les jours – une promenade en allant au travail par exemple pour «  faire dorer ses membres et sa tête au moins 30 minutes par jour de juin à septembre, entre 12 h et 16h » ne crée aucun risque d’hypervitaminose D. L’organisme, en effet, stocke la vitamine D puis l’utilise selon ses besoins.

     

    Les cas d’hypervitaminose D qui peuvent encore être mentiionnés dans certains manuels n’existeraient que pour des supplémentations très importantes et prises sur de longs mois.

     

    Attention quand même aux cas d’hypersensibilité à la vitamine D qu’évoque Eric Mallet, situa tions individuelles repérées dès le jeune âge.

     

    L’article mentionne aussi la génétique avec une étude publiée dans The Lancet le 10 juin 2010 par le Sunlight consortium. Il est dit que 3 gènes et un variant additionnel sont impliqués dans la carence en vitamine D : « leur présence simultanée dans le génome double le risque de présenter une hypovitaminose ».

    Ce numéro de La revue Nutrition infos, www.nutrition-infos.com, est accessible pour 13 euros 8 rue Jules César 75012 Paris, tél. 01 53 33 82 35.

     

     

    Les spécialistes n’en ont pas fini de discuter sur les seuils de valeur.

    Entre risques sans doute surévalués d’hypervitaminose D et risques sans doute sous-évalués de déficience e vitamine D, il est évident que notre mode de vie, pour les citadins, est de moins en moins extérieur, moins exposé au soleil, donc allant dans le sens d’une insuffisance en vitamine D pour un certain nombre d’entre nous.

    Il me paraît souhaitable de s’orienter vers une médecine à la carte, en fonction de chaque personne.

     

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr