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  • Académie, enfants placés "adoptables" !

    A ce jour, je ne connais pas d'enfants ou de petits-enfants d'académiciens victimes de placement par erreur. Si ce type d'injustice les avait frappés, le propos aurait sans doute été différent. A ce sujet, voici l'article paru dans le journl La Croix le lundi 21 février 2011.

     

    " L’Académie de Médecine relance le débat sur l’adoption en France

     

    Dans un rapport qui doit être adopté le mardi 22 février 2011, en séance plénière, l’institution dénonce les failles du dispositif français qui laisse des enfants en souffrance, délaissés par leurs parents sans pour autant être adoptables.

     

    Est suggérée la création d’une filière de familles d’accueil, choisies parmi les candidates à l’adoption, en parallèle avec tes familles d'accueil rémunérées.

     

    Des associations invitent à la prudence car le délaissement parental peut être difficile à évaluer.

     

    Le constat est sévère. Dans un rapport voté demain en séance plénière, l'Académie de médecine lance un appel à réformer l'adoption nationale en France, qui concerne aujourd'hui quelque 800 enfants par an, soit une adoption pour cinq adoptions internationales. Complexité du dispositif, dilution des responsabilités, lenteur des procédures: pour son rapporteur, le professeur Jean-Marie Mantz, qui a présenté les conclusions de ses travaux la semaine dernière, les conséquences sont graves.

    Même lorsque le délaissement parental est avéré ou que des maltraitances sont constatées, les enfants ne sont pas pour autant adoptables. Un grand nombre, estime-t-il, passe donc de famille d'accueil en famille d'accueil sans pouvoir établir un lien affectif stable et construire leur avenir (30 % des sans-abri ont été placés dans leur enfance, rappelle le rapporteur). Dans sa présentation, ce professeur émérite de réanimation médicale a notamment mis en exergue deux chiffres éloquents: alors que 20 000 enfants maltraités sont signalés chaque année, seuls 132 enfants « en danger» ont été adoptés en 2008.

    La question du délaissement parental n'est pas nouvelle et pas simple à évaluer. Il y a trois ans, Jean-Marie Colombani, l'ancien directeur du quotidien Le Monde, déplorait déjà dans un rapport le faible usage de l'article 350 du code civil qui permet d'engager une « demande en déclaration judiciaire d'abandon », lorsque les parents d'un enfant placé s'en « sont manifestement désintéressés » l'année précédente. En 2009, Nadine Morano, alors secrétaire d'État à la famille, présentait en conseil des ministres un projet de loi comportant deux dispositions importantes (La Croix du 1er avril 2009) : il prévoit d'une part que les travailleurs sociaux évaluent, dès la première année de placement, puis une fois par an, s'il y a ou non désintérêt « manifeste » des parents; d'autre part, que le parquet puisse saisir le tribunal d'une demande de déclaration d'abandon, préalable à l'adoption de l'enfant.

    Cependant, remaniement oblige, Nadine Morano n'a jamais défendu son texte au Parlement, qui reste à ce jour dans les cartons.

    Certaines associations invitent cependant à la prudence. C'est le cas d'ATD Quart Monde, qui rappelle combien il peut être difficile d'évaluer le délaissement parental. « Nous suivons des familles dans des situations de détresse telles qu'il leur est parfois difficile de maintenir le lien avec leur enfant placé, explique Maryvonne Caillaux, l'une des permanentes de l'association. Je connais des mères qui aiment leurs enfants mais ne savent pas faire, se sentent dévalorisées; certaines ont des troubles psychiatriques avec lesquelles elles se débattent. Hier encore, l'une d'elles, qui disait qu'elle ne voulait plus voir ses adolescents car les relations étaient très difficiles, m'a confié: "Ce n'est pas que je ne veux plus les voir, mais je souffre trop"», raconte la responsable associative, sans nier la nécessité, dans des cas extrêmes, de couper le lien.

    Maryvonne Caillaux est toutefois convaincue que les cas de délaissement avéré sont « extrêmement rares » et ont donc peu d'incidences sur l'adoption nationale, contrairement à l'analyse de l'Académie de médecine. En revanche, le rapporteur et la militante se retrouvent sur un point: l'intérêt, dans un grand nombre de cas, dé passer par l'adoption simple, permettant de maintenir un lien avec le parent biologique. « L'enfant se construit s'il comprend son histoire, note ainsi Maryvonne Caillaux. S'il n'a que des bribes, si on efface délibérément ses parents biologiques, il risque d'en souffrir. »Afin de ménager la place de chacun, tout en sécurisant l'adoption simple, Jean-Marie Mantz suggère donc de rendre cette dernière irrévocable, tout comme l'adoption plénière, une proposition que la permanente dATD Quart Monde juge intéressante.

    Le rapporteur émet d'autres recommandations, dont il a fait part la semaine dernière, en présentant des dessins d'enfants poignants. Il propose de rendre obligatoire le signalement de maltraitance par le médecin, qui se retranche parfois derrière le secret médical pour ne pas le faire. Il suggère aussi la création d'une filière de familles d'accueil bénévoles, choisies parmi les candidates à l'adoption, en parallèle avec les familles d'accueil rémunérées, et de simplifier les processus administratifs et judiciaires de prise en charge des enfants en danger. Quant au désintérêt parental, il estime qu'il pourrait être évalué en six mois et non un an comme le prévoit actuellement le code civil.

     MARINE LAMOUREUX "

    

    Un article à méditer les jeunes.

    

    contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr