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  • Dom Pierre MIQUEL

    En préalable, vous trouvez sur la page intitulée "index thèmes blog" les thèmes qui me paraissent les plus importants avec les jours où les trouvez, non classés pour l'instant en alphabétique.       

    5 ans ce 21 mai 2008  que Dom Pierre MIQUEL nous a quittés. Voici, à partir de ce qu’écrivait à l’époque son successeur à Saint Martin de Ligugé, Dom Jean-Pierre LONGEAT, l’actuel Père Abbé de cette abbaye proche de Poitiers le fil de la vie de Pierre MIQUEL.

    Avec des ancêtres auvergnats, Pierre MIQUEL naît le 20 août 1920 à Paris, 16 ème. C’est un petit garçon vif et éveillé. Après des études secondaires classiques, incluant le grec qu’il arrive à  manipuler aussi aisément que le français et le latin, il poursuit ses études à Paris au collège des jésuites rue Franklin. C’est un balletomane passionné; c’est déjà un amateur d’art éclairé. Après Paris Pierre MIQUEL se retrouve à Clermont-Ferrand où il suit les cours de l’université de Strasbourg réfugiée dans le centre de la France en raison de la guerre. Là, il est arrêté quelques jours lors d’une rafle de la Gestapo. Il lit beaucoup - la lecture est toute sa vie une activité de découverte qu’il goûte infiniment. Licencié ès lettres en 1940, il clôture ses études de droit à Paris par une thèse en 1945. Il fréquente les cours de Berdiaev et participe au début du Centre Richelieu.

    Fini les spectacles de ballets. Le jeune et beau gosse qu’est alors Pierre MIQUEL a choisi sa voie. C’est à l’abbaye de la rue de La Source à Paris où il est entré qu’il fait profession simple le 27 mai 1947. Ordonné prêtre le 29 juin 1953 - les moines ne sont pas systématiquement  prêtres – il est nommé aumônier de la postcure universitaire, rue Boileau, où les questionnements des étudiants le marquent pour la vie. Il s’intéresse aux sciences humaines et garde toute sa vie un intérêt intense pour toutes les avancées dans tous les domaines. A l’abbaye de La Source il exerce diverses charges dont celles de sacristain, cellérier et maître des novices. C’est à partir de 1959 qu’il publie des articles sur la liturgie et l’expérience spirituelle dans différentes revues. Pour cela il s’est créé une méthode de travail simple et rigoureuse.

    Le 29 juin 1966  élu abbé de Ligugé dans la Vienne , il participe aux congrès des abbés bénédictins. Il œuvre aux chapitres généraux de la congrégation de Solesmes pour définir l’aggiornamento post-conciliaire qu’il met en œuvre dans la ligne d’une fidélité à la tradition ouverte aux requêtes des hommes d’aujourd’hui. Toujours en mouvement, il procède à la rénovation de bâtiments de l’abbaye, en particulier à la rénovation de l’église achevée en 190 pour l’année saint Benoît. Il donne à Ligugé des conférences sur la théologie, la morale et la spiritualité. Pendant plusieurs années il représente les monastères français à la Conférence des évêques de France, participant aux assemblées de Lourdes. Il fait partie du premier bureau de la Conférence monastique de France. Les conférences spirituelles que Dom Pierre MIQUEL  fait aux communautés de Ligugé, Sainte-Croix, Saint Julien l’Ars et Maumont ainsi que les retraites qu’il donne chaque année à des communautés monastiques sont à l’origine des livres qu’il va publier jusqu’au bout.

    Fin 1990, il fait le choix de démissionner de son abbatiat pour laisser place à un plus jeune, l’actuel Père Abbé. Il devient aumônier des bénédictines de Limon près de Vauhallan dans le 91 jusqu’en 2000. Il est aussi délégué de l’Archevêque de Paris auprès des mouvements du Renouveau, mission dont il s’acquitte avec sérénité, pondération et sagesse. En 1997 il intervient à l’Institut orthodoxe Saint-Tikhon de Moscou pour une session sur Saint Irénée. Il voyage également en Afrique demandé par des monastères bénédictins.

    Il devient aumônier des Augustines de la rue de la Santé à Paris. Mais c’est toujours debout qu’il décède subitement le 21 mai 2003 rue Notre-Dame des Champs à Paris chez les Petites  Sœurs des Pauvres où il a été admis à l’automne 2002 en raison d’une maladie qui lui vole ses forces.

    Que dire d’autre ? Il y aurait beaucoup à relater encore. Personnellement c’est par le biais de livres en chantier de Dom Pierre MIQUEL que je mettais au net que j’ai bénéficié des connaissances de ce moine de grand talent. Je sais qu’aujourd’hui ce Père Abbé serait émerveillé des possibilités de communication que donnent Face Book, myspace et internet.

    Pour conclure, Dom Pierre MIQUEL a publié une trentaine de livres traitant de la spiritualité monastique, biblique, liturgique et sur le symbolisme. Il a aussi écrit nombre d’articles dont tous les articles liminaires de la Lettre de Ligugé de 1966 à 1990. Tous les livres de Dom Pierre MIQUEL sont les fruits de sa « lectio divina ».C’est une manière de prolonger un enseignement et une direction spirituelle où l’attention aux personnes, à leur expérience, leurs problèmes et leurs questions reçoivent l’éclairage des grands auteurs, de la foi et du dogme, de la liturgie et des traditions spirituelles. C’est le problème de la présentation d’une foi recevable par les personnes d’aujourd’hui qui hante les dernières années de Dom Pierre MIQUEL.

    Voilà les jeunes le parcours d’une vie monastique qui reste tout le temps ouverte sur le monde des humains.

    contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr