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Geneviève

  • Geneviève et les jeunes

    A 2 pas de la Flèche d'Or rue de Bagnolet, lieu branché du 20 ème parisien où j'aime aller passer la nuit, palpite le cœur de l'église saint Germain de Charonne.4f39ee7338cfea4149068537e43be003.jpg

    Je ne vais pas ennuyer - encore ! en cette période de vacances scolaires - avec ce que certains pourraient qualifier de bondieuseries. Du tout !

    Ce jour, 3 janvier, est celui où est fêtée Geneviève (422-502), patronne de Paris, accessoirement sainte. Que les croyants catholiques ne sursautent pas.

    Si Geneviève nous est connue, si sa statue élevée dans le ciel près de Notre-Dame de Paris, domine le cours de la Seine et la capitale c'est par son action concrète après des parisiens de son époque.

    Bien gentil, bien joli d'être perclus de prières, d'oraisons, de jeûnes, que sais-je encore …A quoi cela servirait-il si durant ce temps on s'abstient de porter assistance à personnes à danger alors qu'on a reçu gratuitement à la naissance le physique et le mental de ceux aptes à aider ? Ce serait très égoïste, très indécent. Car on ne vit pas seul. On ne vit pas isolé. Qu'on le veuille ou non on naît issu d'une lignée qui a vécu avant. Qu'on l'accepte ou qu'on le refuse on ne vit pas isolé et sans autre moyen qu'un seul corps, une seule âme (pour ceux qui y croient), un seul esprit largué sur une banquise ou sur une dune lointaine. On naît pour soi et pour les autres.

    Le petit d'homme, comme tous les petits de mammifère, a besoin d'abord d'une mère nourricière, puis éducatrice, puis souvent aussi d'un groupe ou de la collectivité dans son ensemble - c'est selon les cultures - pour atteindre comme il convient le mieux le but auquel tendent tous les efforts de croissance: atteindre l'âge de la reproduction de l'espèce. Non, ce n'est pas une idée fixe: c'est une réalité qui peut rendre nos jeunes fatigués, las… tout ce processus extraordinaire de croissance au cours duquel ils ont le droit d'être fatigués, de pouvoir s'asseoir dans un bus au même titre que des grandes personnes qui, elles, ont cessé de se fatiguer pour grandir.

    C'est inconscient de déclarer - à voix haute bien sûr - "Ils sont jeunes; ils ne sont pas fatigués !" Combien de ces "has been" ont enterré leur jeunesse dans les brumes de l'oubli !

    Geneviève était bien incluse dans la vie collective. Celle qui est décrite par les uns comme un pauvre bergère de Nanterre gardant les moutons semble plutôt avoir été la fille d'une famille de propriétaires. Aux alentours de ses 14 ans elle rencontre sur les lieux forestier encore du village de Charonne, tout près de l'actuel Parc cimetière du Père Lachaise l'évêque Germain, venu tout droit d'Auxerre. Il se produit alors ce qui signe l'engagement depuis toujours de Geneviève: une consécration en 429 au service de Dieu, bénie par l'évêque. L'église de saint Germain de Charonne propose au visiteur une immense toile figurative représentant cette scène.

    Vivant dans l'actuel quartier latin sur un des sommets de Paris, la montagne sainte Geneviève, cette jeune femme prie, médite, apporte secours, en bref vit sa vie sans se soucier du regard des autres. Le calme de cette vie humble intrigue, suscite à l'occasion de la jalousie et des tracasseries diverses. Qu'importe, Geneviève file le cours du quotidien. Tellement présente à ce quotidien que c'est elle que l'on vient chercher en cas de danger pour qu'elle trouve une solution.

    Ainsi se débrouille-t-elle pour affréter ce qu'il faut en barques et assimilés, sortir d'une Lutèce (= Paris) pourtant bouclé, filer sur la Seine jusqu'aux lieux où elle sait trouver du grain pour nourrir une capitale affamée, payant le tout de ses deniers.

    C'est encore elle qui n'hésite pas à aller dialoguer avec un Attila qui encercle la ville pour le persuader de passer son chemin. A cet être rayonnant de détermination, de spiritualité, de bonté Attila - comme tant d'autres - ne refuse pas d'accéder à la requête faite. Si les mots peuvent devenir des instruments destructeurs, ils sont aussi des alliés formidables, des arguments de dissuasion plus puissants qu'une bombe atomique car sans impact de mort.

    Voilà un peu de la vie de Geneviève, une femme que je respecte beaucoup.

    C'est en l'église sainte Etienne du Mont, sous l'aile du Panthéon, qu'il y a beaucoup de la présence de Geneviève. Le lycée Henri IV est situé tout à côté, installé sur un emplacement aménagé par Clovis suite à sa victoire de Vouillé (près Poitiers) sur les Wisigoths. Quant au Panthéon, il résulte d'un vœu fait par Louis XIV malade en 1744 à Metz; on y voit une fresque de Gros montant l'apothéose de sainte Geneviève ainsi que des peintures de Puvis de Chavannes relatant son histoire.

    Saint Etienne du Mont est la seule église de la capitale où est encore visible un jubé - galerie transversale utilisée aux 15ème/16ème siècles pour la prédication et les lectures et qui là, en raison d'une large arcade suffisamment élevée, n'empêche pas de voir le choeur. L'église était jouxtée par l'abbaye voisine sainte Geneviève où furent inhumés en 502 ses restes dans la crypte; en 1793 ils furent brûlés en place de Grève. En démolissant en 1802 l'église abbatiale, la pierre du 1er sarcophage de Geneviève fut mise à jour; cette pierre est aujourd'hui le support d'une châsse en cuivre dorée qui contient quelques petites reliques de la patronne de Paris. Pascal et Racine reposent proches d'elle dans l'église Saint Etienne où sont visibles des ex-votos; une litanie spéciale Geneviève; le vide côté ossement les restes soigneusement conservés de cette fille de Paris ayant rejoint la Seine au moment de la Révolution. Et, fait plus inhabituel, une confrérie d'hommes qui chaque 3 janvier processionnent en priant dans les rue alentour, honorent cette personnalité d'exception.

    Geneviève, l'humble Geneviève, trouve que j'exagère. Qu'elle n'a rien fait d'exceptionnel. Qu'elle a simplement été elle-même.

    Et alors ? Vivre en étant soi-même ne devrait pas être exceptionnel. Etre soi-même est réalisable par tout être vivant. Vivre en accord avec soi-même est essentiel; il faut cela et l'acceptation par tous de personnalités aussi diverses qu'il y a de nombre d'unités de femmes et d'hommes différents pour espérer un jour voir régner l'harmonie sur terre. Cela n'a rien d'un défi ! Etre soi-même est réalisable par tous. Il faut pour cela casser le moule unique trop souvent encore retenu comme référence à atteindre et qui brise quantité de jeunes, tous ceux et celles qui ne rentrent pas dans le moule. Alors qu'ils n'y peuvent rien. Ni eux, ni les psychologues ou psy divers qui prétendent remédier à cet état des choses, confondant les besoins d'un lion et d'une cigogne, confondant vigne et blé, ne distinguant plus la brise de la tempête. Je durcis le trait à l'extrême, évidemment !

    A l'heure d'Arash Derambarsch promu il y a quelque jours 1er président de facebook, ce formidable outil apte à faire avancer le monde dans le bon sens - si on le veut bien - on est plus que jamais responsable du négatif qui parsème le monde; on est plus que jamais coupable - moi la 1 ère -en laissant faire ce qui ne doit plus être. J'fais pas la morale: c'est seulement un constat.

    Ce 3 janvier ma démarche va au centre social de Belleville: il est temps que d'autres, de toutes origines, s'expriment sur ce blog faits pour elles et pour eux. Ces moins de 18 ans dont l'état d'esprit des majeurs prive le monde de toutes les richesses et de tout l'enthousiasme qu'ils détiennent.

    Il est temps d'accepter de recevoir les cadeaux talentueux des plus jeunes, bien plus aptes à tenir ici et là la main de leurs pairs que les très grands qui croient tout savoir de par la science de l'appris et qui savent beaucoup en théorie mais qui ont tout oublié de cette science du cœur des plus jeunes, de cet affectif sans lequel tout être périt.

    Tant pis si je suis qualifiée d'utopiste. La 6 à 5 heures du mat' déborde de chanteurs utopistes. Et avant ça Les Dix Commandements (Pascal Obispo, Elie Chouraki, Moïse - Daniel Lévy …), merveille de voix, de costumes, de couleurs, de mise en scène, d'enthousiasme d'un public transporté par une scène bouleversante.

    J'suis pas seule ! Pas seule au monde de l'utopie, l'utopie qui fait bouger les choses pour un meilleur sur cette planète !

    Vous, jeunes frères et soeurs de moins de 18 ans, que souhaitez-vous ? que voulez-vous ? Dites ! S.V.P.

    Contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr