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Bible

  • « Ecoute », en 2011 comme en Bible

    Temps spirituel fort à Ermont les 8 et 9 octobre 2011, avec la participation le 9 du Docteur Odile Boudier pour une conférence sur le thème de l’Ecoute.

     

    Ces deux journées, vécues par une centaine de personnes aux racines culturelles africaines, belges ou françaises, ont été portées par une joie de prier sincère, soutenue par des chants rythmés, des farandoles spontanées. Cette louange, jaillie du fond du cœur vers Dieu Trinité, la vierge Marie, saint Joseph, a été exprimée en plénitude grâce à nos amis africains.

     

    Présente, je tiens à relayer la conférence de qualité offerte à tous le dimanche matin par le Docteur Odile Boudier, confrère très apprécié.

    Ce dimanche 9 le thème retenu était l’Ecoute, avec ses racines bibliques et sa nécessité quotidienne plus que jamais d’actualité. Sur ce thème majeur de l’écoute, le Docteur Boudier a su faire participer toute la salle, au fur et à mesure de son exposé.

    Une traduction simultanée, en flamand, avait lieu au fur et à mesure.

     

    Voici ce que le docteur Odile Boudier nous a transmis.

     

    C’est la première phrase de la Règle de saint Benoît qui a initié le thème retenu. Elle débute ainsi : « Ecoute, ô mon fils, l’invitation du maitre et incline l’oreille de ton cœur… ».

     

    L’assemblée présente entonne un chant approprié, connu de tous, à savoir « Ecoute la voix du Seigneur, prête l’oreille de ton cœur »

     

    Puis le conférencier propose de se confier à celle qui a su, d’abord, merveilleusement écouter, la Vierge Marie, mère de Jésus.

    Un très beau « Je vous salue Marie » est alors chanté.

     

    Odile Boudier évoque un passage de l’évangile de Luc lu lors de la messe du 8 octobre. Il se situe alors que Jésus est en train de parler. Une femme, au sein de la foule, élève la voix pour déclarer « Heureuse la mère qui t’a porté dans ses entrailles, et qui t’a nourri de son lait ! ». Ce à quoi Jésus rétorque  « Heureux plutôt ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui la gardent ! » Luc, chapitre 11, versets 27-28.

     

    L’assemblée s’associe à ce propos en chantant « Ta parole est lumière, Alleluia ! »

     

    Le Docteur Boudier a alors cette magnifique parole de tendresse affectueuse : « Je vous confie, vous et vos familles, à notre père saint Benoît, grand maître de sagesse.

     

    Puis dit le titre de la conférence qui est : « Donne-moi, Seigneur, un cœur qui écoute ! »

     

    Pour débuter notre réflexion, voici deux citations : :

    -celle de Saint Benoit dont la règle débute ainsi : « Ecoute, ô mon fils, l’invitation du maitre et incline l’oreille de ton cœur pour servir le vrai Roi, le Seigneur Jésus-Christ ».

    -celle de Salomon dans le Livre des Rois : « donne-moi, Seigneur, un cœur qui écoute » (1 Rois 3, 5‑ 15)

     

    Trois axes vont éclairer ces mots.

     

    Le premier axe est porté par le songe de Salomon.

     

    Le Seigneur parle en songe à Salomon : « demande ce que tu veux que je te donne ». Salomon répond de façon surprenante en présence de cette offre magnifique et sans condition ; il demande simplement : « lébh shoméa, c'est-à-dire un cœur qui écoute ».

    Si l’on veut faire un peu d’exégèse biblique il existe plusieurs traductions : un cœur attentif, un cœur docile, un cœur intelligent, un cœur plein de jugement, un cœur sage et obéissant, un cœur qui comprenne.

    « Il plut aux yeux de Yahvé que Salomon ait fait cette demande » (1 Roi 3, 10)

    Et Yahvé répond :

    « Parce que tu as demandé cela, voici que je fais ce que tu as dit : je te donne un cœur sage et intelligent » (1 Roi 3, 11-12).

     

    Tout au long de l’Ancien Testament Dieu multiplie ses appels à écouter la loi et ses prophètes sans se lasser.

    Ainsi le prophète Jérémie rappelle : « Voici la prescription que je leur ai faite : écoutez ma voix » (Jr 7, 23).

    La grande prière d’Israël, peuple de Dieu, sera le “Sh’ma Israël” traduit par “Écoute Israël” ; c’est la proclamation de la foi à un Dieu unique.

     

    L’assemblée se joint aux paroles prononcées en chantant « Ecoute Israël ! le Seigneur est notre Dieu ! »

     

    Le second axe est celui du « cœur qui écoute” dans la vie spirituelle.

     

    Qu’est-ce que cette attitude a de si essentiel pour que Dieu en fasse l’équivalent de la sagesse et de l’intelligence ?

    N’est-ce pas “cette meilleure part” dont le Seigneur nous dit qu’elle ne nous sera pas ôtée (Luc 10, 42) 

    Dans ce passage de l’évangile de Luc, les deux sœurs de Lazare, Marthe et Marie, sont présentes. Marthe, affairée aux nécessités matérielles, se plaint de n’être pas secondée par Marie, laquelle, « assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole ». (Luc 10, 39) Le Christ répond à Marthe que Marie a choisi la meilleure part et qu’elle ne lui sera pas ôtée.

     

    Dans le premier livre de Samuel dans l’Ancien Testament le vieil Elie enseignait au petit Samuel, élevé dans le Temple, d’avoir à tout moment le cœur et l’esprit dans la disposition qui suit : « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute ». (1 S 3, 9)

    Dans cette écoute silencieuse, l’âme est ouverte aux appels de Dieu et au souffle de l’Esprit Saint. Ce que rappelle la parole du Christ précédemment citée : « Heureux ceux qui écoutent la Parole et qui l’observent » (Luc 11, 28)

     

    Le troisième axe est celui du cœur qui écoute” dans la relation avec nos frères.

     

    Tous les présents sont unis par le chant « Ecoute, écoute, surtout ne fais pas de bruit, on marche sur la route, on marche dans la nuit.

    Ecoute, écoute, les pas su Seigneur vers toi, il marche sur la route, il marche près de toi. »

     

    “Un cœur qui écoute”, ne concerne pas seulement le domaine de la vie spirituelle, mais aussi nos rapports humains.

    “Un cœur qui écoute”, n’est-ce pas une attitude attendue par tous nos frères ?

    Les malades, les pauvres ont souvent autant et même plus besoin d’écoute que de remèdes et de pain.

     

    C’est sans doute le cardinal Liénard qui indiquait aux prêtres qu’un grand malade n’avait que faire de discours du style « Offrez votre souffrance ». « Tout au contraire taisez-vous !  et prenez lui la main. A ce moment là, le malade vous parlera. »

     

    Parmi ceux qui nous entourent, malades ou pas, n’entendons-nous pas secrètement leur appel ? Chacun de nos frères cherche un cœur prêt à l’écouter.

    Le rédacteur que je suis oserait ajouter ceci : ne sommes-nous pas, nous-mêmes, de temps en temps, dans la situation de l’un de ces frères ? en attente d’une écoute attentive ?

    Essayons d’offrir à cet autre, mon prochain, ce proche d’un instant près de moi un accueil, une profondeur d’attention afin qu’il soit à l’aise et reconnu.

    Il s’agit d’un accueil intérieur, d’un cœur assez fraternel pour être à l’écoute de ce qu’il y a de meilleur, souvent caché et inexprimé dans celui que l’on rencontre.

     

    Vous savez comme moi qu’il y a silence et silence. Pour écouter il faut un silence plein d’amour qui entend avec charité celui qui souffre. Mieux que de multiples paroles de consolation genre « Ce n’est pas grave, mon cher ami. Ta fille va revenir. » un silence plein d’amour se révèle plus efficace que des flots de paroles.

     

    Odile Boudier convie une jeune psychologue à venir lire trois passages d’un ouvrage de Lytta Basset S’ouvrir à la compassion publié en 2007 aux éditions Albin Michel, puis en 2009 en Poche. Cette femme, pasteur protestant qui vit en Suisse, a perdu son enfant. Docteur en théologie, auteur de plusieurs livres, elle sait trouver les mots justes.

    Au sujet des personnes déprimées à qui sont distribués des médicaments actifs chimiquement. Mais où se situe la demie heure d’écoute du silence de ces personnes ? Qui est là pour entendre la parole étouffée par le silence de ces personnes au visage fermé ?

     

    Une invocation à l’Esprit Saint ponctue ce premier passage.

     

    La lecture d’un second passage porte sur la difficulté d’écouter, la difficulté de s’ouvrir à la souffrance d l’autre et de l’accueillir. Il existe une barrière entre celui ou celle qui vit la souffrance et l’autre qui ne vit pas cette douleur. Cette solitude et cet isolement peuvent se révéler mortels. De plus, cette barrière bloque la possibilité de communiquer notre propre souffrance, la possibilité d’échanges.

     

    A nouveau l’Esprit Saint est invoqué.

     

    Un troisième passage apporte un nouvel éclairage sur l’écoute. En substance il enseigne : « Ecouter, c’est se faire conduire par la parole de l’autre ». Ou encore « Ecouter, c’est se faire conduire par le silence de l’autre pour se laisser guider ».

     

    L’Esprit Saint est de nouveau invoqué par un chant pour être éclairé, pour savoir rester en silence et ouvrir l’oreille de son cœur.

     

    Dans la relation avec autrui les responsables ont une lourde responsabilité.

    Salomon a demandé à Dieu un cœur qui écoute pour gouverner le peuple.

    C’est une qualité très importante pour les chefs, les parents, les supérieurs, les pasteurs, nos prêtres, nos curés d’avoir un cœur qui écoute. C’est ce qui permet d’accueillir leurs sujets, leurs enfants, leurs ouailles, avec une écoute totale.

    Si le conseiller n’a pas un cœur écoutant, il va, dès qu’il aura compris sommairement de quoi il s’agit, s’empresser de fournir ce qu’on lui demande, déverser des consolations et des conseils, proposer des solutions toutes faites, sortir de son expérience mille cas semblables. Et le pauvre diable en face de lui repartira les bras chargés de tous les conseils prodigués, non adaptés à son  problème.

    Il repartira, se disant qu’il n’est pas plus avancé qu’avant, le conseiller ayant déversé des solutions, toutes inadaptées, inapplicables, car ne venant pas de lui-même.

    Le conseiller, doué d’un cœur qui écoute, serait plus utile en indiquant à son interlocuteur en demande comment apprendre à colmater lui-même ses failles, à se “réparer”, à y voir clair en lui-même, ce qui sera source de paix.

     

    Dans la relation avec autrui la docilité est une vertu importante 

    La docilité permet de recevoir la parole, l’enseignement, avec simplicité. Cette docilité dans l’écoute n’exclue pas  d’exercer un discernement opérant un tri et un jugement.

    Ainsi si je me dis en entendant une homélie que je suis plus savante que celui qui prêche, ma docilité est absente.

    Au contraire, la fermeture de mon oreille en entendant les propos d’une secte permet d’exercer mon jugement.

     

    Dans la relation avec autrui l’humilité est une nécessité.

    Elle se manifeste par un cœur ouvert, acceptant les avertissements, les critiques et les reproches. Elle permet une prise de conscience de nos limites et de nos fragilités.

    Devant cette humilité, cette pauvreté du cœur, Dieu peut venir combler nos vides par ses dons et son amour.

    Méditons l’attitude de Marie qui chante dans le Magnificat : « Il s’est penché sur son humble servante ».

     

    Un texte de Saint Bernard au XII ème siècle peut nous aider dans notre prière et notre réflexion d’aujourd’hui: Ce texte se nomme « Marie, lente à parler, prompte à écouter ».

     

    L’assemblée chante « Magnifique est le Seigneur ! tout mon cœur pour chanter Dieu ! »

     

    Et un participant est convié à la lecture de ce texte.

     

    Marie était très réservée ; nous en trouvons la preuve dans l'Evangile. Quand voyez-vous qu'elle ait été loquace ou pleine de présomption ? Un jour, elle se tenait à la porte, désirant parler à son Fils, mais elle n'usa de son autorité maternelle ni pour interrompre sa prédication, ni pour entrer dans la maison où il prêchait.

    Si j'ai bonne mémoire, les quatre Evangélistes ne font entendre que quatre fois les paroles de Marie. La première, quand elle s'adresse à l’Ange ; encore n'est-ce qu'une réponse. La seconde, dans sa visite à Elisabeth, lorsque, magnifiée par sa cousine, Marie voulut plus encore magnifier le Seigneur. La troisième, quand elle se plaignit à son Fils, alors âgé de douze ans, que son père et elle-même l'avaient cherché dans l'inquiétude. La quatrième, aux noces de Cana, quand elle interpella son Fils et les serviteurs.

    Dans toutes les autres circonstances, Marie se montre lente à parler, prompte à écouter, car « elle conservait toutes ces paroles, les méditant dans son cœur » (Lc 2, 19 et 51).

    Non, vous ne trouverez nulle part qu'elle ait parlé, même du Mystère de l'Incarnation ! Malheur à nous qui avons le souffle aux narines ! Malheur à nous qui répandons toute notre âme, comme un récipient qui serait percé !

    Que de fois Marie a entendu son Fils, non seulement parler en paraboles à la foule, mais dans l'intimité, révéler aux disciples les secrets du Royaume des cieux ! Elle l'a vu faire des miracles, puis suspendu à la Croix, expirant, ressuscité, et montant au ciel. Combien de fois nous dit-on qu'en toutes ces circonstances la voix de la Vierge se soit fait entendre ? ... Plus Marie est grande, plus elle s'humilie non seulement en tout, mais plus que tous.

     

    On chante à nouveau « Ecoute, écoute, surtout ne fais pas de bruit, on marche sur la route, on marche dans la nuit.

    Ecoute, écoute, les pas du Seigneur vers toi, il marche sur la route, il marche près de toi. »

     

    Puis en chant Je vous salue Marie.

     

    En conclusion de cette réflexion en trois points : « soyons nous-mêmes lents à parler et prompts à écouter.

     

    Dans l’évangile selon saint Luc Jésus rappelle « Prenez garde à la manière dont vous écoutez » (Lc 8 ; 18).

     

    Pour terminer, une formule de prière est lue par une participante :

    « « Donne-moi Seigneur, un cœur qui écoute. »

    C'est une demande excellente, que nous allions entendre un sermon, faire oraison, visiter un malade, ou simplement chaque fois que nous avons à entrer en contact avec notre prochain. Et, quand nous sommes seuls, cette demande peut devenir notre prière habituelle pour obtenir de rester attentifs au fond du cœur, sans cesse écoutant, en face du Seigneur. »

     

    A nouveau on chante : « Ecoute, écoute, surtout ne fais pas de bruit, on marche sur la route, on marche dans la nuit.

    Ecoute, écoute, les pas du Seigneur vers toi, il marche sur la route, il marche près de toi. »

     

    Puis Odile Boudier propose que l’assemblée forme une chaîne pour un Notre Père en ayant une intention de prière spéciale pour nos deux voisins du moment. En attendant que le Christ revienne changer nos cœurs de pierre.

     

    Le repas dans la Bible, thème de la conférence le 27 mars d’Odile Boudier, est relaté sur ce blog le 31 mars 2011.

    L’écoute est, comme le repas, un moment de partage concernant tous les humains.

     

    Sur ce blog où je ne cesse de rappeler que l’homme est aussi et d’abord un être spirituel, cette conférence sur l’Ecoute était à relayer. Merci au Docteur Boudier pour le travail de transmission accompli.

     

    Contact  francoiseboisseau@wanadoo.fr

  • Le repas dans La Bible

    Temps spirituel fort à Ermont, au Centre diocésain et paroissial Jean-Paul II. Un temps de deux jours,  les 26 et 27 mars 2011, vécu par un groupe de 120 personnes aux  racines culturelles africaines, belges ou françaises.

     

    Ces deux journées ont été portées par l'enthousiasme, la joie de prier sincère, les chants bien rythmés, la magnifique farandole spontanée associant tous les présents, la louange vers le Dieu Trinité, vers la vierge Marie et vers Saint Joseph, toutes choses exprimées en plénitude par nos amis africains.

    J’étais présente seulement le dimanche, afin d’entendre la conférence du Docteur Odile Boudier, confrère très apprécié.

    Ce dimanche 27 le thème retenu était Le Repas. Réflexion sur le repas dans la parole de Dieu ; invitation à un parcours à travers La Bible ; méditation sur le dernier repas des moines de Tiberhine (film Des hommes et des dieux) ; application concrète dans notre vie de ces réflexions.

    Une traduction simultanée, en flamand, avait lieu au fur et à mesure.

     

    Voici ce que le docteur Odile Boudier nous a transmis, précisant que la conférence – par souci d’exactitude - avait été validée par deux prêtres, l’un d’eux étant de surcroît théologien. .

     

    Dans l’Ancien Testament comme dans le Nouveau Testament les allusions aux repas et à la nourriture sont très nombreuses : il y en aurait plus de 1.000.

    Et chaque fois que se présente un repas ou une recommandation à propos de la nourriture, un conseil ou un message se trouve également délivré.

     

    Nous allons parcourir un choix de textes autour du repas, des exemples qu’il sera facile de méditer à nouveau chez soi.

     

    Texte 1 : la célébration de La Pâque, Livre des Nombres 28, 16-25.

    Ce texte est très ancien.

    Le message est que le repas de La Pâque a lieu en l’honneur du Seigneur. Ce repas est aussi rite de sacrifice pour les fautes commises par les hommes.

    Il est l’ancêtre de la Cène, le dernier repas de Jésus.

     

    Texte 2 : le repas d’Elie chez la veuve de Sarepta, Premier Livre des Rois 17, 8-24.

    Le repas consiste un une seule petite galette offerte à Elie.

    Le message donné, par la résurrection de l’enfant de cette veuve qui a donné au prophète tout ce qui lui restait pour vivre, est d’avoir une confiance absolue en Dieu à l’image de cette femme. Un don fait à Dieu engendre en retour un don fabuleux.

     

    Texte 3 : Elisée, autre homme de Dieu, multiplie la nourriture en partant de 20 pains d’orge et de blé pour nourrir une foule de gens, Second Livre des Rois 4, 42-44.

    Le message ici est celui de la puissance du Seigneur par le signe de cette multiplication : « Ainsi parle le Seigneur ».

     

    Texte 4 : le festin du Seigneur, Isaïe  25, 6-9.

    Dans ce texte le Seigneur fera disparaître la mort, donnera la joie absolue.

    Le message est la promesse d’un festin pour tous les peuples à l’horizon de l’éternité.

     

    Texte 5 : le repas avec Abraham au chêne de Mambré : Genèse 18, 1-15.

    En orient le repas fait partie de la tradition d’accueil des voyageurs ; ici ils sont trois. A la suite du repas offert, l’annonce d’un fils est donnée. Or, Sarah, la future mère, est trop âgée. Les voyageurs insistent.

    Le message est : le Seigneur peut tout accomplir, même les choses les plus incroyables

     

    Texte 6 : le repas de noces à Cana, Jean 2, 1-11.

    Jésus accomplit là son premier miracle, en réponse à la demande pleine de confiance de sa mère.

    Le message, transmis ici par Marie, est : faire confiance à Jésus.

     

    Un chant a lieu en l’honneur de la vierge Marie.

     

    Texte 7 : la multiplication des pains, Matthieu 14, 13-24.

    Jésus dispose pour nourrir une grande foule affamée de 5 pains et 2 poissons.  Il multiplie ces nourritures abondamment car il reste un excédent de 12 paniers pleins.

    Message : la grâce de Dieu montre, par cette surabondance, que son amour pour nous et sa compassion se situe toujours au-delà de ce que nous, les humains, pouvons imaginer.

     

    Texte 8 : le repas chez Lévi, Marc 2, 13-17.

    Ici, Jésus partage un repas en compagnie de convives peu recommandables :pécheurs, collecteur d’impôts, etc…

    Le message est : ce ne sont pas les bien portants qui ont besoin du médecin mais les malades, autrement dit au plan spirituel les pécheurs.

     

    Texte 9 : annonce du pain du ciel, Jean 6, 27-51.

    « Je suis le pain de vie » proclame Jésus.

    Le message est le grand don d’amour du Christ. Jésus dans ce passage se décrit, se donne comme le pain vivant venu pour que le monde ait la vie.

     

    Texte 10 : diner en l’honneur de Jésus, Jean 12, 1-4.

    Lors de ce diner à Béthanie, Marie exprime une extrême affection à l’égard de Jésus. Elle prend un parfum de grand prix, en oint les pieds de Jésus, les essuie avec ses cheveux ; la maison est rempli de ce parfum. Voici un geste d’amour pur, sans sensualité, sans sexualité. Un amour pur, gratuit, débordant de tendresse envers son maître bien-aimé. Cette femme caresse avec ses cheveux le crps de Jésus, un corps qui va bientôt souffrir.

     

    Cette attitude évoque le Cantique des Cantiques 1, 2-3. « Ta personne elle-même est un parfum ».

     

    En message : la personne de Jésus est semblable à un parfum de prix, un cadeau merveilleux.

     

    Ici se place un chant évoquant le Cantique des Cantiques.

     

    Texte 11 : le repas de La Cène, Matthieu 26, 26-29.

    Là, un simple repas devient sacré car les 2 éléments de ce repas fait uniquement de pain et de vin sont consacrés. Par cette consécration, la nature, l’être de ce pain et de ce vin sont changés. L’acte par lequel se fait ce changement de nature s’appelle en théologie la « transsubstantiation ». Après cet acte le pain n’est plus du pain mais le corps de Jésus ; le vin n’est plus du vin mais le sang de Jésus.

    Message : par la transsubstantiation qui sanctifie un repas humain traditionnel, Dieu veut combler notre faim et étancher notre soif au niveau spirituel.

     

    A propos de ce texte et de l’eucharistie, attention aux dérives apparues depuis Vatican II. Ces dérives consistent à se focaliser sur la convivialité du partage ensemble, en communion, du repas eucharistique en négligeant l’aspect sacrificiel. Or, il convient de ne pas oublier que La Cène, l’ultime repas de Jésus avant son agonie et sa mort en croix, est le sacrifice du Christ pour sauver le monde. Lors de ce dernier repas, Jésus donne son corps et son sang en sacrifice pour le salut de tous.

    Jean-Paul II a rappelé que « Il y a parfois une compréhension fausse du mystère eucharistique ». La rencontre fraternelle ne doit pas faire oublier que l’eucharistie est tout autant le sacrifice du Christ.

     

    Les 2 prêtres lecteurs de la conférence ont, comme Jean-Paul II, insisté sur cet axe.

     

    Texte 12 : le repas avec les disciples d’Emmaüs, Luc 24, 30-34.

    C’est lorsqu’arrive le partage du pain – un repas – que les yeux de ces disciples s’ouvrent ; pas avant.

    Message : Jésus choisit de se révéler lors d’un simple repas partagé.

     

    Texte 13 : repas après la résurrection, Luc 24, 39-43.

    Cette fois le repas partagé avec les 11 disciples consiste en poissons grillés.

    Message : Jésus n’est pas un pur esprit mais il est un homme vivant et qui a faim.

     

    L’assemblée entonne un chant relatif à l’eucharistie.

     

    Arrive le moment de la réflexion sur le dernier repas des moines de Tiberhine. C’est une illustration récente au cinéma du sujet abordé aujourd’hui.

    Dans un contexte de violences terroristes, en Algérie, on observe comment des moines trappistes resserrent leurs liens fraternels. Dans cette situation ils vont partager un dernier repas avec deux bouteilles de vin. Au cours de cette « cène » récente, les visages se métamorphosent : d’abord inquiets, terrorisés, ils deviennent peu à peu sereins, pacifiés, cette scène étant accompagnée par la splendide musique de Tchaïkovsky qui porte au recueillement. Ce passage, très émouvant, nous renvoie à la cène de Jésus car, en quelque sorte, ces moines acceptent tous à ce moment d’offrir leur vie. L’un d’eux, le 23 mai 1994, avait écrit : « Ma vie, nul ne la prend. Je la dépose et je m’en désaisis. »

     

    La musique de ce passage est alors écoutée.

     

    Pour nous chrétiens, un repas partagé, un simple café, une boisson consommée ensemble  constitue un lien privilégié du partage et de l’écoute.

     

    Il est bon de ne pas hésiter à partager un repas ou une boisson avec des personnes éloignées de notre cercle familial ou de notre entourage amical habituel.

     

    On observe qu’il se produit souvent quelque chose, dans le bon sens, au cours des échanges d’un repas ou d’une consommation partagée. Souvent surgit un moment de joie.

    Dans notre société actuelle, il y a de très nombreuses personnes isolées qui n’ont personne à qui parler et ne reçoivent pas même un simple appel téléphonique tout au long d’une semaine.

    Aussi un moment de joie apporté par le partage d’un met ou d’une boisson, même s’il reste isolé et très ponctuel, peut réchauffer le cœur.

    Ces moments positifs peuvent aussi être les premiers pas vers le grand festin où le Seigneur nous conduira. (Isaïe 23)

     

    Alors comme il est écrit dans l’Apocalypse de Jean en 19, 6-8, réjouissons-nous d’être invités aux noces de l’agneau.

    Et l’orateur conclut : « Tu es invité. Je suis invitée ».

    Comme le texte ce texte de l’Apocalypse est fondamental, magnifique, porteur d’espérance, nous aidant à tenir, nous allons l’écouter debout.

     

    « Alors j'entendis comme le bruit d'une foule immense, comme le mugissement des grandes eaux, comme le grondement de violents tonnerres; on clamait ; "Alleluia ! Car il a pris possession de son règne, le Seigneur, le Dieu Maître-de-tout. Soyons dans l'allégresse et dans la joie, rendons gloire à Dieu, car voici les noces de l'Agneau, et son épouse s'est faite belle: on lui a donné de se vêtir de lin d'une blancheur éclatante" - le lin, c'est en effet les bonnes actions des saints."

     

    En attendant ces noces, ce festin, écoutons Jésus et agissons selon son conseil qui est : « Prenez et mangez, ceci est mon corps. Prenez et buvez, ceci est mon sang ».

     

    La conférence s’achève par un chant eucharistique.

     

    Le repas, dans toutes les cultures, est un moment important. Sans doute celui où le partage est au maximum, l’action de manger ou/et de boire concernant tous les humains.

     

    Sur ce blog où je ne cesse de rappeler que l’homme est aussi et d’abord un être spirituel, cette conférence qui reprend des passages de La Bible autour du repas m’a paru importante à relayer. Merci au Docteur Boudier pour le travail de transmission accompli.

     

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr 

  • 7 paroles de Jésus en croix

    vendredi 21/3/2008:
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    Les 7 paroles du Christ en croix
    *Aujourd'hui, jour du vendredi saint pour les chrétiens de par le monde, ce blog propose les dernières paroles du Christ, autrement dit  les 7 paroles du Christ en croix.
    En très gros, le Christ est un très grand prophète pour la religion juive, le Fils de Dieu pour la religion chrétienne, et un très important personnage pour la religion musulmane pour qui le prophète définitif est Mohamed.
    C'est pour des raisons de partage culturel au sens très large que cette mise en commun des 7 paroles du Christ est proposée à tous - croyants en un seul Dieu, pratiquants de philosophie - boudhiste ou autres, ou personnes sans croyance religieuse ou philosophique d'aucune sorte.   
     *A titre d'information de la même veine, c'est au cours de la semaine sainte que des reliques de la passion du Christ sont généralement présentées, à la cathédrale Notre Dame de Paris, à la dévotion des fidèles par des Chevaliers de l'Ordre de Malte et du Saint Sépulcre.
    *Après son arrestation au soir de ce qui deviendra le Jeudi Saint, Jésus va être jugé. Accusé injustement, conduit devant les uns et les autres, renié par peur par son disciple Pierre, bafoué, flagellé, couronné d'épines, Jésus est condamné à la mort la plus vile pour le lieu et l'époque: la crucifixion.
    En ce vendredi  21 mars 2008  les catholiques commémorent la journée du Vendredi Saint, ce vendredi de l'année où Jésus a rendu le dernier soupir.
     *Ce vendredi là  Jésus, portant la croix des condamnés, prend le chemin du lieu où l'on dresse habituellement les croix. Epuisé par les traitements endurés depuis son "bouclage", tombant au sol, il est aidé par Simon de Cyrène, un homme de passage qui revient des champs où il travaillait et qui est réquisitionné pour aider le condamné Jésus à porter sa croix. Sur le trajet une femme - que la tradition appelle Véronique - essuie le visage ensanglanté et souillé du condamné.
    *Au lieu dit Golgotha (=lieu du crâne) Jésus est mis en croix avec 2 autres condamnés, voleurs et criminels avérés. A l'un d'eux qui se repent de ses actes délictueux et ose demander à Jésus de disposer d'une place auprès de lui pour une éternité de joie, le Fils de Dieu répond en  lui accordant une place dans son royaume.
    Les soldats tirent au sort les vêtements de Jésus - notamment une belle tunique sans couture - car ils pouvaient disposer des vêtemenst d'un condamné comme c'était alors l'usage.
    *Sur la croix, Jésus va prononcer sept paroles autrefois au centre de la liturgie du vendredi saint, cela avant qu'elles soient remplacées au Moyen Age  par le chemin de la croix. A Paris on peut voir un chemin de croix qui se déroule à l'extérieur le vendredi saint avec le cardinal portant une croix et grimpant symboliquement vers la Butte Montmartre où est édifiée la Basilique du Sacré Coeur.
    De plus, ces dernières paroles du Christ avant sa mort ont été reprises dans diverses oeuvres musicales - ainsi par  Charles GOUNOD ou par César FRANCK - ou picturales.

    *La première parole est: "Mon Père, pardonne-leur: ils ne savent pas ce qu'ils font." Luc 23,34
    Jésus, Fils de Dieu, s'adresse tout naturellement à son Père pour intercéder en faveur du pardon  de tous ceux qui l'ont maltraité. C'est assez logique car les soldats romains concernés n'ont fait qu'obéir à des ordres donnés qu'ils n'avaient pas de raison de contester.
    *La seconde: "En vérité, je te le dis, dès aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis" Luc 23,43
    Cette parole est adressée en réponse à la demande du voleur condamné - évoqué plus haut - qui a sollicité une place dans le royaume de Jésus.
    *La troisième: "Femme, voici ton Fils" et "Voici ta mère" Jean 19, 26 et 27
    Ici c'est Jésus qui indique à sa mère, présente avec l'apôtre Jean aux pieds de la croix, que dorénavant c'est Jean qui va prendre soin d'elle, comme un fils. Il confirme ensuite à Jean qu'il aura à prendre soin dorénavant de sa mère - sa mère à lui homme dans la force de l'âge en train de mourir sur une croix comme un malfaiteur - comme si c'était sa propre mère. Ce qui sera.
    *La quatrième: "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?" Mathieu 27,46; Marc 15, 34
    Le corps broyé par des douleurs torturantes c'est un long cri hurlant sa souffrance qui jaillit de Jésus vers Dieu son Père. Jésus, en vrai homme, se sent totalement abandonné.
    *La cinquième: "J'ai soif !" Jean 19, 28
    Les crucifiés souffraient de soif. Pour cela il était prévu de leur proposer du vinaigre apporté au moyen d'une éponge mise au bout d'une tige. C'est ce qui a lieu pour Jésus.
    *La sixième: "Tout est achevé" Jean 19, 30
    C'est après avoir pris le vinaigre que Jésus prononce la phrase ci-dessus.
    *La septième: "Père, je remets mon esprit entre tes mains" Luc 23, 46
    Tout est fini. Tout est accompli. Jésus rend son dernier soupir.

    Ces 7 paroles sont extraites de La Sainte Bible, traduite en français sous la direction de l'école biblique de Jérusalem, parue aux Editions du Cerf en 1961.

    Les jeunes qui vivez ou passez par la France, ces paroles font partie des racines chrétiennes de ce pays et de l'Europe.
    Ce sont des mots de fin de vie, simples et faciles à comprendre.
    Réagissez si vous en avez envie.
    Après la mort la vie gagne ! De toute façon !

    contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr