19.03.2008
Dictature ? Out !
Encore la dictature des "connaisseurs".
En ce mercredi 19 mars 2008 deux articles viennent contrarier et bafouer le respect des moins de 18 ans si chers à Janusz KORCZAK, le promoteur des droits de l'enfant. Il a été question de ce pédiatre polonais, pédiatre et éducateur de pointe et sans violence, à l'écoute des orphelins qu'il avait été amené à recueillir et qu'il n'a pas abandonné aux pires moments. Vous trouverez Janusz le 30/9/2007, le 14/11/2007 et au sein de différents textes.
L'un est paru dans Direct Matin Plus - www.matinplus.net - dont le n°232 en page 5 traite d'une meilleure compréhension des mécanismes du sommeil à propos de la 8 ème Journée nationale du Sommeil. Rien à signaler jusqu'au moment où surgit un propos très étonnant de style père fouettard. Son auteur, soignant des troubles du sommeil - activité très honorable - "préconise "d'interdire à l'adolescent l'ordinateur et les jeux vidéo deux heures avant de se mettre au lit, de se lever à heure fixe et de se coucher entre 21h et 23 h la semaine.""
Magnifique programme ! ... qui oublie qu'un message sympa peut réconforter avant le sommeil et le faciliter, qui oublie qu'un lever à heure fise est ridicule pour qui a besoin de "grasses mats" et en a l'opportunité et qu'enfin certains et certaines sont "du soir" et non du matin.
L'autre, signé, est présent dans 20 minutes - www.20minutes.fr - dont le n°1371 en page 9 évoque un livre visant parents et jeunes enfants. Grosso modo je peux résumer l'article par le biais d'une phrase telle que: rien que des ordres; pas d'explication. Une telle attitude fait l'impasse sur le respect dû aux petits d'hommes, sur leur aptitude à comprendre, sur leurs capacités à communiquer. Capacités présentes dès le plus jeune âge. Comment ose-t-on les nier ? Pourquoi cette violence ? J'en ai froid dans le dos ! L'auteur du livre n'a pas lu Janusz KORCZAK, ou alors il n'a pas compris.
Ces 2 textes ont en commun une tendance, pas d'aujourd'hui, et qui fait que certains hommes ou femmes pensent être des personnes "je sais tout".
Pourtant il est proche le temps où un nourrisson, né en 1993, pouvait hurler de très longues minutes car l'autorité savante avait décidé qu'il fallait dire aux mères d'espacer systématiquement les heures de tétée. La nouvelle maman toute fraîche - c'était le 1er - avait écouté. Et son garçon, affamé, accumulait déjà des raisons de ne pas faire confiance et aumonde qui l'entourait et à lui-même, car, se constatant incapable de se faire comprendre et de voir exaucer sa demande légitime d'être nourri alors qu'il criait famine dans un monde d'abondance.
5 ans plus tard sa soeur, la maman ayant été chercher les conseils de la Leche League - ligue promouvant un allaitement au sein seul vraiment adapté à la vie du nourrisson, comme le lait de vache est adapté naturellement au veau - bénéficiait de 18 mois d'allaitement au sein... ce qui a offert depuis toujours à cette enfant d'être très sûre d'elle et armée de confiance en la vie, l'allaitement ayant lieu à la demande de la petite. Un nouveau-né au sein régule parfaitement ses prises de lait en fonction de ses besoins; nul besoin de regarder une pendule !
Assez des donneurs de conseils ! Assez !
Les moins de 18 ans, face à ces exemples de négation de la liberté d'autrui, n'oubliez pas, vous, d'écouter et de respecter les autres.
Montrez l'exemple, le bon.
L'écoute et le respect sont les 2 premiers pas nécessaires pour "tuer" pacifiquement la violence. Vous le savez bien, vous !
contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr
21:56 Publié dans droits de l'enfant | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : respect, écoute, jeunes, j.korczak
11.01.2008
Marie-Thérèse DUPE:aide alimentaire
De l'aide alimentaire à l'éducation nutritionnelle: l'écoute avant tout !
Marie-Thérèse Dupé est une diététicienne humaine et très compétente qui a toujours oeuvré avec le plus grand bon sens tout au long de sa carrière. Elle était déjà comme ça Marie-Thérèse quand nous travaillions ensemble à l'Ecole Nationale de Santé Publique de Rennes, moi en tant que médecin, assistante du Professeur Henri Dupin, lui-même très proche du Professeur Trémolières.
Aussi je ne résiste pas à vous transmettre le résultat en 2007 d'années d'observation intelligente en pratique quotidienne, le regard de cette diététicienne signalant des erreurs répétées à satiété - qu'il sagisse du domaine de l'alimentaire ou de tout autre domaine. Erreurs rarement prises en compte et que l'intervention de Melle Dupé à l'occasion des Journées de l'Association des Diététiciens(nes) de Langue Française (ADLF) à Marseille en juin 2007 (www.adlf.org) permet de mettre bien en avant pour qu'il en soit tiré profit. En toute humilité ! Je précise que l'intervenante travaille à la DDASS (Direction Déparmentale des Affaires Sanitaires et Sociales) de Nantes et peut être jointe, bien plus facilement que par téléphone, à l'adresse ci-après: marie-therese.dupe@sante.gouv.fr
Pour cette diététicienne avisée, il est essentiel pour les professionnels de mieux connaître les personnes en difficulté et de connaître leurs vrais besoins afin d'établir la confiance indispensable si l'on souhaite apporter une aide nutritionnelle en même temps qu'une aide alimentaire.
Voici l'entretien avec Marie-Thérèse Dupé, dans le cadre de son intervention à Marseille.
"L'aide alimentaire peut-elle se suffire à elle-même ?
Dans le cadre de mes fonctions, je côtoie des diététiciennes, des conseillères en économie sociale et familiale, des psychologues qui travaillent auprès des personnes en difficultés. Au vu des actions sur le terrain, des interviews et d'un certain nombre d'études, j'observe que l'aide alimentaire n'est pas suffisemment accompagnée d'éducation nutrionnelle. Cette lacune tient à l'histoire même de l'aide alimentaire qui devait n'être que provisoire mais qui perdure. Les bénévoles n'ont donc pas été préparés à donner des conseils dans le domaine de l'alimentation. Ils ne disposent ni du temps ni des moyens nécessaires. Par ailleurs, ils soulignent que les personnes en précarité n'abordent pas d'elles-mêmes la question. Je me suis demandée comment intervenir auprès de ces populations et répondre de façon adaptée à leurs besoins.
La priorité est de comprendre les personnes confrontées à la pauvreté. Les professionnels sont-ils formés à cette écoute ?
La grande question à se poser est de savoir qui est en face de nous. Je souhaitais effectivement interpeller sur ce point les diététiciennes à Marseille. Beaucoup n'interviennent pas auprès des personnes en difficultés car on ne le leur demande pas. D'autres agissent mais n'adaptent pas leur discours. Certaines, enfin, évoluent et c'est encourageant. Plus largement, je pense que les professionnels de l'alimentation, les diététiciennes et les animateurs ne collaborent pas assez.
L'image des professionnels n'est pas toujours ce qu'elle devrait être. Quelles sont, selon vous, les points à améliorer ?
J'ai assisté à un certain nombre d'ateliers alimentation dans lesquels les intervenants ne laissent pas suffisamment la parole aux participants. Nous avons beaucoup à apprendre des personnes qui viennent aux ateliers et devons tirer parti de ce qu'elles nous disent pour mettre en valeur leurs compétences. Les reconnaître, c'est leur reconnaître un savoir de vie et d'expérience.
Une recherche expérimentale originale menée pendant deux ans par des universitaires et des membres du mouvement ATD Quart-Monde a réuni des personnes en grande pauvreté et des volontaires permanents. Il en ressort que les populations défavorisées ont des représentations négatives des professionnels, renforcées par un vécu souvent difficile. Nous devons nous interroger sur le bien fondé de ces critiques. Il ne sert à rien de délivrer un discours empirique sur les glucides, protides et lipides, des notions techniques basées sur nos façons de vivre difficiles à mettre en oeuvre par le public, quel qu'il soit d'ailleurs.
Loin de moi l'idée de généraliser.Certains parviennent à faire passer les messages nutritionnels. Il faut garder à l'esprit qu'il est long et difficile de changer des habitudes.
Les personnes défavorisées hésitent à confier leurs difficultés. Comment les mettre en confiance ?
Il ne s'agit pas de faire parler mais de donner la parole, d'écouter, de prêter l'oreille aux échanges entre participants, de créer un climat convivial et de bâtir un projet ensemble pour que la parole puisse se libérer. A travers des activités (sorties, marchés), les façons de vivre transparaissent alors qu'une séance trop théorique peut enfermer les femmes dans un carcan. Nous devons abandonner nos schémas de pensée et nous ouvrir aux autres.
Connaître l'autre, c'est aussi savoir s'il dispose d'un congélateur, d'un appareil de cuisson, ou même d'une table pour préparer ses repas. Si tel n'est pas le cas, on comprend mieux pourquoi il se nourrit de plats tout préparés qui apportent au moins un peu de viande et on évitera de donner des plats surgelés."
L'interview de Marie-Thérèse Dupé est paru dans le n° 40 d'Alimentation,Société et Précarité, janvier 2008. Cette revue trimestrielle, éditée par le CERIN, Centre de Recherche et d'Information Nutrionnelles (www.cerin.org), est destinée aux professionnels et bénévoles impliqués dans la prise en charge et l'aide alimentaire aux populations démunies.
Moins de 18 ans ou plus sachons créer la confiance en ayant présent à l'esprit 3 notions:
* connaître n'est pas s'immiscer dans les familles mais simplement les comprendre,
* connaître les difficutés vécues permet de comprendre une non motivation,
* donner la parole et écouter permet d'orienter vers ce qui est le plus profitable d'abord pour les familles concernées.
contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr
21:15 Publié dans pauvreté | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : M-Th Dupé, diététicien, écoute, éducation, aliments, Quart-Monde, pauvreté
29.10.2007
Du respect pour Didier, 17 ans !
Une heure de plus de sommeil la nuit de samedi à dimanche !
Avec toujours le démarrage spécial au matin qui suit ces nuits particulières . Du côté des sons carrément absents ou bien très différents langés dans de la ouate. Du côté des humains aussi en décalage absolu; normal après tout, cette opération de remise à l'heure n'ayant lieu que 2 fois par an et à 2 saisons bien différentes.
Comme l'horloge biologique est secouée, ce jour va traîner en longueur chaque minute humaine passant l'une après l'autre - comme au ralenti - semblables au grain à grain d'un gigantesque chapelet.
Ce lundi Didier, 17 ans, se réveille en Provence où il passe les vacances de Toussaint chez son père. Sympathique
garçon de son époque il est malmené par la séparation de ses parents. Avec un apprentissage en pâtisserie qui se passe bien, Didier doit faire face à une situation, désagréable et stupide, qui devrait inexister.
***Didier n'est pas écouté ni respecté.
Pour des raisons, hors de propos ce jour, Didier et ses 2 sœurs, écartés de leur père, ont continué à vivre avec leur mère. L'arrivée rapide d'un "beau-père" a entraîné la mise automatique en internat du jeune Didier de 10 ans, un internat un peu particulier car très encadré par des éducateurs et accueillant parfois des enfants confiés par l'A.S.E.(Aide Sociale à l'Enfance).Les sœurs sont restées vivre chez la mère. Peinardes !
Six ans ont passé. Didier a souhaité revoir son père malgré qu'on lui eut rabâché, semaine après semaine, que c'était un "salaud", avec en confirmation apparente le silence total du papa ! Mais un "salaud" qui a recueilli il y a peu le constat d'une voisine sur le fait que tous ses envois à ses 3 enfants - lettres,cartes, menus cadeaux convoyés par voie postale - avaient été annihilés: la mère jetait tout. Et parti en Provence, le père n'en savait rien.
Comment une mère peut-elle à ce point mépriser ses enfants en jetant à la poubelle tendresse, lettres, cartes, menus cadeaux venus du propre père des enfants, homme pour lequel elle a, en un autre temps, éprouvé quelque penchant durable puisque 1 garçon et 2 filles sont nés de cette inclination ?
Comment une mère qui a offert la vie à un nouvel être humain peut-elle devenir le propre destructeur de cet être quelques années plus tard ? Pourquoi ?
J'entends déjà des réponses. Telle "Vous voyez bien qu'il faut que l'A.S.E. s'occupe de ces enfants puisque la mère se comporte en irresponsable !" .
Non, non et encore non !
Une mère qui agit ainsi le fait parce qu'elle a le soutien de tout un environnement qui maintient en "esclavage" trop souvent les enfants qu'il a produit , cela jusqu'à leur 18 ans.
Cela coûterait quoi aux uns et aux autres de notre pays de respecter chacun ? Pas un cent !
On préfère tolérer sans vergogne la destruction des liens des moins de 18 ans avec l'un ou l'autre, liens pourtant bien établis avant cette séparation des parents dans laquelle ces jeunes ne sont pour rien.
Une phrase telle que "Ce sont des enfants !" ou mieux "Ce n'est qu'un enfant !" met fin à toute tentative de dialogue d'un jeune avec un aîné, lui-même sous la dépendance d'un autre pouvoir. Affaire réglée. Lourd silence de ces jeunes là qui n'ont rien à dire sur leur sort, du moins tous ceux qui ne sont pas écoutés.
Il va de soi que seuls les adultes décident - eux qui ont la chance de tout connaître jointe aux talents de faiseurs de paix que nous leur connaissons au plan d'une Terre débarrassée de tout conflit ! J'ironise, oui !
J'ai mal à l'âme en voyant toute cette humiliation, toute cette maltraitance infligée aux plus jeunes par des plus vieux, en théorie plus sages ! Tout ce négatif qui ne sert à rien ! Rien d'autre qu'à faire souffrir.
Didier est bien dans l'internat où il se trouve.Il y est libre. L'A.S.E. très bonne mère grâce à nos impôts, lui donne de l'argent de poche, paye ses déplacements, lui laisse renouveler vêtements et chaussures à un rythme très raisonnable, bref prend soin de lui fournir tout ce dont il a besoin. Parfois mieux qu'une famille standard.
Tout roulait sans trop d'accrocs jusqu'à ce que Didier s'avise d'informer sa mère qu'il voulait retisser des liens avec son père. Alors, cette femme s'est muée en maître chanteur. Didier avait le choix: soit de rester chez sa mère, soit de se faire" virer" par elle. Ayant maintenu sa volonté de contact avec son père, Didier dut acquitter le prix de sa liberté. Mis à la porte, il revint un jour chercher ses quelques affaires perso. dans la pesante atmosphère de celui que tous ignorent; au nombre de celles-ci: une console de jeux et un lecteur DVD.
C 'était sans compter avec la maman qui osa se plaindre de son fils auprès des responsables de l'internat. Sous le prétexte que console de jeux et lecteur DVD "faisait partie du cadre familial" Didier se vit confisquer jeux et lecteur remis à sa mère. Chassé par sa mère et dépouillé par elle de ses menus biens, Didier souffrait beaucoup.
***L'insouciance des éducateurs
Selon leurs propos, les éducateurs n'avaient pas voulu s'impliquer. Ils n'étaient pas là pour critiquer les décisions des parents. Sans doute n'avaient-ils pas eu envie de s'embêter avec les broutilles de Didier.
Où cessent les broutilles ?
Très touché par l'attitude de sa mère vis-à-vis de lui - les liens spécifiques mère-fils sont là - Didier connut une abominable période d'abandon de tous.
Trop c'est trop et il existe un instant ténu où il est possible de basculer dans le néant. Car il n'y a plus de solution. Rien. Rien qui vaille la peine de continuer. Rien ni personne qui vaille la peine de poursuivre cette vie de galère. Rien.
Bien qu'au courant de la situation, alertés par une jeune amie extérieure de l'état d'esprit de Didier, les éduc ont traité cela par-dessus la jambe. Ce garçon de 17 ans avait entendu ces jours-ci des choses désagrables. Normal qu'il n'aille pas bien. Il s'en remettrait. Basta !
Par cette totale absence d'attention, Didier aurait vu la fin arriver. Il a échappé à une TS (tentative de suicide) grâce à un double hasard: celui d'un appel téléphonique et celui d'être encore réceptif au son d'une voix amie. Juste avant le passage à l'acte. Vive le portable qui a mis fin à cet essai dramatique !
Là encore, j'entends les voix des "connaisseurs ": "Vous voyez bien, Didier n'allait pas bien puisqu'il a failli faire cela !". Le beau discours sur l'étiquetage de celui (ou celle) qui a osé ou aurait osé se livrer à un tel acte est reparti. Bêtise! Intolérance !
Et on ose s'indigner encore de l'affaire Dreyfus ou de l'affaire Callas! Il faut peut-être regarder ce que nous sommes, ce que nous faisons…. Du pas mieux !
Tout est cadré pour le confort des "has been" gérant les jeunes: tel acte, telle sanction, on ne déroge pas !
En parallèle on va geindre sur l'augmentatiàon du stress, sur les suicides des jeunes, sur les prises de tranquillisants, etc …Au lieu de porter un regard, neuf d'a priori, sur ce qui se passe pour y voir plus clair, avancer vers des solutions.
Comme très souvent, trop souvent on confond causes et conséquences.
Dans le cas de Didier on prend pour cause d'un mal être normal - lié à une maman qui jette son fils unique à la porte - la blessure intérieure qui a presque conduit à la TS et on clame:"Ce jeune va mal !" Heureux si on ne le met pas sous férule "psy" quelconque !
C'est pas ça du tout ! La cause, la seule vraie, n'est pas la douleur intérieure mais l'attitude d'un certain nombre qui osent interdire aux plus jeunes ce dont ils ont besoin avant tout: être écouté et être respecté!
Que demandait Didier ? De pouvoir avoir des liens relationnels, affectifs autant que ceux charnels/génétiques avec ses 2 parents.
Merveilleuse époque qui, dans le même temps où cela est interdit à nos jeunes, va aller béer d'admiration devant les éléphants qui viennent retrouver les dépouilles de leur géniteur et de leur mère.
Alors oser interdire un mouvement naturel ou à tout le moins l'entraver chez les moins de 18 ans ? je m'interroge. Quelle humanité est la nôtre ?
Au lieu de dessiller nos regards nous compliquons à loisir, nous encadrons, médicalisons, enfermons toute une jeunesse qui ne demande qu'à être libre pour bien faire. Et qui veut être respectée dans ses demandes légitimes !
Dom BOSCO ne disait pas autre chose, lui qui faisait toujours confiance au pire garnement. Avec succès.
Et le Didier de ces faits réels est un garçon sans histoire, lui. Arrêtons ! Mettons nous en vérité à la place des plus jeunes. Essayons du moins.
C'est nous les majeurs qui sommes compliqués. C'est nous les faiseurs de problèmes. Eux, les jeunes, ne désirent que de l'harmonie; et à défaut d'un couple de parents présents ensemble, ils sont capables de s'adapter à un couple en 2 morceaux, à comprendre la remise en couple des parents, à supporter beaucoup de choses. Ils n'ont qu'un désir: être libre d'aimer père et mère sans vivre dans le drame ou le moins possible en tout cas.
Ce n'est pas un désir que l'argent peut payer. Ce n'est pas un désir qui coûte. Ce n'est pas un désir extravagant. C'est un tout petit bonhomme de désir réalisable. A condition que les grands acceptent d'y mettre du leur; car ces enfants c'est eux qui les ont faits et ils sont responsables de cette œuvre, de ce travail encore si mystérieux de don de la vie.
Ce désir d'amour et de paix des enfants est très loin de ce qui leur est offert trop souvent par une société amoureuse des lois mais pas du tout concernée par l'amour, la tendresse, l'affection … autant de vérités vivantes pour lesquelles les services sociaux n'ont actuellement que dédain voire mépris. Leur mot d'ordre, leur credo est d'éviter les attachements !
Or sans amour un nourrisson se laisse dépérir. Même la culture dite hors sol ne flotte pas dans les airs !
Dans le cas des Didier, c'est la maman qu'il faudrait mettre au pas - je n'ai pas dit traiter. Il n'y a pas de traitement à l'amour ou au désamour.
***Mais l'histoire de Didier ne s'arrête pas là
*Dans son état de mal être passager, ne voilà-t-il pas qu'il est surpris en train de fumer de "l'herbe" à l'extérieur de l'internat; pour ce fumeur occasionnel, être pris est ennuyeux : conseil de discipline, peut-être même renvoi alors qu'il passe un examen sérieux en juin 2008.
Que n'a-t-il consommé un peu d'alcool ou de vin, une des ces drogues tolérée et en vente libre !
Entre des éducateurs qui n'ont rien vu ni rien fait bien qu'alerté par une amie de Didier - pas une petite amie ! …et la dégustation d'un peu d'"herbe": Didier a-t-il mis en péril autrui ? Du tout ! Alors pourquoi cet acharnement ?
*Et ça continue. Outre cette perspective angoissante de mise en jugement scolaire, Didier était désireux de passer les vacances de Toussaint avec ses copains habituels.
Toujours ce même traitement de non écoute et de non respect. Malgré son accord à lui, une lettre de sa marraine et de la famille de sa marraine pour un accueil détendu à la Toussaint pas très loin de son internat (10 kms) les décideurs/ penseurs s'approprient le droit de choisir à sa place, sachant mieux que ce presque majeur ce qu'il faut pour lui. En l'espèce, il a été décidé qu'il est mieux pour lui de rester en famille, donc de traverser la France.
Il était prévu qu'il aille chez son papa pour les vacances de Noël et il ira; mais qui va payer le trajet Paris-Provence et retour pour aller voir son père à la Toussaint ?
Facile ! ce sera nous, contribuables.
Compliquer les choses au lieu de les simplifier devient un art dans lequelle excellent les services d'aide et assimilés qui ronronnent en interne sur des pratiques de fonctionnement obsolètes jamais remises en cause.
Est-on conscient de la chape de plomb sous laquelle vivent tous ces jeunes, contraints de ne pas être eux-mêmes ?
Après cela les services de l'A.S.E. iront nous cracher aux oreilles que si les jeunes ne vont pas bien en quittant ces structures à 18 ans pour entrer dans le groupe étiqueté S.D.F.(Sans Domicile Fixe) c'est parce qu'ils n'allaient pas bien avant. Que c'est facile cette désinvolture ! Que c'est cruel !
Didier est donc parti en vacances de Toussaint chez son papa au lieu d'être avec des jeunes de son âge.
Ainsi perdure le double discours incohérent infligé à ces jeunes avec d'une part: "A leur âge, ils ne vont plus avec les grands-parents , ou la famille ! ". Sous-entendu fini les "has been" et vive les jeunes entre eux ! Et d'autre part on presse ces presque majeurs - dont on aura gémi sur le manque d'acquisition d'une mythique autonomie - de séjourner encore et toujours lors des vacances avec des grands-parents ou de la famille ! Cela même quand, de par la croissance et l'accès à une totale vie d'homme ou de femme capable de reproduire l'espèce,ces jeunes recherchent tout à fait normalement la compagnie de jeunes de leur âge !
Comprenne qui pourra.
"C'est quoi d'ailleurs ce pays là ?"
"Hé bé c'est la France, le pays des droits de l'homme. Voyez, c'est écrit au fronton des mairies: liberté, égalité, fraternité !"
"Oh ! Excusez ! C'est pas très visible !!!!! "
Didier ne vit pas dans un foyer de l'A.S.E. laquelle se contente de payer la note là où il est accueilli et non pas placé. Importante nuance !
Avec les piécettes fournies sans fin par les citoyens contribuables, l'ASE apporte de l'aide à des jeunes et leur famille. C'est indéniable.
La partie glauque et celée de l'ASE est celle des placements, qu'il s'agisse de placements en foyer ou de placements en famille. Depuis que "je vais au charbon" sur les terres des placements, j'ai été submergée par les cas d'enfants malheureux car placés en foyer ou famille d'accueil. Alors que tous ont une famile capable de continuer à les élever. Familles amputées de leurs jeunes pousses qu'elles réclament et qu'on leur refuse avec l'aide formelle de rapports de spécialistes, si semblables de l'un à l'autre que l'on croirait du copié/coller !
En contrepartie un seul cas positif ! Pour 50 négatifs !
C'est pas possible ! Pourtant dans l'émission d'Envoyé spécial du 7 juin 2007 l'Inspecteur Général des Affaires Sociales, Pierre NAVES, dit entre haut et bas dans le train qui le ramène de Niort où s'est tenue la journée du Fil d'Ariane (voir 18.10.2007) qu'il faudra bien 50 ans pour mettre de l'ordre dans cette affaire d'enfants placés dont 50% au moins pour lesquels il existait une autre solution que le placement. Hallucinant !
Quand j'ai lu peu après sous la plume d'un autre qu'Israël et la Palestine s'entendront, eux, alors que l'affaire des enfants placés ne sera toujours pas résolue….je me dis qu'il urge de faire connaître la vie de ces 130.000 mineurs placés abusivement.
Se taire quand on sait c'est être complice actif de la maltraitance.
Je reviens à Didier.
Comme j'étais présente pour ses 17 ans j'espère, dans moins d'un an, pourvoir être dispo pour voir Didier souffler ses 18 bougies. Enfin 18 ans ! Enfin libre !
Et vous, avez-vous eu l'occasion d'observer des curiosités, des bizarreries, des incohérences autour de vous et concernant les moins de 18 ans ? Ou bien avez-vous d'autres choses à faire connaîte ?
Si oui, dites voir. Merci.
Contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr
09:40 Publié dans Osons dire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : respect, écoute, P.Naves, Dom Bosco, mineur, amour, paix


