05.12.2009

Sida/VIH : action contre en Guyane

 

ELCS25.11.09 013.jpgLe 25 novembre 2009, lors des 14 èmes Etats généraux d'Elus Locaux Contre le Sida, ELCS, à la demande de Jean-Luc Romero Président d'ELCS, l’action conduite dans le département de Guyane contre le Sida a été présentée par Marie-Claude Verdan.

Madame Verdan est conseillère régionale de Guyane, présidente de l'Observatoire Régional de la Santé de Guyane.

Certaines actions sont faites en liaison avec les pays voisins : Brésil et Surinam.

Voici le lien pour accéder à l’action décrite sur Youtube :

http://www.youtube.com/watch?v=RxxcqBC2EKI

Je remercie Marie-Claude Verdan d'avoir autorisé la diffusion de son intervention.

contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (photo archives personnelles: Marie-Claude Verdan)

 

 

29.03.2009

Préservatif et Pape

Il y a sur la page intitulée "index thèmes blog" les sujets récapitulés avec les jours où les trouver. Merci 

Il se trouve que l’autre jour, j’ai entendu la phrase intégrale du Pape Benoît XVI,

interviewé dans l’avion l’emmenant en Afrique. Son propos, dûment raccourci, avait déclenché un tumulte fou. Je me suis dit qu’une fois de plus, en ne remontant pas aux sources, on déformait les propos. Pas très portée sur la défense d’un Pape un peu rétro, j’ai laissé filer.

 

Et puis un message d'un curé,  tout prêt, m’est arrivé, transmis par une amie. Le curé en question je le connais bien. Une vocation très tardive. Durant des années il a bossé à la météo d’Eure et Loir, département où je séjournais très souvent. Et j’écoutais très souvent les prévisions du temps présentées par Alain Pessac, actuellement curé d’une paroisse du Perche. Cet homme est au fait des réalités et des contraintes liées au VIH/Sida. Ce n’est pas lui qui tiendrait des propos anti-préservatifs.

 

Donc pas suspect, à mes yeux de professionnel de santé, je transmets l’article qui a retenu son attention, et dont le fond proposé permet la réflexion.

Rassurez-vous je ne connais pas Sant’Egidio ni les Camilliens évoqués dans l’article. Je ne connais pas davantage Guillaume de Prémare.

 

« Le Pape et le Sida - Petit exercice pratique

Simples fidèles catholiques, nous prenons l’initiative d’agir dans l’urgence pour

faire entendre une parole de raison au coeur de la tourmente médiatique.

Puisqu’il est dit que la parole du pape est incompréhensible, voici un exercice

pédagogique et non polémique qui permet de mieux la comprendre.

ETAPE 1 : LISEZ CETTE PHRASE

“ (…) on ne peut résoudre ce fléau en distribuant des préservatifs : au contraire,

cela risque d’augmenter le problème. ”

ETAPE 2 : LISEZ CE TEXTE

Benoît XVI : Je pense que l’entité la plus efficace, la plus présente sur le front de la lutte contre le sida est justement l’Eglise catholique, avec ses mouvements, avec ses réalités diverses. Je pense à la communauté de Sant’Egidio qui fait tellement, de manière visible et aussi invisible, pour la lutte contre le sida, je pense aux Camilliens, à toutes les soeurs qui sont au service des malades… Je dirais que l’on ne peut vaincre ce problème du sida uniquement avec des slogans publicitaires. S’il n’y a pas l’âme, si les Africains ne s’aident pas, on ne peut résoudre ce fléau en distribuant des préservatifs : au contraire, cela risque d’augmenter le problème. On ne peut trouver la solution que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c’est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui implique une nouvelle façon de se comporter l’un envers l’autre, et le second, une amitié vraie, surtout envers ceux qui souffrent, la disponibilité à être avec les malades, au prix aussi de sacrifices et de renoncements personnels. Ce sont ces facteurs qui aident et qui portent des progrès visibles. Autrement dit, notre double effort pour renouveler l’homme intérieurement,

donner une force spirituelle et humaine pour un comportement juste à l’égard de son propre corps et de celui de l’autre, et notre capacité à souffrir, à rester présent dans les situations d’épreuve avec les malades. Il me semble que c’est la réponse juste, l’Eglise agit ainsi et offre par là même une contribution très grande et très importante. Remercions tous ceux qui le font.

Source : salle de presse du Saint-Siège (traduction La Croix)

ETAPE 3 : REPONDEZ A 2 QUESTIONS

1. Recevez-vous les propos du pape exactement de la même manière après la 1ère étape

et après la 2ème étape?

2. Qu’arrive-t-il lorsqu’on isole un morceau de phrase d’un propos global ?

ETAPE 4 : QUESTION FINALE

Sachant que :

- L’Eglise catholique connaît la réalité du Sida sur le terrain (25% des structures s’occupant des sidéens sont catholiques).

- Le pape est un homme de très haut niveau intellectuel et spirituel qui connaît très bien à la fois la pâte humaine et la question du Sida.

Répondez à la question suivante :

Finalement, les propos du pape ne méritent-ils pas qu’on leur accorde un

minimum de considération et de réflexion ?

NCE PAPE - SIDA

Document rédigé par Guillaume de Prémare

L’Eglise n’est pas isolée

« L’Eglise n’a pas le monopole de l’abstinence ! En tant que chef de l’Etat, j’ai pris des engagements dans ce sens depuis 2002 dans le cadre de la campagne «C’est ma vie». L’objectif était de mettre les gens devant leurs responsabilités.

Parmi les engagements proposés, certains faisaient directement appel à l’abstinence. »

La position de l’Eglise est reconnue en Afrique

« Les Français aiment la polémique, c’est leur côté gaulois ! Certains critiquent la position de l’Eglise en prétendant défendre les Africains. Soit. Mais la plupart n’ont jamais mis les pieds chez nous ! Je leur conseille de venir faire un séjour au Burkina. Chez nous, l’imam, le prêtre et le chef coutumier travaillent de concert : tous ont l’ambition d’affronter le même mal. Se focaliser sur le préservatif, c’est passer à côté du problème du sida. »

L’action de l’Eglise est reconnue en Afrique

« Beaucoup de gens ignorent le travail de l’Eglise en Afrique. En France, l’intelligentsia ne comprend pas cette proximité avec les responsables catholiques. Chez nous, l’Eglise est d’abord synonyme d’écoles et de dispensaires. Le débat sur le sida n’est pas théorique, il est pratique. L’Eglise apporte sa contribution. Si l’abstinence est un moyen de prévention, nous n’allons pas nous en priver ! »

Résister aux organismes internationaux

« Face aux organismes internationaux, il faut savoir résister. On peut nous conseiller, mais pas faire à notre place. [...]

Les Européens n’éprouvent pas le danger du sida de la même manière que nous. Pour les Burkinabés, le danger est immédiat. La pandémie est une réalité visible, elle frappe votre famille, vos amis les plus proches. En Europe, vous avez peut-être le loisir de faire des thèses pour ou contre la morale. Au Burkina, nous n’avons pas le temps. »

Décalage entre les médias et la réalité

« Il y a souvent un gouffre entre ce que disent les médias et ce qui se passe sur le terrain. En Afrique, nous vivons avec le sida au quotidien. Le débat sur le préservatif, tel que vous le présentez, ne nous concerne pas. »

Source : Famille Chrétienne - 12/02/2005

 

L’Eglise contribue à la prévention du Sida

« Je demande aux Occidentaux de ne pas nous imposer leur unique et seule façon de voir. Dans des pays comme les nôtres, l’abstinence et la fidélité sont des valeurs qui sont encore vécues. Avec leur promotion, nous contribuons à la prévention contre le sida. » Source : Famille Chrétienne

 

Encourager la fidélité dans le mariage

« L’Ouganda a été le premier pays à combattre résolument l’épidémie du SIDA au début des années 90. La position forte et claire du président Museveni a constitué l’élément décisif qui a ralenti la diffusion du SIDA, faisant passer le taux de personnes affectées de plus de 25% à 6% en 2002. Il a prêché le bon sens et non le préservatif, encourageant l’abstinence avant le mariage et la fidélité dans le mariage, comme des valeurs culturelles. » Source : Famille Chrétienne

 

Même remise dans son contexte, je peux dire que la phrase du Pape n’était pas très heureuse : « S’il n’y a pas l’âme, si les Africains ne s’aident pas, on ne peut résoudre ce fléau en distribuant des préservatifs : au contraire, cela risque d’augmenter le problème. ». Ce risque d’augmentation de problème par distribution de préservatifs venait fort mal. Les médias n’ont pas manqué de s’en emparer. Ceci étant, chrétiens ou pas, croyants ou pas, voilà des questions humaines propice à déclencher une réflexion sur des sujets qui nous concernent tous à un moment ou l’autre de notre vie. Pas besoin d’avoir 18 ans pour y penser !

Contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr 

20.03.2009

Stop Sida ! 15 ans de Sidaction

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Action Sidaction en cette fin de semaine pour faire face d’abord et faire régresser ensuite, jusqu’à l’arrêt si possible, le sidaction.jpgSida.Dixneuf_Marc_Image.jpg

Les artistes, toujours généreux, sont présents.

Marc DIXNEUF, qui  a fait et fait toujours beaucoup dans la lutte contre le VIH/Sida, au plan international comme au plan national, sera très présent à l'occation du Sidaction. Ce docteur en Science Politique est rapporteur au Conseil National du Sida et a publié des ouvrages pertinents en politique/santé publique/prévention. Pour en savoir plus, si vous le souhaitez, il suffit d'aller sur le Net, de taper son nom et découvrir. 

Les jeunes, heureusement, se sont mis à utiliser le préservatif comme anti virus. Même si ce n’est pas top tout le temps.

    D’ailleurs, moins de 18 ans ou plus de 70 ans le résultat peut être le même en cas de tourisme sexuel : la contamination. Cas réel d’une personne de 70 ans justement qui fut contaminée par une union d’un soir.

Autrefois les préservatifs masculins, la capote, étaient utilisés pour ne pas être contaminés par une maladie sexuellement transmissibles, appelées aujourd’hui Infections Sexuellement Transmissibles ; employé encore à titre de contraception.

Il faut éviter de baisser la garde du côté de cette protection, pas toujours gratuite. Si la mairie de Vigneux-sur-Seine, grâce à l’action de Jean-Luc ROMERO, dispose tout au long de l’année de préservatifs à disposition gratuite, cela n’est pas généralisé.

On se couvre donc. A moins que l’on ait une vie sexuelle avec un partenaire régulier et que l’on s’y tienne, la non contamination des deux par le VIH/Sida ayant été vérifiée au préalable par tests en laboratoire. Et en pensant à ne pas oublier le préservatif en cas de butinage ailleurs.

Quand un préservatif claque – ça peut arriver – je rappelle que le mieux est de se précipiter au plus vite – dans les deux heures - aux urgences du service hospitalier le plus proche pour un traitement préventif adapté contre une éventuelle contamination VIH/Sida. C’est le plus raisonnable à faire.

A titre de référence sociétale on se souvient que l’âge légal du mariage est 18 ans pour les garçons et pour les filles depuis peu – avant c’était 15 ans. Il a été reculé pour les filles pour lutter contre les mariages forcés.

Moins de 18 ans, pas de rencontres sexuelles avec des majeurs ! La foudre tomberait sur le plus grand !

mim19.3.09 003.jpgToutes ces informations s’adressent également aux plus jeunes de ma famille.mim19.3.09 002.jpg

Jeudi 19 mars 2009 à 7h 15 a été projeté sur France 2 un extrait de VIHSAGES : la partie où un médecin généraliste révèle sa séropositivité, depuis 20 ans, à une consultante. Il le fait car il lui semble normal, en tant que professionnel de santé, de ne pas se cacher pour mieux combattre le fléau Sida. Ce film documentaire  a été réalisé par Dominique Thiéry avec Audrey Tautou comme narratrice  de ces portraits de 6 séropositifs dont une née avec le VIH. Dans ce film le Ministre de la Santé Roselyne Bachelot est aux côtés de Jean-Luc Romero dont on sait le combat contre le Sida. Ceux qui ne savent pas peuvent aller voir sur le Net à son nom.

Et puis, quand j’ai visionné VIHSAGES en 2008 (voir billet du 1er décembre 2008 « Jean-Luc Romero et le film VIHSAGES), j’ai découvert que j’y étais, en arrière plan mais bien visible suite à un tournage de 2007 lors d’une campagne où la lutte contre le Sida était incluse. Une autre façon pour moi d’agir après la tenue de stand sur le marché à l’occasion de journées contre le Sida en ville de grande banlieue sensible.

Les jeunes, laissez les grands qui ont de l’argent donner de leur surplus. Faites-le seulement, vous, si vous le pouvez et en avez envie.

L’essentiel de votre côté est de vous protéger par le préservatif ; de vous informer aussi pour vous et pour autrui. Et puis vivez !  A fond ! Chaque instant ! A fond dans cet instant ! Avec ce jour un joli équinoxe de printemps, quand la durée du jour se fait égale à celle de la nuit, avant d'aller croissante durant plusieurs mois !

contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr  (illustrations : en  haut à gauche  logo Sidaction, à droite Marc Dixneuf; plus bas  photos de mon mimosa en plein éveil printanier)

01.12.2008

Jean-Luc Romero et le film VIHSAGES

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importants avec les jours où les trouver. Merci.

Il était tonique ce film VIHSAGES que j’ai annoncé hier et que j’ai eu la chance de voir ce jour. Il nous propose la vie de vrais séropositifs, sans masque pour la plupart et dont l’un d’eux, ancien toxico, hétéro et père de famille, était dans la salle prêt à échanger après la projection. Ce que je n’ai pas manqué de faire, le félicitant, lui, sa femme aussi présente dans ELCS29.11.08 102.jpgle film comme séropositive. Leurs enfants également filmés sont extra quant à la tolérance. Je me suis permis de parler pour insister sur l’importance de dire  et redire le message de prévention pour chaque tranche d’âge naissante, année après année. Ce témoin qui travaille dans un métier de bouche n’a rien d’un survivant mais d’un vivant. On a été d’accord sur le rôle de l’information à donner au sein des familles.

Autre cas, celui d’un médecin, séropo et gay qui a osé être filmé non masqué bien qu’il se fit du souci pour ses parents de 80 ans qui l’ont beaucoup aidé et risquent d’être regardés autrement après ce film.

Regard des autres à propos de quoi Jean-Luc ROMERO dit que pour lui la situation est limpide : seuls l’abordent ceux et celles qui ne sont pas bloqués par sa séropositivité. Il rappelle qu’il a tenu à mettre lui-même sur la place publique cette dernière ayant été touché par la manière dont les médias lui avaient volé son orientation sexuelle différente.

Toujours en France, un homme séropositif est filmé dans le département le plus touché, La Guyane. Il se bat lui aussi avec énergie.

Une jeune femme de 23 ans dit sa séropositivité depuis… 23 ans puisqu’elle est née avec le virus. Elle constate bien moins de rejet envers elle quand on découvre que sa séropositivité n’est pas liée à un acte accompli par elle mais qu’elle est ainsi, de naissance.

Bien sûr, Jean-Luc ROMERO est présent dans le film où intervient d’ailleurs Roselyne Bachelot, amie de Jean-Luc. Elle nous livre une citation de Saint Paul relative à la vie. Jean-Paul Huchon est filmé également ayant soutenu Jean-Luc dans sa démarche de dire sa séropositivité.  

Jean-Luc Romero est présent dans la salle où a lieu la projection avec sa maman venue de son pays du Nord, là où Jean-Luc a été élevé, et dont il constate dans le film qu’il aurait été plus difficile de vivre une séropositivité à Béthune car là-bas on parle peu. Simple indication et non pas jugement. Ce politique au courage impressionnant est filmé chez sa maman dans sa maison du Nord, une vraie maman qui a soutenu son enfant tout au long de sa vie.

Dans ce film j’ai eu la surprise de me découvrir un bref instant, filmée à un moment où pour les législatives j’avais soutenu la candidature de Jean-Luc. J’ai été contente d’être associée ainsi à la lutte contre le VIH/Sida.

Il faut espérer que ce film sera diffusé bientôt par une chaîne de télévision ; Il en vaut le coup. Chacun ayant dans son entourage une personne séropositive qui ne parle pas de son statut de peur d’être rejetée, il semble important, je crois, qu’un maximum de nos concitoyens puisse voir la vie réelle des séropositifs et entendre ce que les séropositifs présents dans le film ont souhaité dire. Pour favoriser davantage de tolérance.

 

Ce jour du 1 er décembre j’ai pu voir Jean-Luc Romero intervenant à la télévision dans La Matinale vers 8h15 puis sur la 3 à l’heure du déjeuner. Une telle journée permet de maintenir un bruit de fond minimum indispensable pour que l’existence du VIH/Sida ne soit pas oubliée ou négligée. L’épidémie perdure. Le traitement d’urgence qui existe est important mais est sous connu qu’il s’agisse de rupture de préservatif ou de services d’urgence- pompiers-  présents sur un accident et pour qui les gants peuvent être insuffisants. Jean-Luc Romero dit clairement : « Non » à l’auto-dépistage ou auto-test accessible à partir du Net car il donne des résultats erronés. Par contre il dit « Oui » aux tests rapides qui eux sont valables et en faveur desquels Willy Rozenbaum, co-découvreur du virus, s’est battu avec succès.

Jean-Luc Romero rappelle que les politiques sont des hommes et comme tous les hommes pensent que les choses vont mieux quand on en parle moins. Or cette année encore il ya moins d’attention portée au VIH/Sida.

 

Les jeunes, les assez grands, protégez-vous le moment venu avec un préservatif. Les plus petits, informez-vous sur le virus du Sida, la prévention. Tous entraînez-vous à la tolérance envers les jeunes et les moins jeunes contaminés par ce virus.

Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (photo archives personnelles: Jean-Luc Romero samdi aux 13 ème états généraux d'élus locaux contre le Sida). 

30.11.2008

Contre le Sida: Jean-Luc Romero avec ELCS

Vous trouvez sur la page intitulée "index thèmes blog" les thèmes qui me paraissent les plus

importants avec les jours où les trouver. Merci. Le 30 novembre 2008 : 111 visites avec 278 pages consultées

Hier samedi 29 novembre 2008, une journée consacrée à la lutte contre le Sida avec les 13 ème Etats Généraux d'ELCS (Elus Locaux Contre le Sida) qui se sont déroulés cette année à l'Hôtel de Ville de Paris. C'est l'ami ELCS29.11.08 102.jpgJean-luc ROMERO, Conseiller Régional d'Ile de France, élu au grand coeur dont je parle ici régulièrement, qui est le Président Fondateur d'ELCS. Il est aussi membre du Conseil National du Sida, vice-président du CRIPS d'Ile de France. Sheila est Présidente d'Honneur d'ELCS.

L'intuition de Jean-Luc en créant ELCS était excellente, eu égard aux résultas obtenus, en France et ailleurs là où le VIH/Sida apporte douleur ou/et mort. Pour preuve le casting impressionnant des intervenants d'hier, appartenant soit au milieux politiques toutes tendances, soit au milieu médical et scientifique, soit encore au milieu culturel. Etaient ainsi présents; Jean-Paul Huchon Président du Conseil Régional d'Ile de France, Valérie Pécresse Ministre, Anne Hidalgo 1 ère adjointe de Bertrand Delanoë au loin ce samedi pour obligation de Maire de grande ville, Alain Calmat champion olympique, Alain Fouché sénateur, Willy Rozembaum médecin co-découvreur du virus du VIH/Sida, Fabienne Thibeault à la simplicité d'enfer qui nous a enchanté avec des extraits de Stramania, Roxane Decorte, Piem, etc, etc...Madame Buffet, intervenante prévue, était absente en raison d'un deuil. Et notre "jolie petite Sheila", en tournée, a adressé une lettre pertinente qui fut lue par Alain Fouché.  

Ces états généraux se déroulaient dans une des magnifiques salles de l'Hôtel de Ville, pleine de participants attentifs, avec des questions auxquelles ont été apporté des réponses. A l'issue d'heures de travail intenses, un buffet varié, fin et abondant était proposé au cours duquel, comme d'habitude Jean-Luc ROMERO a été pris d'assaut et comme d'habitude, inlassablement, a écouté, répondu, avec toujours un mot gentil et un sourire amical et bienveillant. 

ELCS29.11.08 110.jpgJ'indique ici le lien qui permet sur Facebook de découvrir un certain nombre de photos de cet événement: http://www.facebook.com/album.php?aid=51528&l=0b5f6&a...

Demain 1 er décembre c'est le jour phare de lutte contre le Sida. Rappelez-vous les jeunes et rappelez à vos copains et copines s'il en est besoin de se protéger, même pour une 1 ère fois, même juste une fois, même si ça "fait suer " ! Consigne valable quel que soit l'âge si l'on ne se trouve pas dans une relation stable et sûre,  cela après vérifications préalables par tests de dépistage. 

Pour ceux et celles qui seraient disponibles, rendez-vous demain 1er décembre à 14h00 au Cinéma Latina 20 rue du Temple, Paris, 4 ème, métro Hôtel de Ville pour une projection en avant-première du film VIHSAGES de Dominique THIERY avec la participation de Jean-Luc ROMERO. Ce film est un documentaire plein de vie et sans tristesse de 52 minutes avec la voix d'Audrey TAUTOU. Je relaie ici l'invitation faite par Elus Locaux Contre le Sida. 

L'amour reste possible à 1000% avec si besoin la participation en tiers du préservatif. Il vaut mieux inviter ce tiers là que de courir un risque. Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (photos archives peronnelles: en haut Jean-Luc Romero sollicité au cours du buffet, en bas Fabienne Thibeault et moi)

16.11.2008

Jeunes contre le Sida: Jonathan Denis

Vous trouvez sur la page intitulée "index thèmes blog" les thèmes qui me paraissent les plus importants avec les jours où les trouver. Merci.  Le 16 novembre 2008 : 109 visites avec 292 pages consultées

Voici une information connue via Facebook  susceptible d’intéresser certains et certaines d’entre vous. Il s’agit des élections internes de Jeunes Contre le Sida  dont Jonathan Denis est le Président fondateur, Jonathan Denis decorte2oct08 003.jpgdont j’apprécie l’implication dans le domaine sensible du Sida et qui assure maintenant les responsabilités de la  Présidence d’Aujourd’hui Autrement, écrit ceci : 

« Voici deux ans que l'actuelle équipe dirigeante de Jeunes Contre le Sida a été élue au conseil d'administration de l'association. Selon l'article 10 de nos statuts, le conseil d'administration doit être élu tous les deux ans afin de former par la suite un nouveau bureau, lui aussi élu pour deux ans.

2009 va donc marquer une nouvelle élection et une nouvelle ère pour notre association. Depuis 2005 et la fondation de Jeunes Contre le Sida par Jonathan Denis, l'association a porté haut plusieurs combats : le préservatif moins cher, la disponibilité de préservatifs dans tous les collèges et lycées de France, la création d'un CRIPS dans chaque région française, la levée de l'interdiction de don du sang pour les gays.

Nous allons continuer ces combats. Mais aujourd'hui, grâce à votre mobilisation sur Facebook, l'association compte plus de 1300 membres alors que vous n'étiez qu'une centaine au départ. Nous voulons continuer à compter sur vous, votre soutien et votre engagement. Nous vous proposons donc de nous rejoindre dans cette aventure associative, de vous présenter à l'élection de notre conseil d'administration, de participer à la vie de Jeunes Contre le Sida, en adhérant, en nous soutenant financièrement ou tout simplement en continuant à vous impliquer sur ce groupe.

L'élection est possible pour tout membre à jour de cotisation au plus tard le 15 décembre 2008 (l'élection ayant lieu le 5 janvier 2009). L'élection se fera directement par mail. Dès aujourd'hui et jusqu'au 15 décembre 2008, présentez votre candidature à Jeunes Contre le Sida en envoyant par mail ou courrier votre acte de candidature ainsi que par courrier votre chèque d'adhésion (adhésion minimum à 5 €) à :
JEUNES CONTRE LE SIDA, 5 place d'Alleray, 75015 Paris.

Vous pouvez aussi simplement adhérer à cette même adresse.
Nous restons à votre disposition au 06.75.53.47.70
Sachant pouvoir compter sur vous et votre votre soutien,

Jonathan Denis,
Président fondateur de Jeunes Contre le Sida »

 

Voilà pour un sujet qui reste la préoccupation au quotidien d’un certain nombre, soit pour eux-mêmes soit pour des connaissances touchées. Noter qu’il est possible de «simplement adhérer à cette même adresse », au 5 rue d’Alleray. Paris 15 ème.

francoiseboisseau@wanadoo.fr (photo: archives personnelles Jonathan Denis)

15.11.2008

conclusion Jean-Luc Romero: ELCS à l'île Maurice

Vous trouvez sur la page intitulée "index thèmes blog" les thèmes qui me paraissent les plus importants avec les jours où les trouver. Merci.  Le 15 novembre 2008 : 108 visites avec 379 pages consultées

Voici la fin du discours de l’ami Jean-Luc Romero jlr_sarko_sheila_internet_3.jpgà l’île Maurice (début le 13, suite le 14 novembre). Le meilleur texte actuel sur la situation des séropositifs et de leur liberté de circuler.  

Quels résultats ?  Je vous ai présenté les actions mises en place par ELCS et qui s’ajoutent à celles d’autres associations mais la question la plus importante est : pour quels résultats ? A-t-on réussi à faire sauter les verrous idéologiques ?

2006/2007 : un pessimisme légitime

Pour tout vous dire, fin 2006, nous étions assez pessimistes. Laissez-moi vous donner deux exemples de situation qui ont légitimement provoqué notre inquiétude.

Fin 2006, de nouvelles mesures de sûreté européennes dans les avions ont été mises en place : les flacons de liquide de plus de 100 millilitres sont désormais interdits en cabine sauf exception comme les médicaments. Ceux-ci doivent être présentés avec l’ordonnance médicale pour être acceptés en cabine. Ces mesures sont justifiées par des objectifs de sûreté et de sécurité publiques et, bien évidemment, ELCS ne remet pas en cause leur utilité. Mais, au-delà du regard stigmatisant et blessant de certains et des quelques désagréments dus au retard à l’embarquement, ce genre de mesures, également mises en place aux Etats-Unis, a des conséquences directes et néfastes sur la liberté de circulation des personnes séropositives dans le monde. En effet, au regard de l’interdiction faite aux personnes séropositives d’entrer sur le territoire national dans certains pays, la personne qui présentera son ordonnance se verra donc reconnaître comme séropositive. Elle sera donc automatiquement expulsée du seul fait de son état de santé. Le fait de contrôler les médicaments permettra souvent aux agents douaniers d’identifier les séropositifs, comme s’ils étaient des menaces à l’ordre public ou des délinquants. En pratique, une personne séropositive ne pourra échapper aux contrôles car elle ne pourra se permettre de mettre ses médicaments en soute : un retard ou une perte de bagages n’est pas à exclure et l’observance des traitements est indispensable pour une maladie qui reste obstinément mortelle. En outre, la délivrance d’anti-rétroviraux ne peut se faire facilement en pharmacie comme un simple médicament, sans compter leur coût à l’étranger. Si l’on suit la logique de telles mesures, la personne séropositive n’aurait donc pas le choix : elle ne devrait pas amener ses médicaments lors de ses voyages !

Deuxième exemple, cette-fois ci plus positif mais nous avons échappé au pire. Grâce à la mobilisation des députés européens et des associations, en juillet 2007, la possible création d’un fichier des séropositifs aux Etats-Unis a été évitée. En effet, la Commission européenne était sur le point de signer un accord sur la coopération dans le domaine de la lutte contre le terrorisme entre les Etats-Unis et l’Union Européenne qui prévoyait de permettre l’accès aux autorités américaines à certaines données privées des passagers des compagnies aériennes venant de l’Union européenne sur des sujets très sensibles comme la sexualité ou la santé de la personne. Ce projet était une réelle menace pour les personnes touchées par le VIH/sida car il pouvait permettre la création par les autorités américaines d’un fichier des séropositifs. Cette hypothèse n’était pas à exclure au regard de la déclaration du consul des Etats-Unis à Paris, Donald Wells, qui a affirmé par voie de presse le 1er décembre 2006 que les séropositifs qui mentiraient pour pouvoir entrer sur le territoire américain seraient « inscrits sur la liste des personnes interdites de séjour aux Etats-Unis à vie. » Mais qui dit que cette mesure ne se retrouve pas dans un autre accord bilatéral ?

2008 : une situation qui évolue enfin favorablement

Pour autant depuis, la situation a beaucoup évolué ces derniers mois dans un sens plutôt favorable. Elle a évolué positivement grâce notamment à la prise de conscience des institutions internationales de l’intérêt toujours actuel de cette question. Présentons les choses de façon chronologique : en novembre 2007, la Chine a annoncé que sa législation allait être assouplie en matière d’entrée et de séjour des personnes séropositives. Comment en est-on arrivé là ? Apprenant que le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme prévoyait une réunion de son conseil d’administration en Chine, soit dans un pays qui refuse toute entrée sur son territoire aux personnes touchées, ELCS avait alerté le président du fonds mondial, le professeur Kazatchkine. Celui-ci avait alors négocié avec les autorités chinoises et celles-ci avaient fait cette annonce. En février 2008, l’ONUSIDA a mis en place une task force internationale centrée sur cette question de la liberté de circulation : les résultats et recommandations sont attendues pour la fin de l’année. Le 10 juin 2008, Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU, appelait officiellement et pour la première fois depuis sa nomination « au changement des lois qui maintiennent la stigmatisation et la discrimination, y compris les restrictions imposées à la mobilité des personnes vivant avec le sida ». Quelques jours après, le G8 annonçait dans sa déclaration finale qu’il « soutient les travaux en cours destinés à examiner les restrictions imposées à la liberté de circulation des personnes séropositives et à faciliter leurs déplacements».

Enfin, une nouvelle qui a fait l’effet d’une bombe tant elle était attendue depuis longtemps : la fin de l’interdiction d’entrée aux Etats-Unis. Permettez-moi de m’arrêter quelques instants sur ce cas tant il est emblématique de ce combat. Il y a 21 ans officieusement, plus de 15 ans officiellement que cette interdiction existait. 15 ans que ce pays qui accueille le siège de l’ONU, 15 ans que ce pays qui s’enorgueillit de ce symbole qu’est la Statue de la liberté, refusait toute entrée sur son sol aux personnes touchées par le VIH/sida. Le 27 novembre 2006, j’avais adressé une lettre ouverte à George W. Bush lui demandant une modification rapide de la législation des Etats-Unis. Le président des Etats-Unis s’était montré sensible à cette requête puisqu’il annonçait, le 1er décembre 2006, sur le site de la Maison Blanche, qu’il avait décidé d’entamer un processus législatif en vue d’autoriser les personnes touchées par le VIH/Sida à entrer sur le territoire des Etats-Unis. Cette annonce n’avait pas, comme bien souvent, été suivie d’effets. Ce n’était que partie remise puisque sous l’action combinée du sénateur démocrate du Massachusetts, John Kerry, et du sénateur républicain de l'Oregon, Gordon Smith, le Sénat a voté, mercredi 16 juillet 2008, l'abrogation du texte de 1993 qui avait officialisé cette interdiction d’entrée qui en fait existait depuis 1987. Le 30 juillet, le président des Etats-Unis signait ce texte. Mais soyons honnêtes et restons prudents : pour le moment, cette décision n’est pas encore appliquée par l’administration des Etats-Unis donc le mensonge reste malheureusement et toujours la seule solution pour fouler le sol américain. Pour autant ce vote des Etats-Unis peut changer beaucoup de choses et nous allons, avec les autres ONG, nous ne servir pour faire levier sur les autres pays !

Enfin, la 17ème conférence internationale sur le sida de Mexico a permis à de nombreux responsables politiques, au premier rang desquels le président mexicain, de condamner ces intolérables interdictions de circulation des personnes vivant avec le VIH/sida.

Conclusion : Il me faut conclure maintenant. Par cet exposé, j’ai tenté de vous expliquer les grandes lignes de cette question des restrictions à la liberté de circulation, de ce combat pour la dignité et l’égalité. Si vous me le permettez, j’aimerai conclure mon propos en l’élargissant à un thème plus global : celui des discriminations. En effet, ces restrictions, dont on a bien vu l’inutilité et leur dangerosité, sont le symbole plus global d’une évolution que l’on sent venir : la peur du malade plus que de la maladie.

Il y a quelques années la maladie faisait peur, mais il y avait une forme de compassion envers les malades même si certains, dans les pays occidentaux, parlaient du sida comme du cancer gay. Le malade était considéré comme un malade. Simplement. Seul le sida faisait peur. Aujourd’hui, alors que la maladie soulève une vague d’indifférence, j’ai l’impression que les malades sont considérés non plus comme des malades mais bel et bien comme des coupables, coupables de ne pas avoir fait attention, coupable d’exister, coupables d’être là.

Aujourd’hui, en France ou ailleurs, les malades ne trouvent pas dans la société un espace où dire leur maladie ne les exposerait pas à l’opprobre et aux discriminations. Aujourd’hui pour les malades, discriminations et précarité vont souvent de pair. Alors la question que doive se poser certains est claire : faut-il se faire dépister, puisque dans l’ignorance de son statut sérologique, un ignorant jouit de plus de libertés qu’un responsable qui assume sa séropositivité, se soigne, se protège et protège ses partenaires. Quand on est séropositif, faut-il le dire au risque de voir sa vie se transformer et être mis au ban de la société ? Ce défi de la dicibilité est notre défi à tous. Il nous faut créer un espace où les malades n’auront pas peu de dire leur état. Ce défi est essentiel, il doit être notre priorité.

Je souhaite conclure mon intervention par ces quelques mots. Lors de la conférence de Mexico d’août dernier, Karen Dunaway Gonzalez, jeune hondurienne séropositive,  a pris la parole et, du haut de ses 12 ans, nous a donné une magnifique leçon de vie. Je la cite : « Beaucoup d’entre nous voulons être médecins, instituteurs. Je veux être chanteuse, mais réaliser ces rêves ne sera possible que si les médicaments sont garantis, que si l’on nous accepte dans les centres éducatifs et que si l’on nous laisse grandir sans violence, stigmatisation ou discrimination ». Elle a envie de vivre, simplement. Elle nous renvoie à nos responsabilités. A nous d’agir, car comme l’écrivait Benjamin Franklin : « celui qui renonce à une liberté essentielle pour une sécurité aléatoire ou éphémère ne mérite ni la liberté, ni la sécurité ! »

Je vous remercie.

Si besoin les moins de 18 ans, contactez ELCS pour des renseignements que vous souhaiteriez. Quant aux jeunes élus de 18 ans et un peu plus, n’oubliez pas de rejoindre ELCS ! Etre aux côtés de Sheila Présidente d'Honneur d'ELCS, pas si mal !

Contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr  (photo d'ELCS:de gauche à droite Jean-Luc Romero,Nicolas Sarkozy, Sheila)

14.11.2008

suite Jean-Luc Romero: ELCS à l'île Maurice

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Voici la suite du discours de l’ami Jean-Luc Romero jlr_sarko_sheila_internet_3.jpgà l’île Maurice (début le 13, conclusion le 15). Le meilleur texte actuel sur la situation des séropositifs et de leur liberté de circuler.  

Les discriminations justifiées par la protection de la santé publique ? La justification liée à la santé publique. C’est incontestablement une des missions de l’Etat que d’assurer la sécurité et la santé de ses ressortissants. Il est clair également que la gestion de l’immigration ressort de la prérogative nationale et du pouvoir souverain des Etats. Ainsi, dans le cadre d’épidémies par exemple de choléra, de grippe aviaire ou de fièvre jaune, les restrictions à la liberté de circulation des personnes atteintes sont justifiées car ces maladies ont une courte période d’incubation, des signes cliniques apparents et surtout elles sont fortement contagieuses. Ce raisonnement assez simple ne peut s’appliquer au sida, maladie complexe avec des répercussions sociales évidentes et surtout maladie non-contagieuse. Ainsi, mettre en place des restrictions à la liberté de circulation des personnes touchées est une grave erreur au regard des répercussions tant individuelles que collectives.

Les répercussions individuelles des restrictions à la liberté de circulation : Intéressons nous tout d’abord aux répercussions individuelles de telles restrictions, aussi bien pour une personne qui ne se savait pas séropositive que pour le cas d’une personne qui se sait touchée par le VIH/sida.

Dans le premier cas, si un test est imposé à l’entrée sur le territoire, le voyageur, qu’il soit immigrant, refugié, simple touriste ou étudiant, peut apprendre simultanément qu’il est séropositif et qu’il ne sera pas autorisé à entrer ou à rester sur le territoire. Sans compter que son statut sérologique risque sûrement d’être connu de son employeur, de sa famille, peut-être même des autorités… Imaginez le traumatisme ! Alors, a-t-on le droit de traiter une personne de la sorte ? Qu’en est-il du respect des pratiques élémentaires de l’annonce du statut sérologique ? On oublie tout, on bafoue les principes les plus élémentaires du councelling, de l’anonymat ! Quels conseils cette personne recevra ? Aucun. Rencontrera-t-elle un médecin ? Imaginons une famille qui fuit les persécutions : a-t-on le droit de séparer une famille dont l’un des membres découvre sa séropositivité ? Ne serait-ce pas là une pratique d’un autre temps ? Assurément si. Dans le cadre d’un long séjour : si la séropositivité d’une personne qui vit dans un autre pays que son pays d’origine est découverte, elle court le risque d’être expulsée sans protection légale appropriée, ni protection au niveau de la confidentialité. Là, le secret médial n’existe plus. Dans ces conditions, il est tentant de cacher ou de nier son propre statut sérologique et de ne surtout pas se soigner, au risque de ne pas avoir accès à des médicaments, pourtant nécessaires à la survie.

Les répercussions individuelles de telles restrictions sont tout aussi terribles pour les personnes touchées quant à leur santé et à la pleine reconnaissance de leurs droits. Déjà, très concrètement, arriver dans un pays qui refuse l’entrée aux personnes séropositives oblige aux mensonges et souvent à se priver de ses médicaments avec le risque que l’on connait : perte de médicaments, pause dans les traitements, et à terme résistance aux traitements voire échec. Globalement, refuser l’admission ou l’installation d’une personne séropositive au seul motif de son statut sérologique renvoie à une vision totalement perverse du malade : le séropositif comme vecteur de maladie. L’exclusion des personnes non nationales séropositives alourdit encore l’atmosphère de stigmatisation et de discrimination à l’encontre des personnes vivant avec le VIH et peut ainsi, au niveau des individus, décourager tant les nationaux que les étrangers d’avoir recours aux services de prévention, de dépistage et de prise en charge du VIH.

Les répercussions collectives des restrictions à la liberté de circulation : Au-delà des conséquences individuelles, la mise en place de telles restrictions a bien évidemment des conséquences collectives fortes sur la politique de santé publique et plus précisément concernant la lutte contre le VIH/sida. On peut affirmer que les justifications de ces restrictions liées à la protection de la santé publique ne tiennent pas et on peut même considérer qu’elles sont inefficaces, discriminatoires, dangereuses et incontestablement basées sur un préjugé d’un autre âge selon lequel le sida serait la maladie de l’étranger.

D’une part, rappelons-le, le sida n’est pas une maladie contagieuse et les nationaux ont la possibilité de se protéger par eux-mêmes. Faudrait-il rappeler cette évidence plus de 25 ans après la découverte du virus ? En est-on à ce point dans le recul des connaissances ? Pour certains peut-être : ainsi, la loi qui, aux Etats-Unis, fondait l’interdiction d’entrée des séropositifs - Immigration and nationality act - assimile le sida à une maladie contagieuse : « Communicable disease of public health significance, which shall include infection with the etiologic agent for acquired immune deficiency syndrome ». Faut-il le rappeler, le VIH se transmet principalement par relations sexuelles non protégées, la transmission mère-enfant ou via le partage de matériel d’injection. Les nationaux peuvent donc se protéger par eux-mêmes. L’entrée de personnes vivant avec le VIH/sida ne crée donc aucun risque direct et inévitable pour la santé du grand public et la présence du malade, en elle-même, n’est donc évidemment pas une menace pour la santé publique. Dans le même ordre d’idée, il faut rappeler que la prévention du VIH/sida ne repose pas uniquement sur les personnes touchées mais également bel et bien sur les personnes séronégatives. Dans le cadre d’une relation sexuelle, les deux acteurs ont tout autant le devoir de se protéger, c’est ce qu’on appelle la notion de responsabilité partagée, notion que les associations défendent, notamment le Conseil national du sida français auquel j’appartiens et que préside le professeur Rozenbaum. Il faut l’affirmer haut et fort : les personnes séronégatives comme séropositives sont responsables de leur propre prévention.

D’autre part, l’exclusion systématique des séropositifs de l’admission ou de l’installation, en réalité, ne prévient pas la propagation du VIH et repose sur un mythe selon lequel les États pourraient de cette façon éviter tout risque de propagation du virus. Evidemment cela est complètement faux et impossible. Pourquoi ?

- Premièrement, le sida est présent partout dans le monde, aucun territoire n’est épargné par le virus. Ainsi, aux Etats-Unis, 1,2 million de citoyens américains sont porteurs du VIH/sida.

- Deuxièmement, les pays n’imposent pas de tests à leurs ressortissants revenant de voyage. Comment garantir alors que le sida ne pénètre pas dans leur pays ?

- Troisièmement, dans le cas d’une infection récente, il y a une fenêtre pendant laquelle le virus ne peut être détecté, ce qui montre d’ailleurs bien l’inutilité des tests faits à l’entrée de certains pays.

On le voit bien, la mise en place de telles restrictions est inefficace, elle peut même se révéler contre-productive et être la cause d’une baisse de la vigilance, d’un effort de prévention moins important et donc de pratiques à risques en hausse. Je m’explique. Tout simplement en créant un sentiment de fausse sécurité, en laissant à penser que le sida est une maladie d’étrangers et que le VIH vient de l’extérieur. Ainsi, on peut laisser s’installer l’impression que la bonne solution serait donc de fermer totalement les frontières ! Ca y est, on aurait trouvé un remède miracle… Ce raisonnement, totalement absurde, peut mettre à mal des années de politique de prévention basées sur la connaissance de la maladie, l’éducation, la responsabilisation individuelle et collective. En effet, il est toujours beaucoup plus aisé d’imaginer que si l’autre n’est plus là, le problème est réglé. Imaginer que le sida c’est le problème de l’autre revient à dire aux nationaux : ne vous dépistez pas, vous êtes immunisé ! Pas la peine, ce sont les autres ! Quand on sait la difficulté de mobiliser sur le thème du VIH/sida et la rapide démobilisation qui peut être constatée quand les efforts sont moindres, alors il est clair que ces restrictions ne vont pas dans le sens d’une meilleure protection de la santé publique. C’est même tout le contraire !

Lutter contre le sida en luttant contre les malades et non contre la maladie est une erreur fatale qui met en péril la politique de lutte contre le sida et conduit  clairement à une moins bonne protection de la santé publique. Ce combat pour la vie ne peut passer que par une politique d’information et de prévention pragmatique, non idéologique et basée sur la non-discrimination.

Les discriminations justifiées par un argument économique ? Second type de justification après la protection de la santé publique : l’argument économique. Ce cas de figure ne concerne que les moyens et longs séjours des personnes infectées par le VIH/sida puisque il est peu probable que le touriste ait besoin de recourir au système de soin du pays en question et dans la plupart des cas, il est assuré dans son pays d’origine. L’idée est la suivante : les Etats mettent en place des restrictions car la présence des personnes vivant avec le VIH/sida pèserait trop lourdement sur les services sociaux et le système de santé dans sa globalité.

Cet argument n’est pas recevable D’abord, il est insupportable au regard de la vision que cela révèle de la personne touchée par le VIH/sida : malade = charge financière. Ensuite il est faux dans ce sens où la personne séropositive est aussi un acteur de la société qui contribue à sa richesse en travaillant et en payant des impôts. Sa venue permettra souvent de pallier un manque de mains d’œuvre ou un manque de personnel dans tel ou tel secteur de l’économie. De plus compte tenu de l’allongement de l’espérance de vie des personnes touchées sous traitement, il est impossible d’affirmer que les séropositifs coûteront davantage qu’ils n’apporteront de bénéfices au cours de leur séjour.

Outre que cet argument économique est faux, il manque de cohérence : pourquoi laisser séjourner sans obstacles juridiques des personnes cancéreuses et pas les séropositifs ? Pourquoi également, ne pas apprécier la situation économique au cas par cas du migrant. Tout ceci ne fait que souligner, je reprends les mots de Peter Piot, l’exceptionnalisme du sida. Globalement, cet argument économique ne peut permettre de justifier ces restrictions à la liberté de circulation et d’installation. Il est en effet impossible de faire des généralités et donc de justifier une interdiction de principe.

Les justifications liées à la protection de la santé publique et à l’argument économique ne sont pas tenables et sont même dangereuses, Elles sont idéologiques, uniquement basées sur les préjugés selon lesquels le sida serait une maladie d’étranger et le malade, plus un être humain, mais une charge. Etablir des restrictions à la liberté de circulation des personnes touchées par le VIH/sida revient à lutter contre les malades et non contre la maladie !

Actions d’information et de lobbying mises en place par ELCS :  Alors après avoir présenté, analysé et tenté de déconstruire les justifications à l’entrave à la liberté de circulation des personnes touchées, je vais vous présenter les actions mises en place par Elus Locaux Contre le Sida, actions d’information, de sensibilisation et de lobbying auprès des politiques.

ELCS a, depuis plusieurs années, interpellé sans relâche les instances nationales, européennes et internationales. Des contacts ont été établis avec les autorités nationales, les instances européennes, les responsables des grandes organisations internationales (OMS, ONU, Fonds mondial de lutte contre le sida, IAS…). J’ai notamment rencontré Xavier Bertrand, à l’époque ministre français de la santé, qui a porté cette question auprès des 27 pays de l’Union européenne, l’actuelle ministre de la santé, Roselyne Bachelot, la secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme, Rama Yade, Louis-Charles Viossat, ambassadeur français chargé de la lutte contre de VIH/sida et les maladies transmissibles. Au niveau européen, j’ai été reçu par le directeur de cabinet du président de la Cour européenne des Droits de l'Homme. Au niveau international, j’ai également rencontré bon nombre de responsables politiques et institutionnels de premier plan : j’ai ainsi obtenu le soutien dans ce combat d’André Boisclair, ancien président du Parti Québécois, de Bill Graham, ancien ministre des affaires étrangères, député du Canada, de Narain Chaudhary, président de l’assemblée du Bihar (Etat indien), de Claude Janiak, président du Conseil national suisse, du professeur Michel Kazatchkine directeur du Fonds mondial de lutte contre le sida etc. Je m’arrête, mon but n’étant pas de faire une liste exhaustive !

Nous avons également organisé une intense communication médiatique autour des grands événements: lancement d’UNITAID, lettre ouverte au président américain George W. Bush, élection du nouveau secrétaire général de l’ONU qui ne l’oublions pas, était le ministre des affaires étrangères de Corée du Sud, pays qui interdit toujours son territoire aux personnes séropositives, les journées mondiales de lutte contre le sida, sessions de l’ONU.

ELCS a pris soin de mettre en place des outils d’information à destination du grand public pour le mobiliser et d’autres pour aider les personnes vivant avec le sida. Ainsi, la version française du guide sur les restrictions à la liberté de circulation des séropositifs dans le monde, document initialement écrit par l’association AIDS Deutsche-Hilfe, a été publiée conjointement par ELCS et par AIDES. Ce document, qui recense les législations de 170 pays à travers le monde, est librement consultable et téléchargeable sur les sites  d’ELCS (www.elcs.fr) et de AIDES www.aides.org). A l’occasion de la conférence internationale de Mexico, ELCS a également édité un dossier d’information en trois langues, disponible sur le site ELCS.

Nous avons également mis en place une mobilisation internet : un site my space a été créé en août 2006 - www.myspace.com/eluslocauxcontrelesida - afin de créer un réseau d’associations et de contacts individuels le plus important possible, en dehors des associations classiques de lutte contre le sida – réseau capable de relayer les informations et donc de faire pression sur les pouvoirs publics. A terme ce site devrait être consultable en trois langues (français – anglais – espagnol). En novembre 2007, un groupe « Avec Jean-Luc Romero contre l’interdiction de circuler des personnes séropositives » et une cause « Contre les interdictions de circuler des séropos / against the entry ban for people with AIDS » ont été créés sur Facebook – www.aids-sida-discriminations.fr. Un an après sa création, près de 4.000 personnes ont rejoint le groupe et près de 6.600 la cause.

Si besoin les moins de 18 ans, contactez ELCS pour des renseignements que vous souhaiteriez. Quant aux jeunes élus de 18 ans et un peu plus, n’oubliez pas de rejoindre ELCS ! Etre aux côtés de Sheila Présidente dHonneur d'ELCS, pas si mal !

Contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr (photo d'ELCS:de gauche à droite Jean-Luc Romero,Nicolas Sarkozy, Sheila)

13.11.2008

Jean-Luc Romero: ELCS à l'île Maurice

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Je vous mets le début du discours de l’ami Jean-Luc Romero, une seconde partie demain vendredi 14 et la conclusion le samedi 15 novembre. Ce texte, à partir d’exemples de l’île Maurice lieu de ce discours, fait un bilan de l’état actuel de la « liberté » encadrée voire restreinte de circuler des séropositifs quant au VIH/Sida. Au-delà de cette maladie, ce sont les discriminations qui sont ciblées et contre lesquelles se bat Jean-Luc Romero et tous ceux d’ELCS Sidajlr_sarko_sheila_internet_3.jpg, association où se retrouvent toutes les bords politiques.

Le meilleur texte actuel sur la situation.              

 

Ci-joint le discours prononcé par Jean-Luc Romero, président d’Elus Locaux Contre le Sida, membre du Conseil national du sida hier à l’Ile Maurice à l’occasion de la 7ème Conférence VIH de l’Océan Indien.

Dans ce long exposé de trois quart d’heure, Jean-Luc Romero démontre l’absurdité des interdictions de circuler des personnes séropositives. Aujourd’hui encore 13 pays interdisent totalement leur territoire et la moitié des pays de l’ONU, dont l’Ile Maurice, interdisent l’installation et le travail pour les étrangers séropositifs.

Dans son exposé, Jean-Luc Romero a aussi montré que depuis 2008, l’espoir commence à naître.Bonne réceptionl’équipe d’ELCS

 

Discours de Jean-Luc Romero

Président d’Elus Locaux Contre le Sida

VIIème Colloque VIH Océan indien

« Voyage et VIH, législation, recommandations »

Mardi 11 novembre 2008

Hôtel « La Plantation » - Ile Maurice

 

Mesdames, Messieurs,

Chers amis,

J’avais une question à vous poser. Une question simple mais un peu personnelle il est vrai : avez-vous déjà vu la Statue de la liberté ? Qu’est ce qui pourrait vous en empêcher ? Avoir un passeport qui n’est pas en règle ? En effet. Faire partie de la liste des terroristes recherchés tout autour du globe par les agences américaines. Bien sûr. Etre séropositif ? Non bien évidemment non … Et bien, en fait si. Etre séropositif empêche encore aujourd’hui toute entrée sur le sol américain. Oui, chers amis, être séropositif et être terroriste revient au même : on n’entre pas aux Etats-Unis ! Alors les Etats-Unis seraient-ils au ban des nations pour cette terrible discrimination ? Non, malheureusement pas. Dans 12 autres pays - Arabie Saoudite, Arménie, Bruneï, Chine, Corée du Sud, Irak, Libye, Moldavie, Oman, Qatar, Russie, Soudan -, les séropositifs sont soumis à une stricte interdiction d’entrée sur le territoire national, même pour un court séjour touristique, même pour un simple transit. Concrètement les modalités d’application de cette absurde discrimination diffèrent : certains pays se contentent d’une déclaration de non-séropositivité, certains réclament qu’un test soit effectué dans le pays d’origine, d’autres pratiquent un test à la frontière. Les modalités diffèrent mais le résultat est le même en cas de séropositivité : l’expulsion ! Tel un terroriste, un criminel …

Alors les discriminations liées à la liberté de circulation des personnes séropositives ne concernent malheureusement pas que 13 pays mais bien plus ! Ainsi, au-delà des limitations des séjours « courte durée », l’installation des personnes séropositives est également empêchée. A ce sujet, laissez-moi vous dire quelques mots d’une terrible histoire que Nicolas Ritter, fondateur de PILS, m’a racontée très récemment et dont il s’est occupé avec force et détermination. Il y a quelques années, une loi était passée imposant un test de dépistage VIH aux personnes étrangères désireuses de se marier à des ressortissant(e)s mauricien(ne)s. L’année dernière à la même époque, un jeune mauricien qui était en poste en Afrique rentre sur l’Ile Maurice avec sa compagne africaine, avec qui il a un enfant, pour se marier. Elle fait donc ici son test de dépistage et apprends sa séropositivité. Ni le père, ni l’enfant ne sont positifs au VIH. Ce couple prend contact avec PILS et l’association essaie de régler le problème du mariage et de l’autorisation de rester sur le territoire mauricien, à l’amiable, avec les autorités concernés. Celles-ci se montrent très compréhensives et une solution semble pouvoir être trouvée. Quelques temps après, la police de l’immigration vient devant la porte de ce jeune couple avec un avis d’expulsion pour  la jeune femme ! Imaginez la situation dramatique dans laquelle ils se trouvaient ! Avec l’accord du couple, l’association PILS a médiatisé l’affaire de façon très importante et finalement le Premier ministre, comme il nous l’a rappelé hier, a décidé d’abroger cette loi.

Je vous ai raconté cette histoire pour deux raisons : d’une part, je voulais vous faire part de la situation à l’Île Maurice mais surtout, et d’autre part, je souhaitais rendre un hommage très sincère à Nicolas Ritter et son équipe salariée et bénévole. Ils font un travail remarquable, un travail de sensibilisation, d’aide, de lobbying. Ils le font, sans beaucoup de moyens, mais avec l’énergie de ceux qui savent leur cause juste. Sachez que vous avez toute mon admiration et ma solidarité dans ce combat pour la vie.

Revenons sur le cas de l’Île Maurice : n’allez pas croire pour autant que la situation est réglée ! Bien au contraire ! En effet, par principe, toute personne étrangère qui désire obtenir un permis de travail à Maurice doit se soumettre à un test de dépistage du VIH et si celui s’avère positif, il n’obtient pas son permis de travail et est invité à rentrer dans son pays d’origine. Ce cas de figure se retrouve également aux Seychelles. Globalement, dans près de la moitié des Etats membres de l’ONU, avoir un permis de travail, un titre de séjour étudiant, un titre de résident, est quasi-mission impossible pour une personne touchée par le VIH/sida. Les pays imposent la plupart du temps un test de dépistage et les travailleurs migrants sont même testés chaque année dans plusieurs pays du Moyen Orient et d’Asie. En cas de découverte de séropositivité, le permis de travail n’est pas renouvelé et la personne doit immédiatement quitter le territoire national. Tel un paria des temps modernes. A noter que dans ces pays figurent aussi 13 Etats européens sur 27 dont la Bavière Allemande, Chypre et la Slovénie.

Permettez-moi ici de faire un aparté sur le cas de la France : la France est un des trop rares pays à avoir mis en place une disposition permettant de donner un titre de séjour pour tout étranger malade, plus précisément à tout étranger, je cite, « dont l’état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d’une exceptionnelle gravité, sous réserve qu’il ne puisse effectivement bénéficier d’un traitement approprié dans le pays dont il est originaire ». C’est, je le crois une disposition que tous les pays devraient adopter. Mais c’est plutôt, bien malheureusement, la direction inverse que l’on prend puisque le Parlement européen a adopté le 18 juin dernier, une directive qui prévoit de ne plus imposer aux pays de délivrer des titres de séjour aux personnes gravement malades. Quelques jours avant, la Cour européenne des droits de l’homme jugeait légale l’expulsion d‘une jeune Ougandaise séropositive au motif de ne pas faire peser une charge financière trop lourde sur les Etats. Selon la Cour européenne des droits de l’homme, cette expulsion respectait l’article 3 qui prévoit l’interdiction de tout traitement inhumaine et dégradant. Pourtant, on ne le sait que trop bien, l’accessibilité universelle des traitements en Ouganda est un mythe…

La genèse de ce combat : Alors, avant d’aller plus loin dans notre sujet, permettez-moi de vous raconter en quelques mots pourquoi l’association Elus Locaux Contre le Sida, association dont je suis le président-fondateur, s’est, depuis plusieurs années, engagée avec force et détermination dans le combat contre ces scandaleuses restrictions. Soyons clairs, cette question n’était plus vraiment au premier plan depuis quelques années. En fait, tout est parti d’une histoire personnelle. Me rendant au Congrès international sur le sida de 2006 à Toronto en tant que président de l’association Elus Locaux Contre le Sida, j’ai pris un avion à Fort Lauderdale (USA). Fouillant mes bagages à main, les services de l’immigration ont trouvé mes traitements contre le VIH/sida - cela fait en effet plus de 23 ans que je suis contaminé -. Si je leur avais annoncé ma maladie, n’ayant pas honte de me battre au jour le jour, j’aurais pris le risque de ne pouvoir aller à la conférence internationale de Toronto, alors que, faudrait-il le rappeler cette conférence rassemblait près de 20.000 acteurs de la lutte … Alors j’ai menti en affirmant que j’avais un cancer. Bien évidemment, les douaniers ne m’ont pas cru et m’ont posé de multiples questions. Malgré leur insistance, j’ai continué à affirmer que les traitements étaient destinés à mon cancer. J’ai pu - au bout d’une heure et on était en pleine alerte terroriste ! -, finalement embarquer. Depuis lors, je n’ai jamais plus osé remettre un pied aux Etats-Unis.

Dans l’avion qui m’amenait à Toronto, j’ai repensé à cet épisode : étais-je coupable d’être malade ? Est-ce-que j’avais commis un délit ou un crime ? Non assurément pas ! A mes interrogations s’est vite substitué un sentiment de colère contre l’injustice de ces discriminations. Je n’ai jamais eu honte de ma maladie, je l’ai révélé publiquement et en tant qu’élu politique, ce n’était pas chose simple. En France, je suis encore le seul élu à l’avoir fait. Alors j’ai décidé de me battre et de relancer avec ELCS un combat contre les restrictions à la liberté de circulation des personnes touchées par le VIH/sida, combat qui, comme je vous l’ai dit, avait été un peu mis de côté ces dernières années - les défis étant tellement nombreux dans ce combat pour la vie. Elus Locaux Contre le Sida s’est donc engagée corps et âme dans ce combat pour la dignité et pour l’égalité. Certains pourraient me dire : pourquoi engager une association dont le but est la mobilisation des élus dans la lutte contre le sida et la réduction des risques en matière de toxicomanie sur cette question ? Tout simplement parce que cette question est une question éminemment politique et ô combien symbolique. Oui, la suppression de ces scandaleuses restrictions est une question politique, de droits de l’homme et ELCS est donc totalement légitime à intervenir.

Une colère légitime : Justement, avant de parler technique, parlons aussi émotion. Qu’est ce que suscitent chez nous, acteurs de la lutte et personnes vivant avec ce virus, ces scandaleuses restrictions qui font des malades des sous-citoyens et des pestiférés? La première réaction est forcément l’incompréhension, voire l’incrédulité. A l’heure de la mondialisation, voyager, s’installer dans un autre pays est une chose normale et même recommandée pour l’ouverture d’esprit, la connaissance d’autres cultures. La mobilité peut également être motivée par le cœur mais peut être également une question de survie : pour le demandeur d’asile, pour le travailleur qui veut nourrir sa famille. Globalement, notre époque est fortement marquée par l’idée de mobilité : en 2000, l’Organisation mondiale du Tourisme a estimé le nombre d’arrivées internationales de par le monde à 698 millions de personnes, voyageant pour la plupart à court terme (tourisme, affaires, conférences, visites familiales). En ce qui concerne les déplacements à plus long terme, l’Organisation internationale pour les Migrations (OIM) estime qu’environ 175 millions de personnes vivent et travaillent à l’heure actuelle ailleurs qu’au sein de leurs frontières nationales, soit 2,9% de la population mondiale.

Mais bien vite l’incompréhension cède la place à la colère, une colère légitime. L’existence de barrières liées au statut sérologique VIH des voyageurs est totalement intolérable : en effet, comment accepter que plus de 33 millions de personnes soient privées de leur droit élémentaire de libre circulation du seul fait de leur état de santé ? Sans remettre en cause le droit de chaque pays d’apporter des restrictions quant à l’entrée sur son territoire, être séropositif ne peut être considéré comme une menace. Le séropositif n’est ni un criminel, ni une menace à l’ordre public.

Pourtant, de très nombreux Etats ont mis en place des restrictions et tentent de les justifier par deux arguments : la protection de la santé publique et une justification économique liée à la volonté de contrôler les dépenses de santé trop élevées.

Si besoin les moins de 18 ans, contactez ELCS pour des renseignements que vous souhaiteriez. Quant aux jeunes élus de 18 ans et un peu plus, n’oubliez pas de rejoindre ELCS ! Etre aux côtés de Sheila Présidente d'Honneur d'ELCS, pas si mal !

Contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr (photo d'ELCS:de gauche à droite Jean-Luc Romero,Nicolas Sarkozy, Sheila)

24.09.2008

Jean-Luc Romero révèle sa séropositivité

Vous trouvez sur la page intitulée "index thèmes blog" les thèmes qui me paraissent les plus importants avec les jours où les trouvez . Merci. 24 septembre: 138 visites, 349 pages;

Jean-Luc Romero est un ami courageux. Non seulement quand il a osé dire sa séropositivité étant alors le 1er homme politique à parler publiquement de cet état de choses. Mais tout au long de sa vie où il a fait avancer dans le bon sens des dispositions utiles à bien d 'autres non séropositifs. Et il continue. Sa vitalité est réconfortante ainsi que son humanité. Il vient de publier l'article qui suit.

"En 1987, j’apprends ma séropositivité au retour d’un voyage en Afrique du Sud. J’ai 28 ans, le monde s’écroule.romerojlgood.jpg

Les années qui suivirent, je me suis engagé sur énormément de fronts, tant politiques qu’associatifs. Je me suis littéralement noyé dans le travail. 

En quelques lignes, j’ai d’abord été assistant parlementaire, puis secrétaire national de l’UMP et du Parti radical. J’ai également été élu Conseiller municipal de Bobigny de 1989 à 2001 et membre du Conseil Régional d’Ile de France depuis 1998.

En 1995, je fonde et préside Elus Locaux contre le Sida (ELCS) et en 2004, je crée le parti « Aujourd’hui, Autrement » dont je suis toujours le Président d’honneur.

Je suis également vice-Président du CRIPS Ile-de-France depuis 1998 et Président bénévole d’ADMD, association pour le droit à mourir dans la dignité depuis juin 2007.

En 2002, je suis donc séropositif depuis 15 ans.

Plus les années passent et plus je m’engage dans la lutte -les luttes devrais-je plutôt dire- contre le sida et toutes les discriminations inhérentes à cette maladie.

Au fil des ans, je sens croître en moi la volonté de mettre mes actes en conformité avec mes mots. En effet, je ne cesse de me battre pour améliorer la vie des séropositifs, je n’arrête pas de dire que ce n’est pas une maladie honteuse dont il ne faudrait surtout pas faire un tabou. Mais moi je ne parle pas, je ne donne pas l’exemple, je garde pour moi ce lourd secret qui me pèse chaque jour davantage. Je sens donc qu’il est temps que je m’exprime, cela devient fondamental, je ne peux plus vivre dans cette duplicité-là. J’ai besoin de donner  -encore plus- de crédit à mon discours.

La plupart de mes amis m’en dissuade. Ils disent que je risque beaucoup, notamment sur un plan politique. On me conseille donc de me taire si je ne veux pas être lâché voire lynché…

Il faut dire qu’aucune personnalité politique n’a encore jamais fait une telle annonce. Dire aussi qu’à l’époque le sida, hélas, commençait déjà à « passer de mode ». Les médias comme les politiques n’en faisaient plus une priorité. Ainsi donc, on ne parlait plus beaucoup de souffrance, d’exclusion, de solitude, de précarité ni même de mort.  Non, ce qu’on mettait surtout en avant, c’était la réussite des thérapies, traitements qui tendaient à faire croire qu’on pouvait désormais bien vivre avec le sida. Le résultat de ces discours ne se fit pas attendre : relâchement des comportements et hausse sensible des contaminations.

C’est donc un ensemble de paramètres qui va m’amener à révéler publiquement ma séropositivité : besoin de soulager ma conscience, d’être en adéquation avec mes convictions et volonté de témoigner de manière retentissante pour alerter l’opinion publique sur les  nombreuses difficultés auxquelles on est quotidiennement confronté lorsqu’on est séropositif ou malade. Ce qui n’est pas du tout la même chose puisque je rappelle qu’on n’est pas malade lorsqu’on est séropositif : on porte le virus en soi sans que la maladie ne se soit déclarée.

La révélation de ma séropositivité se passera de la manière suivante :

L’association AIDES organise une réunion à la cité de la Villette autour du thème des personnes vivant avec le virus du sida. Je suis convié à cette réunion, Simone Veil aussi, et je suis très heureux qu’elle soit à mes côtés lorsque je vais révéler à l’assistance ma séropositivité. C’est très important qu’une telle personnalité dotée de cette aura-là soit avec moi en ce jour si particulier.

Ce fut un moment très fort et vraiment violent d’enfin réussir à lâcher cette « bombe ».

Je dus réunir toutes mes forces et tout mon courage pour oser parler devant cette salle bondée. Mais je l’ai fait, j’y suis parvenu. Je me souviens que le contrecoup fut si fort qu’après, tout seul dans le fond de la salle, je me mis à pleurer, à sangloter longuement. Par mes larmes je libérais quinze ans de silence.

Conjointement au colloque d’AIDES, sortira mon livre « Virus de vie », livre retraçant mon parcours. J’enverrais  l’ouvrage à toute la classe politique mais comme attendu je n’aurais pratiquement aucun retour, à de rares exceptions près comme Bertrand Delanoë ou Alain Juppé. Pour le reste, RAS, on continue à faire comme si de rien n’était dans un silence aussi contrit et gêné…

En 2002, je fus le premier homme politique au monde à révéler sa séropositivité.

Depuis, je suis devenu une sorte d’étendard, de porte drapeau. Je le comprends bien sûr mais je le déplore tout de même car je me sens souvent un peu isolé dans ma démarche et dans les luttes qui sont les miennes.

En 2007, je vais décider de privilégier l’associatif et l’humanitaire.

Je reste et resterai un passionné de politique, certes. Mais de politique au sens noble et premier du terme. Tout le reste -les mesquineries, les coups bas, les batailles d’intérêt, les ego…- bref, ce qu’on pourrait appeler « la politique politicienne », non merci, je n’en veux plus, j’en ai largement fait le tour.

Je vais rentrer comme simple adhérent à l’ADMD -association pour le droit à mourir dans la dignité- avant d’en devenir le vice-Président puis le Président. L’ADMD compte aujourd’hui 46 000 membres.

Le lien entre le sida et l’ADMD est aussi logique qu’évident : Etre séropositif, c’est bien entendu penser à son avenir et s’inquiéter de la manière dont on pourra choisir de finir sa vie.

En ce sens, je crois qu’il faut proposer un vrai débat, une profonde réflexion sur la prise en charge de la fin de vie. Je milite pour qu’on puisse choisir la manière dont on veut mourir.

Je ne prône pas l’euthanasie envers et contre tout,  je défends le choix, ce n’est pas la même chose.

A mon sens, il faudrait une loi républicaine et laïque dans notre pays, égalité et solidarité pour tous. Tenir compte de l’avis de chacun c’est respecter tout le monde. Il en va également d’une question de dignité fondamentale.

J’estime que la France est en retard sur ces problématiques-là. D’autres pays l’ont fait comme la Belgique et la Hollande. Même la très catholique Espagne a engagé un débat qui pourrait l’y conduire.

Et puis il ne faut pas être hypocrite, nous savons très bien que certains médecins ont déjà aidé de nombreux malades à partir en douceur. Ce n’est peut être pas une pratique courante, mais elle existe. Avec tous les risques qu’encourt le corps médical en bravant ainsi l’interdit.

Voilà pourquoi il faut que le débat ait lieu, un débat serein et dépassionné autant que faire se peut. C’est à mon sens une vraie question de société. Et une priorité.

L’ADMD a proposé un texte de loi qui a été envoyé à tous les parlementaires. Un tiers d’entre eux y a répondu favorablement.

Une mission menée par le député Léonetti est chargée d’évaluer cette loi sur la fin de vie. Elle rendra ses conclusions en novembre 2008.

Quant à nous, nous allons organiser la première journée mondiale pour le droit à mourir dans la dignité. Elle aura lieu à Paris, au Trocadéro, le 2 novembre 2008, avec des acteurs engagés venus du monde entier.

Que ce soit sur le front du sida ou de la prise en charge de la fin de vie, il faut continuer à se battre, à se mobiliser, toujours et encore.

C’est difficile, éprouvant, parfois un peu désespérant mais je pense que c’est le meilleur moyen de faire évoluer les mentalités.

Je crois en la mobilisation générale et en l’implication de chacun. Tous ensemble nous pouvons former une véritable chaîne de solidarité. Et c’est grâce à chaîne-là que nous réussirons à ouvrir les cœurs et les consciences.

Le discours pourra sembler quelque peu utopiste mais je ne pense pas qu’il le soit, bien au contraire. Tout ce que je vis chaque jour sur le terrain entouré de ceux qui se battent à mes côtés en atteste.

Et puis ces combats que je mène depuis tant d’années vont dans le sens de l’Histoire.

Tout autour de nous, les sociétés évoluent et s’humanisent. Pourquoi notre bonne vieille France resterait-elle à la traîne ? Les choses seront peut être plus longues et difficiles à obtenir mais nous y arriverons, j’en suis convaincu.

Il n’y a pas de fatalité. Ni par rapport au sida ni pour la prise en charge de la fin de vie.

Se battre, agir, communiquer, faire reculer l’ignorance, les peurs et les tabous…Il reste encore tant à faire. Sur certains sujets, nous avançons. Sur d’autres en revanche -je pense ici au quotidien des séropositifs et des malades- j’estime que la situation ne s’améliore pas du tout. Et ceci ne vaut pas que pour la France, non. Mais par exemple pour tous les pays qui refusent aux séropositifs le droit d’entrer sur leur territoire. C’est une honte, les êtres ne peuvent même plus s’aimer librement et construire leur vie comme ils le souhaiteraient. Même chose pour les compagnies d’assurance qui refusent d’assurer les séropositifs ou les banques qui ne veulent pas prêter d’argent. Comment vit-on dans une société dans laquelle on ne peut ni circuler librement ni construire son avenir ? Comme si la douleur de se savoir malade ou séropositif n’était déjà assez lourde à porter…

Il faut dénoncer tout cela. Et se battre pour essayer de faire évoluer les choses dans le bon sens. C’est en tous les cas le sens de ma vie.

Le sens de mes engagements de vie…"

Il avait tout pour s'écrouler, Jean-Luc ROMERO. Il a su faire face. Un exemple de courage pour tous . Moins de 18 ans et plus. 

contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr (photo jean-luc Romero)

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