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être et avoir(violence)

  • Violence ou défaut d'être ?

    *** Samedi 24 novembre 2007, journée dédiée à la lutte contre les violences conjugales. Par cela, il faut comprendre femmes battues.

    Chaque jour brandit ainsi une bannière pour une cause ou une autre. Les 365 jours d'une année sont ainsi appelés successivement à une vocation spécifique.

    On en oublie l'instant présent. On pourrait aller jusqu'à en oublier de vivre tout court !

    En toile de fond, tous les jours, on entend parler du mal être des "ados", du comportement des plus jeunes devenus" trop durs", des violences dans les maisons de retraite envers les personnes âgées, etc…

    On nous dit de veiller sur les "ados", de les pousser à consulter si ça ne va pas, ou encore à parler; on nous berce d'alertes sur cette maladie qui peut se guérir, la dépression; et les benzodiazépines tiennent la main de nombreux français la nuit. Etc…

    Attention à ne pas se tromper car tous ces faits sont des conséquences et non des causes. Alors où sont les raisons de toutes ces conséquences, où sont les causes de ce mal être ? de cette violence qui nous empoisonne l'air ?

    Un peu partout. Un peu dans tout.

    A l'approche des fêtes de Noël, devenues fort symbole de cadeaux pour les enfants, je suis désolée d'entendre encore dénigrer les jeunes. Avec des "Ils ont tout ! Ils ne sont jamais contents !" ou encore "Plus ils en ont et moins ils sont satisfaits !".

    Heureux qu'ils ne soient pas heureux ni satisfaits ! Réaction saine au superflu maquillé en indispensable ! Ces jeunes vont encore bien !

    Quand je réfléchis au vécu des 0 à 18 ans il y a 50 ans, il semblerait que vivre à cette période était bien plus facile que pour les 0 à 18 ans actuels.

    Moins d'étouffement par des sollicitations multiples, moins d'envahissement par des objets donnés, moins de présence de l'avoir, davantage de présence de l'être. Au fond une vie avec beaucoup moins de violence.

    Qu'est-ce que l'avoir ? Qu'est-ce que l'être ?

    L'avoir ? C'est disposer d'une activité, d'un lieu où s'abriter, de la nourriture nécessaire … ces avoirs là - en propriété ou à disposition - sont de tout temps.

    Le reste est secondaire. Mais on lui donne de plus en plus les couleurs de l'essentiel, du vital. Jouets coûteux, vêtements de marque, …le secondaire prend la place de l'essentiel.

    Ainsi l'homme, le petit d'homme deviennent des récipients remplis d'avoirs qui s'entassent, couche après couche, les transformant en tours devenant si hautes que, dépourvues d'arc boutant, elles risquent fort de s'écrouler. Et s'écroulent totalement ou encore partiellement.

     

    *** Le déséquilibre tue ! L'avoir sans l'être crée le déséquilibre. L'avoir sans l'être est une suprême violence.

    L'être ? C'est notre squelette de base, l'ossature de vie qui est indispensable à notre moitié spirituelle, comme l'avoir est notre moitié temporelle.

    Mais l'un sans l'autre, l'avoir sans l'être comme l'être sans l'avoir, empêche une vie humaine digne de ce nom, "normale".

    Les années 2000-2007 tendent à étouffer notre partie spirituelle, à supprimer notre boussole, le guide de notre cœur et de notre âme.

    Pour tous ceux qui se pensent non croyants ou qui le sont vraiment, pour tous ces amis là, je sais qu'ils comprendront ce que j'essaie d'exprimer et qui sera - peut-être ? - plus facilement saisi par des croyants - pratiquants ou non.

    Sans aliments spirituels suffisants, notre partie spirituelle s'étiole ou meurt. Il ne reste alors de nous qu'une partie temporelle, sorte de bouche béante toujours ouverte, toujours à la recherche de plus d'objets pour la remplir sans fin, cela sans vraie satisfaction.

    L'avoir passe. L'être, notre part spirituelle, dure à travers les siècles. Partie spirituelle qui ne se limite pas à la recherche d'un être suprême ou à sa fréquentation assidue, mais spiritualité qui se décline tout autant en expressions artistiques, philosophiques, littéraires, théâtrales, scientifiques …

    Dans cette spiritualité au sens large, tout être humain se retrouve par un talent ou un autre, par un appétit pour une chose ou l'autre, par ce quelque chose qui fait battre plus vite notre cœur et fait briller des étoiles dans les yeux des enfants.

    *** Notre monde se nourrit de violence en totale inconscience.

    Les plus jeunes débordent d'avoirs qu'ils n'ont pas demandés. Mais quel être leur donnons-nous ?

    C'est par disette d'être que prospère la violence !

    Avec nos codes et nos caméras de surveillance pour bloquer l'accès à nos lieux de vie.

    Avec les bousculades sur les quais du métro en grève où chacun bouscule l'autre.

    Avec l'absence de Bible dans les chambres d'hôtel en France.

    Avec une maladie avec laquelle il faut prendre garde, j'ai nommé là le Sida.

    Avec une entrée difficile dans le monde du travail ou du chômage.

    Avec une vie qui, du jour au lendemain, peut passer de la facilité aisée à la dureté sans recours car les moins solides ne disposent plus pour les soutenir des cadres faisant précédemment office de garde-fous. Au fil des ans, ces cadres sont tombés en poussière, se sont délités générant un certain laxisme qui s'est établi peu à peu en règle générale.

    On se plaint du manque de repères des jeunes, on se plaint de trop de laisser aller après des décennies de contrainte, on entend geindre jour après jour au lieu de relever la tête pour décrypter ce qui se passe et mettre en œuvre des solutions.

    En ces jours de préparation des fêtes de fin d'année et de nouvel an, en ces semaines d'avant Noël, d'attente d'Avent, je propose qu'en plus de penser aux avoirs qui seront donnés avec de la joie à l'un ou à l'autre ou aux mets qui seront offerts sur une table familiale ou amicale, je propose de mettre à la disposition de chacun autour de nous toutes les nourritures spirituelles dont ils sont en manque partiel ou total, cela sans nous oublier.

    Le manque d'aliment spirituel conduit tout droit vers des consolations de substitution. Pour gommer notamment un stress de plus en plus omniprésent, au travail et hors travail, des drogues illicites ou licites viennent servir de béquilles de soutien, encore plus lorsque l'amitié fait défaut ou la famille ou même une compagnie amicale.

    Cette société faite de chacun d'entre nous, cette société accusée de trembler sur ses jambes, cette société accusée de donner à ses "ados" un certain mal de vivre peut aller mieux si chacun lui apporte le petit caillou nécessaire à un meilleur équilibre.

    Qui le veut ? Qui le veut vraiment ?

    Le monde que l'on critique n'est pas extérieur à nous; il est fait de nous, un à un. Nous en sommes responsables. Et, un à un, il nous est possible de changer, d'éliminer tout le négatif qui lui colle aux pieds et qui nous alourdit tous.

    Courage à tous et toutes !

    Ne pas bouger, ne pas réagir, c'est laisser faire le pire en oubliant de laisser vivre sa part d'être.

    Ce serait de l'inconscience ou de la lâcheté. Ce serait favoriser encore plus la violence ! Lui fournir l'engrais pour croître au centuple.

    Alors, haut les cœurs ! En avant poésie, musique, dessins, danse, tout ce qui est art, tout ce qui crée, tout ce qui découvre, tout ce qui invente, tout ce qui innove…

    Avoir c'est survivre.

    Mais être c'est vivre !

    Alors que le moindre lieu se pare de l'équipement des fêtes du prochain solstice d'hiver, alors que l'esprit de Noël imprègne l'air ambiant, alors que les marchés du même nom s'installent partout pour le plaisir des sens, essayons un instant de réflexion, une minute de méditation. Ouvrons les yeux sur ce monde que nous faisons. Et prenons la parole, réagissons par oui ou non.

    Et dites vos réactions, vous les moins de 18 ans ? Et vous les plus de 18 ?

    Contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr