07.12.2009

Infos santé ringardes

ELCS25.11.09 047.jpgCela du côté des jeunes.

Pas le fond mais la forme, cela saute aux yeux. Et n’a rien d’étonnant quand on vit avec des moins de 18 ans.

Ce qu’a découvert par une consultation nationale auprès de 2.500 jeunes de 12 à 18 ans le Défenseur des enfants, Madame Dominique Versini, qui s’exprime ici à ce sujet le 25 novembre 2009 lors des récents Etats Généraux d’Elus Locaux Contre le Sida, ELCS. Ce qui explique la finale de son propos au sujet des adoptions.

Voici le lien pour écouter Dominique Versini :

http://www.youtube.com/watch?v=spvsMyt60h8

Mettre à disposition des moins de 18 ans une information correcte, portée par leur langage et leurs outils, était une évidence.

Les adultes vivent-ils sur une planète à part ?

Où sont-ils si éloignés, voire méprisants, des centres d’intérêt des plus jeunes qu’ils ne suivent pas ce qui se passe ?

Ce fossé des grands responsables vers les jeunes générations est navrant. D’autant plus que les jeunes d’aujourd’hui n’envoient pas balader les adultes.

contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (photo archives personnelles : Dominique Versini au premier plan avec Jean-Luc Romero président d’ELCS et Roxane Decorte élu du 18 ème)

14.11.2009

Enfants d’homo et autres

Le temps est à l’adoption. Ou à l’enfant, produit réussi de diverses techniques, qui a acquis droit de cité à côté de l’enfant disons plus spontané.

Ceux qui en ont envie peuvent aller regarder une émission, assez animée, de C dans l’Air « L’homo et l’enfant » du  12 novembre 2009 avec, d’un côté, le très traditionnel Christian Vanneste député UMP du Nord, de l’autre le trio Serge Hefez psychiatre, Franck Tanguy association des parents gais et lesbiens, Caroline Mécary avocate droit de la famille.

Que penser de tout ce tohu-bohu ?

Chacun est libre de perpétuer les valeurs qu’il choisit.

Seul le côté des enfants importe.

Comme le rappelle Serge Hefez, il fut un temps où les enfants du divorce – en quantité minime – étaient regardés comme des bêtes curieuses à l’école. Aujourd’hui, avec des enfants appartenant en nombre des familles monoparentales, les enfants du divorce et les autres ne font plus tache dans le paysage général.

C’est les enfants des gais et lesbiennes qui peuvent être remarqués.

Peu me chaut les méthodes des uns ou des autres pour disposer d’enfants – chacun prend ses responsabilités -  du moment que les enfants ne sont pas volés ni pris à d’autres parents bien vivants qui ne veulent pas cela.

Il nous est dit que 57 % des français seraient favorables à l'adoption par des couples homosexuels, et que 64% seraient favorables au mariage homosexuel.

Adoption ou autres manières ? Chacun fait ses choix.

Mais, homosexualité ou pas, les dons anonymes de gamètes me gênent. On perd côté origines. On perd aussi éventuellement en cas de besoin côté santé.

Quant une mère porteuse, avec un don aussi d’ovocyte, peut garder des liens avec le couple gai qui élève au quotidien l’enfant né de ses manipulations, voyant l’enfant une à deux fois l’an, cela me semble raisonnable. Ceci se fait.

La connaissance de ses origines me paraît une bonne chose. A fortiori quand elle est réclamée.

Il me semble qu’une adoption ou une procréation très technique n’empêche pas d’être un enfant heureux. Joyeux de vivre et épanoui.  En famille homosexuelle ou hétérosexuelle.

contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr

04.11.2009

Claude Lévi-Strauss : hommage de Françoise Héritier

lévi.jpgParmi tous les propos tenus suite au décès de ce génial anthropologue, j’ai retenu celui de FrançoiseTropiques.jpg Héritier, une proche  qui a intégré le Collège de France en 1982, dans la lignée directe de son maître.

Elle répond à Jean Birnbaum. Entretien paru dans Le Monde de ce jour 4 novembre 2009;

« Claude Lévi-Strauss était "un passeur exceptionnel"

Vous avez été l'élève de Lévi-Strauss au milieu des années 1950. Vous parlez souvent de cet enseignement comme d'une"révélation". Pourquoi ?

Françoise Héritier : J'étais une petite étudiante en histoire et en géographie, et des camarades de "philo" m'avaient incitée à aller écouter cet homme qui parlait de choses assez étonnantes au Musée de l'Homme. D'emblée, ça a été un sentiment de rupture. Son cours portait sur "la chasse rituelle aux aigles chez les Hidatsas" – des Indiens d’Amérique du Nord. A l'époque, ce simple intitulé était déjà révolutionnaire. A l'université, en effet, on apprenait tout sur l'histoire occidentale ou européenne, mais il n'y avait pas d'enseignement d'ethnologie. Voilà pourquoi les cours de Lévi-Strauss étaient d'une grande fraîcheur : ils nous ouvraient des perspectives totalement nouvelles, dont nous ne soupçonnions même pas l'existence.

Nous avons découvert avec stupéfaction qu'il y avait des mondes qui n'agissaient pas comme nous. Mais aussi que derrière cette différence apparente, derrière cette rupture radicale avec notre propre réalité, on pouvait mettre en évidence des appareils cognitifs communs. Ainsi, nous prenions à la fois conscience de la différence et de l'universalité. Tel est son principal legs, encore aujourd'hui: nous sommes tous très différents, oui, mais nous pouvons nous entendre, car nos structures mentales fonctionnent de la même manière.

Quel genre de maître était-il ?

C'est une voix qu'on n'oublie pas. Une fois qu'on l'avait dans l'oreille, il était impossible de s'en détacher. Une voix grave, légèrement tremblée, relativement neutre, presque silencieuse, et qui supportait peu les éclats, les écarts à la norme. Quand on écoutait l'enseignement de Lévi-Strauss, on n'avait pas envie de sortir un journal… C'était un homme d'écriture, un homme de parole publique aussi, mais pas vraiment un intellectuel en privé. Il n'appréciait guère les discussions scientifiques en tête à tête. Ce qu'il aimait, c'était les séminaires où il demandait aux intervenants de venir expliquer publiquement leurs travaux. C'est là que se manifestait sa grandeur de pédagogue: c'était un formidable maître du jeu, il savait faire émerger des questions que l'intervenant lui-même n'avait pas pu formuler.

Sur le fond, c'était un esprit subtil, très logique, dont les cours étaient bâtis sur un continuum de pensée où il n'y avait jamais de béance. Il retombait toujours sur ses pieds. Le charme de sa voix et sa maîtrise du propos faisaient de lui un passeur exceptionnel, avec toujours ce désir d'arriver à mettre à nu les choses essentielles, les ossatures.

Par exemple, je me souviens d'un travail sur des monnaies du bassin méditerranéen qui représentaient Hercule de dos. Il s'agissait d'élaborer une typologie des postures d'Hercule : la façon dont il s'appuie sur sa massue, la musculature de ses épaules… Là encore, l'objectif était de mettre au point une codification. Et surtout de montrer que la diversité, prônée par certains pour fonder un relativisme culturel, est inhérente à l'universel.

Après avoir été l'élève de Lévi-Strauss, vous lui avez succédé au Collège de France. Vos relations en ont-elles étéhéritier.jpgtransformées ?

Depuis son départ à la retraite, il est resté très présent. Il venait visiter son laboratoire au moins une fois par semaine, il y recevait des jeunes chercheurs, avec lesquels il était toujours prêt à échanger. Pour ma part, je n'ai jamais cessé de le considérer avec déférence et révérence. Bien sûr, dans les rapports individuels, il fut un être d'amitié, de confiance, qui a toujours protégé celles et ceux qui ont travaillé avec lui. Mais il n'a jamais accepté la moindre familiarité. Il avait un regard d'éléphant, avec ce petit œil perçant qui vous mettait à nu. Quand on était en face de lui, on se désagrégeait, il fallait beaucoup de courage pour se reconstituer. Du reste, en dehors de sa famille ou de ses camarades d'école, y a-t-il eu des personnes qui ont tutoyé Lévi-Strauss ? J'en doute. »

S’il n’y a qu’une chose à retenir c’est ceci : «Nous avons découvert avec stupéfaction qu'il y avait des mondes qui n'agissaient pas comme nous. Mais aussi que derrière cette différence apparente, derrière cette rupture radicale avec notre propre réalité, on pouvait mettre en évidence des appareils cognitifs communs. Ainsi, nous prenions à la fois conscience de la différence et de l'universalité. Tel est son principal legs, encore aujourd'hui: nous sommes tous très différents, oui, mais nous pouvons nous entendre, car nos structures mentales fonctionnent de la même manière. »

A garder en mémoire pour le Baccalauréat. Pour tout le temps !

Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (illustrations: en haut Claude Lévi-Strauss au Brésil en 1936, couverture de Tristes Tropiques; plus bas Françoise Héritier)

Accouchement sous X ? la fin?

Je cite le journaliste Yves Launay dans Ouest France le mardi 27 octobre 2009 à propos de cette avancée.

« Après le juge des référés d'Angers, c'est autour du préfet de Maine-et-Loire de sonner le glas de l'accouchement sous X. Ce mardi matin, Me Pierre Nédélec, avocat de la préfecture, a confirmé que l'autorité ne faisait pas appel de la décision du juge. «C'est la mort annoncée de l'accouchement sous le couvert du secret !» Le préfet, qui avait déclaré le bébé pupille de l'Etat, disposait d'un délai de 15 jours.

Le 8 octobre dernier, pour la première fois en France, un magistrat autorisait des grands-parents à prouver leur lien de parenté avec leur petite fille née dans l’anonymat, quatre mois auparavant au CHU d'Angers. En acceptant une expertise comparée de sangs, Paul-André Breton, président du tribunal de grande instance d'Angers, annonçait: «Il y va de l'intérêt de l'enfant, de la prise en compte de ses besoins affectifs et du respect de ses droits.» Et le magistrat de s'appuyer sur l'attitude ambiguë de la mère du bébé qui avait permis à ses parents de voir leur petite fille. «Tout en sollicitant le secret de son admission au CHU et de son identité au regard de son enfant, elle a, en montrant son bébé à sa mère, réabli un lien.»

De son côté, Me Lauren Berrué, applaudit ce renoncement du préfet : «C'est conforme à l'évolution du droit et des mentalités. Cette loi permettant l'accouchement sous X date du régime de Vichy et n'est plus appliquée que dans deux pays européens : la France et le grand duché du Luxembourg.» Mais elle ajoute: «Tout n'est pas encore gagné. Le tribunal de grande instance d'Angers, statuant sur le fond, devra apprécier s'il est de l'intérêt de l'enfant de confier aux grands-parents sa garde, sous forme de tutelle, ou de leur octroyer un simple droit de visite.»

La décision du préfet de ne pas faire appel répond aussi au souhait de la secrétaire d'Etat à la famille, Nadine Morano, qui réfléchit à l'idée « d'un accouchement protégé » permettant aux enfants d'accéder plus tard à l'identité de leurs parents biologiques. Avec cette brèche ouverte au tribunal d'Angers, l'Etat vient d'autoriser la justice à se substituer au législateur. »

Marie-Laure Picat, dans son livre « Le courage d’une mère » paru chez Oh ! Editions, souligne la cruauté d’empêcher l’accès à ses origines. Avec exemple.

Du côté des enfants, il est justement humain de ne pas les couper de leur patrimoine naturel. Quelle que soit la suite qu’ils y donneront. S’en moquer, se rapprocher des frères et sœurs éventuels, etc…

J’espère que les choses vont continuer, dans le sens de l’ouverture !

Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr

11.10.2009

Enfants et divorce : Leonetti copie l’Allemagne ?

Rapport rendu. Ouf ! Pas de loi supplémentaire. Une réponse toutefois aux anxiétés de certains politiques, concernés en direct par le sujet, et qui désiraient très fort un statut de beaux-parents. Du lourd. De quoi asseoir leur autorité.

C’est raté et tant mieux.

Pas pour les raisons lancées par Christine Boutin et son parti.

Simplement pour le bien des enfants. Qui dans cette affaire ont été regardés, une fois de plus, comme des demi-portions ou des dixièmes de portion par rapport aux adultes.

La réflexion était simple.

Ou bien le nouveau cadre proposé aux jeunes – qui n’étaient pour rien dans les alliances changées de leurs parents biologiques – leur convenait. Auquel cas aucune loi ni convention n’était nécessaire.

Ou bien, pour des raisons multiples, cela n’allait pas et n’irait pas. Et ce n’est pas des lois qui peuvent prétendre modifier des rapports familiaux, déroulés au quotidien, derrière l’intimité d’une porte close. D’autant plus que les enfants grandissent, heure après heure, jusqu’au moment où ils ont toute latitude pour quitter les lieux sans risque, viatique des 18 ans en poche.

J’espérais donc que monsieur Leonetti, chargé par Nicolas Sarkozy, Président de la République, d’établir un rapport avec propositions sur le sujet de l’autorité des beaux-parents serait bien inspiré.

Je n’osais rêver mieux.

Je n’ai pas vu ni lu le rapport. Je n’ai pas non plus cherché à avoir des échos.

Ce qui a été lancé via les médias – si cela n’est pas erroné ni entaché d’inexactitude – m’a paru très vraisemblable.

Aucune innovation. Mais, on le sait, quand une situation ou une découverte était dans l’air du temps, il est arrivé que plusieurs personnes – sans aucune connexion à l’époque de la nouvelle préhistoire d’avant le Net – posent le doigt sur une nouveauté majeure.

Je ne pense pas que monsieur Leonetti ait reçu, pour la proposition concluant son rapport, une révélation personnelle. Car ce qu’il présente comme solution a déjà été mis en œuvre, spontanément, dans un land d’Allemagne par un juge observateur et promoteur. Pour être repris, assez vite, dans d’autres lands, sous le nom de « pratique de Cochem ».

Ce qui m’avait paru à l’époque la diffusion naturelle d’une simple mesure de bon sens.

Qu’avait proposé et réalisé Jürgen Rudolph, Juge de la Famille et des Tutelles au tribunal de première instance de Cochem ?

Simplement, avant tout démarrage de divorce, de disposer d’un accord des parents pour la suite quant aux enfants.

Pourquoi avant ?

Parce qu’avant en général, comme dans toute négociation, tout est relativement facile, aisé. Toujours moins compliqué qu’après.

Avant c’est une sorte d’état de grâce où les parties concernées baignent d’un climat particulier pour trouver un accord. Elles en ont tellement envie !

On retrouve la même atmosphère lors de la transaction d’un bien immobilier, avant signature. Tout est possible alors pour arriver à conclure.

Le concepteur allemand de l’accord avant divorce a raisonné comme pour une transaction.

Que la France y vienne, si la conclusion Leonetti est prise en compte, sera mieux que d’imposer à des jeunes le poids moral d’un beau-père ou d’une belle-mère, nimbé d’un halo officiel de par la Loi, une pièce rapportée non choisie par les jeunes et qui peut être apprécié ou détesté. La proximité ou la répulsion sont aussi question d’affinités, celles des enfants n’étant pas forcément conformes à celles de leur père ou mère pour le nouveau venu ou la nouvelle venue qui vient bouleverser un cadre de vie établi.

En réfléchissant un instant, ces parents qui se séparent aujourd’hui se sont estimés et goûtés au moins un minimum, le temps de fabriquer cet enfant qui, soudain, ne paraît plus leur priorité. Il y a là une certaine discordance.

Reste encore à souligner quelques points.

Le fait que cette convention passée devant le juge devrait être susceptible d’être revue chaque année, ou au moins à la demande d’un des enfants, la situation pouvant bouger. Et encore quand la situation établie change, en raison du rythme d’unions désunions où barbotent certains couples, la famille recomposée d’hier devenant la famille séparée de demain.

Le fait que cette convention n’existera pas pour les couples non mariés. Reste alors à espérer que les adultes intéressés auront assez de jugeote pour être compatissant à la situation des enfants issus de leur union afin de leur infliger le moins de souffrance possible, un minimum de déchirements.

J’ajouterais qu’aujourd’hui on en sait plus sur cette alchimie physiologique et amoureuse qui déclenche un élan tel entre les êtres humains que ceux-ci font des enfants. Que cette alchimie peut ne pas durer. Ne pas être soutenue.

Le problème est qu’un petit d’homme a besoin de plus de temps pour arriver à son autonomie que la majorité des bébés animaux.

Au niveau d’un couple – qu’il soit marié, pacsé ou sans aucun lien juridique - il serait raisonnable de prendre en compte cette donnée physiologique pour organiser un cadre stable d’élevage et d’éducation pour, disons, les dix à vingt ans à venir de ce nouveau-né.

Quant aux nouvelles attractions possibles, plus ou moins durables, des adultes pour une autre personne que leur conjoint ou leur binôme de couple, à eux de les gérer sans déclencher des cataclysmes au niveau du petit déjà existant, déjà vivant.

On est capable de prendre soin d’un bien immobilier.

Ne peut-on pas faire de même pour un enfant, la chair de sa chair ?

Le mariage - sur qui tout a été dit - avait un mérite : offrir un cadre stable pour un grandissement des enfants d’un couple dans des conditions les moins mauvaises possibles.

Certes quand un mariage était loupé ce n’était pas idéal.

En l’état actuel de la société française, plus que les mariages loupés, c’est une inconstance, une paresse générale qui fait passer de l’un à l’autre.

La persévérance s’en est allée.

On consomme du conjoint comme on surconsomme des objets en général.

Pas tout le monde. Mais beaucoup quand même quand on observe la vague importante des enfants qui, lors de l’établissement de la fiche familiale à la rentrée scolaire, ne vivent qu’avec l’un de leurs deux parents biologiques.

Un peu de sérieux, les adultes !

Un des effets collatéraux positifs d’une convention établie devant juge, si cette proposition Leonetti voit le jour, devrait être d’en finir avec les enfants « placés » par le système justice ASE. Car, jusqu’ici, à l’occasion d’un divorce que ce système estime - selon lui seul et sur quels critères objectifs ? - trop conflictuel, on arrache à la famille, on vole à la mère le plus souvent son enfant pour le mettre à croupir loin de son indispensable affection. Ces placements impensables devraient donc cesser.

Pour ceux qui souhaitent en savoir plus, en cherchant sur le Net avec les mors clés : « cochem jurgen rodolph juge » on trouve toute l’information désirée.

Un séminaire, tenu en Belgique à Namur le 5 juin 2009, propose un résumé qui synthétise assez bien, à mon avis, la bonne pratique du juge Rodolph :

«Il est un exemple réussi de la mise en pratique du principe de « la coopération obligatoire ». Dans plus de 95% des cas de séparation, les différents intervenants purent trouver des solutions. Rapidité des décisions, responsabilisation des parents, abandon de la logique « gagnant-perdant », coopération obligatoire de tous (intervenants et parents). Bien-être de l’enfant en priorité ! Ces éléments sont à l’origine du succès du « modèle de Cochem ». Quasi tous les parents séparés continuent de s’occuper et de décider en commun de l’évolution de leurs enfants. »

Ce séminaire avait pour titre : « Le modèle de Cochem ». Préserver l’enfant du conflit de la séparation ? Vaincre la manipulation parentale ?L

On n’est pas obligé de s’aimer. On peut au moins se respecter. Dans les deux sens. Ce devoir de respect envers les enfants est un devoir primordial à observer, d’abord par des adultes, en principe responsables du bon exemple.

Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr

10.10.2009

Frédéric Mitterrand : conséquences

Intelligemment passées en revue, les conséquences de l’interaction de l’attitude de Frédéric Mitterrand et de la politique gouvernementale; ceci dans l’émission du vendredi 9 octobre 2009 de C dans l’Air. Et aussi Marianne qui évoque la une du Quotidien La Réunion.

Du côté de C dans l'Air, l'émission est visible quelques jours.

Il est certain que le gouvernement est secoué. Que des répercussions peuvent avoir lieu plus tard au niveau des élections régionales.

Plus généralement jusqu'où peut aller la tolérance de la population, nous, vis-à-vis des écarts des dirigeants ?

Y a-t-il un fossé élites, grand public qui se creuse ?

Avec Yves Calvi sont présents Christophe Barbier rédacteur en chef de l'Express, Renaud Dély pour Marianne, Pierre Fery pour les éditions Michel Lafon, Christophe Bigot avocat, et Violaine-Patricia Galbert psychothérapeute.

Par ailleurs, voici que Marianne s’en mêle, toujours le 9 octobre, sous la plume de Philippe Cohen et Sylvain Lapoix, titrant « Mitterrand témoin de moralité de deux violeurs ». Je me contente de citer leur texte :

«C'est officiel: Frédéric Mitterrand s'avère être un vrai boulet. Après ses écrits sur le tourisme sexuel, on découvre que, lorsqu'il était directeur de la Villa Médicis, il s'est fendu d'un témoignage de moralité plus une promesse d'embauche à l'Académie de France à Rome… pour deux mineurs poursuivis pour le viol d'une jeune fille de 16 ans.

Décidément, ce n'est pas une bonne semaine pour Frédéric Mitterrand. L'affaire a fait la une du Quotidien de la Réunion de ce jour : Frédéric Mitterrand a effectué, en mars dernier, un témoignage de moralité pour défendre deux mineurs, dont son filleul, fils d'un couple d'amis, dans une affaire de viol collectif. La victime, une jeune fille de 16 ans, a été violée par plusieurs jeunes sous la menace d'un couteau. Une affaire qui a déjà été jugée mais qui revient en appel à la fin du mois d'octobre.

Certes, Frédéric Mitterrand n'est évidemment pour rien dans le crime commis par ces deux garçons. Mais il vient au secours de ces deux mineurs violeurs en écrivant son témoignage sur du papier à entête de la Villa Médicis — où il officiait —  alors qu'il n'agit là qu'en tant que personne privée. En outre, dans son témoignage écrit, le ministre, qui ne l'était pas à ce moment-là, engage l'organisme dont il avait la charge - la Villa Médicis - dans un soutien aux deux jeunes criminels puisqu'il propose de leur organiser des stages sur mesure en vue de faciliter leur réinsertion : « En tant que directeur de l'Académie de France à Rome, je m'engage personnellement à faciliter toute mesure de réinsertion. »

Dans le même texte, il précise : « Je dispose d'un certain nombre de contrats qui pourraient être mis à profit. » Là encore, l'usage de la première personne est peu approprié et traduit une conception très particulière des usages républicains : est-ce la vocation de la Villa Médicis que d'aider à la réinsertion de mineurs violeurs de l'Ile de la Réunion ? En l'occurrence le fonctionnaire Mitterrand utilise à son profit personnel la responsabilité que l'Etat lui a confiée. Le correspondant à Paris du Quotidien de la Réunion a tenté - vainement - de faire réagir le Ministère de la Culture sur le sujet. Comme au début de la semaine, le Ministre choisit la politique de l'autruche...

Y aura-t-il une suite à cette nouvelle affaire Mitterrand ? Sans doute pas. D'abord parce qu'après s'être censurés sur la polémique Le Pen-Mitterrand, les médias ont saturé leur public avec ce qui est devenu l'«affaire» : depuis jeudi, radios, télévisions et presse écrite ne parlent plus que de cela. Ensuite parce que même s'il s'agit encore de sexualité, l'attitude de l'ancien directeur de la Villa Médicis est surtout condamnable du point de vue des usages républicains. Et on sait bien qu'en la matière, le sarkozysme n'en est pas à un écart près.

Mise à jour - 9 octobre 2009 à 18 heures

Contacté par Marianne2.fr, le ministère de la Culture ne nous a pas encore répondu sur cette question. »

J’espère en terminer cette fois avec cette affaire envahissante et glauque.

J’ai sursauté en apprenant que certain autre avait considéré, à propos de Roman Polanski, que s’en être pris à la jeune personne concernée n’avait pas d’importance. Motif : ce n’était pas sa première relation sexuelle.

C’est vraiment du n’importe quoi ! Les propos de cet intellectuel sont honteux.

Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr

09.10.2009

Frédéric Mitterrand : réponse

Normal de présenter ici, suite au billet du 8 octobre sur « Sexe et enfants », une sorte de droit de réponse.

J’ai été très attentive aux propos du Ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, questionné hier soir, 8 octobre, lors du 20 heures de TF 1 par Laurence Ferrari.

Il a été parfait. Chacun aura sa pensée personnelle sur ce qui a été dit.

L’essentiel des paroles prononcées pour défendre son honneur tient en quelques phrases dont voici l’esprit.

J’ai écrit ce que beaucoup ont pu ressentir.

Jamais je n’ai touché à un enfant.

Jamais je n’ai touché à une personne de mon âge non consentante.

Pédophile, jamais !

Honte au tourisme sexuel !

Je condamne l’amalgame qui est le premier pas vers la calomnie et l’injustice.

Voilà pour le livre signé Frédéric Mitterrand, « La mauvaise vie », objet d’un débat qui a entraîné récemment une flèche lancée par Marine Le Pen.

Fin du droit de réponse.

Précision : je n’ai pas lu le livre La Mauvaise vie. Et je n’ai pas envie d’y plonger.

On vit dans une culture où règne le visuel. Où pèsent le pouvoir de la télévision et des vidéos dispensées à profusion sur le Net.

On compte les points, on observe les coups sur le nouveau ring ainsi alimenté.

On dispose, en permanence, d’un nouveau face à face entre les déclarations filmées de l’un ou de l’autre et le jury – non virtuel - constitué par les millions d’observateurs de ces films. Des jurés, hors tribunal de justice. Des jurés nouvelle manière qui pèsent de plus en plus lourds.

Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr

08.10.2009

Née sous X : les grands-parents font face

naPL_2567670_1_px_501__w_ouestfrance_.jpgUn magistrat sensible à la sensibilité humaine, même s’il s’agit de celle d’un petite de 4 mois.

Je suis infiniment heureuse de cette position, positive pour celle que l’on a nommée pour la circonstance du prénom d’emprunt de Céline.

 

Voici les écrits du journaliste de Ouest-France.

Merci à Yves Launay dont je cite ici les articles.

 

«  Les grands-parents réclament le bébé né sous X

 

Les avocats, Me Lauren Berrué pour les grands-parents angevins et Me Pierre Nédélec pour le préfet, hier, au palais de justice d'Angers.

Après que leur fille a accouché sous le couvert du secret, ils ont assigné le préfet du Maine-et-Loire et demandent au juge de reconnaître leur lien de filiation.

La petite Céline (prénom d'emprunt) est née en juin dernier. Un accouchement sous X voulu par la mère, âgée de 23 ans. À la mi-août, le préfet du Maine-et-Loire a reconnu l'enfant comme pupille de l'État. Une décision contestée par les parents de la mère, qui revendiquent leur statut de grands-parents.

Hier, devant le juge des référés d'Angers, ils ont sollicité une expertise génétique. « Ils agissent dans le seul intérêt de leur petite-fille, affirme leur avocate, Me Lauren Berrué. Celle-ci a le droit de connaître ses origines et devrait être maintenue dans son milieu familial plutôt que d'être confiée à des tiers. »

Réaction de Me Pierre Nédélec, au nom du préfet du Maine-et-Loire : « Il n'existe aucune action possible pour renouer le lien rompu du fait d'un accouchement sous X . Ce lien absolu ne peut être levé que par la mère. » Réponse immédiate de l'avocate des grands-parents : « Mais leur fille leur a permis de voir l'enfant peu après sa naissance, à la maternité ! C'est elle qui a levé le secret à leur égard. »

« Céline a une famille : ses grands-parents ! »

Tout a basculé au début de cet été, lorsque la jeune femme est hospitalisée pour complications durant sa grossesse. « Nous allions voir régulièrement notre fille au CHU d'Angers. Mais, un jour, nous avons retrouvé la chambre vide, raconte la grand-mère, présente, hier matin, à l'audience du tribunal. Une assistante sociale nous a expliqué que nous n'avions plus rien à faire ici étant donné que notre fille souhaitait accoucher sous X.»

Le bébé naîtra quelques jours plus tard. Les grands-parents ne comprennent pas. La grand-mère exerce le métier d'assistante maternelle. Elle aurait pu élever sa petite-fille.

Les grands-parents apprennent alors que la petite Céline, bébé prématuré toujours hospitalisé dans un centre de néonatalogie, allait être pupille de l'État. Ils décident d'en appeler à la justice.

« Aujourd'hui, l'enfant n'est pas encore dans une famille adoptante. Tout est encore envisageable. » Me Lauren Berrué rappelle au juge le traumatisme vécu par les enfants lorsqu'ils apprennent leur naissance sous X. « Céline, elle, a une famille : ses grands-parents ! »

Au nom du préfet, Me Pierre Nédelec s'en tient à la loi. « Dès que la mère a fait le choix d'accoucher sous X, elle rompt le lien devant l'unir à l'enfant mais également toute la parenté avec la famille maternelle. » Et de préciser : « La mère a consenti, en toute connaissance de cause, à cet accouchement dans le secret. »

Réponse de la justice le 8 octobre.

Yves LAUNAY.

Ouest-France »

 

J’ai noté deux réactions divergentes, l’une optimiste l’autre résignée, à propos de cette affaire: 

« J’espère que cette petite Céline grandira au sein d’une famille aimante plutôt que dans un foyer. »

« Ca n'ira pas plus loin, la jurisprudence est très claire dans ce cas : il est impossible d'établir une filiation après un accouchement sous X. Ce n'est pas une décision unique, encore moins en référé, qui va changer cet état de fait. »

 

Par nature, je suis optimiste.

Voici, en effet, la décision rendue par le juge ce jeudi 8 octobre.

Retour à Ouest-France ce jour :

 

« Bébé né sous X : des grands-parents peuvent prouver leur filiation

 

C'est la prédominance du lien biologique sur le lien juridique. Pour la première fois, en France, un magistrat autorise des grands-parents à prouver leur lien de filiation avec leur petite-fille née sous X. Auparavant, la cour de Cassation s'y était toujours opposée.

La fillette, âgée aujourd'hui de 4 mois, est née prématurément, sous le secret, le 7 juin 2009 au CHU d'Angers. Le 17 septembre, devant le juge des référés d'Angers, M° Lauren Berrué, avocate des grands-parents, avait soutenu que « leur fille leur avait permis de voir l'enfant peu après sa naissance à la maternité». Pour eux, cela ne fait aucun doute : «C'est elle qui a levé le secret à leur égard.» L'avocate précisait : «Les grands-parents agissent dans le seul intérêt de leur petite-fille. Cette dernière a le droit de connaître ses origines et devrait être maintenue dans son milieu familial plutôt que d'être confiée à des tiers.» Elle demandait alors au président du TGI d'Angers, Paul-André Breton, d'ordonner une expertise de sangs comparés pour prouver le lien de filiation. 

En réaction, M° Pierre Nédelec, avocat du préfet qui avait déclaré l'enfant pupille de l'Etat le 14 août dernier, avait répondu : «Il n'existe aucune action possible pour renouer le lien rompu du fait d'un accouchement sous X. Ce lien absolu ne peut être levé que par la mère.»

Ce jeudi matin, le juge des référés d'Angers a tranché. Pour lui, le recours des grands-parents est recevable. Le magistrat relève « l'attitude ambiguë de la mère » qui a permis aux grands-parents de voir l'enfant peu après sa naissance. «Etablissant ainsi un lien avec le bébé.» Il désigne donc un laboratoire de génétique moléculaire pour exécuter l'expertise comparée des sangs. »

Décision unique ? en référé ?

Peu importe. C'est un début. C'est de l’espoir pour la jeune Céline. Un très grand pas pour tous les enfants nés sous X.  

Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (photo Ouest-France : à gauche M° Pierre Nédelec l’avocat du préfet à droite M° Lauren Berrué l’avocate des grands-parents) 

Sexe et enfants.

Que d’agitation ! Roman Polanski puis Frédéric Mitterrand, etc…

Les médias sont envahis par quelque chose d’assez simple. Qui en temps ordinaire ferait hurler tous ces intervenants multiples et variés au nom des droits de l’homme à respecter. Et bien évidemment des droits des plus jeunes.

Ces adultes déchaînés, que diraient-ils si c’étaient leurs enfants à eux qui avaient été, en quelque sorte, utilisés ?

Manipulés dans un cadre de travail pour l’un ou dans un cadre de tourisme sexuel pour l’autre ? Lequel tourisme sexuel peut se pratiquer à Bangkok, certes, mais aussi – pourquoi pas en Europe ?

Si c’étaient leurs propres enfants, ces grandes personnes crieraient tout autrement. Ils n’auraient pas sombré dans une certaine banalisation de faits qui n’ont pas à devenir banaux.

Ne peut-on respecter les enfants ?

Ne peut-on respecter les enfants, quand bien même ils sont affamés, en leur offrant le prix en usage sans les employer en objet sexuel quand on est un homme policé ?

Quant aux interventions visant à faire valoir que l’on s’en prend à la vie privée de certain, on n’a pas peur du ridicule.

A partir du moment où un auteur, Frédéric Mitterrand en la circonstance, a choisi lui-même d’exhiber sa vie privée, de la mettre en quelque sorte en vitrine par la publication d’un livre sur sa vie, un ouvrage où il ouvre son jardin secret à tous, sa vie privée devient de fait une vie publique.

A partir de là, sachant ce qu’il a confié, d’aucuns ont pu s’étonner de sa dénonciation d’une certaine Amérique. Et plus généralement de voir clouer au pilori la justice d’un autre pays et son fonctionnement, comme si ce système judiciaire devait se plier aux fourches caudines de certains français.

La jeune personne – qui a bien grandi - a pardonné à Roman Polanski.

Admettons qu’une victime agisse de même en France. Pour autant l’action de la justice serait-elle éteinte automatiquement ?

Pas que je sache.

J’ai beaucoup d’admiration pour Frédéric Mitterrand en matière de culture. Pour ce qu’il a mis en route à la villa Médicis, le lieu de séjour de nos prix de Rome.

Il est à sa place au ministère de la Culture, y compris à cette heure, y compris demain.

J’ignore ce qu’il pourra dire ce soir.

 

Demain, je le raporterai.

Il demeure que les seules personnes importantes, au sein de cette agitation, sont les enfants.

La seule attitude qui devrait faire la loi quand on se pense « civilisé » est le respect total des jeunes, sexe compris.

Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr

07.10.2009

Orientation scolaire ratée : quelle peine !

 Primaire10 ans003.jpgJe vous propose d’aller voir l’émission du mardi 6 septembre de C dans l’Air intitulée « Ecole : les absents n’ont plus tort ». Emission accessibles dans son intégralité quelques jours : c’est le débat qui compte.

 

Invités autour d’Yves Calvi : René Silvestre - Fondateur et ancien président de l’Etudiant, Michel Richard - Secrétaire général adjoint du Syndicat National des Personnels de Direction de l’Education Nationale, Corinne Tapiero - Vice-présidente de la Fédération des Parents d’Elèves de l’Enseignement Public, Bénédicte Robert - Inspectrice "établissement et vie scolaire" au sein de l’académie de Créteil. 

 

L’émission a démarré, certes, sur le projet pour quelques lycées professionnels - un projet pédagogique parmi d’autres – de proposer en quelque sorte une carotte pour une meilleure fréquentation scolaire collective.

 

Mais elle s’est considérablement élargie en envisageant l’ensemble de la pratique scolaire française.

Son étroitesse. Son incapacité à créer des passerelles pour repasser des lycées professionnels au circuit général.

Des jeunes condamnés à vie dès 13-14 ans.

 

Est-ce raisonnable ?

Non ! 

 

D’ailleurs dans un des LEP, Lycée d’Enseignement Professionnel, présenté, il y a un quart d’absentéisme du côté des professeurs.

Un contre-exemple.

 

Bref c’est l’ensemble du système qui est  à dépoussiérer.

Notamment il faudrait en urgence instaurer des passerelles.

 

Car, j’en ai fait la triste expérience ce matin en allant aux informations, une fois sorti du circuit général, il est quasi impossible d’y revenir.

La France a l’esprit étroit.

La France ne sait pas y faire au niveau de trop de ses écoliers.

Un gâchis humain.

Un gâchis financier via nos impôts.

Un gâchis évitable pour la majorité de ces jeunes.

 

Alors les jeunes, ceux non encore virés à la fin  de la 3 ème générale vers un circuit professionnel pour lequel vous n’avez ni vocation ni compétence, ne vous laissez pas faire.

Les élèves de primaire, les collégiens de 6 ème : vigilance !

 

Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (photo archives personnelles : 10 ans, un bon primaire, tout pour accéder à un Bac général a priori) 

Toutes les notes