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Droits de l'homme

  • Matthieu Ricard, Tsering Woeser tibétaine écrivain,

    tibet,tsering woeserSuite à la présentation du livre de Matthieu Ricard La citadelle des neiges, la ville de Dijon rappelle que le mercredi 25 mai 2011 à 20h00 au Palais des Congrès Matthieu Ricard donnera une conférence sur La nécessité de l’altruisme, – voir www.dijonfestival.com - festival des musiques sacrées du monde et « rencontres de Dijon ». Vers 21h30 Matthieu Ricard dédicacera ses livres.

    D’autres manifestations ont lieu au cours de cette journée du 25 mai au profit de l’association Karuna-Shechen, laquelle met en place des projets humanitaires dans les régions himalayennes.

     

    Tsering Woeser est un témoin et auteur « sang mêlé » : tibet en grande partie, et aussi chine avec une éducation poussée de ce côté-là. Tsering Woeser écrit d’ailleurs en chinois, la langue d’une de ses lignées ancestrales.

    Elle tient un blog suivi par beaucoup, est présente sur twitter.

    Elle est un repère très important à propos de la relation Tibet Chine.

     

    Cette jeune femme, d’apparence tout à la fois délicate et ferme, est l’auteur, notamment, 
    de l’ouvrage Mémoire interdite - Témoignages sur la Révolution culturelle au Tibet, paru en 
    2010 chez Gallimard, collection Bleu de Chine, 26 euros. Ce livre, traduit du chinois par 
    Bernard Bourrit et Li Zhang, est présenté ainsi par l’éditeur : 

    « Au Tibet, plus qu’en Chine, la Révolution culturelle n’a rien laissé debout. Mais le vrai désastre est ailleurs : comment les Tibétains ont-ils pu prendre part à la destruction de leur propre culture ? Tsering Woeser montre toute la difficulté à penser la culpabilité tibétaine engendrée par la révolution chinoise. Les vingt-trois témoignages réunis dans ce livre sont exceptionnels parce qu’ils évoquent sans réserve cette époque volontiers qualifiée de « délirante». »

    On trouve sur la toile que « Tsering Woeser est une poétesse sino-tibétaine, née à Lhassa en 1966, qui s’est établie à Pékin en 2003. Son engagement en faveur de la démocratie et pour le respect des droits de l’homme au Tibet lui vaut d’être placée sous la surveillance du gouvernement chinois. Bien que régulièrement censurée par les autorités, elle utilise Internet pour défendre ses prises de positions. En 2010, Tsering Woeser a reçu un « Courage in Journalism Award » de l’International Women’s Media Foundation.

     

    Interviewée suite à l’annonce le jeudi 10 mars du dalaï–lama de se retirer du pouvoir politique, Tsering Woeser répond, quant à sa future réincarnation : « Le dalaï-lama a tenu depuis cinq cents ans le rôle d'un dirigeant politique et religieux dans la société tibétaine. Son départ à la retraite ne concerne que l'aspect politique. Donc cela n'influencera pas le processus de réincarnation, qui est de l'ordre du religieux, un domaine dans lequel il ne prend pas sa retraite, peut-on dire. »

     

    J’invite les intéressés par le boudhisme, les contempleurs actifs de l’himalaya, les méditants altruistes, les à l’écoute de la culture tibétaine à lire Tsering Woeser et Matthieu Ricard.

     

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr(photographie Google images : Tsering Woeser)

     

       
  • Jean-Claude Vitran : la traque des Roms.

     

    Vitran.jpgLes Roms, européens ou pas, ont-ils cessé d’être des humains ?

    On peut se le demander en voyant le déferlement des violences légales vis-à-vis d’eux depuis quelques semaines.

    Seraient-ils donc devenus, soudainement, tous des bêtes sauvages ? Des animaux enragés ?

     

    Dans un billet du 28.07.2008 intitulé "Vivre chez les Roms"- il y donc déjà deux ans - j'avais consacré ici quelques lignes aux  Roms de Crotone, proposant le témoignage vécu de Petites soeurs du Père de Foucauld ayant choisi de vivre avec eux. Religieuses dont ma marraine fait partie. Déjà, en Italie, ce ne semblait pas tous les jours faciles.

     

    En France, dans le pays qui m’a vu naître, dans ce pays où ma mère achetait toujours avec son bon sourire - nous vivions dans une commune des Deux-Sèvres où je séjourne encore parfois - quelque chose aux gens du voyage venus sonner à notre porte, napperon ou panier joliment tressé, histoire de leur donner quelque argent pour les aider à vivre, que se passe-t-il ?

     

    On dirait que les dragonnades sont de retour. Pas pour chasser les protestants mais pour chasser ces personnes, dont de très jeunes enfants.

    L’ami Jean-Claude Vitran, de la Ligue des Droits de l’Homme, dans cet article que je relaie, prône la désobéissance. Jean-Pierre Dacheux signe avec lui ces lignes.

     

    Voici le texte de leur note sur les droits et besoins des êtres humains du samedi 14 août 2010 :

    « Au delà des mots, l’engagement total !

     

    En France, change-t-on de République ou plutôt la République ? L’Europe, fort heureusement, ne se limite pas à la France, toutefois, la France influence l’Europe et des milliers de "Rroms non européens" ( !) sont, par exemple, refoulés vers le Kosovo, qu’ils ont fui, et où ils ne seront pas les bienvenus ! Ce qui se passe, actuellement, en France, donc, intéresse l’Europe tout entière !

    Nous n’avons que les mots comme outils pour l’action, mais nous voici pourtant bien au-delà des mots !

    Nous découvrons notre impuissance face à une politique romaphobe dont l’ampleur et la rudesse nous a surpris. On compte par dizaines les expulsions de campements de Rroms partout en France, sans oublier les Français, dits « gens du voyage », qu’on pourchasse aussi s’ils ne stationnent pas exactement là où il est prévu qu’ils s’arrêtent.

    La violence des interventions policières commandées par l’État, la brutalité des discours ministériels étonnent et révoltent l’opinion internationale, au sein des organisations officielles, tant au niveau européen qu’au niveau de l’ONU.

    Notre stupéfaction n’a d’égale que notre profonde tristesse. Nous sommes également traversés par une vague de colère qui nous meurtris, mais point tant que les « Roms et gens du voyage », qui sont, eux, traités comme des choses ou des délinquants a priori !

    Qu’un État, le nôtre, ose jeter des familles à la rue sans aucune considération pour ce qu’elles vont devenir, ne peut qu’avoir une explication : susciter ou réveiller la haine à l’encontre des « nomades » comme l’on disait jadis, pour tenter de déclencher des réflexes sécuritaires pouvant permettre de regagner une confiance perdue, après l’effondrement des sondages de popularité.

    En faisant un contre-feu médiatique, on joue avec ce feu ! On risque, comme on l’a vu en Italie, de réanimer le nationalisme le plus fou et et d’aller vers des pogroms meurtriers.

    Il est sidérant que les fonctionnaires de police et les administrations préfectorales obéissent, sans la moindre hésitation, à des ordres racistes. Car racisme il y a ! Quand une catégorie de population est désignée à l’opprobre et à la vindicte populaires, que ce soit la nature ou la culture des intéressés qu’on évoque, on sombre, alors, dans le racisme !

    La France dont parle Nicolas Sarkozy et ses partisans aux ordres a cessé d’être la France, celle qu’on aime. Les élus qui s’inclinent devant cette discrimination brutale, bien volontiers à l’UMP, ou sournoisement, comme nombre d’élus dits de gauche, qui laissent hurler les loups, ont rompu avec la France des Droits de l’homme.

    Les Rroms seraient-ils tous en situation irrégulière, les « gens du voyage » seraient-ils tous répréhensibles, -ce qui n’est bien évidemment pas le cas !-, que la France devrait assumer ses responsabilités vis à vis d’une population mise à part, et ne pouvant y compris pas bénéficier des lois et règlements la concernant, qu’il s’agisse de la loi Besson ou des recommandations nombreuses et claires de l’Union européenne.

    La Justice passe après la force. Les premiers à subir les mesures les plus rigoureuses, voire les plus brutales, sont au nombre des plus pauvres des humains, et ceux qui leur manifestent de la solidarité sont, à leur tour, considérés comme des délinquants ! Cela ne saurait durer sans que de vifs conflits se développent !

    La mauvaise foi et la malveillance nourrissent, à l’évidence, une politique pernicieuse qui aggrave une situation qui n’était déjà pas positive.

    Que faire ? Désobéir, bien sûr ! Ne pas respecter des directives inhumaines. Se rapprocher des familles. Leur dire notre solidarité. Rencontrer nos compatriotes français pour leur exprimer notre reconnaissance du droit à vivre, s’ils le veulent, en habitat mobile. Se porter aux côtés des étrangers, roumains ou bulgares, pour leur réaffirmer que nous acceptons leur présence en France, terre d’Europe.

    Nous ne sommes ni laxistes ni naïfs. Nous savons que toute population contient des éléments criminels mais nous savons aussi que les généralisations, au lieu de faire reculer la criminalité, l’exacerbe. La répression, seule, conduit toujours à l’échec.

    Une longue lutte pour la dignité s’engage. Le gouvernement actuel en sortira vaincu ou conduira notre pays vers une zone trouble qui est de celles dans lesquelles s’engouffrent et périssent les démocraties. En nous solidarisant étroitement avec les Rroms, nous savons qu’une fois encore ce sont les parias qui nous ouvrent les yeux. Nous resterons lucides et inflexibles. Les Rroms et autres Manouches, quel que soit le nom qu’on leur donne, qu’ils soient Français ou étrangers, sont nos compatriotes européens. Les menacer, c’est nous menacer. Nous ne laisserons pas faire ceux qui salissent la France sans résister. »

     

    Moins de 18 ans, pas besoin de réfléchir longtemps pour sentir, qu’après les Roms, on peut décider de s’en prendre, légalement, à n’importe quelle catégorie de citoyens.

     

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (photographie : Jean-Claude Vitran)

     

     

  • Ban Public lutte pour les droits des ex-prisonniers

    BanPublicMer1.7.10 039.jpgBan Public est une association créée il y a 10 ans par Milko Paris.BanPublicMer1.7.10 028.jpg

    Cet ancien prisonner, rendue à la liberté avant 1994, après 10 ans d’enfermement, a éprouvé le besoin de cette création  en raison d’une « dette cachée » - je cite Alain-Nassim  Ifrah mon voisin, un des participants au Café sociétal organisé par Anne-Marie Engler le 1 er juillet 2010 au Gai Moulin à Paris.

    Une « dette cachée  » qui existe après la sortie de prison et prive le nouveau libéré de ses droits civils, civiques, commerciaux, familiaux.

    Depuis 1994 il est possible de demander à récupérer tout ou partie de ses droits, démarche qui parait aléatoire et difficile, psychologiquement parlant.

    La privation de ces droits – droit de vote, droit d’entrer dans la fonction publique, droit de créer un commerce – semble un obstacle important à une réinsertion.

    Beaucoup de nouveaux libérés font une tentative de suicide quelques jours ou quelques mois après leur sortie de prison.

    D’autres s’autocensurent en ne créant pas de famille, afin de ne pas imposer à femme et enfants la situation qu’ils endurent : être « banni ».

    Choix qu’a fait Milko Paris.

    Pour ma part j’ignorais cette « dette cachée » une fois le temps de privation d’aller et venir accompli.

    En cette époque où la réinsertion est brandie comme importante, en ces périodes où la violence est dénoncée, une telle mesure de privation des droits n’est-elle pas, en soi, une violence ?

    Violence pouvant générer, à son tour, le jaillissement d’autres violences ?

    C’est un préfet de la république, confie Milko Prais, qui l’a aidé à sa sortie de prison. Soutien constant qui lui a permis de ne pas reprendre un passé de braqueur. Puis, sur cette lancée, d’investir son énergie dans une association à l’évidence nécessaire pour faire connaître la privation de droits qui guette les auteurs de délits ou de crimes à la sortie de prison.

    Milko Paris va d’ailleurs plus loin, un peu amer, déclarant qu’un tel comportement de la société serait moins hypocrite en « marquant » physiquement  ces personnes comme on le fit, jadis, pour les bagnards. Après tout, est-il pensé dans l’inconscient ou le conscient collectif, ils ont bien cherché ce qui leur arrive.

    Benoît David, avocat qui a rejoint l’association, donne quelques exemples pratiques d’obstacles au travail.

    Ban Public, en pratique, exerce une double mission : être présent sur les médias pour faire connaître l’aberration de cette « dette cachée » - qui depuis 1994 a limité la privation des droits à une durée de 10 ans, l’automaticité du retour à la normale n’ayant rien de garanti -, et soutenir les familles de prisonniers ayant besoin d’une parole de réconfort ou bien n’ayant pas les moyens financiers d’aller voir un parent emprisonné à 800 kms de là.

    On le sait bien, nos députés sont incités, trop souvent dans l’urgence d’un fait divers, à voter un certain nombre de lois, les dernières rédigées venant s’empiler sur les précédentes sans qu’un toilettage préalable ait été pratiqué. Ce qui est regrettable. Plus regrettable encore, ils ne sont pas tenus au courant de réalités telles celles dénoncées par Ban Public.

    En attendant la réalisation par l’équipe d’Anne-Marie Engler de la vidéo de cette soirée, vous pouvez aller voir  le site de l’association Ban Public : http://www.prison.eu.org.

    Quant à Milko Paris il se contacte par : milko@banpublic.org.

    Découvrez si vous l’ignorez comme moi, moins d 18 ans, ces privations supplémentaires de droits, en « bonus », en quelque sorte, de la peine de prison. Faites connaître ceci autour de vous. Cette sorte de « bonus », personnellement, me dérange.

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (photo archives personnelles : Milko Paris le 1.7.2010. Anne-Marie Engler, Milko Paris et Benoît David)