04.11.2009

Claude Lévi-Strauss : hommage de Françoise Héritier

lévi.jpgParmi tous les propos tenus suite au décès de ce génial anthropologue, j’ai retenu celui de FrançoiseTropiques.jpg Héritier, une proche  qui a intégré le Collège de France en 1982, dans la lignée directe de son maître.

Elle répond à Jean Birnbaum. Entretien paru dans Le Monde de ce jour 4 novembre 2009;

« Claude Lévi-Strauss était "un passeur exceptionnel"

Vous avez été l'élève de Lévi-Strauss au milieu des années 1950. Vous parlez souvent de cet enseignement comme d'une"révélation". Pourquoi ?

Françoise Héritier : J'étais une petite étudiante en histoire et en géographie, et des camarades de "philo" m'avaient incitée à aller écouter cet homme qui parlait de choses assez étonnantes au Musée de l'Homme. D'emblée, ça a été un sentiment de rupture. Son cours portait sur "la chasse rituelle aux aigles chez les Hidatsas" – des Indiens d’Amérique du Nord. A l'époque, ce simple intitulé était déjà révolutionnaire. A l'université, en effet, on apprenait tout sur l'histoire occidentale ou européenne, mais il n'y avait pas d'enseignement d'ethnologie. Voilà pourquoi les cours de Lévi-Strauss étaient d'une grande fraîcheur : ils nous ouvraient des perspectives totalement nouvelles, dont nous ne soupçonnions même pas l'existence.

Nous avons découvert avec stupéfaction qu'il y avait des mondes qui n'agissaient pas comme nous. Mais aussi que derrière cette différence apparente, derrière cette rupture radicale avec notre propre réalité, on pouvait mettre en évidence des appareils cognitifs communs. Ainsi, nous prenions à la fois conscience de la différence et de l'universalité. Tel est son principal legs, encore aujourd'hui: nous sommes tous très différents, oui, mais nous pouvons nous entendre, car nos structures mentales fonctionnent de la même manière.

Quel genre de maître était-il ?

C'est une voix qu'on n'oublie pas. Une fois qu'on l'avait dans l'oreille, il était impossible de s'en détacher. Une voix grave, légèrement tremblée, relativement neutre, presque silencieuse, et qui supportait peu les éclats, les écarts à la norme. Quand on écoutait l'enseignement de Lévi-Strauss, on n'avait pas envie de sortir un journal… C'était un homme d'écriture, un homme de parole publique aussi, mais pas vraiment un intellectuel en privé. Il n'appréciait guère les discussions scientifiques en tête à tête. Ce qu'il aimait, c'était les séminaires où il demandait aux intervenants de venir expliquer publiquement leurs travaux. C'est là que se manifestait sa grandeur de pédagogue: c'était un formidable maître du jeu, il savait faire émerger des questions que l'intervenant lui-même n'avait pas pu formuler.

Sur le fond, c'était un esprit subtil, très logique, dont les cours étaient bâtis sur un continuum de pensée où il n'y avait jamais de béance. Il retombait toujours sur ses pieds. Le charme de sa voix et sa maîtrise du propos faisaient de lui un passeur exceptionnel, avec toujours ce désir d'arriver à mettre à nu les choses essentielles, les ossatures.

Par exemple, je me souviens d'un travail sur des monnaies du bassin méditerranéen qui représentaient Hercule de dos. Il s'agissait d'élaborer une typologie des postures d'Hercule : la façon dont il s'appuie sur sa massue, la musculature de ses épaules… Là encore, l'objectif était de mettre au point une codification. Et surtout de montrer que la diversité, prônée par certains pour fonder un relativisme culturel, est inhérente à l'universel.

Après avoir été l'élève de Lévi-Strauss, vous lui avez succédé au Collège de France. Vos relations en ont-elles étéhéritier.jpgtransformées ?

Depuis son départ à la retraite, il est resté très présent. Il venait visiter son laboratoire au moins une fois par semaine, il y recevait des jeunes chercheurs, avec lesquels il était toujours prêt à échanger. Pour ma part, je n'ai jamais cessé de le considérer avec déférence et révérence. Bien sûr, dans les rapports individuels, il fut un être d'amitié, de confiance, qui a toujours protégé celles et ceux qui ont travaillé avec lui. Mais il n'a jamais accepté la moindre familiarité. Il avait un regard d'éléphant, avec ce petit œil perçant qui vous mettait à nu. Quand on était en face de lui, on se désagrégeait, il fallait beaucoup de courage pour se reconstituer. Du reste, en dehors de sa famille ou de ses camarades d'école, y a-t-il eu des personnes qui ont tutoyé Lévi-Strauss ? J'en doute. »

S’il n’y a qu’une chose à retenir c’est ceci : «Nous avons découvert avec stupéfaction qu'il y avait des mondes qui n'agissaient pas comme nous. Mais aussi que derrière cette différence apparente, derrière cette rupture radicale avec notre propre réalité, on pouvait mettre en évidence des appareils cognitifs communs. Ainsi, nous prenions à la fois conscience de la différence et de l'universalité. Tel est son principal legs, encore aujourd'hui: nous sommes tous très différents, oui, mais nous pouvons nous entendre, car nos structures mentales fonctionnent de la même manière. »

A garder en mémoire pour le Baccalauréat. Pour tout le temps !

Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (illustrations: en haut Claude Lévi-Strauss au Brésil en 1936, couverture de Tristes Tropiques; plus bas Françoise Héritier)

03.10.2009

Testostérone et récidive : Dr Pierre Lamothe

Après réflexion je signale cette émission du 1 er octobre. A revoir durant quelques jours sur France 5 sous le titre « Encore un récidiviste ! ».

Il est inhabituel d’être témoin d’un tel échange.

 

Le Docteur Pierre Lamothe, psychiatre expert présent, a su garder son calme face à cette déferlante jetée au visage à plusieurs reprises. Il était bien seul contre tous.

 

Pourtant il signalait qu’en s’engageant dans certaines voies, on y progresse et l’on risquerait de finir par surveiller tous les citoyens d’un pays.

 

Evidemment ma sympathie va à la victime, à toutes les victimes et à leurs familles.

 

Mais la castration chimique ne résoudra pas tout. Il faut le savoir.

Quant au risque zéro, chacun de nous a son idée là-dessus.

 

Un élément de plus pour discerner.

 

Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr

23.09.2009

Jean-Luc Romero: liberté jusqu'au bout

La mort dans la dignité est une des préoccupations de Jean-Luc Romero, actuel Président de l'ADMD, Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité.

Ce jour 23 septembre 2009 Jean-Luc dédicace de 18h00 à 20h30 à Paris, librairie La Belle Hortense 31, rue Vieille-du-Temple  4ème, l'ouvrage qu'il consacre à cette liberté ultime: celle de mourir dans la dignité.

Publié chez Florent Massot cet ouvrage est intitulé "Les voleurs de liberté". 

1ère Dédicace des "Voleurs de Liberté" à Paris

1ère dédicace du livre coup de gueule, Les Voleurs de Liberté de Jean-Luc Romero à Paris
Organisateur :
Jean-Luc Romero
Type :
Réseau :
Mondial
Date :
mercredi 23 septembre 2009
Heure :
18:00 - 20:30
Lieu :
librairie La Belle Hortense
Adresse :
31, rue Vieille-du-Temple

Description

1ère Dédicace à Paris :
Jean-Luc Romero
Président de l’ADMD
dédicacera son nouveau livre
LES VOLEURS DE LIBERTE
« J’ai choisi de mourir dans la dignité »
Publié chez Florent Massot
Les voleurs de liberté : une loi de liberté sur la fin de vie pour tous les français!, Jean-Luc Rome

11.07.2009

Arash Derambarsh : à propos de Marc Machin

Il y a sur la page intitulée "index thèmes blog" les sujets récapitulés avec les jours où les trouver. Merci.

  

Voici ce qu’Arash Derambarsh a mis sur Le Post le jeudi 9 juillet 2009. arashmars.jpg

 

« Marc MACHIN présenté comme un symbole de l'erreur judiciaire en France, a été mis en examen dans une nouvelle affaire d'agression sexuelle sur mineures.

Il est mis en cause pour des abus commis sur deux adolescentes d'une quinzaine d'années dans le XVIIIe arrondissement de la capitale le 13 juin dernier.

Un nouveau mandat de dépôt, le deuxième, a été délivré à son encontre. Il est déjà en prison depuis le 17 juin pour une première affaire, une "agression sexuelle aggravée" avec violences qu'il a aussi reconnu avoir commise sur une jeune Canadienne, le 5 juin à Paris.

Toutefois, la commission de révision de la Cour de cassation a accepté lundi sa demande de révision, posant ainsi une étape supplémentaire vers la révision de son procès. Une telle procédure de révision d'une condamnation criminelle définitive n'a débouché que six fois sur un nouveau procès dans l'histoire judiciaire française.

Mais pourquoi toute cette confusion et tout ce gâchis ?

Lorsque Marc Machin sort de prison, je rencontre un garçon adorable, calme et attachant. Il manque d'affection et réclame de l'aide. Mais il y a aussi en lui beaucoup de colère, de pulsion et de fragilité.

Il n'aura ni aide psychiatrique, ni aide psychologique, ni formation scolaire, professionnelle et civique. Il n'a pas de logement stable et n'a pas d'argent. En effet, il a dépensé son à-valoir en très peu de temps.

J'ai donc deux objectifs : en tant que directeur du département Politique et Personnalités publiques aux Editions du Cherche Midi, le faire parler dans son livre car il a un réel besoin de s'exprimer et l'aider humblement dans sa réinsertion.

Dès lors, je décide de le faire recevoir par un proche du Président de la République Nicolas Sarkozy.

L'objectif de cet ouvrage était pour moi de faire bouger les lignes de la société française en matière pénale.

Ainsi, cet ouvrage, "Seul contre Tous !" avait comme but de relancer le débat fondamental sur la réforme urgente de la justice concernant la prise en charge de la victime, la fonction de l'avocat, le principe de l'enquête et le rôle du juge d'instruction, qui doit instruire à charge et à décharge. Surtout, je voulais qu'il mette en lumière le problème grave du vide juridique concernant le statut des victimes d'erreurs judiciaires comme le cas de Marc Machin.

Nous l'avons déjà constaté avec l'affaire d'Outreau.

Mais la justice est lente, trop lente. Et Marc Machin n'aura rien obtenu. J'ai alerté tout le monde : les juges d'instruction Emmanuelle Robinson et Charlotte Bilger, qui sont remarquables et compétentes, beaucoup de politiques et les médias. Mais rien n'a bougé et Marc Machin a été rattrapé par ses pulsions.

Je condamne fermement ses actes et il devra en répondre devant la justice. Mes pensées les plus sincères vont évidemment à l'égard de ces jeunes filles.

Que nul n'en doute, en France, chacun a des droits, des devoirs et des obligations et personne n'est au-dessus de la loi.

Néanmoins, il nous faut clairement dénoncer l'immobilisme dans ce pays, dénoncer ceux qui n'ont pas l'ambition de faire bouger les lignes. Je pense notamment à Christophe Ingrain, conseiller justice à l'Elysée qui n'a pas souhaité recevoir Marc Machin. Je pense également à Rachida Dati qui ne l'a pas reçu. On m'a proposé un conseiller de la Garde des Sceaux... c'est dire l'intérêt que l'on a porté à ce dossier.

Je rend hommage à Dominique Paillé, conseiller du Président de la République et porte-parole adjoint de l'UMP qui l'a reçu et qui l'a écouté. C'est le rôle du politique d'être à l'écoute et d'avoir la volonté de faire évoluer la société sans porter de jugement et faire ingérence à la séparation des pouvoirs.

Il n'y a pas les bons d'un côté et les méchants de l'autre. Le manichéisme n'est pas un schéma de pensée juste pour l'être humain qui est complexe, sensible et fragile.

Lorsqu'on relâche quelqu'un en liberté sans imposer un suivi psychiatrique et psychologique, il ne faut pas s'étonner ensuite des conséquences.

A méditer afin qu'il n'y ait plus ce genre de cas car c'est un échec pour tout le monde...

L'émission 7 à 8 (TF1) fera un reportage sur Marc Machin, de sa sortie de prison à sa récidive. Date de diffusion le dimanche 26 juillet. »

 

Ceux qui le peuvent iront lire sur Facebook directement les  commentaires faits à la suite de cet intéressant billet.

 

Arash Derambarsh a été, en quelque sorte, tout le temps « aux première loges » en ce qui concerne Marc Machin dès qu’il a été remis en liberté.

 

Pour ma part, j’ai attentivement lu et relu les écrits de Marc, en particulier les pages d’avant son incarcération.

Il en découle ce qui suit.

 

Je remercie Arash Derambarsh qui a fait, à son niveau, tout ce qui était possible pour ce libéré emprisonné 7 ans par erreur judiciaire. Tout ce que n’importe qui, enfermé à tort, aurait pu souhaiter.

La publication de son parcours – une forme de thérapie, un à-valoir très correct pour l’aider matériellement à repartir, et aussi en supplément la « saisine » personnelle par Arash de responsables politiques.

Du côté de ceux-là je constate, une fois de plus, que c’est Dominique Paillé qui a reçu et écouté Marc Machin.

Dominique Paillé s’est comporté, comme le souligne Arash, en vrai politique. Je le souligne.

 

Personnellement comme médecin de santé publique, ayant exercé à l’Höpital Psychiatrique Départemental de La Roche Sur Yon durant quelques années, demeuré ensuite toujours très attentive à ce qui se passe dans le secteur psy, je ne pense pas qu’un suivi  s’impose à chaque remise en liberté.

 

Sans doute aurait-il été souhaitable que Marc Machin, ainsi que l’écrit Arash Derambarsh, bénéficie d’un accompagnement. Sans doute avec un ou une psychologue,– pas n’importe qui, une personne au fait du vécu en prison ; ça existe, certains psychologues suivant des ex-drogués enfermés.

 

Pour cet adulte libéré, l’attention du papa n’a pas suffi. Pas plus que le lien établi avec la visiteuse de prison qui lui portait estime et affection  – dont on peut imaginer qu’il n’a pas été rompu.

 

Marc Machin, homme alourdi par 7 années derrière les barreaux, grisé par une liberté totale surgissant d’un coup, a mal encaissé la violence de ce changement énorme.

Tellement assommé, grisé, que l’à-valoir de « Seul contre tous » publié par les éditions Pascal Galodé a fondu comme neige au soleil. Qu’un travail avec les chevaux ou autre n’a pas suivi. Bref, que la réinsertion n’a pas eu lieu.

 

Dans les commentaires j’ai bien lu ce qui a été relaté à propos de Marc en classe technique alors « ni abordale, ni calme, ni attachant ».

Cette année là, le comportement de Marc Machin était le résultat des dysfonctionnements multiples d’un système, transformé en « machine à détruire » qui avait fonctionné très tôt pour lui.

Je n’invente rien : il suffit de reprendre son livre pour y trouver ce placement malheureux qui le coupe de son père et de sa fratrie. Qui l’envoie en famille d’accueil agréée en Eure-et-Loir.Là, ce garçonnet de 5 ans est violé méthodiquement, régulièrement, par un grand de 15 ans, également « placé »dans cette famille. Interdiction de parler !

 

Grâce à sa grand-mère paternelle, il sort de cet enfer à 8 ans et connaît 4 années de bonheur sans nuage à Marseillan. Dans cette campagne ensoleillée, les chevaux sont ses amis. Malheureusment cette grand-mère, « son étoile du Berger», décède d’un cancer.

 

C’est le retour sur Paris entre un père, policier, dépassé et des éducateurs dont un émarge du lot, certes. Mais pas jusqu’au contact salvateur.

On connaît la suite, avec cette dame de la famille d’accueil qui tiendra - lors du procès conduisant à la condamnation à tort - des propos accusateurs contre l’ancien gamin qu’elle n’a pas protégé d’agressions pratiquées sous son toit. Des propos qui contribueront à influencer les jurés dans le mauvais sens.

Côté commentaires, je dis « Casse-cou !  » à la proposition d’un suivi psy pour chacun dès l’enfance. Qui contrôlerait ces psys ? Et l’entretien prévu au 4 ème mois de grossesse, s’il part d’une bonne intention, peut donner lieu à des dérives regrettables selon la personne qui le fera. Pour une même situation, cela pourra donner une position et son contraire. Là encore, qui va contrôler ?

 

Du côté des prises en charge de victimes d’erreurs judiciares, je rejoins tout à fait Arash Derambarsh. Nathalie Kaas a bien tenté une association envers les enfants des victimes de ces erreurs dont elle fait partie. Mais il y a davantage à faire. Et Arash a raison de pointer les manques. Ce qu’il s’est efforcé de réaliser, tout seul, en faisant le maximum de son possible dans la situation où se trouvait Marc Machin.

 

On nous parle beaucoup du 3 ème âge ou des aînés isolés en craignant un retour de canicule.

Marc a été un adulte isolé, lâché dans la nature, en ayant perdu tous les repères de base du quotidien après 7 ans d’un enfermement très cadré.

 

Involontairement, la suite actuelle de la vie de Marc Machin vient illustrer plus encore les mots d’Arash Derambarsh déjà cités mais sur lesquels il est bon d’insister: « le problème grave du vide juridique concernant le statut des victimes d'erreurs judiciaires ».

 

Réfléchissez à tout cela, les moins de 18 ans, vous les décideurs de bientôt.

 

Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (photo : Arash Derambarsh présentant le livre Seul contre tous, cliché de sa collection personnelle) 

03.07.2009

Jean-Luc Romero gagne

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Voici le résultat en appel de l’attaque de Christian Vanneste contre Jean-Luc Romero. romerojlgood.jpg

 

Communiqué du 2 juillet 2009

« En appel, comme en 1ère instance,

Jean-Luc Romero gagne le procès que lui a intenté

Christian Vanneste

 

La justice n’a pas été dupe de la rhétorique de celui qui se présente comme le défenseur de la liberté d’expression mais qui conteste à tous ceux qui pensent différemment le droit de s’exprimer.

 

Alors que Christian Vanneste avait déjà perdu le procès qu’il avait intenté en 1ère instance à Jean-Luc Romero, conseiller régional d’Île-de-France, militant des droits de l’homme, pour la parution sur son blog (www.romero-blog.fr) d’un commentaire qu’il jugeait diffamatoire et rédigé par un mineur, la cour d’appel de Paris vient aujourd’hui de relaxer Jean-Luc Romero.

 

Il faut se rappeler le calendrier particulier de la plainte déposée par le député du Nord, puisque Jean-Luc Romero était l’un des témoins à charge dans le procès intenté par différentes associations de lutte contre l’homophobie contre Christian Vanneste qui parlait d’infériorité du comportement homosexuel.

 

Il est heureux de constater que la justice n’a pas été dupe de la rhétorique de celui qui se présente comme le défenseur de la liberté d’expression mais qui conteste à tous ceux qui pensent différemment le droit de s’exprimer. »

 

En appel comme en  1 ère instance le jugement rendu a été correct.

 

Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (jean-luc romero en vacances)

29.06.2009

Lycéens de Mâcon : acquittés en Appel !

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Le 13 janvier 2009, j’avais parlé de 6  lycéens de Mâcon pour lesquels une pétition intitulée "quand la justice s'en contre MachinLiv.jpgbalJustic.jpgbalance". circulait.

Ils criaient leur innocence et un appel à l’aide vers les citoyens avait été mis en ligne par la sœur de l’un d’eux, juriste.

L’Appel leur a donné raison. Justice a été enfin faite. Ils ont été acquittés le 9 avril de la fausse accusation de viol retenue contre eux.

 

 « DIJON (AFP) — Six lycéens de Mâcon, condamnés en première instance pour le viol d'une femme de service de leur établissement en 2004, ont été acquittés en appel par la cour d'assises des mineurs de Dijon.

"En première instance, c'était une erreur judiciaire. Une nouvelle erreur judiciaire a été évitée", alors que l'avocat général avait requis huit à douze ans contre eux, s'est félicité Me Grégoire Lafarge, interrogé par l'AFP vendredi, au lendemain du verdict.

"Ils ont été victimes d'un système d'enquête complètement fou!", s'est-il offusqué, dénonçant "la façon dont ont été obtenus les aveux" de son client, qui ont été diffusés à sa demande devant les assises de Dijon.

"Quand un gosse de 17 ans est en garde à vue pendant 24 heures et qu'une enquêtrice lui crie dessus, lui disant +Tu vas aller en prison si tu n'avoues pas!+", on peut s'interroger sur les "méthodes" au commissariat de Mâcon, a-t-il ajouté, disant s'apprêter à "saisir la Chancellerie" dans ce dossier.

"Le cauchemar est enfin terminé pour moi et pour nous. Je vais pouvoir faire ma vie, car à cause du précédent jugement, j'avais perdu mon emploi et je vivais très mal cette situation, tout comme ma famille", a quant à lui déclaré Anis Snatah, l'un des acquittés, à l'issue du procès.

Les acquittés n'attaqueront pas leur accusatrice en justice en retour, a précisé Me Lafarge.

Les six accusés, mineurs au moment des faits, avaient été reconnus coupables en première instance par la cour d'assises de Chalon-sur-Saône du viol en réunion en janvier 2004 d'une femme de service de leur lycée professionnel de Mâcon (Saône-et-Loire).

Les six jeunes, qui ont toujours clamé leur innocence, avaient fait appel.

Leur acquittement tient à la mise en cause du témoignage de leur accusatrice. Elle a été déboutée dans un autre dossier de viol, a-t-on appris de source judiciaire.

Cette affaire avait entraîné la mise en détention provisoire d'un enseignant pendant deux ans, avant que son innocence ne soit reconnue, rapporte France Info qui a révélé l'information vendredi.

La cour a en revanche retenu l'extorsion de fonds pour deux d'entre eux, condamnés à six mois de prison avec sursis. Fin AFP ».

 

Concernant l’extorsion de fonds, les deux concernés n’ont pas baissé les bras contestant cette décision.

Pour l’essentiel, un emprisonnement pour rien pour un viol pas fait, force est de constater encore un procès bâclé, trop appuyé sur le dire d’une personne qui se disait victime. Or, la parole d’une prétendue victime ne saurait être une preuve absolue. Ce n’est pas parce que l’on se déclare vvictime que cela constitue la preuve.

 

Une telle affirmation n’est qu’un élément de preuve. Qui demande à être confirmé ou infirmé. La charge ne doit pas faire oublier la décharge !

 

Je me demande toujours quelles curieuses pensées ont eu des adultes décideurs à propos de lycéens pour les imaginer pratiquant le viol brandi par celle qui se déclarait victime.

 

Il y a beaucoup à dire sur des gardes à vue qui aboutissent à des « aveux », sous la pression de conditions qui peuvent – je le suppose- être indécentes, voire inhumaines en raison de la pression exercée pour absolument faire avouer ceux qui sont considérés, déjà à ce stade,  comme coupables.

 

Pas étonnant qu’ensuite, au niveau du juge d’instruction, ceux qui ont avoué, par la force d’une extrême pression psychologique sinon physique, se rétractent puisqu’ils n’ont rien fait de ce dont ils sont accusés.

Il n’empêche que, selon les tribunaux, les jurés, l’avocat général, etc, etc…ce peut être les premiers soi-disants « aveux » qui restent montrés du doigt. Et signent, dès le stade de la police, la future condamnation.

 

Marc Machin en a fait lui aussi la triste expérience. Avouant en garde à vue ce qu’il n’avait pas fait – un meurtre - se rétractant devant le juge ensuite, pour finalement être condamné aux assises, récoltant en Appel une peine aggravée. Toujours pour un meurtre jamais commis. Le tout grâce à l’intime conviction des jurés.

 

Michèle Bernard-Requin, magistrat honoraire, définit ainsi l’intime conviction qui prévaut à tout instant dans les cours d’assises : «  L’intime conviction c’est quelle impression est faite sur votre raison.  C’est la question qu’on pose aux jurés – les preuves rapportées par l’accusation et les moyens de la défense. Il y a donc un faisceau de moyens, à charge et à décharge. »

 

Je n’aime pas cette intime conviction à cause de sa subjectivité.

 

Bien que n’ayant aucune expérience en ce domaine, à partir de ce que j’entends, de ce que je lis et des erreurs commises, il me semblerait raisonnable que les avocats soient présents dès la garde à vue. J’espère que cela se fera très vite

 

Car escorté moralement, psychologiquement et physiquement par un juriste, le plus jeune des 6 de Mâcon n’aurait, sans aucun doute, jamais avoué un viol non pratiqué.

 

Comme me l’indiquait cette juriste qui s’est démenée : « Il faut continuer à se battre pour que les innocents soient reconnus en tant que tels. C'est une grande victoire, mais combien restent en prison pour rien ?  »

 

Je comprends que la fatigue et l’épuisement puissent faire craquer en garde à vue. Que des personnes dans cette situation lâchent n’importe quoi – ce qui est attendu d’eux – pour en finir, pour enfin se reposer, dormir, ne plus avoir la lumière dans les yeux, ne plus être harcelé en tous sens.

Le 4 mars 2009 j’avais relayé « Marc Machin chez Fogiel ». Le 4 avril 2009 sous le titre « Arash Derambarsh, Marc Machin et Seul contre tous » j’avais rapporté le contenu du livre de Marc paru aux éditions Pascal Galodé www.pascalgalodeediteurs.com sous le titre «Seul contre tous ».

 

Moins de 18 ans, allez lire ou relire la garde à vue de Marc Machin et ses faux aveux au chapitre 7. Cela éclairera mon souhait de la présence d’un avocat dès la garde à vue.

 

Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (illustration : la balance de la justice pour illustrer l'acquittement des jeunes de Mâcon à gauche; couverture du livre de Marc Machin à droite)

26.05.2009

Avant Marie-Laure Picat, un "bug" !

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Des commentaires continuent à arriver pour soutenir Marie-Laure, cette maman atteinte d’un cancer qui a réussi à faire que ses enfants restent réunis officiellement au sein d’une famille bis choisie par ses soins sur place. Cela sur les articles «Marie Laure PICAT signe «Le courage d’une mère » le 17 mars 2009 et « Sophie Davant, Marie-Laure Picat, David Khayat » le 7 avril 2009.  

Même si pour les enfants de Marie-Laure il y a des propos à l’école pas toujours tendres en raison de la médiatisation qui dérange certains.

Sans ouverture médiatique, sans couverture médiatique, les enfants de Marie-Laure auraient sans doute été dispersés.

L’Aide Sociale à l’Enfance et les juges pour enfants non délinquants – les mêmes que pour les délinquants ce qui me semble inepte ! – ne débordent pas de délicatesse.

 

Indélicatesse subie par les deux fillettes de la maman citée dans l’article ci-dessous. Cette maman avait cru bon de faire confiance à d’autres pour ses enfants, le « bien » le plus précieux dont on ait à prendre charge et soin. Elle s'en est mordu les doigts   

 

Je cite intégralement l’article qui conclut en janvier 2005, dans le N° 43 de Société Civile, un dossier de fond  intitulé « Enfants placés : les « rapts » de l’administration ».

 

Le contenu de ce support, rencontré par hasard, n’a cessé d’être confirmé par des familles d’enfants non délinquant et non maltraités rencontrées depuis 2005 jusqu’à ce jour.

L’article est signé Laura Bernardi. Société Civile est au 5 rue Cadet à Paris (9 ème) tél 01 42 33 29 15 et http://www.ifrap.org.

 

« Un exemple de placement abusif à Orléans.

 

Corinne Vautier est médecin, maman de deux fillettes de 6 et 9 ans. Une famille unie qui vit tranquillement jusqu’au jour où Corinne, atteinte d’un cancer, veut protéger ses deux bouts de chou de leur papa, alcoolique. Très confiante en la République, elle prend contact avec le Juge des affaires familiales et le Juge des mineurs près du tribunal d’Orléans pour pour leur demander aide en cas de décès. Le Juge des mineurs de l’époque ordonne une AEMO (Assistance Educative en Milieu Ouvert). Cette prestation est fournie à Orléans par  l’Association Interdépartementale pour le Développement des Actions en Faveur des Personnes Handicapées et Inadaptées IDAPHI (une association chargée des personnes handicapées et inadaptées serait-elle compétente pour prendre en charge des enfants en risque ou en danger ? ). En un an, au lieu de deux interventions par semaine, cette assistance s’est réalisée en 4 fois une heure dans les locaux de l’IDAPHI.

 

De façon étonnante, au terme de cette année, l’encadrement de cette association – le directeur, le psychologue et l’éducatrice officiellement chargés de l’assistance des deux fillettes – rédige un rapport dans lequel il décrit Madame Vautier comme une maman possessive et fusionnelle, complètement perturbée et propose le placement des deux sœurs au village des enfants intitulé « Les Terres Blanches » (association fortement subventionnée pour le placement exclusif des fratries) nouvellement implanté dans la région. Comme par hasard, le placement de Charlotte et de Juliette est programmé à la même date prévue pour l’ouverture du centre en question.

 

Le Juge des mineurs en exercice ordonne le placement sans entendre les fillettes, encore moins les parents qui sont contre le placement. Le bras de fer entre les parents et l’administration (ASE et justice) commence.

 

Comme le village n’est pas encore fonctionnel, l’administration, en secret, place les deux fillettes dans une famille d’accueil durant tout le mois de juillet 2003 sans que la maman soit informée du lieu. Celle-ci engage même un détective privé pour retrouver la trace de Charlotte et de sa sœur.

 

Grâce à l’arrivée d’un nouveau juge des mineurs, Madame Vautier récupère ses deux filles 13 mois plus tard.

 

Cependant, l’épée de Damoclès reste suspendue sur la tête de cette maman traquée et de ses deux filles car le procureur de la République a fait appel de la décision du Juge.

 

Aujourd’hui, guérie de sa maladie, cette mère courage se bat pour ses deux filles. Ces dernières n’ont jamais accepté de vivre loin de leur mère.

 

La maman ne comprend toujours pas pourquoi l’administration veut à tout prix placer ses filles, pourquoi les différents magistrats n’ont jamais voulu écouter les gamines. Une affaire exemplaire.»

 

Attention ! Prudence ! Prudence !  Moins de 18 ans et plus !

 

Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr

13.05.2009

Décédés sous X

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Chaque année en France il y aurait environ 1 000 à 3 000 décédés sous X.

Qui sont-ils ?

 

Rien à voir avec les nés sous X.

 

Il s’agit là de personnes décédées sans que l’on sache aucunement leur identité, faute de papier présent. Une simple carte d’identité ferait l’affaire.

Dans une telle situation, selon les lieux, ces défunts – momentanément dépourvus d’un état civil qui pourtant existe – sont généralement soit inhumés en fosse commune ou carrément incinérés. 

 

Ce qui pose problème. Ou devrait en poser.

Il est heureux – si je puis dire – que Yann, fils disparu de Monsieur Serge B…, ait échappé à la fosse commune et à l’incinération. Il a bénéficié d’une inhumation individuelle dans le cimetière de la commune où il a été retrouvé. Sur le ballast de la voie ferrée.

Ce qui a permis, un jour, au père de ce jeune homme décédé accidentellement de retrouver le trace de son fils en 2006. Un fils inhumé alors bien loin de chez lui.

 

C’est en août 2000 que ce garçon disparaît à l’issue d’une rave-partie avec ses amis près de  Montpellier, venu de Bordeaux exprès pour cette nuit musicale. Il a prévu ce qu’il faut pour son retour. Or, le lendemain, ce jeune homme stable et bien dans sa peau s’est « évanoui dans la nature ».

Nuits sans sommeil pour le papa. Cauchemar indescriptible.  

Les gendarmes, prévenus, ne trouvent rien.

Le papa continue son enquête personnelle, y consacrant tout son temps libre, imaginant les pires évènements – secte ? prison ?

Recevant une amende SNCF pour un trajet de Montpellier vers Lyon de son garçon le lendemain de cette nuit musicale, le papa saisit les tribunaux correspondants de Montpellier et Lyon. Puis il saisit le tribunal de Nice où est retrouvé un jour le sac à dos du garçon. Démarches vaines. 

 

Le papa ne lâchant pas l’affaire a fait appel à une spécialiste des disparitions. Six ans plus tard, cette juriste  criminologue qu’il a mis sur le coup remonte le fil jusqu’à son garçon.

D'abord elle découvre que la SNCF a bien fait mention en août 2000 du corps d’un jeune homme trouvé le long des voies, tombé d’un train, tué par un autre train, défiguré et sans papier, cela en Bourgogne près d’une petite commune. Ce garçon, traité par la mairie avec respect, dispose d'une vraie tombe dans le cimetière de la commune de Lux. Où il a été inhumé anonymement toujours en août 2000.C’est cela être enterré sous X.

Un test ADN est fait en 2006 à la demande de la famille : c’est bien le fils disparu !  

 

Pas de miracle, pas d’intervention d’extra lucide, mais une personne qui reprend le dossier et l’examine feuille à feuille, trouvant dedans le nécessaire et suffisant pour retrouver la trace de Yann. Ainsi le papa  accède au village qui a su donner une sépulture convenable à ce "sans-papier involontaire". Lequel repose aujourd’hui près des siens dans le bordelais.

 

Des papiers étaient-ils dans le sac à dos resté dans le train ? Probable. 

Aucun enquêteur officiel, au cours des 6 ans, n’aurait donc pensé à faire un quelconque lien entre un enterré sans papier et des papiers esseulés ? Probable.

Ce qui m’ennuie est ceci : aucun prélèvement ADN n’est fait systématiquement pour un décédé sans papier afin de l’identifier ultérieurement.

Ce n’est qu’en cas de mort suspecte que la police a l’obligation de faire ce prélèvement. Sinon, l’impasse est possible.

Une mort accidentelle comme celle de ce jeune n’ayant pas été trouvée suspecte, il aurait tout aussi bien pu être « balancé  » en fosse commune ou incinéré. Dans ce cas non identifiable pour sa famille. 

 

Une enquête a été conduite pour déterminer les circonstances de la mort de Yann, décédé à 20 ans.

 

Combien de familles comme celles de Monsieur B…, peuvent être sans nouvelle d’un des leurs  décédés sous X  et dont on s’est débarrassé, sans précaution préalable, sans prélèvement  préalable d’ADN.  ?  Dont on s’est débarrassé comme d’une banale pelure de pomme de terre que l’on jette à la poubelle ?

Quelque part c’est indécent.

 

Qui connaîtrait un député susceptible d’interroger le gouvernement à ce sujet ? Après tout il ne s’agit que de décider d’un test ADN systématique, une inhumation respectueuse étant faite par ailleurs en attendant. 

Je n’imagine pas que le prix d’un tel test soit rédhibitoire. Pas si compliqué quand même de procéder dans tous ces cas à un prélèvement ADN pour faire ensuite le rapprochement avec les familles en recherche d’une personne disparue. C’est le sentiment de celui qui avait en 2000 des responsabilités dans la commune de Lux, pensant qu’ainsi beaucoup d’interrogations – 80 % - pourraient être levées.

 

Décéder sous X ne justifie pas d'être délaissé côté recherche identitaire. Voilà un cas où les tests ADN devraient être obligatoires à titre conservatoire, décès suspect ou pas.   

 

Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr

 

10.04.2009

Jean-Pierre Rosenczveig : juge pour enfants et ami

Il y a sur la page intitulée "index thèmes blog" les sujets récapitulés avec les jours où les trouver. Merci.

 

Tous ceux qui sont concernés par le sort des enfants qui passent entre les mains d’un juge des enfants seront intéressés par bobigny11octobre08 014.jpgle livre de  Jean-Pierre Rosenczveig. Paru en mars 2009 aux éditions Bayard il s’intitule « Pourquoi je suis devenu Juge pour Enfants ».

 

Pour 13 euros 50 on découvre  en 111 pages ce magistrat aux qualités humaines hors normes.

Dans le bon sens. Juge pour enfants et ami des enfants.

 

Qui ouvre le dialogue avec deux catégories de jeunes (p.64) le Procureur de la République faisant souvent office de gare de triage. En cas de délit, le juge pour enfants  Jean-Pierre Rosenczveig entre en scène s’il est saisi par le procureur de la République ou encore par la victime. Du côté des actes de délinquance, il est juste. Sévère si nécessaire. Il ne passe pas sur certaines frontières. Ainsi à Bobigny en 1992 pour un gamin il décide ; « La taule, direct » ce mineur ayant « mis un couteau sous la gorge de quelqu’un » (p.79).

 

En cas de mineur en danger, ce même juge peut se saisir directement du « cas » de ce jeune  

Je souhaiterais que tous les enfants qui peuvent avoir à faire avec la justice aient la « veine » de rencontrer une personne de sa qualité.

Un magistrat qui a les pieds sur terre, qui se remet constamment en question, qui privilégie le fond plutôt que la forme.

 

Ce qu’il préfèrerait toujours, quand il ne s’agit pas de délinquance, c’est d’avoir simplement à tenir la plume pour enregistrer officiellement le consensus familial obtenu par sa « médiation » autour d’un moins de 18 ans, non délinquant, qui est arrivé jusqu’à son bureau de juge pour enfants, l’avis de ce jeune étant écouté. Je sais, un vrai médiateur doit être totalement extérieur, mais bon, vous comprendrez j’espère ce que je veux dire.

Car, pas coïncé comme certaines ou certains, n’hésite pas à proposer de recevoir ensemble toute la famille – parents, grands-parents, bref tous les concernés de fait autour d’un jeune - si l’enfant en est d’accord pour un tour de table, ou plusieurs. Cela pour la recherche de la meilleure solution pour cet enfant.

Je cite page 101 : « Le bon juge pour enfants, c’est celui qui accompagne la vie, ce n’est pas celui qui prend des décisions. C’est un scribe social. »

Dommage que certain garçon – non délinquant, non maltraité - n’ait pas eu affaire à lui : il n’eut jamais été placé, évitant d’avoir son à venir « foutu en l’air » en l’écartant du cursus général pour lequel il était fait et où il était en collège. Sans parler du reste.

 

Le juge pour enfants est "le seul juge qui peut remettre en cause ses décisions deux minutez après les avoir prises, si de nouveaux éléments se manifestent" (p. 102). Pour un magistrat qui y pense et le fait, combien s'en abstiennent ?

 

bobigny11octobre08 003.jpgUne chose que j’ai découverte dans ce livre facile à aborder, un article du code civil qui oblige le juge à toujours trouver une solution : «  Article 4 de code civil : un juge doit toujours trouver une réponse à un problème. » (p. 36) et aussi toujours le même article : «le juge qui refusera de juger, sous prétexte du silence, de l’obscurité ou de l’insuffisance de la loi, pourra être poursuivi comme coupable de déni de justice » (p.35). Un juge pouvant être poursuivi, j’ai halluciné !

 

Un exemple pour illustrer la marge de manoeuvre d’un juge pour enfants. Ce que l’auteur dit choisir « d’inventer une réponse ». Eventuellement, la Cour d’appel contrôlera, puis la Cour de cassation, s’il le faut» (p. 36).  Il s’agit de l’IVG (Interruption Volontaire de Grossesse) et l’exemple mentionné n’est pas là pour faire une publicité de l’IVG. Juste un exemple.

Avec le vote de la loi de 1975, les mineures enceintes pouvaient avoir recours à cet acte avec accord des deux parents. Gardant en tête que l’autorité parentale est pour protéger l’enfant – pas le sanctionner – quand il estimait nécessaire de se substituer au père ou à la mère, Jean-Pierre Rosenczveig autorisait alors l’IVG. Direction l’Angleterre avec une éducatrice de l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance), institution vers laquelle la jeune personne s’était tournée. Depuis lors, en 2001, l’IVG est devenue plus simple légalement pour une mineure : accord d’un seul parent et accompagnement par une « personne majeure de leur choix » (p. 37). En clair, voilà ce qui est rédigé p. 36 : « Dans mes interprétations, il y a toujours une base juridique. Je ne me suis jamais mis hors-la-loi, du moins pas hors de la loi qui devait être votée. Je l’ai anticipée : elle a été votée après. Mais il faut parfois prendre des risques pour protéger les libertés des autres ».

 

Celui qui est aujourd’hui « un des quatre magistrats les plus importants de France dans le domaine de la justice des mineurs » (p. 103) précise page 28 : « Je n’ai jamais été membre d’un parti mais à travers le syndicat, oui, j’ai fait de la politique ». Il s’agit du Syndicat national de la Magistrature.

 

Jean-Pierre Rosenczveig  tient un blog, alimenté par l’actualité, où il écorne toutes les dérives injustes du côté des enfants et des droits de l’homme: http://www.rosenczveig.com

 

Il est le seul à s’être lancé dans la découverte de La Loi par les très jeunes et les adultes grâce à un jeu Place de La Loi, version junior ou/et version adulute, que je conseille aux écoles, aux ludothèques, aux centres d’animation et de loisirs d’acquérir. Les particuliers peuvent aussi l’acheter.  Pour cela joindre: APCEJ (L'Association pour la Promotion de la Citoyenneté des Enfants et des Jeunes) qui est 41 rue de la République 93200 SAINT-DENIS Tel 01.48.30.81.98 - Fax 01.49.33.00.29, mail: contact@apcej.com. Le prix est de 50 euros TTC version junior ou adulte, frais d'envoi de 13 euros; opuscule de 89 questions pour 5 euros. Pour commandes groupées consulter le sécrétariat.  

 

Il a fait beaucoup et fait beaucoup avec l’association DEI France, émanation chez nous de Défense des Enfants International. J'en suis membre. Section française,  41 rue de la République, 93200 Saint-Denis  T. 01 48 30 81 98  www.dei-france.org ; contact@dei-france.org

 

Vraiment un magistrat exceptionnel. Intéressant. Qui doit être aussi un grand-père formidable !

 

Vous l’avez constaté, je suis plutôt « fan » de ce président du Tribunal pour enfants de Bobigny.

 

Certes, je ne suis pas d’accord avec tous ses points de vue. Normal. On ne rencontre pas les mêmes jeunes. On se situe dans des axes différents de vie et de parcours professionnel.

Quand il fait un parallèle entre juge et médecine ou chirurgie, je note qu’il est toujours possible de changer de médecin ou de chirurgien si le contact ne se fait pas. Pour un juge des enfants il faut subir car tout est sectorisé. Or, on le sait, la part personnelle entre pour beaucoup en ligne de compte dans une décision. 

 

Un gros point commun cependant existe entre l’exercice de sa justice et de ma médecine : savoir accompagner. Ajouter au travail prescrit des arabesques non prévues, non obligatoires mais qui aident à changer les vies. Un exemple de l’auteur – que j’aurais pu écrire aussi - « tout à l’heure j’ai dit à un gamin : « Va voir le service éducatif. » Il me répond : « C’est où ?  » Je peux choisir de répondre : « En bas ». Je peux aussi descendre moi-même. » (p. 92)

Le magistrat continue « C’est ma façon de me conformer à la loi, qui impose au juge pour

enfants non pas une obligation de résultats, mais une obligation de moyens. Pour moi, le juge pour enfants ne doit pas se contenter de dire :« J’identifie un problème, je confie à un service compétent, et « affaire suivante » ». Certains le font. Moi, je considère qu’il ne faut pas en rester là. Si quelqu’un vient me voir avec un problème, certes je lui réponds :; « Allez taper à cette porte-là. », mais je passe aussi un coup de fil pour que la porte s’ouvre. » (p.93)

 

Les jeunes, je me rends compte n’avoir présenté qu’un petit peu du livre  « Pourquoi je suis devenu Juge pour Enfants ». Allez le découvrir. Il est important de mieux connaître un homme qui est très influent dans les décisions prises autour des jeunes et des jeunes dans la famille. D’accord ou pas avec certaines de ses prises de position, ce magistrat est un homme respectueux de tous les autres, respectable, sincère, aux actes en harmonie avec la pensée. Ce n’est pas si fréquent !

 

Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (photos archives personnelles : Jean-Pierre Rosenczveig à Bobigny lors du colloque national  le samedi 11 octobre 2008  pour le 10 ème anniversaire du Fil d’Ariane de Catherine Gadot, association aidant les familles d’enfants placés et leurs enfants : en haut en président - le 3 ème à partir de la gauche, plus bas en magistrat toujours joignable lors de la pause de midi)

Association agréée "jeunesse et d’éducation populaire" (arrêté n° 07-1894 du 8 juin 2007) sous le n° 93JEP07.086

05.04.2009

Karim ACHOUI Fondation : site internet !

Il y a sur la page intitulée "index thèmes blog" les sujets récapitulés avec les jours où les trouver. Merci.

 

Oyez ! Oyez ! Condamnés sans preuves, reprenez courage !

Le 18.2.2009 sur ce blog le billet « Karim Achoui: Fondation » donnait une information concernant les condamnés sans fot17.3.09 036.jpgpreuves qui représentent « près de 10% des détenus, soit 6300 personnes » (source Me Karim Achoui).

Même si la liberté ne va pas jaillir en instantané, du moins l’espoir arrive et le réconfort.

Suite à l’expérience douloureuse d’un avocat, Karim ACHOUI.

 

« Dans nombre de domaines rien ne peut remplacer l’expérience vécue », je l’écrivais le 3 avril dans le billet « Nojoud Ali et Latifa Bennari : même combat ! ».  

Il est certain que Karim Achoui, avocat, se serait bien passé de l’expérience vécue par lui à l’intérieur de la maison d’arrêt de Nanterre. Il a pu sortir libre après plusieurs lourdes et longues semaines, retrouvant le goût particulier de l’air extérieur, retrouvant son fils, retrouvant tous ceux qui l’ont soutenu dans cette épreuve.

 

Epreuve qui l’a conduit à mettre sur pieds une fondation pour aider les condamnés sans preuve, sollicitant l’aide de ceux qui le souhaitent qui peuvent toujours se manifester en

adressant leur CV à : karim.achoui@hotmail.fr. Cette fondation  - soutenue par des personnalités telles que kA4.2.09 020.jpgRoland Castro, Francis Lalanne, Francis Spiner, Jean-Marie Rouart, Karl Zero et aussi Patrick Dils innocenté après 15 ans de prison grâce au talent de Me Karim Achoui  - dispose maintenant d’un site Internet http://www.fondationkarimachoui.org.

Allez le découvrir si ce n’est pas déjà fait ! et regardez les dernières nouvelles ainsi que les personnes soutenues. Actuellement Khalid Naji, emprisonné à Dijon pour 8 ans pour « viol présumé entre époux » ; oui, supposé.

 

Deux autres nouvelles.

La parution bientôt de l’ouvrage écrit durant son séjour en prison par le « condamné sans preuve », Karim Achoui, lequel a su valoriser des heures noires en consignant au quotidien ce qui se passait derrière le numéro d’écrou à quoi il se sentait réduit.

La sortie au cinéma de « L’avocat à abattre », objet en septembre 2008 des foudres de MAM, Michèle Alliot-Marie, Ministre de l’Intérieur. Le livre de septembre, rédigé d’une plume alerte, agréable à lire a fait un tabac. Et j’ai pu entrevoir des fans de l’auteur, lors du récent salon du livre de Paris, alors qu’il dédicaçait le 18 mars 2009, au stand des éditions Le Cherche Midi, les pages éclairant ce qui avait failli lui coûter la vie.

 

La publication de son petit dernier va être guettée. On n’a pas tous les jours un avocat médiatiquement connu qui emploie son temps d’emprisonnement à un travail d’écrivain.  

Nul doute que cet ouvrage soit analysé, scruté, brandi comme un témoignage en direct, aussi porteur de vérités qu’un reportage filmé en caméra cachée.

 

Etre enfermé sans preuves, dur ! Etre enfermé alors que l’on sait n’être pas coupable, insoutenable !

 

Puisque les prisons débordent, est-il bien raisonnable d’y ajouter des personnes pour des faits supposés ? Supposer une chose n’est pas du tout la prouver ! 

 

Contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr (photos archives personnelles: en haut Me Karim Achoui le 18 mars au salon du livre de Paris dédicaçant « L’avocat à abattre » au stand des éditions Le Cherche Midi ; plus bas Francis Lalanne le 4 février joyeux de l’annonce de la libération de Me Karim Achoui). 

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