16.02.2008
La Vache Amélie
Pour les très, très jeunes qui ne maîtrisent pas la lecture, ce conte d'Anne-Marie Chapouton, extrait des "100 extraordinaires histoires du Père Castor" édition Père Castor. Une ou une qui sait la lecture, de moins ou de plus de 18 ans, peut prendre quelques minutes pour faire voguer l'imagination des petits.
"La vache Amélie n'aime pas gambader. Elle n'aime pas l'herbe sucrée des prés. Elle n'aime pas donner son lait...
La vache Amélie aime seulement regarder passer les trains, là-bas, au bout de la prairie...Les trains qui s'en vont dans le soir, qui s'en vont loin, loin, loin ...
- "Ah ! comme je voudrais voyager !" songe-t-elle en ruminant tristement.
Un soir, le train ralentit car le mécanicien pense à sa petite amie Jocelyne.
Alors Amélie se dit:
- "J'y vais !"
Et elle saute dans un wagon.
Comme elle est lourde, elle fait une belle dégringolade sur le tas de bûches. Puis elle se laisse aller en regardant les nuages défiler. Que c'est bon le vent frais entre les cornes d'une vache qui part à l'aventure !
La nuit tombe... Le train s'arrête dans une petite gare. Alors Amélie saute sur le quai, et s'en va visiter la ville. Les rues sont désertes. Amélie joue avec son ombre à la lueur des réverbères. Elle valse de joie, elle fait des entrechats de vache. Elle se voit dans les vitrines, et trouve qu'elle a l'air d'une vraie ballerine.
Dans le jardin public, elle fait de la balançoire. Elle se roule dans le bac à sable un petit moment. Mais un agent gardien de nuit l'aperçoit.
- "Une vache ! Viens ici, sale bête! "
Amélie s'enfuit. L'agent se met à siffler. Alors il sort des agents de partout, partout.
Pauvre Amélie ! On l'a capturée, et on l'emmène au zoo. Elle meugle dans la nuit.
On a mis Amélie dans la cage de Falo, le bison d'Amérique. Ils se racontent leur enfance, et pleurent tous les deux. Au petit matin, le gardien arrive. C'est l'heure de déjeuner.
Amélie et Falo regardent le gardien de leurs grands yeux tristes. Ils le regardent très très longtemps...Et, au bout d'un moment, le gardien soupire:
- "Ca va. D'accord !"
Et il leur ouvre la porte.
Amélie et Falo se sont enfuis très loin.
S'ils sont encore en vie aujourd'hui, vous les rencontrerez peut-être, sous un pommier ou au bord d'un étang, en train de se lécher le museau, car, bien sûr, ils s'aiment tendrement."
Rien n'empêche de laisser vagabonder sa plume ou sa voix a capella ou en s'accompagnant d'un instrument...
Pour imaginer un autre conte, une chanson nouvelle. Que sais-je...Y'a pas d'âge pour créer !
En avant !
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18:10 Publié dans conte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : A.M. Chapouton, père Castor, vache, imaginer, créer, fuite
07.02.2008
Les Aventures de Moustacha
Dans la famille Grochat, comme dans toutes les familles de chats, il y a un papa-chat et une maman-chatte. Il y a aussi trois petits chatons: Raoul, Eugène et Moustacha. Les parents sont très fiers de Raoul et d'Eugène. Il suffit de les caresser pour qu'ils se mettent à ronronner.
Mais Moustacha n'est pas comme ça. Il ne miaule pas, il ne sait pas. Il ne ronronne pas non plus. En fait Moustacha sait faire des tas de choses, mais ce ne sont pas vraiment des choses de chats: il danse très bien le cha-cha-cha et même le tango argentin.
Un jour papa-chat emmène Raoul, Eugène et Moustacha sur les toits.
-"Je vais vous apprendre à vous tenir en équilibre sur une gouttière."
Eugène et Raoul passent devant. Ils risquent un pas prudent, puis s'étirent de tout leur long et parcourent la gouttière à toute vitesse.
Papa-chat et Moustacha applaudissent. Puis papa se tourne vers Moustacha:
-"A toi, maintenant."
Mais qu'arrive-t-il à Moustacha ?
Il a le vertige et le voilà blanc comme un linge.
Papa dit d'un ton sévère:
-"Allons, Moustacha, fais un effort."
Raoul et Eugène chantonnent:
-"Na,na,na, c'est pas un chat, il ne sait pas marcher sur les toits."
Finalement papa redescend en portant à bout de bras un Moustacha tremblant de peur.
Pour le consoler maman-chatte met son disque favori. Moustacha danse le cha-cha-cha, et reprend ses belles couleurs.
Un beau matin, dans la ville, il y a tout un remue-ménage.
On a installé des hauts-parleurs. Une voix déclare:
-"Demain, dans votre ville, grand concours de cha-cha-cha sur la place du marché.
La très grande vedette Alphonse Choulala sera là. Venez vous inscrire !"
Le lendemain soir, sur la place du marché, les gradins sont noirs de monde. Sur la piste, les danseurs se trémoussent. Au centre, Alphonse Choulala, en habit chatoyant, est sûr de remporter le prix. il fait bonjour à tout le monde.
Bien vite, les danseurs commencent à se fatiguer. Bientôt, il n'en reste plus que deux, Alphonse Chalala et Moustacha. Moustacha danse à perdre haleine, Alphonse Chalala n'en croit pas ses yeux, il ne s'aperçoit même pas que son lacet est défait, et il s'étale de tout son long.
Le haut-parleur annonce le résultat:
-"Le chat Moustacha est déclaré vainqueur de notre grand tournoi de cha-cha-cha."
Depuis, Moustacha est devenu une étoile de la danse. Il fait le tour du monde, avec toute la famille Grochat. Il a appris à ronronner, mais il ne sait toujours pas miauler. Tant pis !
Ce conte de Christine Desmoulin est extrait du livre Mille ans de contes aux Editions Milan.
Il y a une morale bien au-delà de ce conte félin.
L'histoire de Moustacha peut illustrer un de ces élèves non conforme à la règle standard ou à la moyenne générale, sur le dos duquel les grands s'acharnent pour qu'il ou qu'elle soit autonome ! Généralement ce sont les garçons qui ont droit à ce traitement là.
Or cette autonomie tamponnée agréée par le système scolaire est la seule prise en compte. Tout élève autonome autrement est classé "pas bon pour le service! ".
Ce qui est une erreur grossière. Qui casse et nous prive d'êtres talentueux, normaux autrement, et qui comme le chaton de de conte disposent de capacités hors normes pour lesquelles ils sont bien plus qu'autonomes dès un jeune âge !
Les jeunes: apprendre à vous voir, à vous voir dans tous vos talents est important. Que l'école et tous ceux qui sont autour - parents et autres - n'oublient pas de vous accepter dans votre globalité entière !
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20:30 Publié dans conte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : C.Desmoulins, jeunesse, globalité, atypique, talents
06.01.2008
La Fuite en Egypte: légende de la Sauge
La fuite en Egypte et les miracles: la légende de la Sauge.
Tandis que les bourreaux du roi Hérode, féroces et tout couverts de sang, fouillaient la région de Bethléem pour égorger les petits enfants, Marie se sauvait à travers les montagnes de Judée, serrant le nouveau-né sur son coeur tremblant. Joseph courait à l'avant lorsqu'ils apercevaient un village, pour y demander l'hospitalité ou même un peu d'eau pour baigner le petit. Hélas, les gens étaient ainsi faits, dans ce pays si triste, que personne ne voulait rien donner, ni eau, ni abri, pas même une bonne parole.
Or, tandis que la pauvre mère se trouvait ainsi seule, assise au bord du chemin pour allaiter le petit, tandis que son époux menait l'âne à boire à un puits communal, ne voilà-t-il pas que des cris se firent entendre à peu de distance. En même temps, le sol trembla sous le galop des chevaux approchants.
- Les soldats d'Hérode !
Où se réfugier ? Pas la moindre grotte, ni le pluis petit palmier.
Il n'y avait près de Marie qu'un buisson où une rose s'ouvrait.
"Rose, belle rose, supplia la pauvre mère, épanouis-toi bien et cache de tes pétales cet enfant que l'on veut faire mourir, et sa pauvre mère à demi morte."
La rose, en fronçant le bouton pointu qui lui servait de nez, répondit:
"Passe vite ton chermin, jeune femme, car les bourreaux en m'effleurant pourraient me ternir. Vois la goriflée, tout près d'ici. Dis-lui de t'abriter. Elle a assez de fleurs pour te dissimuler..
- Giroflée, giroflée gentille, supplia la fugitive, épanouis-toi bien pour cacher de ton massif cet enfant condamné à mort et sa maman épuisée."
La giroflée, tout en secouant les petites têtes de son bouquet, refusa sans même s'expliquer:
"Va, passe ton chemin, pauvresse. Je n'ai pas le temps de t'écouter. Je suis trop occupée à partout me fleurir. Va voir la sauge tout près d'ici. Elle n'a rien d'autre à faire que la charité.
- Ah ! Sauge, bonne sauge, supplia la malheureuse femme, épanouis-toi pour cacher de tes feuilles cet innocent dont on veut la vie et sa mère, à demi morte de faim, de fatigue et de peur."
Alors tant et si bien s'épanouit la bonne sauge qu'elle couvrit tout le terrain et de ses feuilles de velours fit un dais, où s'abritèrent l'enfant Dieu et sa mère.
Sur le chemin, les bourreaux passèrent sans rien voir. Au bruit de leurs pas, Marie frissonnait d'épouvante, mais le petit, caressé par les feuilles, souriait. Puis, comme ils étaient venus, les soldats s'en allèrent.
Quand ils furent partis, Marie et Jésus sortirent de leur refuge vert et fleuri.
"Sauge, sauge sainte, à toi grand merci. Je te bénis pour ton bon geste dont tous désormais se souviendront."
Lorsque Joseph les retrouva, il avait de la peine à soutenir le train de l'âne tout ragaillardi par une vaste platée d'orge qu'un brave homme lui avait donnée. Marie remonta sur la bête en serrant contre elle son enfant sauvé. Et Michel, l'archange de Dieu, descendit des hauteurs du ciel pour leur tenir compagnie et leur indiquer le plus court chemin par lequel se rendre en Egypte, tout doucement,à petites journées.
C'est depuis ce temps là que la rose a des épines, la giroflée des fleurs malodorantes, tandis que la sauge possède tant de vertus guérissantes.
Comme l'on dit en Provence: "Celui qui n'a pas recours à la sauge ne se souvient pas de la Vierge."
Conte Provence, extrait de Légendes et récits du temps de Noêl. Jopseh Roumanille, repris par M. Toussaint Samat.
Bien sûr, il s'agit d'un conte. Les épines de la rose étaient déjà présentes, la giroflée peut sentir bon... question de goût et d'odorat. Mais comme toute légende elle éclate de merveilleux.
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13:40 Publié dans conte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fuite, égypte, sauge, rose, giroflée, Jésus, Marie
23.12.2007
Conte des frères Grimm
HARICOT, PAILLE ET BRAISE
Dans un petit village vivait une pauvre vieille femme, qui s'était ramassé un plat de haricots et voulait les faire cuire. Elle dressa son feu dans la cheminée et l'alluma avec une bonne poignée de paille pour qu'il brûle plus vire.Quant elle mit ses haricots dans la marmite, il y en eut un qui lui échappa par mégarde, et qui vint choir sur le sol juste à côté d'un brin de paille; l'instant d'après, c'était un bout de braise qui sautait du foyer et qui venait tomber auprès des autres. Le bout de paille entama la conversation :
-"Chers amis, d'où arrivez-vous comme cela ?
-La chance m'a permis de sauter hors du feu" répondit la braise "et sans la force de cet élan, c'était pour moi la mort certaine: je serais maintenant réduite en cendres.
-Je l'ai échappé belle aussi" répondit le haricot à son tour "car si la vieille m'avait jeté dans la marmite, irrémissiblement c'en était fait de moi et j'étais cuit avec les autres.
-Croyez-vous peut-être que j'aurais eu un destin plus clément ?" reprit le brin de paille. "Tous mes frères, la vieille les a fait passer en feu et en fumée: soixante d'un coup, qu'elle avait pris, auxquels elle a ôté la vie ! Moi par bonheur, je lui ai filé entre les doigts.
-Et maintenant, qu'est-ce que nous allons faire ?" demande la braise.
-"A mon avis" dit le haricot "puisque nous avons tous les trois si miraculeusement échappé à la mort, nous devrions nous unir en bons camarades et partir d'ici pour gagner un autre pays, afin d'éviter quelque nouveau malheur."
La proposition convint aux deux autres, et tous ensemble ils se mirent en chemin.
Ils arrivèrent bientôt devant un ruisselet qui n'avait pas le moindre pont, ni même une passerelle, et ils ne savaient pas comment passer de l'autre côté. Le fétu de paille eut alors une bonne idée et dit:
-"Je vais me coucher en travers, et vous pourrez ainsi passer sur moi comme sur un pont."
La paille, donc, se suspendit entre une rive et l'autre, et sur ce pont improvisé, la braise, avec son naturel ardent, s'avança hardiment, mais à tout petits pas pour ne pas renverser le fragile édifice. Arrivée au milieu, toutefois, en entendant le bruit que faisait le courant au-dessous d'elle, la peur la prit et elle s'immobilisa, n'osant pas se risquer plus avant; aussi le bout de paille commença-t-il à prendre feu, se rompant net par le milieu et tombant dans l'eau, entraînant dans sa perdition la braise, qui chuinta en touchant l'eau et rendit aussitôt l'esprit. Le haricot, demeuré prudemment sur lar rive, partit d'un tel fou rire en voyant cette histoire, et s'en tordit tellement sans pouvoir s'arrêter, que, pour finir il éclata. C'en eût été fini de lui pareillemment, si par bonheur un compagnon tailleur qui faisait son tour d'Allemagne ne s'était arrêté au bord de ce ruisseau pour se reposer. Parce qu'il avait bon coeur et l'âme secourable, le tailleur prit du fil et une aiguille et se mit aussitôt à le recoudre. Le haricot lui en fit ses remerciements chaleureux et choisis, comme on l'imagine: mais comme le tailleur avait utilisé du fil noir, c'est pour cela que, depuis ce temps là, tous les haricots ont une couture noire.
Conte de Grimm, extrait de 365 contes pour tous les âges de Muriel Bloch. Editions Gallimard jeunesse. Giboulées
Œuvre d'art originale datant du 19e siècle
L'oeuvre originale "Portrait des frères Jacob (1785-1863) et Wilhelm (1786-1859) Grimm" a été réalisée par l'artiste Jerichau-Baumann Anna Maria Elisabeth (1819 - 1881)
A VOS PLUMES ! ou encore A VOTRE CLAVIER ... au choix !
le 23/12/2007
contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr
20:30 Publié dans conte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : conte, Grimm, Gallimard, M. Bloch, haricot, braise, paille


