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précoce - Page 2

  • Témoignage NAT: Dominique

    En préalable, vous trouvez sur la page intitulée "index thèmes blog" les thèmes qui me paraissent les plus importants avec les jours où les trouvez, non classés pour l'instant en alphabétique    

    J'avais annoncé le parcours d'un ou d'une NAT (Normal Atypique ou " précoce " ou " à haut potentiel ") avec soucis divers. Voici le parcours de Dominique qui a vu sa précocité reconnue, après son Bac, à l'occasion d'un bilan pratiqué par une psychologue spécialisée de l'AFEP (Association Française des Enfants Précoces),Association agréée par le Ministère de l'Education Nationale, qui a le cèdre comme logo pour des raisons liées à son histoire. AFEP, 111 Boulevard Carnot, 78110 LE VESINET (France) Tél 33 (0) 1 34 80 03 48  - secretariat@afep.asso.fr; forfait de 120 euros pour un bilan complet.  cèdre AFEP.gif

    Dominique a vu le jour en Beauce où elle agrandi et habite toujours, avec de fréquentes incursions à Paris pour des expositions, conférences, etc....Voici ce qu'elle a écrit sur ce blog pour nous éclairer sur ce que sa "précocité" lui a fait vivre jusqu'à sa réussité au Baccalauréat à 21 ans (Dominique est née en avril).

    A la maternelle, je ne parlais pas à mes camarades et n'aimais pas leur compagnie à la cantine. Je préférais m'isoler pour méditer sur le sens de la vie. A l'école Primaire, j'avais des difficultés d'apprentissage de la lecture. Aussi, comme mon élocution était très bonne (je parlais déjà telle une élève de CE2), personne ne s'est préoccupé de mes difficultés. Mes parents ont alors pris la décision qui s'imposait: m'inscrire dans une école privée.

    En CM2, comme je n'avais pas atteint le niveau pour entrer en 6 ème, ma mère a évoqué avec l'institutrice la classe de SEGPA (= adaptation/retard, 6 ème 5ème en 3 ans). Les classes de SEGPA(=Section d’enseignement général et professionnel adapté) sont des lieux pédagogiques adaptés pour les élèves des collège de France présentant des difficultés scolaires graves, persistantes et durables. Or l'institutrice savait que cela ne me conviendrait pas. C'est pourquoi elle a répondu à ma mère que cette classe n'existait plus au collège où je devais aller. J'ai donc redoublé mon CM2, qui s'est très bien passé; j'avais gagné en autonomie. Ma moyenne générale avait vraiment augmenté, j'étais abonnée à "Sciences et Vie junior"; je suis allée deux jours au Futuroscope.

    Entrée en 6 ème, mon père a eu des problèmes de santé et ma grand-mère vivait avec nous. J'étais déstabilisée par cette situation. Je ne travaillais pas, mes résultats étaient très moyens. En 5ème, ma mère m'avait promis une nouvelle Game Boy à Noël si ma moyenne générale était au moins de 11,5/20. Fin du premier trimestre, moyenne 10,5, donc pas de Game Boy à Noël. Cette promesse a été renouvelée: " Tu auras ta game boy si tu as 11,5 de moyenne au deuxième trimestre ". Fin du 2 ème trimestre, moyenne générale: 11,5, gagné ! ... Enfin presque: "Tu vois que tu travailles mieux quand tu n'as pas de game boy ! " Je l'ai eu 1 mois après mon anniversaire, juste avant le voyage en Angleterre. C'est aussi cette année là que je me suis fâchée avec les mathématiques. Aujourd'hui, je sais que j'ai eu grand tort.

    Ma 4ème s'est plutôt bien passée, sauf en math. Le conseil de classe m'accordait le passage en 3 ème, mais le directeur a repris la feuille après pour demander un redoublement (je n'avais que 97/200 au contrôle continu en 4ème et les maths allaient être plus dures). Décision : passage en 3 ème à condition de prendre des cours particuliers de maths.  En 3ème, je travaillais énormément les maths, et moins le reste... Fin de l'année: "J'aurais jamais mon brevet n’ayant que 96/200 au contrôle continu obtenu avec la moyenne des classes de 4ème et 3ème". "En plus on passe une épreuve de maths ! "  Et alors surprise ! J'ai eu mon brevet, avec 67,5/120, et avec 26/40 en maths. Comme je ne me sentais pas prête à entrer au lycée, j'ai demandé le redoublement en exposant clairement mes raisons. Suggestion du conseil de classe "Et BEP ?" (=Brevet d’Etudes Professionnel). Ma prof. principale m'a dit: "Laisse tomber pour le BEP ! et redouble si tu veux. "

    J'ai redoublé ma 3 ème. J'étais le souffre-douleur de la classe, les garçons me jetaient des cailloux dehors ou des bouts de gomme en cours. Pour les autres élèves je ne devais ma culture et mon savoir qu'à cause de mes deux redoublements : dès que je disais quelque chose, ils répondaient " Oui mais moi j’ai pas redoublé DEUX fois ! ". De plus, je me suis ennuyée pendant deux trimestres à préparer le brevet que j'avais déjà. Puis, au 3 ème trimestre, au lieu de préparer ma seconde, j'ai été hospitalisée suite à un accident de vélo. Je suis sortie de l'hôpital un vendredi ; le mardi suivant, ma mère était hospitalisée. Deux jours après sa sortie de la clinique c’est sa mère - ma grand-mère qui vivait chez nous - qui est décédée. D’où une absence prolongée du collège, et plusieurs absences ponctuelles pour orthoptiste et orthophoniste afin de me remettre.

    Je ne sais pas quoi dire de ma seconde. Après le petit collège privé d’où je venais je me suis retrouvée dans un immense lycée public avec plein de bâtiments; le 1er jour je me suis trompé de bus pour rentrer chez moi, malgré un bus direct. Je suis en classe de seconde, option économie. Il y a 16 classes de seconde. Ma prof de français, ainsi que ma prof de physique ont souhaité émettre un avis favorable à l’issue du second trimestre pour mon passage en première littéraire. Les autres profs voulaient émettre un avis réservé. Du coup, j’ai eu un avis " favorable sous réserve ". En effet, mes profs de français et physique savaient que je serai démotivée avec un avis réservé.

    En première L, je ne veux parler à personne. En octobre deux filles sont venues vers moi et m’ont demandé comment je m’appelais et quel âge j’avais. Je ne les connaissais pas car nous n’étions pas ensemble dans la même classe de seconde. Après réponse, je pars. Je ai appris plus tard qu’une des deux a dit à sa copine : "Eh, Pourquoi elle a peur de nous et tout ? "  Je trouve les cours presque tous passionnants. Dans un lycée à dominance technologique et scientifique, l’emploi du temps est prévu pour que les littéraires aient une initiation à la philosophie, qui deviendra leur matière dominante en terminale. En première, nous avons aussi les TPE (Travaux Personnels Encadrés), pour nous préparer à une option facultative pour le bac et qui peut rapporter des points supplémentaires. Ils se font par groupe de 3 ou 4. Les jeunes filles susnommées sont prêtes à m’accueillir dans leur groupe de 4, mais les profs refusent : 5 c’est trop. Je fais donc mon TPE seule. J’ai choisi " représentation de la guerre ". Mon objectif est de comparer l’aspect historique de la 1 ère Guerre Mondiale avec ce qu’en donne la littérature ; cela avec 3 ouvrages de référence : 1. Parole de Poilu, ouvrage collectif. 2. Journal d’un Poilu d’Henri Laporte.3.Les croix de Bois de Roland Dorgelès. Travail non noté. Mais mon prof de Français m’indique que ce travail vaut 13 à 14/20 .En milieu d’année, les 2 filles d’octobre sont devenues des amies. Et le sont restées à ce jour. 

    Cette même année, de janvier à mars, je déprime, avec traitement pendant 1 mois. Dès la seconde je prenais plaisir à écrire des poèmes, en français ou en espagnol, langue que j’aimais beaucoup, bien que sans origine hispanique. En 1ère ça continue. Lors de ma déprime je montre au psychiatre lors du second ou troisième entretien un poème qui était très sensuel sur ma relation à la poésie. Et le psychiatre dit : " Pourquoi vous écrivez ça à la poésie et pas à un garçon ? Vous n’avez jamais été amoureuse ? " Je lui réponds : " Victor Hugo a dit que tout est sujet de poésie. " Ainsi, pour moi, on pouvait écrire sur n’importe quoi. Il réplique : " Oui mais quand on couche on prend pas n’importe qui. "Je n’ai pas vu le rapport. Je suis partie. Je n’ai jamais revu ce psy et heureusement pour moi. Ni aucun autre psy, d’ailleurs ! Quelques jours plus tard la déprime était fini, plus d’antidépresseurs. Mes poèmes sont devenus plus joyeux.

    Les épreuves anticipées de 1 ère arrivent : français, maths/informatique et enseignement scientifique regroupant physique et SVT .Quelques jours avant ces épreuves anticipées, je me lance dans une lecture passionnante du Candide de Voltaire dont j’estimais la lecture nécessaire pour une littéraire. Ma vie en est totalement changée ! Jour J des épreuves anticipées du Bac.Dans les médias, on ne parle que du Bac philo qui se déroule le matin pour les terminales. Mais personne ne parlait des épreuves anticipées de 1 ère qui commençaient l’après-midi même. Donc l’après midi : Maths/Informatique suivis de l’enseignement scientifique. Ecrit de français le jeudi. L’unique oral, celui de Français, suivant une dizaine de jours après.  Quelques jours avant l’oral, mon père décède de façon totalement imprévu. Je suis totalement déstabilisée. Dans ma famille, certains me disent : " A ta place, j’expliquerais la situation. " Je leur ai dit " Non, le prof de français nous a conseillé de ne surtout pas essayer d’apitoyer l’examinateur. " J’ai passé mon oral. J’ai lu mon texte en bafouillant, à part ça mon exposé était correct. Je découvre mes notes début juillet, pas trop nulles, à part le 6/20 à l’écrit de français : maths 6/20, ça va, enseignement scientifique : 11/20, pas de problèmes, oral de français : 13/20, pas mal !

    L’été est passé, je lisais beaucoup pour préparer ma terminale. J’était très enthousiaste à l’idée de reprendre les cours. J’étais devenue amie avec les deux filles qui étaient venues vers moi et dont j’avais d’abord eu peur. Des nouvelles élèves arrivent, dont une est devenue une grande amie. En terminale, il règne une mauvaise ambiance entre les élèves, et aussi entre les élèves et la prof d’espagnol, pourtant très compétente. A l’issue du premier trimestre, tout va à peu près, à part un 6.5/20 de moyenne en philo, mes notes n’étaient pas catastrophiques. Aussi, si je maintenais le cap, je pouvais même avoir mon bac à la fin de l’année. J’ai fait en octobre un voyage en Espagne, où j’ai visité l’atelier et la maison de mon artiste préféré : Salvador DALI.

    Début janvier, j’ai commencé à décrocher, à sécher les cours, à consommer des boisson alcoolisées. Je n’ai fait que des boulettes dans ce style. J’ai voulu changer totalement de look, j’étais devenu " fashion victim ". Aussi, par souci esthétique, je ne portais plus mes lunettes, j’ai essayer les lentilles, mais cela ne pouvait pas convenir à ma vue. Je suis restée environ six mois sans lunettes. Je ne comptais plus les virées shopping à Paris. Le conseil de classe avait écrit sur mon bulletin du deuxième trimestre : "ensemble inquiétant pour le bac " Là, je ne me faisais pas d’illusions, je savais que pour le bac, c’était fichu. Je ne me donnais pas les moyens de réussir. Après le vacances de printemps, je n’allais pas en cour ni le lundi, ni le vendredi après-midi, et les autres jours, c’était selon mon humeur. Je suis sortie en plein milieu d’un cours d’espagnol, surtout en raison de l’ambiance régnant en classe. Je faisais la gueule suite à un 8/20 en espagnol. Je range mes affaires et j’attends. Le prof me dit : " Faudrait peut-être sortir un papier et un crayon pour écrire ". Je dis : " Non. J’veux pas. " Alors une élève dit : " Si tu viens en cours c’est pour travailler. Sinon c’est pas la peine de venir. " . Moi : " Ah oui ? et bien puisque c’est ça je pars ! " ".La prof : " Mais Dominique, c’est pas moi qui vous met dehors. " Moi : " Non je sais mais j’pars quand même ". comme on dirait en espagnol, me marchò. Je ne remplissais plus de mots d’absence, ne sachant plus quoi inventer. Un vendredi après-midi, au lieu d’être en philo, je regardais sur ARTE " le magazine de la santé " Gérard Collard, libraire de l’émission, évoquait un livre : Dehors les p’tits LU de Anne Gintzburger journaliste et Monique Laborde. Infirmière de l’usine LU qui fermait à Evry . Y a pas moyen , il faut que je l’achète tout de suite : Sitôt acquis , je le dévore. Je me présente au bac en touriste, sans conviction. Mais, j’avais peur d’avoir la honte de ne même pas aller au rattrapage. Ouf, j’y suis, mais bon, avec 75 points de retard (le record était de 76) et je n’ai rien fichu de l’année. J’ai rattrapé 20 points.

    Je n’ai plus qu’à refaire une terminale. Alors je me lance dans la constitution de dossiers : relevés de notes, bulletins, lettres de motivation… Mon ancien lycée m’accepte. Je passe des vacances détendue, pressée d’avoir mon bac dans un an. A la rentrée, je réintègre une terminale littéraire, avec pour objectif le bac. Cette terminale s’est déroulée dans des conditions difficiles : mon jeune frère était violent avec moi, il a une fois déchiré ma dissertation une heure avant que je doive la rendre, je n’avais donc pas le temps de la recommencer. En janvier, alors qu’il faisait froid, le chauffage au sol de mon immeuble est tombé en panne, on se levait avec 12 degrés dans l’appartement... J’étais souvent en retard, parfois je séchais les cours. Mais, je bossais, enfin je travaillais juste un minimum, ce qu’il fallait pour avoir l’examen.

    Un jour, j’arrive au lycée et vais téléphoner depuis une cabine téléphonique. J’ai dit à ma correspondante : " Je te laisse, il faut que j’aille en cours ", mais, impossible de sortir de la cabine, j’étais coincé. Zut, que faire ? J’attend qu’il y ait moins de passage devant la cabine, la honte quand même. Je pensais téléphoner au lycée pour expliquer ma situation, mais un homme est passé devant la cabine téléphonique et je lui ai demandé de m’ouvrir. Mais, avec cette histoire, j’étais en retard. Je suis allée me faire un mot de retard, j’ai demandé quel motif je pouvais bien écrire. Les surveillants m’ont répondu que je pouvais écrire " sans motif " et que je verrai la réaction de mon CPE. J’ai opté pour la simple vérité, j’ai écrit texto : " Restée coincée dans la cabine téléphonique ". J’arrive à mon cours d’anglais, avec mon mot, la prof s’est mise à rire et tout le monde a fait de même. Evidement, personne n’a été étonné, ça ne pouvait arriver qu’à moi. Je remercie toutes les personnes qui m’ont apporté leur aide cette année là, (Bikète, Twinny…) qui a été positive puisque j’ai eu mon Bac enfin !

    contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr

  • NAT: Mes déboires avec les psy…

    En préalable, vous trouvez sur la page intitulée "index thèmes blog" les thèmes qui me paraissent les plus importants avec les jours où les trouvez, non classés pour l'instant en alphabétique 

    Après la naissance de mon frère, j'ai fait des crises de jalousie. Qu'est-ce qui n'était pas normal ? Bref, je me suis mise à écorcher les mots. J'avais 5 ou 6 ans, et je parlais déjà très bien depuis l'âge de 2 ans. Alors je suis d'abord allée voir une orthophoniste, qui ne pouvait rien pour moi, puisque je n'avait pas besoin de rééducation, c'était fait exprès.do 15.6.08.jpg

     

     Ensuite, j'ai consulté un psy, qui s'est simplement contenté de déclarer à mes parents : "Votre fille est folle." Ça fait toujours plaisir à entendre pour des parents.

     

     Enfin, mes parents ne savaient plus trop comment réagir avec moi. Et il ont entendu parler du CMPP ( centre médico psycho pédagogique. ), où j'ai d'abord vu deux ou trois psys pour un bilan. Ensuite je voyais régulièrement une thérapeute. J'ai changé environ trois fois de psy entre 7 ans et 15 ans. Ma dernière psy engageait la conversation avec ce simple mot : "Alors?". Ma réponse était claire, précise et toujours la même : "Alors rien !" Même si je parlais après.

     

    Pendant le primaire, j'allais au CMPP, par taxi - moyen élégant de creuser le trou de la Sécu, pendant les heures de classe. Ce qui m'énervait profondément : Pourquoi devais-je partir de l'école pour voir une psy ? Qu'est-ce qui n'était pas normal chez moi ? 

    Plusieurs fois j'ai souhaité laisser tomber, puisque je n'en éprouvais pas le besoin. Mais on me répondait que ça me faisait du bien, que c'était pour m'aider à prendre confiance en moi... Tous les jeunes de 13 ans ont-ils une confiance absolue en eux mêmes et en l'avenir ? J'avais des problèmes personnels, pas évidents à gérer : mon père avait de gros ennuis de santé, je ne pouvais plus disposer de ma propre chambre où se trouvait le lit médicalisé de mon père, ma grand-maternelle vivait à la maison ... Mais, dans mon esprit, tout ça ne regardait pas ma psy et je ne lui parlais que de mon travail scolaire.

    A 15 ans, entrée en troisième, dans un collège privé, je souhaitais être recevoir le sacrement de confirmation. Aussi, mon rendez-vous chez la psy devait avoir lieu en même temps que le catéchisme. Alors, là, le choix a été vite fait, j'ai arrêté la psyGRÂCE A DIEU, ALLELUIA ! 

     

    Au lycée, vers 18 ans, sur les conseils d'un professeur, je suis retournée consulter une psy, qui trouvait que je m'habillais en petite fille. Ce qui était absurde. En effet, avec ma forte corpulence, je mettais ce dans quoi je rentrais. Je portais une montre de petite fille, mais c'était une montre pas chère et qui me plaisait. Ne sommes-nous pas libre de nous habiller comme nous le voulons sans être jugés ?

     

    Un an plus tard, j'ai vu un autre psy, pour dépression. J'ai eu un traitement médicamenteux, bien évidemment, qu’en bonne rebelle, je refusais de prendre. Aussi, au cours d'un entretien, ce psy m'a tenu un discours que je n'ai pas compris : il a tenté d'établir un lien entre un poème sensuel sur mon rapport à la poésie, avec ce que – théoriquement - j'aurai dû ressentir pour quelqu'un, de l'amour. Pour moi, ce rapport n'existait pas, j'argumente en citant Victor HUGO, et le psy cherche à me répond par un argument vain et sans rapport. Deux jours plus tard, j'ai décidé toute seule que j'étais guérie ! Et je n'avais pas eu besoin de psy !

     

    J'ai appris voilà un an, que jamais je n'avais eu le moindre problème. J'ai revu une psychologue, mais qui me comprenait, avec qui le courant passait, et surtout elle m'a fait passer un bilan de compétences qui a révélé que j'étais simplement intellectuellement précoce.

     

    Je sais maintenant qu'en tant que précoce, je n'étais certes pas toujours comme tout le monde, mais que les psys ne pouvaient rien y changer, j'étais juste précoce, ce qui est une chance. Alors, pourquoi m'a-t-on pris la tête pour voir des gens dont je n'avais pas besoin ? Pourquoi ne laisse-t-on pas les précoces tranquilles ? 

     

    Une NAT (=Normal ATypique) ou précoce.

    contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr

  • Maurice Béjart: le corps libéré !

    Le départ de Maurice Béjart m'a touchée, comme il en a touché de nombreux autres dont ses élèves, quelque part ses enfants.

    Cet homme de notre temps a su utiliser ses talents et son savoir pour faire sauter les corsets qui enveloppaient quelque part le corps des danseurs. Il a libéré ces hommes et ces femmes pour qu'ils s'expriment, toujours au service de la musique mais en tant qu'eux-mêmes, avec les atouts de leur physique et leur ressenti personnel , déroulant une chorégraphie adaptée à un corps arraché à la pesanteur.

    Quant Béjart naît à Marseille en 1928, c'est un de ces enfants des hommes habité de la lumière très particulière de l'art et de la création. Le langage universel de l'art n'est confié qu'à quelques élus qui n'en sont pas propriétaires. Ces élites sont responsables de ce cadeau des dieux. Sans rien oublier de sa formation de danseur et de chorégraphe, Béjart va tout balayer avant de se mettre à édifier du neuf avec l'acquis dont il dispose, y adjoignant cette impalpable étincelle de grâce reçue du ciel. Intouchable et incontrôlable, sauf de celui ou de celle à qui elle a été confiée en dépôt pour son bonheur et celui de tous les autres. Son bonheur et parfois aussi de la douleur car il peut être dur de vivre involontairement décalé des autres.

    Béjart prend à bras le corps toutes les musiques et ordonne ou métamorphose la danse qui les entrelace. Il supprime les bornes et les dressages stricts destinés à copier fidèlement les schémas fixés antérieurs qu'il sent périmés. Qu'il rejette. Ce qui ne condamne pas pour autant les Ballets russes - pour exemple Le Lac des Cygnes de Tchaïkovsky avec l'influence chorégraphique d'un Marius Petipa - et ceux qui en sont les héritiers.

    Cet homme brillant dans de multiples domaines, déambulant sans souci au cœur de la majorité des arts pour tracer ensuite des pistes innovantes en chorégraphie, est sans doute venu au monde avec la perceptivité et l'hypersensibilité caractéristiques des "précoces". Outre les arts, c'est aussi un être à l'écoute, à l'écoute des pensées du monde. Béjart enflamme la scène par l'éclat de feu qui irradie avec intensité des corps souples, harmonieux, libérés… des danseuses et danseurs. Une Sylvie Guillem, un Patrick Dupont s'en remettent à lui. Les entraves dans la tête sont rompues, à l'unisson de la mise à mort des entraves physiques. Il libère aussi l'accès à la danse, la rendant accessible pour tous et non plus aux seuls balletomanes. C'est le miracle Béjart ! Danseurs et public qui vivent en communion des moments enchâssés dans la dimension particulière d'une méditation portée par la musique et la fluidité des corps.

    Tous les amoureux de la danse comprennent. Béjart a libéré corps, esprit et âme. Il ne nous laisse pas orphelins puisqu'il a insufflé un peu de son art à travers chacun de ses élèves ou des danseurs venus à lui et à qui il a fait partager sa "science", et le "pouvoir" reçu gratuitement pour un mieux être des autres et de lui-même

    Béjart homme de tolérance, homme d'empathie, homme de perfection, homme du monde entier. Béjart reste parmi nous. N'oubliez pas ! Les enfants de Béjart seront à Paris en 2008 ! Réservez vos places pour les œuvres proposées. Venez partager le feu spirituel de la création, venez partagez le souffle de l'essentiel dérobé à cet invisible pourtant bien réel !

    Et vous, aimez-vous ce qu'a apporté ce citoyen du monde, interrompu alors qu'il travaillait à Lausanne avec les siens au spectacle qui va être donné à Paris ? Aimez-vous Béjart ?

    A titre d'indication: Soirée Igor Stravinsky du 30 janvier au 3 février 2008

    Le tour du monde en 80 minutes du 7 février au 10 février 2008

    Au Palais des Sports, Porte de Versailles, Paris, 15 ème, métro Porte de Versailles, tél. 0825038039.

    Contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr.