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arash derambarsh - Page 3

  • Mélina Gazsi : scandale permis à points

    Les éditions Le Cherche Midi, en éditant ce témoignage, apportent un éclairage sur un sujet qui nous concerne tous. Petits, véhiculés par des adultes, autant que grands ; non possesseur de voitures dépannés par automobilistes secourables, autant que propriétaires d’un quatre roues.

     

    Mélina Gazsi, journaliste au monde, dans ce bilan témoignage d’environ 200 pages paru en ce mois de juin 2011, informe sans détour. Son livre, Les scandales du permis à points. Les abus et les pièges, est à disposition pour 14 euros 90. Il peut permettre un exposé, lors d'une prochaine année scolaire, en direction d’un auditoire attentif.

     

    Merci à Arash Derambarsh, directeur de collection au Cherche Midi, www.Cherche-midi.com, de me l’avoir signalé.

     

    Comme certains élèves, j’ai appris à conduire grâce à la conduite accompagnée. Une méthode intéressante pour être un conducteur attentif, prudent, sérieux.

     

    Quand le permis de conduire est en poche, ce permis devenu à points en France au fil du temps et des voisins européens, que peut-il se passer ?

     

    Beaucoup de choses, pas forcément les plus nobles, ni les plus justifiées.

      

    Ainsi les excès de vitesse. On comprend que les grands excès de vitesse puissent être sanctionnés. Que penser d’un dépassement minime hors agglomération en un espace ouvert avec visibilité, dépassement involontaire, sanctionné par un radar ?

    Par aileurs, une montée en puissance ponctuelle peut aussi éviter l’accident : tous les conducteurs le savent.

     

    La société est face à deux « évidences : celle qui constate que le risque zéro n’existe pas et celle qui rappelle que la vie humaine n’a pas de prix. » (page 17)

     

    En pages 19 et 20 on voit comment ont évolé les choses, avec un Georges Sarre qui, Secrétaire d’Etat aux Transports de 1988 à 1993, "choisit le poing pour mener la politique de sécurité routière. »

    C’est à  lui que l’on doit la transformation systématique de carrefours souvent non dangereux en des ronds points souvent hideux et sans aucune visibilité ; je les subis chaque fois que je voyage dans ma campagne de l'ouest.

     

    En page 51 débute un chapitre relatif aux radars « au banc des accusés ».

    Des outils à vérifier.

    L'opacité dans les procès-verbaux pour infractions routières fait du conducteur une  « vache à lait »

     

    La page 107 inaugure un chapitre au titre prometteur : Une question de société. Les exemples cités interpellent quant aux profils des conducteurs appelés à conduire sans permis c’est-à-dire avec un permis réduit à néant, points après points ôtés. « Ils ont entre 20 et 60 ans et ne sont pas étiquetés délinquants. Ce sont des femmes, des mères, des hommes et des pères, des chauffeurs de taxi, des commerciaux qui avalent des kilomètres de bitume tout au long de l’année. Il y a autant de cadres que d’ouvriers, de jeunes comme de moins jeunes …C’est monsieur et madame Tout-le-monde. Les spécialistes de la sécurité routière comme les forces de police l’attestent. » (page 113)

    Le permis à points, les contrôles multiples, les sanctions automatiques ont créé ces conducteurs sans permis, des « hors la loi, malgré eux ». (page 113)

     

    Page 135, après le dramatique drame de Chelles en avril 2011, un point essentiel est abordé : « moins de répression, plus de prévention ».

    « Boire ou conduire, un choix qui va de soi… » ressort-il d’un titre en page 138 ; avec en page 139 un peu d’ironie : « si les radars sanctionnent le excès de vitesse, petits et grands, ils ne sont pas encore capables de vérifier le taux d’alcool dans le sang. »

     

    Alors à quand l’éthylotest antidémarrage ?

    Il paraît que le coût en est élevé, « entre 1 300 et 1 600 euros l’unité - pour une installation en série. En Europe, seul le constructeur Volvo propose ce système sur ses S80, V70 et XC70 sous l’appellation d’Alcoguard. » (pages 141-142)

    Ceci étant en Haute Savoie un artisan carreleur, volontaire, contrôlé « pour conduite en état d’ivresse » a « accepté d’utiliser l’éthylotest antidémarrage ». Suite à quoi il a « préféré s’acquitter des 1 200 euros que coûte l’installation d’un de ces appareils plutôt que d’être privé de son permis de conduire pendant six mois. ».(page 141) Une décision évidente ! Alors, quand on parle d’un coût élevé, quel conducteur « trop alcoolisé » ou quel piéton rencontrant un conducteur « trop alcoolisé » ne voterait-il pas – en cas de référendum ou consultation de la population - pour des voitures équipées systématiquement d’éthylotest antidémarrage ?

     

    Une autre promesse de Georges Sarre était « la mise à disposition obligatoire d’éthylotests dans les débits de boisson dont la fermeture intervient entre 2 heures et 7 heures du matin. » (page 142)

    Rien, 20 ans après !

     

    Et encore : La vitesse, pomme de discorde page 146 ; La ceinture et le casque, couple royal de la sécurité page 159 ; La somnolence, une cause méconnue page 166.

     

    Pourquoi en parle-t-on si peu ?

    Alors que la mesure appropriée n’est pas coûteuse, à la portée de n’importe qui, facile à mettre en œuvre puisqu’il suffit de se reposer : pause ou sieste réparatrice.

    Car « Lors de la 11ème Journée du sommeil organisée par l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV) qui s’est déroulée le 11 mars 2011, la somnolence au volant a pourtant bien été identifiée comme étant la première cause d’accident sur autoroute, soi un accident sur trois. Selon les travaux des spécialistes, en cas d’endormissement, les conducteurs sont 30 % à poursuivre leur route et 8 % entrent en résistance, à coups de gestes inutiles. Car allumer la radio, fumer, ouvrir la fenêtre ou faire fonctionner la climatisation sont des remèdes à la somnolence aussi inefficaces que de boire un petit noir bien serré ou de s’arrêter dans les magasins des stations-service pour faire le plein de boissons énergisantes. En cas de coup de pompe ou de franche somnolence, rien de mieux que de s’accorder une pause et une sieste réparatrice. » (page 167)

    Pour moi, un tiers, c’est énorme. Pour une cause facile à éliminer.

     

    Un chapitre, instructif, court de la page 173 à la page 182 : Petit guide pratique à l’usage des automobilistes. Il informe sur Contester une amende forfaitaire pour éviter les retraits de points, Contester un retrait de points (recours gracieux et recours contentieux), Contester le retrait du permis de conduire.

     

    Après les pertes en points et en euros, l’auteur évoque Les 18 nouvelles mesures décidées lors du Comité interministériel de la sécurité routière du 11 mai 2011. (pages 189-192)

    Une Conclusion occupe les pages 193 à 199 ;

    Je pense que prétendre que l’assouplissement des règles du permis à points a augmenté le risque sur la route est une ineptie. On n’enquête pas. Comment alors brandir une cause a priori ?

    Ne pas débattre alors que la sécurité routière est l’affaire de tous est une autre stupidité.

    Focaliser sur les radars paraît une perte d’énergie qui serait mieux employée en signalant les zones dangereuses.

    La pédagogie est évoquée avec une sensibilisation des élèves de 80 lycées. Où est le bilan ?

    Le rôle négatif du téléphone ? Qu’en est-il ?

     

    Avant d’arriver, plus tard, à un permis de conduire européen, pourquoi ne pas « exiger un débat national sur la sécurité routière et une réelle transparence sur tous les domaines qui y participent. Une « cause sacrée » ne saurait manquer à ces obligations. »

    C’est sur ce vœu que s’achève ce livre. 

    A connaître !

     

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr

     

  • Roland Dumas, Coups et blessures

    Pour qui a envie d’un peu de familiarité tranquille avec un « compagnon » du pouvoir, ce livre de Roland Dumas arrive à point nommé.

     

    Coups et blessures délivre, en 19 épisodes, 50 ans de secrets en « mitterandie », de ceux qui peuvent être partagés.

     

    Cet ouvrage a été publié aux éditions Le Cherche Midi www.cherche-midi.comen mars 2011.

     

    Arash Derambarsh, Directeur du département politique et personnalités publiques au Cherche Midi, a apporté un concours efficace à cette réalisation. Et en conseille Ia lecture.

     

    Après avoir évoqué la canne de son père (épisode 1), des lieux « inspirés » - dont l’atelier du sculpteur Camille Claudel (épisode 2) et l’ombre de Mitterrand (épisode 4), l’auteur au début de l’épisode 7 « Au Quai, vive la rose » décrit comme suit sa position de débutant :

    «  En 1944-1945, je n’avais plus de père, pas d’argent, pas de relations, pas de caution d’un oncle ou d’un ami et j’étais plutôt voué à revenir au prolétariat qu’à m’émanciper dans la grande bourgeoisie Ma seule richesse était donc l’ambition. Je peux aujourd’hui confesser que cela ne suffit pas. Il est indispensable d’avoir des recommandations et des appuis. Avec des camarades, « nous déjeunions chez les bourgeois », comme on disait alors pour tenter de se faire un carnet d’adresses. Dans la liste des anciens élèves de Sciences politiques on repère beaucoup de particules. C’est un milieu conservateur où il est difficile de pénétrer. On regarde d’abord votre pedigree, voire vos armoiries. Moi, j’ai eu la chance de conquérir le Quai par le haut, en évitant les barrages et les humiliations. » (p. 199)

     

    Dans cette magistrale promenade d’environ 500 pages on côtoie les événements principaux des deux septennats de François Mitterrand. Pêle-mêle j’en extrais la Chine, le Cambodge, Latché, Kadhafi, Pasqua, l’Iran et la bombe atomique, Israêl, la Turquie, Rocard, Bérégovoy. Il y en a bien d'autres.

     

    L’épisode 16 traite de la guerre en Bosnie. Il met en scène Bernard Kouchner et Pierre Joxe.

     

    Le 17 parle de février 1992 avec le traité de Maastricht et ses conséquences. Il évoque les grands travaux. Et fait un zoom sur la peine de mort.

     

    Le 18 rend un son de tocsin. Avec pour titre « La cérémonie des adieux », il débute par la mort en mai 1992 de Philippe, frère cadet du Président de la République, avec promenade en terre charentaise. On est à la moitié du second septennat.

    L’auteur évoque sa dernière séance « sinistre » au Conseil des ministres. Il a « abandonné le pouvoir avec regret après neuf années d’action internationale intensive. » (p.455)

    Roland Dumas, « pour services rendus à la patrie », est nommé par François Mitterrand au Conseil Constitutionnel qu’il préside d’ailleurs de 1995 à 2000. Ce n’est pas rien, le Président du Conseil Constitutionnel étant le cinquième personnage de l’Etat. (p.469) Il est rappelé que le président du Sénat est positionné, lui, en second ; juste derrière le Président de la République qu'il remplace aux commandes du pays s'il est besoin.

    Et c’est sous la présidence de l’auteur au Conseil Constitutionnel qu’est votée l’irresponsabilité pénale du chef de l’état en cours de mandat. Une disposition qui me semble correcte.

     

    Le docteur Jean-Pierre Tarot, Marie de Hennezel, Roland Dumas et d’autres accompagneront avec leurs aptitudes respectives les derniers moments de François Mitterrand qui s’éteint le 8 janvier 1996 à son domicile.

     

    Que devient l’auteur en ces jours ?

    Voici ce qu’il livre page 493 au début de l’épisode 19 « Les potins de la République » :

    « Je ne fréquente plus le monde politique qui me désespère par son conformisme et son manque d’audace, à gauche comme à droite » L’auteur enchaîne sur le constat d’une « débauche de déclarations qui débouchent sur des lois inappliquées parce qu’inapplicables ». « Je préfère désormais le commerce des artistes, des écrivains et des vieux amis ou, mieux encore, aller à l’opéra.

    J’aime déjeuner par exemple avec un écrivain ou faire la connaissance du rappeur Abd Al Malik à qui j’ai remis le prix Edgar-Faure au Sénat pour son ouvrage La Guerre des banlieues n’aura pas lieu. » (p.493)

     

    Pour tous ceux intéressés par le fonctionnement du pays où ils vivent et par sa place au sein des autres nations le livre de Roland Dumas est porteur de connaissance.

     

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr

     

  • Sihem Souid, Anne-Marie Engler : Omerta, police

    Arbres,A&A12.1.11,Omerta 086.jpgJe conseille de guetter la venue sur Dailymotion du plus récent Café littéraire et sociétal d’Anne-Marie Engler, dans le cadre des cafés d’Annecom, qui accueillait le jeudi 13 janvier 2011 Sihem Souid, l’auteur d’Omerta dans la police, paru aux éditions Le Cherche Midi. Arash Derambarsh,  Directeur du département politique et personnalités publiques chez cet éditeur des personnalités politiques et publiques, m’en avait dit le plus grand bien. Avec raison.

     

    Sihem Souid est née à Monastir.

    Après un travail dans une société de surveillance, le sauvetage d’une amie par la police sert de révélateur et la guide pour embrasser la profession de policier. Cette vocation est un appel – du latin vocare : appeler.

     

    Sihem Souid est bonne, pour ne pas dire excellente. Concours réussi, notes et appréciations au mieux lui permettent d’intégrer le 1er septembre 2006 la PAF d’Orly, Police de l’Air et des Frontières, dont les agents sont en général « triés sur le volet ».

     

    C’est sur ce terrain d’activités que Sihem  Souid va découvrir que cette profession embrassée par choix ne dispose pas toujours, pour la servir, de personnes assez respectueuses des autres à contrôler. Qu’il y a des discriminations. Du racisme. Etc…

     

    Elle s’en étonne. Se demande pourquoi tous les citoyens de la planète terre ne sont pas également contrôlés puisque les lois et dispositions qui régissent ces contrôles sont les mêmes pour tous et toutes.

     

    Sihem Souid n’attaque jamais l’institution. Elle se contente de dénoncer avec vigueur des comportements qu’elle estime injustes ou aberrants. Elle raconte l’histoire de cette femme, retenue, mise en cellule, intégralement déshabillée et filmée telle que. A quoi ? à qui une telle offense sert-elle ? en dehors du fait d’humilier cette personne ?

    On apprend qu’il est recommandé aux policiers de la PAF de ne pas parler du droit d’asile possible aux Individus Non Admis sur le Territoire, les INAT; Sihem Souid passe outre.

    Des enfants servent de cibles. Ils sont « retenus » s’ils se trouvent hors espace Schengen, à tel point que même le quai d’Orsay se plaint de ce zèle excessif !

     

    Les personnes ne sont plus des individus mais des « bâtons », utiles pour une promotion si l’action va dans le sens souhaité.

    Des passeports sont falsifiés, pour justifier après coup d’une mesure de rétention décidée par erreur.

    A l’inverse, lors d’un passage officiel et annoncé de journaliste, des consignes sont données pour que tout se déroule au mieux; ainsi 2 palestiniens se retrouvent en sécurité en 30 minutes.

     

    Des policiers sont présents lors de ce café. L’un d’eux, dans la police depuis 1978, note que la police reflète l’image de la population. Il y a des filtres lors du recrutement pour éviter les dérives.

     

    Rendez-vous sur Dailymotion pour la vidéo. Rendez-vous sur les pages d’Omerta dans la police, ouvrage qui est, à propos de certains comportements dénoncés par Sihem Souid, une application pratique de Indignez-vous de Stéphane Hessel, évoqué ici le 13.1.2011 par « Indignez-vous ! Stéphane Hessel, Indigènes ».

     

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (photo du café archives personnelles)