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  • Arielle Adda et le QI : « précoce » ? gavé ?

    A propos de la mesure du Quotient Intellectuel, QI, la psychologue Arielle Adda consacre un chapitre du livre écrit avec Hélène Catroux « L’enfant doué, L’intelligence réconciliée » paru chez Odile Jacob en 2005.

    Arielle Adda signe seule ce chapitre qui s’intitule « Reconnaître l’enfant doué  », aux pages 14 à 33.

    Elle rappelle que la notion de QI date de 1904 quand le gouvernement s’était adressé à Alfred Binet pour « définir une échelle permettant de repérer, parmi les enfants qui semblaient « anormaux  », ceux qui pouvaient néanmoins être scolarisés » (p.16)

    Ainsi est né le Binet-Simon, Théodore Simon ayant participé à l’aventure.

    D’autres tests ont été conçus, dérivés du même principe.

    Aujourd’hui, après test, on dispose de 3 chiffres : un QI verbal, un QI performance, un QI complet – moyenne statistique des 2 précédents, ce qui précise Arielle « laisse nombre de parents perplexes », ces parents maîtrisant plutôt la moyenne arithmétique non prise en compte ici.

    Tout ceci est expliqué clairement par la suite.

    Arielle Adda pose alors la question clé : «  Pourquoi mesurer le QI ?  ».

    Elle rappelle que « la mesure du QI reste à peu près identique si l’on fait à nouveau passer un test quelques années plus tard. Une chute importante est l’indice d’un profond malaise qu’il faut traiter en urgence ». (page 23)

    Elle poursuit par « Il est à mon avis impossible d’évaluer avec certitude les capacités d’un enfant si l’on ne pratique pas un test de QI. Cela ne signifie pas pour autant que le chiffre obtenu reflète avec exactitude toutes les possibilités de cet enfant, mais il donne un ordre de grandeur. C’est même là l’intérêt majeur d’un examen psychologique bien mené, qui prenne également en compte le test de personnalité et vise à tracer de l’enfant un portrait aussi complet que possible. » (pages 24-25)

    Suivent des lignes sur « Le paradoxe du don ». Sur des enfants fonctionnant avec un QI de 150 qui concerne moins de 1 % de la population. Même au-delà de 150 ces enfants là ne sont pas repérés si facilement. Certains pourront, plus tard, devenir des artistes reconnus.

    Avec « Un portrait sans nuance » Arielle Adda rétorque au propos souvent entendu « Un enfant intelligent s’en sort toujours » que ceci est faux.

    Elle rappelle une sorte de maltraitance infligée à l’enfant « soupçonné de précocité », « capable d’encaisser les remarques les  plus dures » « destinées à l’aider ». Ceci existe encore aujourd’hui. (page 27)

    Mai 68 a sonné le glas pour un temps des tests.

    Et Jean-Charles Terrassier, en souci du devenir des « précoces », est très seul quand il fonde uns association pour les soutenir, puis publie en 1981 « Les Enfants surdoués ou la précocité embarrassante ».

    Sophie Côte, principale du collège du Cèdre ai Vésinet, fonde en 1981 l’AFEP, Association Française des Enfants Précoces, et fait accélérer les choses.

    Une chance que certains journalistes – pas tous ! - aient été de ces enfants là ! Ce qu’ils entendent fait alors écho à des blessures passées et « Ils se font alors les relais zélés du sujet, qu’ils contribuent à mieux faire connaître ».(page 32)

    Des irréductibles demeurent. Notamment ceux qui prétendent que ces enfants sont des êtres « gavés  »  de connaissance, aidés par certains médias.

    C’est méconnaître totalement les enfants doués, ce qu’ils sont, comment ils fonctionnent.

    Les tests font d’ailleurs aisément la différence.

    Ainsi les jeunes doués « approfondissent avec passion les domaines qui leur tiennent à coeur et en ignorent parfois résolument d’autres, moins attirants à leurs yeux ». L’enfant doué « est curieux d’esprit, et, une fois qu’il est apprivoisé et qu’il se sent suffisamment en confiance pour oser se comporter avec naturel, sans crainte d’être mal compris, il ne réprime plus ses remarques originales et drôles ni ses idées révolutionnaires ».

    Au contraire, les enfants gavés « exercent leur mémoire et empilent les connaissances sans en privilégier aucune ». Le jeune gavé « reste bien conforme et d’une sagesse un peu surprenante ».

    Arielle Adda termine avec ces journalistes, de moins en moins nombreux, obstinés à « croire que l’enfant doué présente des caractéristiques extraordinaires, anormales, proches de la pathologie, dont le meilleur exemple serait le calculateur prodige ou celui qui connaît l’annuaire par cœur. Et ils demandent très naturellement au téléphone qu’on leur en donne un « spécimen » pour une émission de télévision ». (page 32)

    Ce n’est pas Arielle Adda qui le clame mais moi : ils ont tout faux !

    Pour information Arielle Adda reçoit à Paris dans 6 ème arrondissement.

    Moins de 18 ans, non précoce ou précoce, appréciez-vous ! Vous avez tous quelque chose de différent et de bon à vous apporter les uns aux autres !

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr

  • "Précoces » entre eux

    Les "précoces", on l'oublie souvent, sont des personnes hyperperceptives, hypersensibles, aptes à être blessées intensément par des propos peu amènes quand ils sont  dans l'ignorance d'une différence alors inexpliquée pour eux.

    Se savoir « précoce » permet de lever un doute sur son fonctionnement. D’être soulagé en apprenant, avec les conclusions d’un test de QI, Quotient Intellectuel, que l’on est normal, simplement atypique dans son fonctionnement par rapport à la majorité imposante qui vous environne.

    Je reviens sur cette question, primordiale pour les enfants « précoces » ainsi reconnus dans leur différence et toujours soulagés de savoir d’où venait cette différence qui pouvait les gêner, les embarrasser.

    Une différence qu’ils ont ressentie eux.

    Une différence que les autres, autour d’eux à l’école ont ressentie également, en en faisant parfois payer le prix.

    On peut ainsi observer deux groupes au niveau d’une même classe primaire : un groupe opposé au trop différent en fait précoce, et à l’inverse un groupe favorable à ce très différent. Ce dernier groupe dispose à sa tête d’un leader, un meneur gentil et souvent costaud qui mobilise la moitié de la classe, au minimum, pour venir au secours du « précoce » à la différence trop marquée. Ce chef musclé et plein de bonhomie est, sans le savoir, lui-même « précoce » mais de manière moins voyante. Entre « précoces », on se "sent", on se soutient aussi.

    Ce cas existe.

    Les 2 garçons cités anonymement sont amis depuis toujours. L’un, le malmené, a été identifié comme « précoce » dès l’âge de 8 ans, déclarant alors « Je suis soulagé. Je suis normal ! ». L’autre, leader défenseur, vient de l’être à 16 ans.

    Amusant, tous les deux fonctionnent avec un QI de même chiffre.

    Voilà donc pourquoi ces deux-là se sont toujours reconnus, appréciés, ainsi qu’une petite sœur également dotée, et d’autres dans les deux familles. Et des amis et amies autour.

    Des familles harmonieuses de "précoces" existent, j'en ai rencontrés.

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr

     

  • Lycéenne « précoce » maltraitée

    Le 15 juin 2010 le billet  «Enfants doués, « précoces »,  « surdoués » » évoquait ici l’avancée pour les jeunes concernés au niveau de l’Education Nationale. Un autre le 19 rapportait l'interview de Jeanne Siaud-Facchin.

    En parallèle, j’apprenais ce qui suit.

    A 48 heures du jour où elle est convoquée pour passer l’épreuve anticipée de Français du Baccalauréat, une élève de classe de 1 ère est scandalisée d’être, en quelque sorte, mise au pilori.

    C’est une élève moyenne, obtenant dans toutes les matières une moyenne sur 20 de 12,25 à 12,50. Bien assez pour un passage en classe supérieure, celle de la terminale clôturée par le sésame qu’est le diplôme du Baccalauréat.

    Cet après-midi là elle est furieuse, contrariée qu’elle et ses parents soient placés devant la nécessité de signer une sorte de contrat pour un suivi particulier décidé par les enseignants pour sa terminale et qui va la contraindre à se présenter et se représenter aux autorités pour justifier ce qu’elle fait et pourquoi et comment elle le fait « telle une délinquante » dit-elle à la personne du CDI, Centre de Documentation et d’Information, à laquelle elle se confie.

    Pourquoi ?

    Facile. Cette lycéenne, sans difficulté particulière, appartient à la cohorte des Normaux Atypiques sans le savoir. Sans que les enseignants en aient été effleurés.

    Pour les apprenants et pour l’élève il traîne encore dans leur tête qu’être « surdoué » ou « précoce » doit systématiquement correspondre à des notes élevées, des résultats brillants. Pas à ces notes modestes autour de 12/20.

    Ils ont tort.

    D’ailleurs ce pourquoi cette élève va être signalée sur une liste spéciale – traitement jugé déshonorant par l’intéressée – est l’expression même de cette caractéristique : un comportement différent, en bordure, qui – en bref - ne plaît pas. Pas des troubles avérés du dit comportement à l’école. Juste un peu de bavardages en classe.

    Non née dans une famille au courant, cette lycéenne n’a pas été testée. Les parents n’en auraient d’ailleurs pas les moyens.

    Et c’est donc allégrement, sans se poser la moindre des questions, que les « autorités » ont décidé d’une mesure blessante et totalement inadaptée.

    La personne du CDI, une « précoce » confirmée, a bien essayé de panser cette douleur exprimée face à un sentiment d’injustice toujours très fort chez les jeunes, plus intense encore chez les « précoces ». Elle a été écoutée, sans qu’une contre mesure soit possible pour des raisons de temps trop court. La convocation a lieu là, maintenant, ce mardi. Le Baccalauréat de Français se déroule jeudi dans un autre lycée de la ville et la lycéenne ne reviendra pas à son lycée avant la rentrée de septembre.

    A ce moment là, oui, quand elle repassera au CDI, la responsable pourra lui signaler quelques livres contant la précocité, sa précocité. Deux essentiels pour moi parus l’un et l’autre chez Odile Jacob : celui co-écrit par Arielle Adda et Hélène Catroux « L'intelligence réconciliée », celui de Jeanne Siaud-Facchin « L’enfant surdoué ». Deux documents susceptibles de l’éclairer sur ce qu’elle est. De la rassurer aussi.

    Question : pourquoi sait-on au CDI ce que le corps enseignant semble ignorer ? Réponse : à cause de la « précocité » de la personne qui gère le CDI ; Entre « précoce », on le sait, on se reconnaît, on se « sent », on se perçoit. Nul besoin de tour de passe-passe miraculeux ou de test.

    Dommage ce dérapage ! à l’heure où l’Education Nationale est en plein effort pour ces enfants là !

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr