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santé solidarité - Page 4

  • Patrick Pelloux défend les patients

     

    n1493063539_9818.jpgJe viens de lire sur Facebook un interview du Président de l’Association des Médecins Urgentistes de France, AMUF, qui peut concerner quantité de personnes. Je l’ai partagé aussitôt sur mon profil, indiquant ceci à Patrick Pelloux : « Impossible d'arrêter d'écrire et de dire, Patrick ! Je relaye cet entretien sur mon blog ». Ce que je fais.

    Il est important d’être informé. Et pour cela d’avoir un urgentiste qui ose dire et qui ose intervenir.

    Patrick Pelloux est bien placé, comme Président de l’AMUF, pour dire ce qu’il observe et vit dans un travail qu’ilimages (1).jpg aime et où il déploie toutes ses capacités.

    Cet interview est paru dans le Quotidien du Médecin du 30 octobre 2009.

    « Le président de l’Association des médecins urgentistes de France juge avec sévérité les récentes évolutions du statut de praticien hospitalier. Attaqué en justice par la police pour diffamation, il réclame par ailleurs une clarification des relations policiers-pompiers-urgentistes.

    LE QUOTIDIEN – La police vous attaque nommément en justice pour diffamation, ainsi que les journaux « Charlie Hebdo » et « Le Canard Enchaîné » auxquels vous avez collaboré, dans l’affaire « Mupapa » (voir « le Quotidien » du 3 février). Comment réagissez-vous à cette mise en cause?

    Dr PATRICK PELLOUX – Un commandant de police a effectivement porté plainte contre moi; j’ai été entendu la semaine dernière par la police judiciaire. L’affaire « Mupapa », il faut rappeler les faits, avait scandalisé l’AMUF et le monde de l’urgence : en janvier dernier, à Château-Thierry, un urgentiste de l’hôpital, le Dr Mupapa, avait examiné à la demande de la police un patient en état d’ébriété et délivré un certificat de non-admission. Quelques heures plus tard, en cellule de dégrisement, le patient avait fait un arrêt cardiaque. Arrivé au commissariat avec le SAMU, le même Dr Mupapa a été empêché de délivrer des soins au malade par le commissaire qui a interrompu sa manœuvre de réanimation au prétexte qu’il était le responsable de l’état du patient, ayant signé le certificat de non-hospitalisation.

    Cette affaire révèle un état d’esprit. De plus en plus, la police semble vouloir se mêler de la médecine. Le commissaire a porté plainte contre moi pour dénonciation par voie de presse mais dans cette affaire, il a quand même empêché un médecin urgentiste de sauver un homme qui est mort.

    Se pose aussi la question des relations des acteurs du secours. Depuis 2007, nous avons travaillé au sein du « comité de coordination des urgences médicales et des secours »; un référentiel « d'organisation du secours à personne et de l'aide médicale urgente » a été annoncé en grande pompe par Roselyne Bachelot. Et puis? Nous attendons toujours que cela débouche sur du concret. Il faut clarifier les relations entre la police, les pompiers et les urgentistes! Ceci rejoint la problématique de l’accès aux soins des prisonniers car là aussi, une meilleure organisation est nécessaire. Nous, médecins, ne sommes pas là pour juger mais pour soigner!

    LE QUOTIDIEN : Vous avez, avec d’autres spécialités « à garde », créé en 2007 une Fédération de la permanence des soins hospitalière. Les dossiers que vous défendez dans ce cadre avancent-ils?

    Dr PATRICK PELLOUX : Il ne se passe rien. Pire, la loi HPST [Hôpital, patients, santé et territoires] et ses décrets d’application sont en train de détruire et d’enterrer définitivement le statut de PH. On dépèce la bête. La situation des praticiens se dégrade; à l’intérieur de l’hôpital, le pouvoir appartient désormais à la technostructure et elle s’en est emparée avec un esprit de revanche. Les médecins étouffent. Je ne suis pas contre une organisation où chacun est dans son rôle – je pense d’ailleurs que les médecins ne sont pas faits pour faire de la gestion – mais l’hôpital se trompe d’échéance et de management. Le bras armé n’y est plus le savoir mais la comptabilité. On crée des usines à gaz et des usines à harcèlement dans les hôpitaux publics.

    Pour parler de la PDS en particulier, nous repartons sur une organisation qui ressemble à celle d’il y a vingt ans, on va à fond… en arrière! Tout va devenir de l’urgence or ce n’est pas du tout comme ça que les choses fonctionnent. Nous nous sommes battus pour structurer l’urgence, pour faire un bon maillage et que se passe-t-il aujourd’hui? Des cliniques choisissent leurs urgences, leurs horaires… Les malades vont en pâtir et ceux que l’on va montrer du doigt seront ceux qui font les gardes de nuit, la PDS.

    LE QUOTIDIEN : Y compris les médecins de ville?

    Dr PATRICK PELLOUX : Les médecins généralistes, il y a des endroits où ils sont tout seuls. On ne peut évidemment pas leur demander d’être de garde 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Il n’y aura donc de fonctionnement que coordonné.

    LE QUOTIDIEN : Quelles sont, aujourd’hui, vos revendications?

    Dr PATRICK PELLOUX : Nous vivons une période inédite. Je n’ai jamais vu aussi peu de dialogue social, autant de mépris pour les syndicats et pour ceux qu’ils représentent. Comment va-t-on soigner la population si, outre les contraintes horaires et les risques médico-légaux, nos métiers ne sont plus du tout attractifs? Il y a quelques semaines, un interne s’est suicidé dans un hôpital parisien. Des médecins se suicident! 75 % des urgentistes souffrent de burnout. Je demande à Roselyne Bachelot d’organiser une réunion sur le sujet de la pénibilité du travail à l’hôpital public.

    PROPOS RECUEILLIS PAR KARINE PIGANEAU »

    Burnout des urgentistes, suicides de médecins.

    On ferait quoi sans soignant ? Sans urgentiste quand il y a besoin ?

    Sur ce blog, le 12 mai 2008, sous le titre « Urgences ! Patrick PELLOUX «  j’ai parlé du livre de Patrick « Histoire d'Urgences » qui témoignage de la triste actualité du manque général de moyens au niveau des hôpitaux.

    A lire ! A faire connaître !

    contact:françoiseboisseau@wanadoo.fr (illustration : couverture du livre Histoire d’Urgence, Patrick Pelloux)

     

     

  • Faux médicaments : tous en alerte !

    bénargou.jpgArte, le 3 novembre 2009 au soir, a délivré un reportage instructif. A faire frémir. Suffisamment convainquant pour que ceux et celles qui seraient encore tentés de passer commande sur le Net de médicaments y renoncent.

    Le risque est grand d’avoir affaire - dans le pire des cas - à des produits toxiques, avec effets secondaires indésirables ou graves ou entraînant carrément des décès.

    Au mieux les acheteurs auront payé pour une crème dermatologique, obtenue par le Net, qui n’est rien d’autre que de la vaseline, donc un produit sans aucun effet pour soigner une peau malade.

    Il y a des faussaires de talent. Des circuits mafieux. Avec ou sans blouse blanche.

    Le faux médicament peut rapporter autant que le commerce de drogues dures, avec beaucoup moins de risques.

    Un médecin américain a ainsi dirigé tranquillement, jusqu’à son interpellation à Lyon en 2008, un réseau; incarcéré en Sarre il a depuis lors regagné les USA pour y être jugé.

    J’ai sursauté – intérieurement – avec le rappel filmé d’une affaire qui avait résonné dans l’actualité de début 2008. Une mauvaise héparine avait alors failli coûter la vie à des patients au bloc opératoire en pleine chirurgie cardiaque. Comme plusieurs patients, en cours d’opérations, se trouvaient mal dans les mêmes conditions - en gros la minute suivant l’injection d’héparine - les chirurgiens allemands – l’Allemagne a su éviter la mort pour ces patients là – ont magnifiquement réagi au quart de tour, décidant d’utiliser une autre héparine. Il s’est avéré que le matériel de base de fabrication de l’héparine incriminée était contaminé. La fabrication de l’héparine se fait pour l’essentiel en Chine, à partir d‘intestins de porc. Il s’est avéré après enquête que le problème était l’adjonction à l’héparine de sulfate de chondroïtine, substance toxique capable de mimer, lors des tests de contrôle, l’effet anticoagulant attendu de l’héparine.

    Toujours en Allemagne cette même héparine, employée lors de dialyse rénale, a failli être cause d’autres catastrophes. Là encore les médecins allemands ont été bons.

    Aux USA, par contre, il y a eu plus de 80 décès à déplorer pour la même héparine.

    Certains n’hésitent pas, à propos des fabricants faussaires qu’ils dénoncent, à parler de « tentative de meurtre à grande échelle ».

    Evidemment Interpol est sur le coup. A chaque saisie des douanes – des saisies aléatoires- il y a toujours quelque chose de trouvé.

    Il est montré que la découverte par certains de « faux » médicament et leur dénonciation leur a valu des menaces des faussaires, et de devoir redémarrer à plus de 50 ans une vie professionnelle.

    Le documentaire a été réalisé par Walter Harrich et Danuta Harrich-Zandberg et est accessible quelques jours sur Arte.

    Un débat associe ensuite les invités suivants : Hendrik Jan De Jong : Président Commission Européenne de Pharmacopée, Philippe Bernagou : Directeur Général de la Fondation Pierre Fabre, Günter Hanke : Président de l’Ordre des pharmaciens du Bade-Wurtemberg. Il est disponible aussi quelques jours.

    Un des trois responsables – l’un parlait allemand, les deux autres français – est Philippe Bernagou – Directeur Général de la Fondation Pierre Fabre qui a apporté de la clarté par quelques évidences simples. La traçabilité des médicaments était plus facile à suivre quand il n’y avait qu’une ou deux fabricants pour une substance active donnée. Quand on passe de 1 à 2 à 60 ou 70 on augmente la difficulté du suivi. La multiplication des intermédiaires – du fabricant, au grossiste en médicaments, jusqu’à l’officine augmente aussi la possibilité d’inclusion de « faussaires ».

    L’Europe, pour chaque principe actif, dispose d’un cahier des charges, une monographie par médicament qui permet pour les fabricants qui le respectent d’assurer sécurité et qualité basiques, quels que soient ces fabricants.

    Malgré les verrous européens de protection, il est toutefois impossible, nous dit-on, de disposer d’une garantie de sécurité à 100%. Y compris au niveau des officines, répond un responsable allemand, le risque étant cependant ultra faible.

    Le prix, élevé, des nouveaux médicaments est évoqué.

    Cependant, en matière de malfaçon, le risque est majeur en matière de médicaments car c’est un choix entre la vie et la mort. La vie ne mérite-t-elle pas de payer un prix plus élevé pour disposer de médicaments sûrs ?

    Je parle ici de médicaments vitaux, pas des médicaments consommés abusivement voire inutilement comme le dénonce Sauveur Boukris dans son livre « Ces médicaments qui nous rendent malades » paru aux éditions Le Cherche Midi http://www.cherche-midi.com, présenté ici le 10 juin 2009 sous le titre "Arash Derambarsh et Sauveur Boukris au chevet des citoyens".

    Monsieur Bernagou rappelle qu’après la proposition de médicaments dits de confort sur le Net – de confort c’est-à-dire accessoires – on assiste depuis quelque temps à des propositions de médicaments, indispensables pour certains malades. L’attraction a lieu pour un produit moins cher au détriment de la sécurité. Toutefois un médicament n’est pas un produit comme un autre.

    La contrefaçon en matière de mode n’a pas les mêmes conséquences que la contrefaçon en matière de médicaments. La contrefaçon n’a rien de neuf. Les producteurs de produits contrefaits cherchant à imiter les vrais médicaments ont en tête le profit, pas forcément la mort des consommateurs. Qui, cependant, arrive.

    Aussi vendre des médicaments contrefaits n’est pas un délit mais un crime, qui produit des dizaines de milliers de morts en Asie, en Afrique. Et maintenant des morts en Europe où il serait bien que les sanctions soient harmonisées.

    A propos de l’héparine qui a causé des dégâts en milieu hospitalier il est précisé que l’ajout d’un ingrédient indésirable à l’héparine avait néanmoins permis de passer les tests de la pharmacopée pour valider le produit.

    Autrement dit si les contrefaçons sont présentes sur le Net pour 95 % des produits qui nécessitent une ordonnance en Europe, elles se faufilent aussi dans les circuits dits surveillés.

    La contrefaçon a 1.000 visages.

    Philippe Bernagou indique que 60 % des médicaments antipaludiques sont des contrefaçons. Grave problème pour les pays qui en ont besoin.

    La Fondation Chirac, en association avec la Fondation Pierre Fabre, assure le développement à Cotonou d’un Laboratoire National de contrôle de la qualité des médicaments qui, à terme, permettra un contrôle des médicaments au Bénin et pour des pays alentour. Ce Laboratoire National entrerait, à terme, dans les laboratoires référencés par l'Organisation Mondiale de la Santé, OMS.

    Vouloir des médicaments sûrs est avant tout une décision politique.

    Il est important de rendre au pharmacien sa compétence dans la chaîne du soin.

    Il est important d’éduquer, d’informer les consommateurs pour que leur choix ne soit pas dangereux.

    Quant à vous les jeunes, résistez aux propositions alléchantes de médicaments sur le Net. Vous risquez d’y laisser la vie. Alertez aussi les plus âgés que vous !

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (23 février 2009 à gauche Philippe Bénargou à Cotonou avec un responsable du médicament)

  • Acné : vigilance !

    Je n’ai rencontré aucun jeune sans souci d’acné à un moment ou à un autre. La molécule d’isotetrinoide est rentrée dans la vie de certains.

    Je vois ce jour 2 garçons, élèves de 1 ère, touchés – pas très sévèrement selon moi – mais gravement selon leur ressenti à eux qui seul compte. A tel point que ces sportifs, en bonne santé, se refusent à fréquenter la piscine. Par peur d’exhiber des boutons d’acné dont ils sont honteux. Un comportement identiques pour ces deux-là, qui ne se connaissent pas, l’un vivant à Paris, l’autre dans les Yvelines.

    Pour l’un d’eux au moins l’acné est devenu si insupportable qu’il a consulté accompagné de sa maman un dermatologue, les soins usuels n’y suffisant plus.

    S’en est suivie la prescription de la pilule miracle à base d’isotetrinoide – Curacne, Procuta, Contracné et autre.

    Sur les forums de discussion où l’on échange à propos de cette pilule anti acné, les jeunes évoquent certains effets secondaires – une longue liste d’effets indésirables ou de contre indications étant d’ailleurs signalée sur notice par les laboratoires.

    Beaucoup louent son effet miraculeux.

    Loin de moi de doucher cet enthousiasme compréhensible.

    Juste un avis de vigilance. Une vigilance que certains dermatologues appliquent pour guetter des effets secondaires graves apparus chez des jeunes sans prédisposition particulière.

    En effet des suicides ont eu lieu – réussis ou ratés – ou encore le meurtre d’un dermatologue prescripteur, événements liés pour les parents ou les proches des jeunes concernés à la prise de cette molécule d’isotetrinoide. Des jeunes décrits sans fragilité particulière.

    Les conséquences sur le psychisme ne sont pas occultées par les vendeurs de cette pilule miracle contre l’acné.

    Mais, à mon avis, c’est à chaque famille lors d’une prescription de ce type d’entrer en vigilance. J’ai cru comprendre qu’une dermatologue dont un jeune client était décédé avait observé des répercussions sur le mental des jeunes chez 1/3 d’entre eux. Ce qui est beaucoup.

    Un pompier de Nice, Daniel Voidey dont le fils s’est suicidé brutalement en raison de troubles apparus à la suite de la prise d’anti-acné, après enquête sur d’autres cas, s’est lancé dans une action en justice avec un maître du barreau.

    Qu’elle aboutisse ou pas ne change rien à la nécessité présente d’être attentif et prudent.

    Aucun médicament allopathique n’est anodin. Aucun n’est sans risque.

    Dans une prescription il y a toujours une balance bénéfice/risque.

    Quant un anti-cancéreux est prescrit, il va de soi que le bénéfice attendu est supérieur au risque encouru.

    Ici, contre une acné qui le plus souvent passe avec le temps, à chacun de voir.

    Et de surveiller ou faire surveille ses changements d’humeur par son environnement familial ou amical lors de la consommation de ce restaurateur de belle peau.

    Les jeunes échangent sur la prise d’une pilule contraceptive en cas d’isotetrinoide source de malformations fœtales et sur d’autres points. Les perturbations possibles du psychisme ne sont pas à négliger.

    Aucune honte à être vigilant !

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr