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Lèpre 27,28, 29 janvier 2017

Quête dans la rue ces trois jours. 

Raoul Follereau (1903-1977) a su mobiliser il y a 70 ans pour lutter contre la lèpre. Un combat mené sans subvention, financé par les dons et par une Journée Mondiale, la 64ème cette année. Quinze mille quêteurs bénévoles seront présents dans la rue.

Pourquoi parler de la lèpre ?

Parce que depuis dix ans cette maladie infectieuse, due à Mycobacterium leprae (ou bacille de Hansen) bactérie responsable de la lèpre, ne régresse pas. Chaque année 211.000 nouveaux cas sont dépistés dans le monde dont 20.000 cas concernent des enfants.

Pourquoi ce maintien de la lèpre ?

En raison de l'existence d'un réservoir animal. Après recherches le tatou été trouvé responsable de la transmission à l'homme. La même bactérie a été retrouvée, en effet, chez le tatou et chez l'homme. Le tatou peut être, en certains lieux, un animal de compagnie. En Guyane il peut faire partie des repas.

Il y a quelque temps la bactérie de la lèpre a été trouvée chez des écureuils roux en Grande Bretagne. Pour l'instant, il n'a pas été constaté de transmission à l'homme.

En dehors du réservoir animal, la lèpre peut se transmettre de personne à personne.

La lèpre serait une maladie très ancienne. Au Moyen Ange, les lépreux étaient exclus. Aujourd'hui cette exclusion demeure. Et une épouse, atteinte, peut être touchée par un divorce.

Le signe de la lèpre est dermatologique : on observe une tâche qui modifie la couleur de la peau et cette tâche est insensible en raison de l'atteinte des nerfs. Après dépistage un traitement gratuit pour le malade est donné pendant six mois pour une forme simple, pendant douze mois pour une forme plus compliquée. Ainsi la personne est soignée, guérie, réinsérée. Dès la première prise du traitement qui associe des antibiotiques, le malade cesse d'être d'être contagieux pour autrui. Les premiers traitements sont apparus vers 1980.

Ce dépistage suppose un système de soins structuré un minimum, des médecins et infirmiers formés. Les équipes de dépistage se rendent sur place dans les villages, au plus près des habitants, avec des véhicules tout terrain, des motos, des bicyclettes, des pirogues.

La lèpre met au moins 5 à 10 ans avant que les premiers signes cutanés apparaissent. Puis, si le malade n'est pas soigné au stade cutané, des conséquences graves apparaissent : atteinte des yeux la paralysie des nerfs empêchant de fermer les paupières, paralysie des doigts et des orteils toujours par atteinte des nerfs entraînant une perte d'usage puis une perte de doigts et d'orteils.

Coût. La formation des médecins et des infirmiers a un coût. Quant au coût par malade il est de 18 euros pour un dépistage. Si le dépistage est positif, un traitement est donné qui coûte 100 euros pour six mois. Lors d'un stade plus avancé les chaussures adaptées, pour prévenir infection et amputation, coûtent 24 euros. A un niveau encore plus sévère la personne peut avoir besoin d'un tricycle pour lui offrir mobilité et dignité – aller au marché par exemple ; le coût est de 85 euros.

Il existe trois stades de prévention :

La prévention primaire évite tout contact avec la bactérie.

La secondaire est celle du dépistage fait le plus tôt possible suivi d'un traitement pendant 6 à 12 mois, en revoyant le malade pour s'assurer qu'il n'interrompt pas le traitement en cours de route. Cet accompagnement évite l'apparition de résistance suite à l'interruption du traitement.

Au stade tertiaire, le malade a des séquelles, une invalidité, et le tricycle lui permet de rester actif.

L'Inde est un des pays restant le plus touché

Les missionnaires ont été très présents auprès des lépreux en Afrique. A signaler Mère Eugenia, supérieure des soeurs missionnaires de Notre Dame des Apôtres qui, en 1939, conçut et réalisa, en lien avec Raoul Follereau, une léproserie à Adzopé, près d'Abidjan en Côte d'Ivoire, pour que ces malades cessent d'être abandonnés à eux-mêmes et à leurs souffrances. Un belge, le père Damien, choisit de vivre seul avec des lépreux à Hawai sur une île où il décéda de la lèpre en 1889.

La Fondation Raoul Follereau est très présente en Afrique. Au Bénin, tous les malades ont accès aux soins. L'hôpital de Pobé, au Bénin, pris en charge par la Fondation Raoul Follereau, effectue maintenant grâce à un laboratoire équipé sur place le diagnostic de la lèpre sur les prélèvements faits. Alors qu'auparavant les prélèvements étaient envoyés à la Faculté d'Angers. A Pobé, une autre maladie, l'ulcère de Buruli causée par une autre mycobactérie est prise en charge.

Raoul Follereau avait, à quinze ans, débuté sur le plan de la communication en déclarant alors "Vivre c'est aider les autres à vivre", à Nevers dont il était natif. C'était en 1918 lors d'une cérémonie à la mémoire des victimes de la guerre. Il est en relation avec Edmond Rostand. Après un cursus de philosophie et de droit à la Sorbonne, il devient avocat puis journaliste, développant des activités culturelles variées en France et à l'étranger. En 1930, promouvant en Amérique du sud la culture française, il traverse la cordillère des Andes à bord d'un avion de l'Aéropostale que pilote Jean Mermoz. Il admire Charles de Foucauld. Découvrant un jour l'exclusion des lépreux, sans traitement et repoussés de tous, il décidé de soutenir, en 1942, le projet de léproserie de Mère Eugenia à Adzopé. Sa femme sera associée à sa lutte contre la lèpre et il écrit en 1966 "La plus grande chance de ma vie, ce fut ma femme (...) C'est à deux seulement qu'on est invincible".

Raoul Follereau n'a pas été le premier à s'engager aux côtés des lépreux. Mais son engagement a permis de faire connaître largement leur situation et de lever des fonds pour les aider. Engagement toujours tenu aujourd'hui. 

Si vous les rencontrez cette fin de semaine, essayez de réserver aux quêteurs contre la lèpre un accueil sympathique. Puis faites selon votre souhait.

Contact : f.boisseau@hotmail.com

 

 

 

Commentaires

  • Merci beaucoup excellent article ! Je recommanderai

  • J'aime beaucoup.
    Albert

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