Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Georges Prêtre un échange, un soir !

Georges Prêtre (Waziers 1924-2017 Navès), vrai chef, vrai homme, est parti vers d'autres cieux !

Après l'île de Tromelin tirée d'embarras par l'action du député du Tarn Philippe Folliot UDI, bien vivant et agissant en association avec Laurent Furtz député du Bas-Rhin LR et Gilbert Le Bris député du Finistère PS, voici une autre figure bien connu du Tarn qui, elle, s'est éclipsée le 4 janvier 2017 depuis sa propriété de Navès, son port d'attache quand il n'assumait pas une direction d'orchestre.

J'ai eu le privilège de rencontrer ce chef, très sollicité de par le monde, notamment par la très exigeante ville de Vienne en Autriche où il est merveilleusement étonnant lors de certains concerts du nouvel an, étant toujours en pleine forme alors qu'il dirige la marche de Radetzki sur laquelle se termine, usuellement, cet événement musical viennois.

C'est à Paris qu'eut lieu cette rencontre dans le 9ème arrondissement. Je reçus, ce soir là, un double cadeau du ciel. D'abord en voyant en action, autrement qu'en direction d'orchestre, Georges Prêtre, alors qu'il présidait une réunion consacrée à l'oeuvre de Francis Poulenc. Puis en pouvant lui parler tranquillement. Car, suite à la réunion concernée, lors de l'aimable dégustation qui suivait permettant aux personnes présentes d'échanger, nous nous sommes retrouvés isolés tous les deux, en tête-à-tête sans l'avoir cherché. Et là, Georges Prêtre m'a spontanément évoqué deux choses : son enfance, à la campagne, dans le Nord près de Douai, avec un départ très matinal, une heure plus tôt que les autres écoliers, pour un cours qu'il souhaitait, dans le froid de l'hiver, mais débordant de motivation et poussé par cette énergie qui ne l'a jamais quitté ; de là il est venu à me parler de sa direction d'orchestre, indiquant qu'il le conduisait, cet orchestre, en le chevauchant, le serrant entre ses cuisses tel un cavalier son cheval, les rênes devenant sa baguette, cela en imposant à cette entité énorme son énergie physique, guidant chaque exécutant par son ressenti affectif, conduisant chaque musicien note après note, accord après accord, par sa compréhension fine de la partition jouée et par la connaissance intime de l'auteur. Cela fonctionnait très bien. Et quand on sait que Maître George Prêtre était ceinture noire de judo, d'une part, cavalier accompli, d'autre part, cela faisait sens.

Jamais je n'oublierai cette soirée et l'échange offert – un présent imprévu du ciel ! - avec cet homme talentueux, humble, heureux (c'était avant 2012 et son fils Jean-Reynald était en vie), une personnalité très bienveillante pour tous. L'échange s'est arrêté sans heurt, un admirateur venant donner au maestro un disque très ancien qui intéressait Georges Prêtre.

Sa fille, Isabelle Prêtre, philosophe et écrivain, est l'auteur de « La symphonie d'une vie » 2013, livre consacré à son père.

C'est en entendant de la musique à l'âge de 7 ans que Georges Prêtre a su que son travail, sa vie, serait au service de la musique - tout comme le jeune Rudolf Noureev eut la révélation, très jeune, de la musique et de la danse.

Convaincu de la voie à suivre, Georges Prêtre apprend au conservatoire de musique de  Douai, proche de chez lui, le piano et la trompette. A 15 ans il est au conservatoire de Paris, apprenant l'harmonie avec Maurice Duruflé, proche d'Olivier Messiaen et d'André Cluytens qui le conduira à s'orienter vers la direction d'orchestre. Il aime toutes les musiques dont le jazz et reçoit un premier prix de trompette en 1944. En 1946 il obtient à Marseille, de Jean Marny, son premier emploi de chef d'orchestre, et il épouse en 1950 la fille de Jean Marny soprano.

Un lien très fort existe avec Francis Poulenc dont George Prêtre enregistre quasiment toutes les oeuvres. Il crée, en particulier, en 1959 "La voix Humaine", avec Denise Duval (décédée le 25 janvier 2016 et interprète inoubliable, selon moi, de Blanche de la Force dans "Le dialogue des Carmélites").

Georges Prêtre est présent en France, créant en 1962 à Paris l'Opéra d'Aran de Gilbert Bécaud. Il crée en 1988 la Symphonie n°4 de Marcel Landowski et inaugure l'Opéra Bastille en 1989. Il reçoit une Victoire de la musique classique comme chef d'orchestre en 1997.

Très demandé à l'étranger, il dirige des orchestres prestigieux. Ainsi à Milan, à Londres, à Stuttgart, Chicago, Londres, San Francisco, à New York et, bien sûr, à Vienne. C'est Herbert von Karajan qui lui demande de venir en ce haut lieu de la musique pour la première fois. Une première fois suivie de nombreuses autres directions. Cette entente "viennoise", cette union, sera toujours forte, intime et durable entre la ville, ses habitants, ses musiciens et Georges Prêtre. Ce très grand chef, apprécié de tous, dont de Boulez, de Maria Callas et de tant d'autres, donne à Vienne, en 2016, ce qui s'avérera être son dernier concert, dans la magnifique salle du Musikverein, conduisant des oeuvres de Strauss, Beethoven, Offenbach et Ravel. Fin 2016 Erato lui a consacré un coffret de 17 CD. Et Georges Prêtre était programmé en 2017 à la Scala de Milan.

Dans le Tarn, Navès est le lieu d'enfance de son épouse, Gina. En ce village où il avait installé sa famille, Georges Prêtre a établi sa dernière demeure terrestre, regretté des habitants ses voisins et près de son fils.

La "toile" permet l'accès à davantage d'informations sur la vie et les concerts de Georges Prêtre. On peut le voir, par exemple le 1er janvier 2010 en Autriche, diriger l'Orchestre Philarmonique de Vienne lors du traditionnel concert du nouvel an, l'entendre sur disques, etc...

Je ne peux que dire, aux jeunes ou moins jeunes, de suivre leur voie dès qu'elle est connue, dès que le message personnel les concernant est transmis et compris. Un des principaux moyens de vivre dans le bonheur est de se consacrer, au fil des heures quotidiennes, à un travail aimé, à une activité pour laquelle on se sent fait et qui vous rend heureux. 

Ce que fit Georges Prêtre.

Bonne écoute de ce très grand chef français ! Georges Prêtre peut aussi être source, pourquoi pas ? d'inspiration pour votre vie !

Contact : f.boisseau@hotmail.com

 

 

Écrire un commentaire

Optionnel