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Martin 1700 ans

L'année 316 est donnée comme celle de la naissance de Martin, ce militaire dont le nom est très répandu en France pour nommer des communes, des églises ou des chapelles.

 

 

 Quand il le peut, son engagement militaire accompli, Martin change d'activité en se mettant au service du Dieu des chrétiens, devenant un moine laissant sur son passage des marques durables dont à Ligugé près de Poitiers. Plus tard, Martin est sollicité par les habitants de Tours pour être leur évêque ; ce qu'il devient continuant à l'abbaye de Marmoutier qu'il fonde près de Tours sa vocation de moine. C'est à Candes sur les bords de la Loire – aujourd'hui Candes Saint Martin - qu'il achève son parcours terrestre en 397, étant inhumé à Tours. Martin est un des patrons de la France. Il est fête le 11 novembre.

J'invite à lire le « Martin de Tours » de Régine Pernoud chez Bayard éditeur 1996. Pour ce jour, je prends les éléments d'un petit livre de 9 euros paru chez Pierre Téqui éditeur en septembre 2016, écrit par les pères Pierre Lambert et François-Marie Humann :« Martin, un saint charismatique », illustre par la charité de saint martin à l'église de saint martin d'Oncy.

La naissance de Martin est située en 316, en Pannonie, quelques années après l'arrêt des persécutions des chrétiens. Martin est un latin. Fils d'un

tribun militaire, il est élevé quelques années à Pavie, à la façon militaire, suivant son père en garnison. En 325 le concile de Nicée condamne l'arianisme qui ne reconnaît pas la nature divine du Christ. Sa vie nous est connue par Sulpice Sévère, toulousain, propriétaire terrien, devenu ami de Martin et auteur d'une « Vie de Saint Martin » écrite peu après le décès de l'évêque.

A 12 ans, Martin rencontre des chrétiens et est attiré par cette doctrine nouvelle. Il se fera baptisé plus tard.

A partir de l'âge de 15 ans, Martin est un militaire de carrière engagé pour 25 ans, ce qui est assez naturel dans son cas. Il fait partie du corps d'élite de la garde impériale. En 337, lors d'un hiver très rigoureux où il se trouve en garnison à Amiens, Martin donne à un pauvre grelottant la moitié de son manteau. Précision. A l'époque, l'armée romaine équipait ses militaires d'une cape. Que chacun pouvait doubler, par temps froid et avec ses deniers personnels, d'une étoffe ou d'une fourrure tenant chaud. C'est cette doublure confortable et qu'il possède en propre que Martin donne à cet homme transi de froid. Ce sont les militaires d'Amiens, les frères d'armes de Martin, qui ont vu l'acte de Martin et en ont parlé. Dans la nuit qui suit, Martin voit le Christ en songe qui déclare aux anges autour de Lui : « Par ce manteau Martin s'est uni à moi. »

Après la fin de son contrat militaire Martin, rendu à la vie civile, va errer sur les routes durant 5 ans, cherchant sa voie en quelque sorte. Il va et vient, en ces périodes où l'on voyage beaucoup, en général en convoi par sécurité, en utilisant les voies romaines ancêtres de nos autoroutes qui relient les 50 cités principale de la Gaule d'alors. Bien sûr il y a aussi des habitants autour des villes, lesquelles peuvent donner refuge lors du passages de bandes à éviter.

Cette période de 5 ans s'achève par la rencontre de Martin avec Hilaire, évêque de Poitiers, qui lui confie une tâche d'exorciste. On est dans une transmission de personne à personne. Puis, Hilaire est assez vite envoyé quelque temps en exil, les évêques étant à l'époque aux ordres des gouvernants qui les rémunèrent (les évêques sont un peu comme les préfets actuels) et peuvent les destituer. Ils font partie du réseau administratif.

A Ligugé, à quelques kilomètres de Poitiers, Martin ressuscitera un décédé. De fait il crée en ce lieu, au niveau d'un domaine gallo-romain en ruines, un lieu de prière et de méditation où quelques compagnons le rejoignent. Ce premier monastère d'occident est, 1700 années plus tard, un lieu toujours vigoureux et actif.

Martin parcourt des kilomètres, va voir ses parents, convertit sa mère,

séjourne sur un île en Ligurie puis revient à Poitiers où Hilaire est revenu d'exil en 360. Il va y poursuivre une vie de moine.

Martin vit beaucoup de faits extraordinaires au long de sa vie, homme de prière inspiré, et acceptant ce qui se passe avec une humilité infinie.

A l'époque de Martin les païens, descendants des celtes groupés autour de leurs druides, rendent hommage aux chênes, aux sources, aux rivières, aux pierres... Le puits de la cathédrale de Chartres est un souvenir de cette période, de même le dolmen à la cathédrale du Puy, le menhir de la cathédrale du Mans. Les vivants d'alors honorent les formes physiques des minéraux, des arbres ; ils ont aussi un sens aiguë de l'invisible. Lequel existe aussi bien que les ondes électromagnétiques qui ne sont pas visibles.

Martin s'attaque à expulser les traces visibles du paganisme. Il abat ou fait abattre des arbres « sacrés », fait détruire des temples – ainsi au mont Beuvray (Bibracte) dans le Morvan etc...

Les tourangeaux faisant appel à lui comme évêque, vers 370, il accepte. Il continue à mener une vie de silence, de méditation et de prière comme à Ligugé, avec en parallèle une vie d'homme public en tant qu'évêque de Tours.

En étant sur le parcours de Martin, je suis ramenée au parcours de Paul Claudel, aspirant lui aussi à une vie monacale, et qui assuma une vie publique d'ambassadeur et de poète, en commençant chaque journée par le service de Dieu sous la forme d'une messe. Claudel connut aussi l'abbaye de Ligugé.

L'été de la saint Martin serait lié au fait qu'à la mort de Martin des fleurs s'épanouissent sur son passage en novembre. Il a alors 80 ans et n'a jamais refusé le travail. L'âne de Martin a participé à sa manière à une meilleure marche de la vigne: ayant brouté les feuilles de vignes à une certains période, la récolte fut meilleure.

Si l'on récapitule : 316 naissance de Martin ; 331 engagement dans l'armée ; 356 fin de son engagement militaire ; 361 fin de cinq années d'errance ; 371 fin de son séjour à Ligugé et proclamation comme évêque de Tours ; 397 décès à Candes.

Martin a suivi son intuition, son envie profonde, son appel, sa vocation en quelque sorte. Il demande tout au Seigneur par une prière incessante, s'estimant trop pauvre pour avoir quelque chose à donner. Il nous est dit que la vierge Marie et les anges lui parlent. Il lit et relit la parole de Dieu, perçoit l'action de l'Esprit Saint, médite, se tient en constante oraison et est toujours en constante humilité.

L' abbaye bénédictine de Ligugé est un bel endroit, traversé au niveau de ses champs par le TGV symbole d'un lien entre autrefois et aujourd'hui. J'ai séjourné plusieurs fois en ce lieu d'art, de savoir et de foi, qui accueillit de nombreux visiteurs. Dont des personnages connus : Claudel au temps de Dom Martial Besse, Huysmans de 1899 à 1901, des artistes tels Rouault, Chagall, Braque etc...Cette abbaye vit aussi passer Rabelais, avec la tour Rabelais en souvenir. Actuellement, saint Martin de Ligugé accueille ceux ou celles qui le souhaitent.

contact : f.boisseau@hotmail.com

 

 

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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