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Michael CRICHTON Jurassic Park

J'ai lu et relu plusieurs fois Jurassic Park.

Dans ce roman existant en pocket, publié en 1990, l'auteur interpelle, par une fiction mettant en scène des dinosaures recréés par des techniques génétiques, sur les imprévus pouvant découler de telles re-créations.

Voici comment Michael CRICHTON introduit ce « thriller scientifique » - comme mis sur la 4ème page de couverture.

 

 « La fin du XXème siècle a vu dans le domaine scientifique une nouvelle ruée vers l'or d'une ampleur considérable : un mouvement impétueux et acharné pour commercialiser les découvertes du génie génétique. Le phénomène s'est développé si rapidement et a fait l'objet de si rares études en dehors de la communauté scientifique que son extension et ses conséquences sont très mal comprises.

La biotechnologie annonce la plus grande révolution de l'histoire de 'humanité. Dès la fin de la décennie, ses applications dans notre vie de tous les jours dépasseront celles du nucléaire et de l'informatique. Selon les termes d'un informateur averti : « La biotechnologie va transformer tous les aspects de la vie humaine : soins médicaux, alimentation, santé, loisirs, jusqu'à notre corps. Plus rien ne sera comme avant. La face de la planète en sera littéralement changée. »

Mais la révolution biotechnologique diffère sur trois points essentiels des précédentes transformations scientifiques.

Premièrement, elle a une base large. Les Etats-Unis sont entrés dans l'ère atomique grâce aux travaux d'un unique groupe de chercheurs établis à Los Alamos, puis dans l'ère informatique grâce aux recherches effectuées dans une douzaine d'entreprises. Mais les chercheurs en biotechnologie sont aujourd'hui disséminés dans plus de deux mille laboratoires, uniquement sur le territoire américain. Cinq cents entreprises dépensent annuellement cinq milliards de dollars pour cette technologie.

Deuxièmement, une grande partie de ces recherches a un caractère futile ou manque à tout le moins de sérieux. Des travaux visant à créer des truites d'une couleur très claire pour les rendre plus visibles dans un cours d'eau, des arbres à section carrée pour faciliter le débitage, ou encore des cellules odorantes injectables pour sentir en permanence son parfum préféré pourraient passer pour une blague, mais il n'en est rien. En réalité, le fait que la biotechnologie trouve des applications dans les industries traditionnellement soumises aux caprices de la mode, telles que la cosmétologie et les activités de loisirs, contribue à accroître les inquiétudes que l'on peut nourrir sur une utilisation fantaisiste de cette nouvelle technologie.

Troisièmement, ces travaux ne font l'objet d'aucun contrôle. Nul ne les supervise ; aucune loi ne les réglemente ; il n'existe aucune politique gouvernementale cohérente, pas plus aux Etats-Unis qu'ailleurs. En outre, comme la gamme des produits de la bio-industrie s'étend des drogues aux productions agricoles et à la neige artificielle, l'instauration d'une politique intelligente est malaisée.

Mais le plus inquiétant est l'absence de toute surveillance à l'intérieur de la communauté scientifique. Il faut savoir que la quasi-totalité des généticiens sont également engagés dans le commerce de la biotechnologie. Il n'y a pas d'observateurs désintéressés ; tout le monde a beaucoup à gagner.

 

La commercialisation de la biologie moléculaire est, sur le plan de l'éthique, l'événement le plus étonnant de l'histoire de la science et tout s'est passé avec une rapidité stupéfiante. Depuis Galilée et pendant près de quatre siècles, la science a mené sans relâche ni contrainte ses investigations sur les mécanismes de la nature. Les scientifiques ne tenaient aucun compte des frontières et ne se souciaient pas des contingences de la politique, ni même des guerres. Ils se rebellaient contre le secret des recherches et voyaient d'un mauvais œil la nécessité de faire breveter leurs découvertes. Dans leur esprit, ils oeuvraient pour le bien de l'humanité et, pour des générations d'humains, les découvertes des scientifiques furent essentiellement désintéressés.

Quand, en 1953, deux jeunes chercheurs, Francis Crick et James Watson, déchiffrèrent en Angleterre la structure de l'ADN, leurs travaux furent salués comme un triomphe de l'esprit humain, un pas décisif dans la quête séculaire vers la compréhension de l'univers. Nul ne doutait que cette découverte serait utilisée, d'une manière désintéressée, pour le plus grand bien de l'humanité.

Il en alla tout autrement et, trente ans plus tard, la plupart des collègues de Watson et Crick étaient engagés dans une œuvre d'un genre entièrement différent. La recherche en génétique moléculaire était devenue une vaste entreprise commerciale, avec des milliards de dollars à la clef, dont le point de départ pouvait être fixé non pas en 1953, mais en avril 1973.

C'est à cette époque que des contacts avaient été noués entre un homme d'affaires, Robert Swanson, et Herbert Boyer, biochimiste à l'université de Californie. Les deux hommes décidèrent de fonder une société destinée à assurer l'exploitation commerciale des techniques de greffe de gènes de Boyer. Cette société, Genentech, devint rapidement la plus importante et la plus prospère des nouvelles entreprises de génie génétique.

Tout le monde semblait soudain n'avoir qu'un seul but : s'enrichir. De nouvelles sociétés étaient créées chaque semaine ou presque et les scientifiques affluaient pour s'adonner à l'exploitation de la recherche génétique. En 1986, on dénombrait au moins trois cent soixante-deux chercheurs, dont soixante-quatre membres de l'Académie des Sciences, qui siégeaient aux comités consultatifs des firmes de biotechnologie. Le nombre de ceux qui avaient investi des capitaux personnels ou occupaient un poste de consultant étaient encore beaucoup plus élevé.

Il convient d'insister sur la portée de ce changement d'attitude. Les adeptes de la recherche fondamentale n'avaient jamais eu que mépris pour les affaires. Pour eux, la poursuite de l'argent était une activité dépourvue d'intérêt, qu'ils laissaient aux boutiquiers. La recherche industrielle, y compris dans les prestigieux laboratoires Bell ou I.B.M., n'était qu'un prix de consolation pour ceux qui n'avaient pu obtenir un poste universitaire. La recherche fondamentale se montrait donc très critique à l'égard des sciences appliquées et de l'industrie en général. Un antagonisme de longue date protégeait les chercheurs du corps universitaire de toute contamination de l'industrie et, chaque fois qu'un débat s'engageait sur une question de technologie, des tenants de la recherche fondamentale étaient toujours disponibles pour donner un avis désintéressé au niveau le plus élevé.

Mais la situation a beaucoup évolué. Il y a de nos jours très peu de spécialistes de la biologie moléculaire et d'instituts de recherche qui ne soient rattachés à une structure commerciale. Une page est tournée. » (pages 11 à 14)

Michael CRICHTON est né à Chicago le 23 octobre 1942. Il est décédé le 4 novembre 2008 à Los Angeles. Il a fait ses études de médecine à Harvard, les payant en écrivant des romans obtenant beaucoup de succès.

Outre Jurassic Park, en voici trois, disponibles, parmi de nombreux autres titres.

« Etat d'urgence », 2006. Michael CRICHTON met en scène les questions relatives au climat. A cette occasion, parlant devant le sénat américain, il s'attire les réactions des climatologues.

« Extrême urgence ». Publié en 1968 sous le pseudonyme de Jeffery Hudson, il reçoit le prix de l'Edgar Award en 1969. Il s'agit d'une enquête sur un cas supposé d'avortement. Se trouve à la Fnac en pocket pour 6 euros 30, 439 pages.

« Micro », 2011. Inachevé le 28 août 2008, puis achevé par Richard PRESTON auteur connu lui aussi. Un livre intéressant à quatre mains. L'ouvrage aborde une autre façon de manipuler, par la création de mini robots et en miniaturisant aussi, à la demande, des humains, On voit ainsi de jeunes universitaires, sept garçons et filles, qui, réduits à quelques centimètres de même que leur matériel, sont confrontés à une lutte farouche pour leur survie dans un monde où fourmis, araignées, et autres habitants habituels d'une forêt tropicale sont aussi grands qu'eux. Ces jeunes chercheurs utilisent au mieux leurs connaissances. Se trouve à la Fnac pour 7 euros 80, 532 pages. Une bibliographie de qualité est annexée pour les personnes intéressées. L'histoire se déroule à Hawaii.

Bonne lecture !

Contact ; f. boisseau@hotmail.com 

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