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Ars Jean-Marie VIANNEY (suite)

statues24oct2016 008.jpgTout au long de son ministère de prêtre, monsieur Vianney a entrepris et a réussi. Confessionnal, courrier, œuvres, importuns, argent à trouver pour « La Providence » et pour rénover l'église, humeur du vicaire monsieur Raymond, trouvailles diverses du démon, douleurs physiques, jeûnes de sommeil et de nourriture, « les doutes sur sa vocation et la conscience de sa misère », tout cela fait beaucoup.

«  Un médecin ayant examiné le saint curé, plus de dix ans avant sa mort, déclara que tel qu'il était et avec la vie qu'il menait « la science ne pouvait expliquer comment il demeurait en vie. » (p 131 et 132)

« Il demeurait parfaitement lucide,aussi prompt à répondre et aussi assuré dans ses conseils. Il avait gardé la vue bonne et l'ouïe très fine. » Sa bonne humeur était constante ; toujours poli et souriant, malgré la foule qui l'assaillait hors confessionnal.

Le curé d'Ars aimait à dire « Le cœur des Saints est liquide. », ce que disait déjà saint Thomas d'Aquin.

Le curé d'Ars rayonne la vie, rayonne de vie. Et j'ai découvert des visions de la vierge Marie, partagées avec des laïcs qui passaient tout simplement le voir. Je ne connais pas, personnellement, d'autre cas de visions partagées.

 

Côté vie, le curé d'Ars a une activité priante. Il est Marthe et Marie tout à la fois.

Il prend son temps face à l'hostie consacrée et lors de la communion. « Il demeurait perdu en Dieu jusqu'à la fin de son action de grâces . « Quand on a communié, s'écriait-il dans un de ces catéchismes, l'âme se roule dans le baume de l'amour, comme l'abeille dans les fleurs »

Alors il entrait dans l'arène.

Pour fixer sa pensée tout le long du jour, (…) il choisissait pour chaque jour un objet de méditation (…). Le dimanche, c'était la Sainte Trinité, le lundi l'Esprit-Saint, le mardi les Anges Gardiens, le mercredi la Cour Céleste, le jeudi l'Eucharistie, le vendredi la Passion, le samedi la Vierge Immaculée. » (p 139)

Les saints étaient « ses colocataires et ses voisins ».

Plus les devoirs du curé augmentaient, plus il se faisait simple, au fur et à mesure des années. « Il comptait de moins en moins. Il était de plus en plus. » (p 140)

 

«  Madame Durié, qui quêtait pour les œuvres de M.Vianney, débarquait à Ars dans la matinée le 8 mai 1840. Ayant une grosse somme à remettre au saint homme, elle fut introduite au presbytère par Catherine Lassagne. En montant l'escalier elle entendit dans la chambre deux voix. L'une disait, infiniment douce : «  Que demandez-vous ?

L'autre, celle du curé, répondait : « Ah ! Ma bonne mère, je demande la conversion des pêcheurs, la consolation des affligés, le soulagement des malades et, en particulier, d'une personne qui souffre depuis longtemps et qui réclame la mort ou la guérison. » Il s'agissait de madame Durié. « Elle guérira, mais plus tard », dit la voix si douce.

Madame Durié n'y tint plu set poussa la porte. « Quelle fut ma surprise, écrit-elle, en apercevant, debout devant la cheminée, une dame d'une taille ordinaire, vêtue d'une robe d'éclatante blancheur, sur laquelle étaient semées des roses d'or. Ses souliers me parurent blancs comme la neige. A ses mains brillaient les plus riches diamants. Son front était entouré d'une couronne d'étoiles qui avaient l'éclat du soleil : j'en fus éblouie. Quand je pus reporter sur elle mon regard, je la vis sourire doucement. « Ma bonne mère, lui dis-je aussitôt, emmenez-moi donc au ciel. _ Plus tard. _ Ah ! Il en est temps, ma mère. _ Vous serez toujours mon enfant et toujours je serai votre mère. »  En prononçant ces paroles, elle disparut. » (…)

M.Vianney sortit de son extase. « Qu'avez-vous vu ? Lui demanda-t-elle ? _ Une dame. _ Moi aussi. Qui est-elle ? _ Si vous en parlez, vous ne mettrez plus jamais les pieds ici. _ Faut-il vous dire, mon père, ce que j'ai pensé ? J'ai cru que c'était la Sainte Vierge. _ Et vous ne vous êtes pas trompée. » Il ajouta spontanément : « Avec la Sainte Vierge et sainte Philomène, nous nous connaissons bien. » (p. 143 et 144)

 

En 1852, pour la fête de l'Empereur, le ruban rouge lui est décerné par le ministre de l'Instruction Publique et des Cultes, avec les attendus ci-après : « La confiance des populations dans monsieur le desservant d'Ars est illimitée : c'est cette foi angélique qui transporte les montagnes. Aussi cite-t-on plusieurs faits qu'il serait difficile d'expliquer au moyen de causes simplement naturelles. » (p 148)

 

Après sa fuite de 1853, Jean-Marie Vianney est curé d'Ars « à vie ». Les pèlerins sont en nombre à Ars. Des missionnaires sont envoyés sur place pour aider, écarter les importuns, protéger le curé. Mais monsieur Vianney a toujours à assurer confessions, chaire et catéchisme. On lui épargne les fâcheux, on le protège, on le nourrit mieux, on met une chaufferette sous ses pieds au confessionnal. Il doit accepter tout cela, cette pénitence «  à rebours ».

 

Il a une grande joie , le 8 décembre 1854, avec la proclamation du dogme de l'immaculée conception : et il fête cela.

Le curé d'Ars avait douté de l'apparition de la Vierge à La Salette en 1846 ; il avait demandé un signe ... qu'il attendait. Ce signe vint huit ans plus tard ; il cessa alors de douter.

 

Le but du curé d'Ars était de convertir les vivants et de délivrer les morts. Et il s'y employait avec une ardeur constante. Une toux l'avait pris depuis plusieurs années, de nuit comme de jour, qui ne modifia pas son emploi du temps. Ses journées restaient surchargées avec, toujours, 16 à 17 heures quotidiennes passées au confessionnal. Il savait sa fin venir. Lors de la Fête -Dieu 1859, il ne porta pas l'ostensoir se contentant de le prendre « pour bénir « une dernière fois » son peuple ». La même année, le 18 juillet, madame Durié le vit et lui demanda : « Alors, mon Père, quand allez-vous mourir ? _ Si ce n'est pas à la fin de ce mois, ce sera au commencement de l'autre. » a (p 152)

Le soir du 29, il s'effondre. Beaucoup de prières sont faites à sainte Philomène, bien qu'il ait dit « Oh ! Sainte Philomène n'y pourra rien. » Il accepte un matelas ; il accepte de boire ; il se confesse et semble heureux ; il bénit la foule nombreuse depuis sa couche. Quatre jours passent. Le mardi soir, on lui apporte la communion et il reçoit l'extrême onction. Monseigneur Belley passe le voir et le curé d'Ars, conscient, le remercie. « Puis à deux heures de la nuit « sans secousse, sans agonie, sans violence » il s'endort « dans le Seigneur. » Le 6 août 1859 une foule immense suit son cercueil. Quelqu'un s'écrie : « C'était un saint ! » Qui était cet homme ?

« Rien de plus qu'un bon curé de campagne, mais qui avait prétendu l'être, et qui l'avait été pleinement, exemplairement et jusqu'au bout. » (p 155)

Trois ans plus tard, 70 témoins déposent et, dès 1866, le procès de béatification débute. Le curé d'Ars est canonisé le 1er novembre 1924, et il est le « patron de tous les prêtres ayant charge d'âmes en France ».

Ce livre de 169 pages aisé à parcourir est vendu 15 euros.

Avant d'être prêtre, Jean-Marie Vianney, à sept ans, par ailleurs joyeux compagnon, avec les autres, bergers comme lui, promenait une statuette de la vierge Marie autour de la prairie, avec prière et cantiques, dans la gravité nécessaire. « A dis ans, il fut confessé par un de ces prêtres toujours suspects qui, sous un vêtement laïc, erraient de village en village. L'événement eut lieu dans sa maison, « au pied de l'horloge », précise-t-il. »  (p 15) La simplicité de Jean-Marie demeura tout au long ; soucieux de la spiritualité de ses paroissiens, exigeant, il parlait avec eux des choses de la terre qu'il connaissaient bien, des misères du corps. Il est chez lui quand il passe voir les uns et les autres à l'heure des repas. «  Il se tient appuyé au mur. Il accepte une pomme de terre, parfois un demi-verre de vin « pour le goûte ». Dès 1830 « La paroisse vit sur son curé (...) et par son curé. » (p 51 et 50) Il insiste auprès de ses paroissiens sur le fait que leurs actes sont tous vus du bon Dieu et seul importe  ce que le divin en pense; pas ce que pense le curé. Il aimes à lire aux jeunes une vie de saint.

C'est volontairement que je suis revenue sur quelques points. Le prénom de Philomène fut celui d'une cousine, délicieuse et accueillante, directrice d'une école publique qui ouvrait avant l'heure ses portes aux petite filles, conduites très tôt avant l'ouverture des tissages de la ville de l'ouest concernée ; sur ses sous personnels, elle leur servait un chocolat et du pain beurré, car elle avaient, l'hiver, froid et faim. En Ars, voici comment répondait Philomène aux demandes d'intercessions qui lui étaient adressées : « Dans la chapelle de sa petite sainte, des poitrinaires, des coxalgiques, des aveugles, des muets, des paralytiques reçurent la grâce de la guérison. Avant de les y envoyer, il les catéchisait, s'assurait de leur foi, désignait les obstacles que l'imperfection opposait nécessairement à la grâce. » (p 83)

 

Le curé d'Ars peut être regardé comme un modèle. Modèle d'auto-entrepreneur, humble, communiquant en toute simplicité, toujours de bonne humeur, en conformité avec les directives de sa hiérarchie, l'évêque en l'occurrence.

Sans hiérarchie, il est possible de s'inspirer de ses méthodes, sans aller dans les extrémités qu'il s'imposait ; de s'inspirer de sa ligne de conduite : un objectif bien cadré, jamais perdu de vue, avec des outils pour atteindre cet objectif sans nuire à autrui, avec une persévérance et un enthousiasme fédérateur, une énergie renouvelée et communicative. Associant domaine spirituel et domaine concret il a mené la vie d'un curé de campagne exemplaire. Tout simplement.

On peut s'inspirer de la vie du curé d'Ars pour conduire la nôtre, en faisant les transpositions nécessaires pour chaque personne. Et réussir sa vie en y associant, au mieux, les autres. 

Contact : f.boisseau@hotmail.com (cliché personnel : statue du curé d'Ars à la basilique Notre Dame du Perpétuel Secours Paris 11 ème) 

 

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