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Enfants:Cinq langages de l'amour, Gary Chapman

"Les langages de l'amour. Les actes qui disent "je t'aime". Ce livre de Gary Chapman est paru aux Editions Farel en édition de poche en 2016, prix 6 euros 90.

Ce texte a été publié en 1995 à Chicago, l'auteur étant américain. Ce livre est à l'usage de tous les âges : enfants, adolescents et au-delà.

Ce petit livre, de 248 pages et de 17 cms sur 11 cms, est facile à manipuler. Quant à son contenu, il est axé, simplement, autour de cinq langages émotionnels de base retenus par l'auteur.

Pour illustrer, à ma façon, ce livre, imaginons les parents d'une famille de cinq enfants. Imaginons que ces parents observent, pour chacun d'eux, un langage émotionnel ou sentimental différent comme première langue de communication avec autrui. Ces parents auront à se comporter, envers chacun de ces jeunes, en s'adaptant à ce dont chaque enfant a besoin pour remplir son réservoir émotionnel personnel. Un réservoir dont il est aussi important de prendre soin que des besoins physiologiques en air, en mouvements, en eau et autres nourritures solides.

Cinq enfants, cinq langages. Ainsi Antoine aime et s'exprime par le langage du corps, le toucher physique. Annabelle préfère les services rendus, à elle et d'elle vers les autres. Fanny goûte les moments de qualité passés ensemble. Emmanuel apprécie d'offrir et de recevoir des cadeaux. Jeanne se nourrit de paroles valorisantes et en distribue avec largesse.

il peut sembler que les paroles valorisantes concernent, peu ou prou, tous les enfants à certains moments. Quand un petit d'homme s'essaie, par exemple, à marcher, il est généralement escorté de compliments, d'encouragements multiples. Il accueille, sans réserve, toute la charge émotive positive de ces encouragements. Et en profite à plein. Pour ce jeune, c'est génial ! Jeanne, aidée ainsi pour la marche, va continuer à bénéficier de ce soutien et rechercher tout au long de ses études de ces paroles encourageantes : "Bien sûr ! tu auras ton Bac ! Avec mention !" Ce qui se passe. Toujours portée ainsi, Jeanne décroche le premier emploi de ses rêves sans difficulté et tout s'y passe très bien. Elle a eu et a toujours la chance de recevoir en abondance ce dont elle a besoin en actes qui lui disent "je t'aime". Des paroles valorisantes, dans son cas. Des cadeaux, elle en a aussi reçus, raisonnablement. Et elle les délaissait assez vite. Car son réservoir affectif avait besoin, avant tout, de paroles encourageantes. Que Jeanne distribuait avec largesse autour d'elle. Dont à sa voisine, Lison, en attente, elle aussi, de ces paroles merveilleuses qu'on ne pense pas à lui donner à la maison. Ses parents ne voient chez leur Lison, enfant unique, que le verre à moitié vide au lieu du verre à moitié plein. Alors... Au lieu de "Bravo ! tu as 12 sur 20, tu auras plus une autre fois", c'est " Tu n'as que 12 sur 20, ce que tu es nulle !" Faute d'une confiance en elle, sapée par tant de négativité répétée, Lison a raté son Bac. Elle ne s'apprécie pas, ne s'aime pas. Elle survit, à grand peine avec, notamment, les compliments de Jeanne. Espérons qu'un de ces jours quelqu'un, d'assez important pour Lison, saura lui rendre son sourire perdu par des compliments sincères et appropriés.

Antoine aime le langage du corps. Petit, il riait à fond en sautant sur les genoux de son papa, avec des "Encore ! Encore !" Il aime à toucher les cheveux de sa maman. Il aime taper dans un ballon, toucher les cordes de sa guitare. Il aime surprendre son grand père, le touchant à à la jambe, par derrière. Peu soucieux de la qualité des repas, Antoine participe au séances de cinéma en famille, à des visites de musée, à des ballades en forêt. Mais, le plus important pour lui, c'est le toucher. Il aime être serré dans les bras, embrassé avec profusion pour sa fête ou son anniversaire, bien plus que de recevoir un cadeau. Les seuls vrais et nécessaires cadeaux, pour Antoine, c'est de toucher autrui ou d'être touché. C'est par le contact physique qu'Antoine se sent exister, se sent aimer, se sent apprécier. C'est cela son langage d'amour, son langage émotionnel.

Sur le réservoir émotionnel d'Emmanuel est inscrit le mot "cadeau". Cet enfant là attache, depuis toujours, beaucoup d'importance à tous les cadeaux reçus : il en prend très grand soin. Et il aime beaucoup, avec ou sans occasion particulière, donner des cadeaux. La "valeur" du cadeau importe peu pour lui. Un trèfle à quatre feuilles trouvé dans une prairie, la première pâquerette de l'année, un bourgeon de noisetier, une coque de noix peinte en doré, de l'écorce de bouleau tendre et souple, une coquille d'oeuf entière peinte de diverses couleurs, un beau paysage réalisé sur un carton d'emballage avec des pétales de fleurs, des feuilles, du jonc, des algues... tout cela a pour Emmanuel autant de valeur qu'un livre. Et Emmanuel est un grand lecteur. Dans l'autre sens, il sait observer et réalise par lui-même, avec beaucoup de talent et de goût, des cadeaux agréables, pratiques pour celles et ceux à qui ils sont destinés. Jamais à court d'imagination, il se débrouille seul depuis qu'il est tout petit pour fabriquer de sa main, discrètement, des cadeaux insolites, d'utiles oeuvres d'art avec, par exemple, de simples boîtes à chaussures vides jusque là délaissées. On l'a compris : le cadeau, reçu ou donné, est le langage d'amour d'Emmanuel, le langage de son âme.

Annabelle est la championne des services rendus. Nul besoin de la solliciter. Quand elle est en vacances chez ses grands parents avec ses cousins et cousines on la trouve, le matin, en cuisine, aidant à préparer les entrées - les carottes râpées c'est elle, les pommes de terre pour les frites - meilleures fraîchement préparées, la patte et les fraises pour la tarte en dessert. Pendant l'année elle ne cesse de remercier papa et maman pour l'aide apportée pour un devoir, pour une robe dont l'ourlet est à recoudre, pour le vélo réparé, etc... Au titre des services rendus Gary Chapman cite (page 104) Jésus lavant les pieds de ses disciples. Laver les pieds des hôtes qui arrivaient dans une maison, après un chemin en sandales sur un sol poussiéreux, était, en ces lieux et à cette époque une pratique indispensable. Un exemple de service rendu. 

Fanny, elle, est attachée aux moments de qualité savourés ensemble. Tous ces moments particuliers colorés d'une émotion et, en général, d'une beauté particulière : esthétique, émotionnelle, etc... Des moments à deux le plus souvent; à trois parfois; à quatre plus rarement; à cinq, six ou sept exceptionnellement. Contempler le soleil se couchant sur la mer, aller en forêt pique-niquer près de pierres levées en écoutant leur légende histoire que papa raconte. Etre à deux pour toilette ensemble Gus, le gentil York, très attentif aux soins qui lui sont prodigués dans une humeur joyeuse. Lire à plusieurs voix des fables de La Fontaine. Ou encore des portraits plein d'humour de La Bruyère. Aller avec sa grand-mère, rien que toutes les deux, choisir dans une jardinerie une belle mini-azalée rose à laquelle Fanny parle ensuite avec gentillesse pour stimuler la croissance et améliorer le bien-être de la plante. Fanny c'est la mise en pratique d'un vivre ensemble le plus harmonieux qui soit. Et offrir le temps d'une ballade intime à deux, quelle que soir la saison, au sein d'une belle nature, bercée par les chants des oiseaux, le bruissement des feuilles, les frôlements des insectes, la marche du soleil et des nuages est pour Fanny un des cadeaux des plus magnifiques à lui faire.

De ces moments de qualité partagés j'ai eu la joie d'en vivre beaucoup avec de jeunes enfants : à regarder passer les trains entrant ou quittant la gare Saint Lazare et cela depuis un square sympathique, à observer des vols de pigeons, à examiner un à un la fraîcheur des glands neufs et verts d'un beau chêne en pleine croissance, à contempler certains soirs en Beauce sous les étoiles les flammes ardentes montant dans la nuit d'un feu odorant de branches coupées de conifères, etc....  

Pour les parents qui ne savaient pas et qui découvrent, là, l'esprit du texte de Gary Chapman, pour ceux qui n'ont pas su quel était le mode d'expression privilégié affectif, émotionnel de leur(s)s enfants(s), il est toujours temps de s'y mettre. Et d'exprimer, là, maintenant ce qui a pu manquer. Par le verbe ou par un écrit sympathique marqué d'un amour sincère. L'intéressé(e) y sera sensible tout au fond de son coeur, qu'il ou qu'elle le montre ou non. La démarche de réparation sera faite, d'un côté. Le pardon sera accordé , de l'autre côté. Et c'est essentiel. 

Quant aux couples, les cinq moyens d'expression sont les mêmes, sur des registres correspondants aux adultes. Gary Chapman parle en majorité des adultes en couple dans le livre cité, un seul chapitre - le 13 - étant consacré aux enfants.

Il me paraissait prioritaire de parler, avant tout, des enfants.

Faites passer le message des cinq langages de l'amour. C'est pour tout le monde, quel que soit l'âge, et c'est très important. 

Bon courage ! Bonne diffusion !

contact : f.boisseau@hotmail.com 

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