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Bonchamps Compiègne 17/10/1793 17/7/1794

mauléonJuin2011A&A 147.jpgCe 17 juillet 2016 la pensée du sacre du roi Charles VII à Reims, avec la présence de Jeanne d'Arc à cette cérémonie, était présente.

365 ans plus tard, le 17 juillet 1794, 29 messidor an II, seize carmélites de Compiègne étaient guillotinées place de la Nation (place du trône renversé) à Paris. En septembre 1896 une conférence faite au Carmel de Lisieux à leur sujet fera impression sur la future sainte Thérèse. Cette conférence avait lieu dans le cadre d'une béatification des carmélites de Compiègne qui sera effective en 1906. 

Le 21 janvier 1793 le roi Louis XVI avait été guillotiné place de la Mauléon09.07.28 097.jpgConcorde. Son épouse, la reine Marie-Antoinette de Hasbourg-Lorraine, était guillotinée le 16 octobre 1793. En 1794 les seize carmélites, transférées de Compiègne à Paris le 12 juillet, font toutes, à titre personnel, offrande de leur vie en cadeau pour stopper une révolution sanglante. Le 16 juillet 1794 elles avaient fêté Notre Dame du Mont Carmel. Et je rappelle que le 16 juillet 1901 verra naître Yvonne Beauvais, future Yvonne-Aimée de Malestroit, religieuse hors pair au grand coeur évoquée à plusieurs reprises dans ce blog. 

Ce sera au lendemain de cette fête mariale, le 17 juillet 1794, que les seize carmélites comparaissent devant le tribunal révolutionnaire. Leurs croyances étant jugées inacceptables, elles sont condamnées à mort et conduites à l'échafaud dans la foulée. Elles y vont dignement et en chantant, chacune à son tour étant bénie par la supérieure qui est exécutée en dernier. La plus jeune avait 29 ans. Leurs dépouilles sont mises dans une fosse commune du cimetière de Picpus à Päris, à quelques pas du tombeau du marquis Gilbert de Lafayette (1757-1834) et de son épouse Adrienne. Efficacité de leur don pour le retour de la paix en France ? La terreur sanglante s'arrête onze jours plus tard, Robespierre étant guillotiné le 28 juillet 1794.

Lors de la mort de Marie-Antoinette, la guerre de Vendée fait rage. Le 13 avril 1793 Henri de La Rochejaquelein, 20 ans, est sollicité par les paysans alentour pour être à leur tête. Il y va. Et laissera le mémorable : "Si j'avance suivez-moi. ..." Sur un lieu que je connais très bien, Châtillon Sur Sèvre (devenu depuis Mauléon dans les Deux-Sèvres, à 25 kms à l'est du Puy de Fou en Vendée), deux batailles ont lieu en 1793. L'une, le 5 juillet, se solde par la victoire des vendéens; et La Durbelière, le château de monsieur Henri, à quelques kilomètres de Châtillon, sera brûlé en juillet en représailles par les républicains. L'autre bataille a lieu le 11 octobre avec la victoire des républicains Westermann étant à leur tête. Le comte Henri de La Rochejaquelein, tué le 28 janvier 1794 à Nuaillé d'une balle en plein front, n'est pas le seul chef. 

Un certain Bonchamps est un autre de ces chefs. Né à Varades en 1760, Charles Melchior Artus de Bonchamps a beaucoup voyagé. Il a participé brillamment à la guerre d'indépendance d'Amérique. De retour en France, il ne bouge pas avant 1793, année où amis et métayers viennent le chercher pour prendre les armes pour "Dieu et le Roy". Il y va. Est blessé mortellement le 17 octobre 1793 à Cholet. Avant d'expirer le lendemain, 18 octobre, Bonchamps ordonne la grâce de 5.000 républicains faits prisonniers. Parmi eux se trouve le père du futur David d'Angers qui réalisera le tombeau de Bonchamps dans l'église de Saint Florent le Vieil. C'est la dernière volonté de Bonchamps qui est respecté quand il exige : " Grâce aux prisonniers ! Je le veux, je l'ordonne." Les 5.000 bleus sont libérés sur le champ. 

L'actuel numéro 26 de "Le Figaro Histoire", juin-juillet 2016, comporte 50 pages consacrées à la "Vendée, l'épopée des géants". La couverture de ce numéro montre Henri de La Rochejaquelein (1772-1794) avec un coeur cousu sur son vêtement au niveau poitrine. Ce coeur ferait suite au voeu fait par Louis XVI aux Tuileries, le 17 juin 1792, en présence de son confesseur, voeu par lequel le roi de France a consacré la France au Sacré Coeur, avec une prière qui sera ensuite recopiée et diffusée largement.

Le 16 juillet 2016 j'assiste, en l'église Saint Louis d'Antin, à une messe en l'honneur de Notre Dame du Mont Carmel. Cette église, près de la gare saint Lazare, est dite des grands magasins car proche du Printemps et des Galeries Layette. Elle accueille le centre Bernanos, ce qui permet de mentionner l'admirable "Dialogue des Carmélites" pièce de 1949 de Georges Bernanos et le non moins admirable opéra de Francis Poulenc de 1957 portant le même titre. 

Le dimanche 17 juillet 2016, en l'église du Bon Pasteur, l'homélie est dite avec l'intelligence du coeur par le père Anicet, du Burkina Fasso, lequel développe le thème du jour : l'hôte et l'hospitalité. Une lecture décrit l'accueil festif par Abraham de trois visiteurs en plein désert - veau gras préparé au mieux, lait et fromages, galettes à la fleur de froment; avant de repartir un fils est annoncé à Abraham. Une autre lecture rapporte l'agitation de Marthe accaparée par les mets à présenter, alors que Marie, sa soeur, est toute occupée par la parole de Jésus qui seule est prioritaire. A partir de ces textes, le père Anicet développe la notion d'hôte, d'accueil, de réciprocité. Il importe de donner au divin l'hospitalité le plus souvent possible, de lui ouvrir la porte, de lui donner la permission d'entrer pour l'écouter, l'entendre et dialoguer avec lui comme avec un véritable ami. Le divin n'est pas à enfermer dans une église, même si une méditation peut s'y faire, tout comme cette méditation peut avoir lieu au sein d'un champ de blé ou en contemplant la mer ou encore chez soi au calme. Les textes de La Bible peuvent inspirer des actions adaptées à des situations qui se présentent au quotidien. Les sacrements ont leur rôle. Plus généralement la prière, seul ou en groupe, peut aussi guider la conduite de la vie. Prière de louange pour les beautés gratuites de la création, pour les bonnes surprises de chaque jour; prière de demande pour autrui ou pour soi. La prière est commune à toutes les religions et, plus généralement, à tous les hommes. Une prière apte à répandre le respect et l'amour envers le créateur des mondes, envers autrui, envers soi aussi. La prière, l'énergie de la prière est toujours positive et efficace, même si cette efficacité n'est pas toujours visible à nos yeux.

Belle suite d'été !

contact : f.boisseau@hotmail.com (en haut croix sur la colline de château gaillard lieu des deux batailles de Châtillon en 1793; en bas château de La Durbelière état actuel; archives personnelles) 

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