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  • NDE à Paris Howard Storm 1985

    En juin 1985, alors qu'il visite Paris avec ses étudiants et sa femme, Howard Storm, artiste et professeur d'art, a un sérieux problème de santé qui va l'entraîner là où il n'avait jamais imaginé aller. Il raconte cet événement qui a changé sa vie dans « Voir Paris et mourir. Une expérience aux frontières de la mort, de l'enfer et du paradis. » livre publié en 2010 par Le jardin des livres.

    Voici ce que dit la 4ème de couverture : « En attendant d'être opéré aux urgences pour une soudaine perforation de l'estomac, le Pr. Howard Storm, un solide athée américain en voyage à Paris, est mort subitement dans une chambre de l'hôpital Cochin.En découvrant que soudain il ne souffrait plus, le Pr Storm a aussi constaté que quelque chose ne collait pas car il se sentait étrangement léger. Au même moment, il entendit des voix qui lui demandèrent de le suivre. Persuadé que c'était les infirmières qui lui parlaient, il suivit les silhouettes grises qui l'emmenèrent dans l'Au-delà.
    À partir de là commence une expérience aux frontières de la mort extraordinaire qui va entraîner le brave professeur laïc aussi bien dans les tréfonds de l'enfer qu'au paradis où il se retrouve en présence des Anges. Et là, le Christ et les Anges vont lui montrer le futur de l'humanité ainsi que la faillite de l'économie américaine avec la destruction des USA... Il ne pouvait imaginer une seconde avant sa "-mort-" qu'une fois revenu dans son corps, il ne sera plus jamais le même, au point d'abandonner son poste de professeur de l'Histoire de l'Art à la Northern Kentucky University pour devenir pasteur. L'Expérience aux Frontières de la Mort la plus troublante jamais racontée par un homme qui ne croyait pas que l'enfer ou le paradis puissent exister. »

    Chacun pensera ce qu'il voudra de ce qu'a vécu Howard Storm. Et discernera.

    J'ai relevé ceci pages 67 à 69. Le monde est au début d'une transformation matérielle qui va évoluer pour aboutir, par exemple, à un joli jardin que les gens entretiennent. « Chacun passe la plus grande partie de son temps avec les enfants, leur enseignant l'amour et les merveilles du monde naturel. Ils ne font pas de distinction entre travail et jeu. Ils participent tous à l'éducation des enfants et à l'enseignement comme étant l'action la plus importante de leurs vies. Les habitants cultivent la nourriture en s'asseyant à côté des plantes et en communiant avec elles. En quelques minutes, ils pouvaient récolter des fruits et des légumes mûrs. Ils mangeaient ce qu'ils faisaient pousser immédiatement, sans cuisiner. Les habits sont tous faits de fibres finement tissées. Il y a très peu de métal sauf dans les ornements. ».

    « Dans ce monde futur, les gens auront des maladies, mais leur traitement sera toujours efficace. Les gens se rassembleront autour de la personne qui a besoin d'aide, et par la prière, le toucher et la méditation, la maladie sera soignée. Les personnes feront pousser juste assez de nourriture pour satisfaire leur appétit. Ensemble, tous les peuples du monde contrôleront le temps qu'il fera et le climat sera régulé par la volonté collective de l'humanité. Les plantes seront aimées et cultivées par les individus. Tous les animaux vivront en harmonie avec les gens. Il y aura d'innombrables petites communautés autour du monde, et chacune aura sa propre identité et sa propre culture. Il y aura beaucoup de langages différents, mais tous seront capables de communiquer par télépathie. Il n'y aura pas de technologie parce qu'il n'y aura aucun besoin d'instruments, car les hommes auront le pouvoir de contrôler la matière et l'énergie. Ils resteront dans leur communauté à moins qu'ils ne veuillent expérimenter la vie dans une culture différente dans sa musique, sa végétation ou ses investigations scientifiques. Ils seront des étudiants de la Nature qu'ils connaîtront intimement et avec laquelle ils pourront communiquer, connaissant les sensations et les vibrations de toutes les parties de la création.

    Les gens exploreront l'espace intersidéral sans bouger un doigt. Ils communiqueront par télépathie avec toute personne sur Terre et auront des relations avec des êtres intelligents d'autres mondes. Il n'y aura pas voyage spatial parc

    e qu'il n'y en aura pas besoin. Les gens resteront sur place et partageront des expériences de la vie à travers les galaxies. Ils apprécieront l'expérience qui leur sera donnée dans ce monde parce qu'ils sauront que c'est un précieux cadeau de Dieu. Il n'y aura pas de propriété. Les gens chercheront le bien-être de leur communauté dans sa santé et sa croissance spirituelle. »

    Howard est étonné, attendant autre chose qu'un futur où « Les gens vivaient dans une simplicité et une harmonie extrêmes. Il n'y avait pas de besoin. Tout le monde était heureux. Il n'y avait pas de conflit. »Howard questionna : « Quand ce monde arrivera-t-il ? - Dans 200 ans. »

    Pages 143 et 144 Howard, de retour chez lui, éprouve le besoin d'appeler sœur Dolores, une étudiante qui a été son élève il y a des années. Il confie « Quelque chose de véritablement merveilleux m'est arrivé. J'ai rencontré Jésus ». Il lui raconte son histoire.en une heure puis demande si elle le croit. « Elle me regarda droit dans les yeux :-Bien sûr que je vous crois, mais je me demande pourquoi ça a pris si longtemps ».Explication : « Sœur Dolores avait prié pendant 13 ans pour que je connaisse Dieu. Quand des gens me demandent pourquoi cette expérience m'a été donnée, je leur répond que Sœur Dolorès a prié pour moi durant 13 ans ».

    Au chapitre 15, Howard souligne qu'il a été fasciné par Thomas Merton ce jeune devenu moine trappiste à l'abbaye de Gethsemane dans le Kentucky. Auteur de « La nuit privée d'étoiles » et de « La Paix monastique », Thomas est un franco-amériacin né dans les Pyrénées à Prades le 31 janvier 1915.

    Page 174 Howard écrit : « Dieu m'a donné une seconde chance parce que Sœur Dolores a prié pour moi pendant 13 ans. Il y avait aussi d'autres religieuses qui priaient pour moi. L'une des choses les plus puissantes que nous puissions faire est prier. La prière peut changer le monde. Quand j'étais en train de mourir, je fus emmené à l'entrée de l'enfer. (…) A ce moment, j'ai appelé Jésus pour qu'il me sauve. Les écritures sacrées disent en différents endroit : « Quiconque appellera le nom du Seigneur sera sauvé ». J'ai appelé Jésus pour qu'il me sauve, et il l'a fait. »

    Page 191 : « Vous êtes le favori de Dieu! Cette vérité me fut expliquée en la compagnie de Jésus-Christ et des anges du ciel. » « Nous sommes des êtres spirituels qui ont une expérience physique. »

    Le livre s'achève que cette phrase page 195 : « Comme Jésus nous l'a si amplement démontré, la seule voie pour grandir spirituellement est de servir les autres ».

    Howard Storm donne sa vérité personnelle. Chacun appréciera.

    A quelques semaines de la paix de Noël, au plan spirituel, et de la trêve des confiseurs au plan matériel, le choc inattendu à Paris de ce professeur d'art venu de son Amérique me paraissait intéressant à vous offrir.

    Contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr

  • René et les Monette

    Né le 28 novembre 1908 à Saint Cierge la Serre, René - Louis en second prénom, le 800 ème anniversaire de la naissance de Saint Louis y convie - a pu voir passer sous ses yeux, à un moment de son existence, les « Monette », récits des actions spontanées d'Yvonne Beauvais auprès des habitants de la banlieue rouge, le Père René Marie de la Chevasnerie parlant de « Monette et ses pauvres » dès le 29 novembre 1931 à Radio Paris. L'adolescente, auteur de ces actes, est devenue en 1931 Yvonne-Aimée de Jésus au monastère de Malestroit. Aujourd'hui, il peut arriver que l'on trouve Monette sur la toile et, à ce jour, les éditions Téqui semblent proposer, réécrits, des épisodes de cette Monette toujours bien vivante par les actes généreux, spontanés, venus du cœur qu'elle sut accomplir il y a un siècle.

    C'est par hasard que les Monette ont vu le jour. Le Père de la Chevasnerie, jésuite, avait donné à Malestroit une retraite spirituelle, rencontrant alors sœur Yvonne-Aimée. Revenu en 1931 à la clinique des sœurs Augustines de Malestroit comme convalescent, il fut désigné pour donner chaque dimanche au micro de Radio Paris une causerie religieuse. Son prédécesseur à Radio Paris, le Père Lhande, par son livre « Le Christ dans la banlieue », avait révélé « la misère déshumanisante » des bidonvilles parisiens. Quand il su qu'Yvonne-Aimée, jeune fille, s'était mise au service des « pauvres de Bobigny et des « forfif » », le Père de la Chevasnerie pensa : « Pourquoi ne lui livrerait-elle pas les souvenirs qu'elle en gardait ? »

    Au départ, la supérieure de Malestroit et sœur Yvonne-Aimée furent opposées à ce projet. Mais Monseigneur Picaud, de passage à Malestroit, fut d'un autre avis, expliquant : « Si je comprends bien : pour éviter un mal particulier, celui d'être mal jugée, etc..., vous empêchez un bien général, car je suis sûr que ces souvenirs feront énormément de bien ». Obéissant, Yvonne-Aimée exigea que ni son nom, ni les lieux ne soient révélé, son pseudonyme étant Monette. Ce qu'elle obtint.

    Et du 29 novembre au 27 décembre 1931, le Père de la Chevasnerie sur Radio Paris cita « Monette et ses pauvres », insérant dans sa causerie l'invocation d'Yvonne-Aimée : «O Jésus, Roi d'amour, j'ai confiance en votre miséricordieuse bonté ». Le 29 novembre 1931 était paru le livre « Monette et ses pauvres », un avant propos du 29 novembre précisant : « Dans l'auditorium de Radio-Paris, devant ce micro, d'où sont partis tant de vibrants appels pour la « zone », je me suis souvenu d'une des premières apôtres de la banlieue rouge. Car Monette a bien réellement existé. Elle a vécu chacun des épisodes qu'on va lire, choisis parmi les succès et les souffrances d'un énergique apostolat de six années ». Et Yvonne-Aimée remerciait le 22 décembre par écrit le Père de la Chevasnerie pour Monette et pour la prière « lancée à tout l'univers » pour y semer paix, confiance et amour. Le succès étant là, sœur Yvonne-Aimée écrivit « Monette en pension » et « Monette petite fille »

    La première édition de « Monette et ses pauvres » fut tirée à 100.000 exemplaires. « Selon des témoignages, des âmes de jeunes furent touchées en profondeur, apprirent, par l'exemple de Monette, le don de soi-même sans réserve, dans la gaieté et l'entrain ». Yvonne-Aimée écrivait au Père de la Chevasnerie le 6 février 1932 : « Dans Monette, tout ne peut pas être imité, c'est entendu ; néanmoins on peut imiter sa générosité dans l'ensemble... Vous pouvez, dans une prochaine édition, mettre que si Monette a reçu un secours spécial de la grâce, cette grâce peut être donnée à toute âme de bonne volonté... »

    « Au cours d'un voyage à Paris, pour les affaires du monastère, Soeur Yvonne-Aimée s'entendra, un jour, recommander par la vendeuse d'une librairie les trois volumes de Monette : - « C 'est très intéressant...Cela se vend beaucoup en ce moment...On sent que c'est une histoire vraie ». Sœur Yvonne-Aimée jeta un coup d'oeil amusé à sa compagne et lui dit en sortant : - « Je n'avais pas du tout l'impression que la petite vendeuse parlait de moi.... C'est tout à fait comme si Monette m'était une personne étrangère. » » (La compagne était sœur Saint-Louis de Gonzague Mordret, son témoignage fut recueilli vers 1973 par Paul Labutte)

    Ce qui concerne Monette est extrait du chapitre 10 Les « Monette » (p 417 à 422) du livre de Paul Labutte « Yvonne-Aimé de Jésus , »ma mère selon l'esprit »  Témoignage et témoignages »

    « La vraie « Monette », à propos de « Monette et ses pauvres » écrivit sur son carnet : 13 juillet 1931 Puisse ce livre, Seigneur, écrit à Votre Gloire faire beaucoup de bien. Vous savez que si ce livre paraît, c'est seulement à cause de cela. Bénissez le Père, il a bien travaillé. Tout cela, c'est pour Vous faire aimer davantage ».

    Toujours au Père de la Chevasnerie, Yvonne-Aimée écrit le 6 février 1932 « Plus un livre fait du bien, plus il est combattu, c'est normal et c'est juste. Si Dieu travaille, le diable se remue en conséquence et ceci doit vous donner confiance ». Le Père de la Chevasnerie ne croyait pas sœur Yvonne-Aimée quand elle lui avait confié entendre « des bruits d'enfer ». Or, un jour où ils revoyaient ensemble le texte des Monette, le Père « entendit, soudain, un fracas de chariot en fer passant à toute vitesse, suivi d'un hurlement sauvage. « Je tressaillis d'épouvante, témoigne le Père de la Chevasnerie. Mon sang se glaça...j'eus la sensation que les pores de ma peau se soulevaient et que mes cheveux se dressaient...Revenant à moi , je vis Sœur Yvonne-Aimée qui souriait d'un air narquois et qui me dit : - « Alors, mon Révérend Père, vous y croyez maintenant ? »

    Yvonne, en quelque sorte, avait assuré un service social. Je cite à nouveau le livre de Paul Labutte, page 295 du chapitre 19 « Le service des pauvres et la vie à Paris 1923-1927 ». « Le Père de la Chevasnerie, dans l'un de ses livres à l'usage de la jeunesse, évoque les aventures de Monette qui, en réalité, était Yvonne : Les iris jaunes. En arrivant à Bobigny, Yvonne entend les cris d'un enfant tombé dans le canal de l'Ourcq et qui se débat dans l'eau et la vase. Yvonne réussit à le sauver au prix d'efforts acrobatiques. Un verre par la figure. Dans une famille misérable, le père est ivrogne ; il lance un verre à la tête d'Yvonne venue secourir la femme et les enfants. Le couteau. Yvonne découvre une jeune fille dans une mare de sang, un couteau planté dans la clavicule. Le suicide. Yvonne aide à rechercher une autre jeune fille qui a fait une fugue et la retrouve, pendue, dans un grenier. Yvonne la dépend et camoufle le suicide pour ne pas ajouter au désarroi de la famille. Sous la neige. Un après-midi d'hiver dans la zone, Yvonne baptise un bébé moribond ; s'efforce de régulariser un faux ménage ; secourt deux vieillards malades, sans chauffage et sans nourriture. En rentrant sur Paris, elle découvre un enfant blessé à la tête et qui gît dans la neige. Elle le sauve. La vache. C'est le cadeau d'Yvonne à une famille de la zone qu'elle a relogée à la campagne. Le gosse. Yvonne se trouve au chevet d'une femme mourante. Le père et le fils qui sont ivres se battent avec des couteaux. Yvonne prend le bébé qui pleure et le place entre les deux furieux, ce qui les désarme, car tous les deux aiment le petit. Réconfort. Yvonne joue du violon pour faire plaisir à une malade solitaire et déprimée. Une nuit chez les chiffonniers. Yvonne est inviter à souper et loger – car il se fait tard – dans une famille pauvre qui veut la recevoir pour la remercier. »

    Pour aider il fallait aussi de l'argent. Yvonne travaillait, faisant des ménages, jouant de la musique, dessinait des images, etc...Pour Noël, ses jeunes protégés recevaient des jouets neufs. C'est très jeune, chez ses grands-parents au Mans, qu'elle avait commencé à secourir à sa façon de petite fille, avant de faire ce que ferait Monette plus grande.

    Je conclus par ce paragraphe de la page 296 : « « Les pauvres d'Yvonne et les pauvres de Jésus » appartenaient, pour la plupart, à la classe ouvrière, au prolétariat, au sous-prolétariat. Yvonne eut aussi à secourir « de nouveaux pauvres » des carrières libérales, d'apparence aisée, des prêtres, isolés et proches de la misère. Elle leur apportait « du ravitaillement » mais aussi sa considération, son respect, son amour, sa bonne humeur, son esprit pratique, son goût de la vie, c'est-à-dire une présence personnelle, pacifiante et chaleureuse. » René, ce proche, aurait apprécié de la rencontrer.

    contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr

  • Anniversaire et Christ Roi

    Cette année, le jour de ma naissance est aussi celui du Christ Roi, dimanche 23 novembre. J'ai eu la chance de naître à la maison, une tante sage-femme au fort caractère étant présente, ouvrant les yeux sur le Mont Gaillard où se déroula la bataille de Châtillon le 5 juillet 1793 entre le général François-Joseph Westermann et ses hommes et l'armée catholique et royale avec Henri de La Rochejaquelein. Ayant grandi, le jour du Christ Roi je portais, dans l'église, le pain donné par la famille pour la semaine, un très gros pain, au curé de la paroisse de La Trinité. Cette symbolique me paraissait alors très forte. Et elle l'est toujours.

    Pour ce dimanche 2014, voici le texte de l'évangile selon Matthieu, 25, 31-46 : «  Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des chèvres : il placera les brebis à sa droite, et les chèvres à sa gauche. Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : « Venez les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la création du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi ! »
    Alors les justes lui répondront : « Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ? tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ? tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu'à toi ? » Et le Roi leur répondra : « Amen, je vous le dis, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l'avez fait. » Alors il dira à ceux qui seront à gauche : « Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel préparé pour le démon et ses anges. Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade et en prison, et vous ne m'avez pas visité. » Alors ils répondront, eux aussi : « Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu avoir faim et soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ? «  Il leur répondra : « Amen, je vous le dis, chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces petits, à moi non plus vous ne l’avez pas fait. » Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle ».

    On saisit bien ceux qui donnent et ceux qui ne donnent pas, qui peuvent être d'ailleurs les mêmes personnes à différents moments. Le besoin de manger peut concerner le corps, mais aussi un besoin d'amitié, d'amour, de reconnaissance. Chaque besoin évoqué peut être un besoin physique, ou un besoin du cœur, ou un besoin de l'esprit, ou un besoin de l'âme. Quant à ce qui est écrit sur un possible châtiment éternel, les copistes ont-ils bien lu ce qui était écrit ? La question me semble personnellement secondaire. L'important est de faire au mieux de ce que l'on ressent, de donner si on ne peut faire plus ne serait-ce qu'un sourire, un regard, une poignée de main, une parole... ; car tous ces gestes peuvent faire la différence dans une vie vide de reconnaissance, vide de chaleur humaine, parfois vide de tout...

    Pour fêter avec vous cet anniversaire, je vous cite un texte que j'aime beaucoup de Charles Péguy, fauché le 5 septembre 1914 par une balle en plein front, laissant des enfants en bas âge. Mon père, lui, avait été blessé en août 1914 et se trouvait en soins avant de repartir au front.

    Ce texte de Charles Péguy est celui qui loue l'Espérance, une vertu cardinale à laquelle il conviendrait d'ajouter la Joie.

    « Ce qui m'étonne, dit Dieu, c'est l'espérance.

    Et je n'en reviens pas.

    Cette petite espérance qui n'a l'air de rien du tout.

    Cette petite fille espérance.

    Immortelle.

    Car mes trois vertus, dit Dieu.
    Les trois vertus mes créatures.
    Mes filles mes enfants.
    Sont elles-mêmes comme mes autres créatures.
    De la race des hommes.
    La Foi est une Épouse fidèle.
    La Charité est une Mère.
    Une mère ardente, pleine de cœur.
    Ou une sœur aînée qui est comme une mère.
    L'Espérance est une petite fille de rien du tout.
    Qui est venue au monde le jour de Noël de l'année dernière.
    Qui joue encore avec le bonhomme Janvier.
    Avec ses petits sapins en bois d'Allemagne couverts de givre peint.
    Et avec son bœuf et son âne en bois d'Allemagne.
    Peints.
    Et avec sa crèche pleine de paille que les bêtes ne mangent pas.
    Puisqu'elles sont en bois.
    C'est cette petite fille pourtant qui traversera les mondes.
    Cette petite fille de rien du tout.
    Elle seule, portant les autres, qui traversera les mondes révolus.

    [...]

    Mais l'espérance ne va pas de soi.

    L'espérance ne
    va pas toute seule.

    Pour espérer, mon enfant,
    il faut être bien heureux,
    il faut avoir obtenu,
    reçu une grande grâce.

    [...]

    La petite espérance s'avance entre ses deux grandes sœurs et on ne prend pas seulement garde à elle.
    Sur le chemin du salut, sur le chemin charnel, sur le chemin raboteux du salut, sur la route interminable, sur la route entre ses deux sœurs la petite espérance
    S'avance.
    Entre ses deux grandes sœurs.
    Celle qui est mariée.
    Et celle qui est mère.
    Et l'on n'a d'attention, le peuple chrétien n'a d'attention que pour les deux grandes sœurs.
    La première et la dernière.
    Qui vont au plus pressé.
    Au temps présent.
    À l'instant momentané qui passe.
    Le peuple chrétien ne voit que les deux grandes sœurs, n'a de regard que pour les deux grandes sœurs.
    Celle qui est à droite et celle qui est à gauche.
    Et il ne voit quasiment pas celle qui est au milieu.
    La petite, celle qui va encore à l'école.
    Et qui marche.
    Perdue entre les jupes de ses sœurs.
    Et il croit volontiers que ce sont les deux grandes qui traînent la petite par la main.
    Au milieu.
    Entre les deux.
    Pour lui faire faire ce chemin raboteux du salut.
    Les aveugles qui ne voient pas au contraire.
    Que c'est elle au milieu qui entraîne ses grandes sœurs.
    Et que sans elle elles ne seraient rien.
    Que deux femmes déjà âgées.
    Deux femmes d'un certain âge.
    Fripées par la vie.

    C'est elle, cette petite, qui entraîne tout.
    Car la Foi ne voit que ce qui est.
    Et elle elle voit ce qui sera.
    La Charité n'aime que ce qui est.
    Et elle elle aime ce qui sera.

    La Foi voit ce qui est.
    Dans le Temps et dans l'Éternité.
    L'Espérance voit ce qui sera.
    Dans le temps et dans l'éternité.
    Pour ainsi dire le futur de l'éternité même.

    La Charité aime ce qui est

    Dans le Temps et dans l'Éternité.
    Dieu et le prochain.
    Comme la Foi voit.
    Dieu et la création.
    Mais l'Espérance aime ce qui sera.
    Dans le temps et dans l'éternité.

    Pour ainsi dire dans le futur de l'éternité.

    L'Espérance voit ce qui n'est pas encore et qui sera.
    Elle aime ce qui n'est pas encore et qui sera
    Dans le futur du temps et de l'éternité.

    Sur le chemin montant, sablonneux, malaisé.
    Sur la route montante.
    Traînée, pendue aux bras de ses deux grandes sœurs,
    Qui la tiennent pas la main,
    La petite espérance.
    S'avance.
    Et au milieu entre ses deux grandes sœurs elle a l'air de se laisser traîner.
    Comme une enfant qui n'aurait pas la force de marcher.
    Et qu'on traînerait sur cette route malgré elle.
    Et en réalité c'est elle qui fait marcher les deux autres.
    Et qui les traîne.
    Et qui fait marcher tout le monde.
    Et qui le traîne.
    Car on ne travaille jamais que pour les enfants.

    Et les deux grandes ne marchent que pour la petite. »

    Charles Péguy. Le Porche du mystère de la deuxième vertu 1912

    L'espérance est hors du temps, d'un temps qui serait tout au présent. La Joie est une compagne naturelle de l'espérance. En ce 23 novembre où le soleil brille habituellement là où je me trouve, je vous souhaite à tous, chers lecteurs et lectrices, de posséder et la Joie et l'Espérance pour illuminer et adoucir votre vie.

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr