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  • Saint Louis et la Mongolie

     

    Ce dimanche 25 août 2013 est jour de la saint Louis, autrement dit Louis IX, roi de France, né à Poissy et décédé le 25 août 1270 au cours de la huitième croisade. Comme cela est autorisé, je mets le texte de la dépêche publiée par les Missions Etrangères de Paris, 128 rue du Bac, 75007 Paris, sur le site http://eglasie.mepasie.org et relative aux liens établis, dès l’époque de Louis IX, entre la France et la Mongolie.

    « Dimanche 25 août prochain, la petite communauté catholique de Mongolie organise une célébration en français à la cathédrale Saint-Pierre-Saint Paul d’Oulan Bator. Cette messe, à laquelle sont invités tous les membres de la communauté française (un peu plus d’une centaine) et francophone, commémorera les liens très anciens qui lient depuis le XIIIe siècle la Mongolie à la France

    C’est un fait peu connu. Des siècles avant l’installation, récente, d’une représentation permanente de la France à Oulan-Bator, des relations franco-mongoles avaient été initiées par le roi Louis IX. Aucun ambassadeur de l’Occident chrétien n’avait auparavant pénétré dans les steppes tartares où Marco Polo ne s’aventurera que quelques dizaines d’années plus tard.

    La première ambassade de Louis IX partit en 1249, menée par le dominicain André de Longjumeau. Le roi de France était alors à Chypre, d’où il dirigeait la Septième croisade : il recherchait une aide militaire pour « délivrer Jérusalem des Sarrasins », mais espérait également pouvoir reprendre le projet avorté du pape Innocent IV après l’échec de ses deux ambassades successives (1244-1245) de convertir le Grand Khan (1).

    Après avoir fait trembler l’Occident avec leurs hordes conduites par Őgödei, fils de Gengis Khan, les Mongols s’étaient repliés en Asie centrale et ne semblaient plus constituer une menace. Dans le contexte géopolitique de l’Europe du milieu du XIIIe siècle, la puissance militaire des Mongols semblait seule capable de faire vaciller le monde islamique. Plusieurs territoires auparavant sous domination musulmane venaient de tomber entre leurs mains, comme le califat de Bagdad. Une alliance franco-mongole semblait une hypothèse séduisante, d’autant plus que les ambassades manquées d’Innocent IV avaient permis d’attester que des chrétiens nestoriens (2) occupaient de hautes fonctions à la cour de l’empereur mongol, lequel jouissait d’une réputation de tolérance religieuse.

    Lorsque la mission du roi franc arriva en Mongolie, le Khan Güyük, fils d’ Őgödei, venait de mourir. Sa veuve, la régente Oghul Qaïmich, reçut les présents du roi, dont des reliques de la vraie croix, et remit de magnifiques cadeaux en échange aux envoyés francs, accompagnés cependant de déclarations hautaines où elle déclarait accepter Louis IX comme son vassal. Pour certains historiens, l’envoi de cadeaux de valeur par le roi avait été interprété comme un tribut de soumission.

    Peu après le retour d’André de Longjumeau, Louis IX, qui venait d’être libéré contre rançon (il avait été fait prisonnier entre temps en Palestine), décide d’envoyer une nouvelle ambassade. Mais il confie celle-ci à l’un de ses amis proches, le franciscain Guillaume de Rubrouck, originaire des Flandres françaises. Outre un admirable récit (Voyage dans l’empire Mongol), peu connu mais d’un caractère historique et ethnographique exceptionnel, cette deuxième délégation franque eut pour résultat d’établir de véritables – et premiers – liens avec le peuple mongol.

    Parti de Constantinople en 1253 et accompagné du dominicain Barthélémy de Crémone, Guillaume de Rubrouck est introduit auprès du grand Khan Möngke (Mangu), petit-fils de Gengis Khan, dont l’une des filles est chrétienne. Ce dernier leur fait bon accueil et les autorise à entrer dans la capitale Karakorum, où ils seront, en 1254, les premiers missionnaires chrétiens occidentaux à pénétrer.

    Le rapport du franciscain, très complet, décrit avec précision la géographie de la Mongolie, mais aussi les mœurs de ses habitants et son paysage religieux, signalant à Karakorum la présence de deux mosquées musulmanes, d’une église nestorienne, de douze temples bouddhiques. Les nestoriens sont en revanche jugés sévèrement par le franciscain, qui rapporte que ces chrétiens qui exercent souvent de hautes fonctions à la cour (dans les chancelleries et les tribunaux, en tant que ministres ou précepteurs des enfants royaux) se montrent généralement « cupides, corrompus et dépravés ».

    Entre autres épisodes de son périple qui dura 25 mois, Guillaume rapporte une séance de « controverse publique » qui fut organisée par l’empereur entre « musulmans, idolâtres, bouddhistes et chrétiens ». Ce débat fut apparemment remporté haut la main par le franciscain, notamment face à son adversaire bouddhiste, un érudit venu de Chine. Mais aucune conversion ne suivra, note avec tristesse le missionnaire qui constate alors l’échec de sa mission d’évangélisation. Le lendemain, il est convoqué par Möngke qui lui déclare : « Comme Dieu a donné à la main plusieurs doigts, Il a donné aux hommes plusieurs voies. Dieu vous a fait connaître les Ecritures saintes, et vous autres chrétiens vous ne les observez pas… A nous, Il a donné des devins-guérisseurs. Nous faisons ce qu’ils disent et nous vivons en paix…»

    L’empereur donne alors congé aux émissaires et l’ambassade repart pour St Jean d’Acre, où Guillaume de Rubrouck remet son rapport au roi. Si l’alliance projetée entre les chrétiens d’Occident et les Mongols ne se fera pas, il en restera l’établissement de liens diplomatiques et courtois qui se poursuivront jusqu’au règne de Philippe le Bel. S’ensuivra une longue période où les liens se feront de plus en plus ténus jusqu’à la reconnaissance de la Mongolie par la France en 1965 et l’ouverture d’une ambassade à Oulan Bator en 1966.

    Depuis la révolution démocratique de 1990, les relations franco-mongoles se sont nettement développées, culturellement mais aussi économiquement avec l’implantation de plusieurs entreprises françaises. L’Eglise catholique renaît également depuis l’arrivée en 1992 des premiers missionnaires philippins de la Congrégation du Cœur Immaculé de Marie (CICM). Venus reconstruire une communauté chrétienne sur les lieux où, soixante-dix ans plus tôt, la même congrégation avait créé une mission sui juris, entièrement balayée par l’avènement du communisme, ils fêtent actuellement les vingt ans de leur existence et le développement d’une communauté forte de six paroisses et d’un nombre croissant de baptisés.

    Rédigé en latin, et traduit tardivement en français (au XIXe s.), le récit du Frère de Rubrouck, unique témoignage de ces liens passés, « est aujourd’hui également disponible en mongol ainsi que la correspondance diplomatique franco-mongole de cette époque », rapporte Henri de Solages, expatrié français en Mongolie depuis plusieurs années. Selon lui, la célébration prochaine de la Saint-Louis est une première pour la communauté catholique qui verra probablement la messe en français proposée dimanche prochain remplacer l’habituelle célébration en anglais pour les étrangers.
     

    Notes (1) Ces deux ambassades papales furent un échec autant diplomatique que missionnaire. La missive confiée par le pape au franciscain Jean du Plan Carpin en 1244, déplut profondément à Güyük, fils d’Ögödei. Innocent IV le sommait de se repentir des massacres qu’il avait perpétrés et l’exhortait à se convertir au catholicisme. Güyük répondit avec morgue qu’il accepterait éventuellement que le chef des chrétiens devienne son vassal. L’émissaire suivant, le dominicain Ascelin de Lombardie fut renvoyé en 1245 au pape avec une lettre écartant toute ouverture missionnaire mais évoquant la possibilité d’une alliance politique entre les Francs et les Mongols

    (2) Le nestorianisme, déclarée hérésie par le concile d’Ephèse au Ve siècle, défend la coexistence en Jésus-Christ de deux personnes, l’une divine, l’autre humaine. A partir de sa condamnation par l’Eglise de Rome, le nestorianisme se répandit en Perse, avant de gagner l’Asie où il rayonna jusqu’en Chine. »

    En allant sur le site vous trouverez l’itinéraire de Guillaume de Rubrouck émissaire de saint Louis auprès du Grand Khan (1254-1255).

    Coïncidence ? Hasard ? J’étais allée voir ces jours ci ce qu’il en était des recherches entreprises pour retrouver le tombeau de Gengis Khan, mort en août 1227 loin de chez lui. Sa dépouille, ramenée en Mongolie, fut inhumée près d’un mont appelé Burquan Qualdun, dans une région interdite. Toutefois, avec autorisation, une équipe d’archéologues a essayé, en décembre 2012 me semble-t-il, par des méthodes non invasives de détection à distance, avec la participation depuis chez eux de nombreux internautes, de faire des repérages, la coordination étant assurée par Albert Yu Min Lin, fasciné par Gengis Khan. A plusieurs centaines de kilomètres au nord ouest d’Oulan Bator, un intéressant travail de relevé a été fait, avec le concours imprévu d’un orage qui, en déracinant des arbres, a fait apparaître des tuiles en céramique pouvant être datées. Un film, accessible sur la toile, raconte cette odyssée. Il se trouve que la datation des tuiles les ferait correspondre à la période de l’inhumation de Gengis Khan.

    Gengis Khan et Saint Louis, décédés au mois d’août, ont laissé tous les deux dans l’Histoire une empreinte toujours présente.

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr

     

  • Fabrice, jusqu'au bout contre une maladie orpheline !

    fabriceEn ce 22 août, jour de la saint Fabrice, martyr espagnol des premiers siècles à Tolède en Castille, je pense au jeune Fabrice qui est parti le 19 octobre 2012 après une lutte vaillante et acharnée contre la maladie.

    Une maladie génétique qui s’est révélée après quelques années de vie sans souci.

    Ses proches ont lutté tout le temps à ses côtés, sans jamais baisser les bras.

    Plusieurs articles ici ont évoqué son parcours. Le plus récent le 22 octobre 2012 sous le titre « Fabrice, maladie orpheline, est parti ! » Et ceux-ci : le 21/03/2009 « Fabrice maladie orpheline traitable », le 29/03/2009 « Leucodystrophie métachromatique avec ELA le 28.03.2009 », le 31/03/2009 « Leucodystrophie métachromatique : garder l’espérance », le 28/10/2009 : « Fabrice, on le soigne ou pas ? », le 24/08/2010 « Thierry Dusautoir, Patricio Albacete à Mirepoix le 12 septembre ».

    En ce jour où sa famille et ses amis ne peuvent manquer de penser tout spécialement à la gentillesse de ce garçon, à sa présence affectueuse, à son appétit de vivre, à son goût pour les ballades, à son amour de la musique, etc…nul doute que Fabrice vient en aide, d’où il se trouve, aux jeunes atteints comme lui pour les aider au mieux.

    Merci à toi, Fabrice !

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr

  • Trains en France

    Excellente émission de C’est dans l’Air le 30 juillet 2013 avec Thierry Guerrier à propos de la sécurité ferroviaire. Invités : Didier Aubert secrétaire général CFDT Cheminots, Olivier Lascar journaliste à Sciences et Avenir, Jean-Claude Delarue Fédération des usagers des transports et services publics et SOS usagers, Gérard Feldzer ancien pilote fondateur  et responsable de Transports Passion très compétent en aéronautique.

    Le train français est le plus sûr d’Europe et les cheminots ont la sécurité chevillée au corps. En France c’est 15.000 trains par jour et 500 millions de kilomètres train par an. Le train c’est à la fois un réseau, des machines, des outils de contrôle et des humains.

    Les passages à niveau sont au nombre de 17.000. Leur suppression a un coût. Didier Aubert rappelle l’irresponsabilité des conducteurs passant en chicane alors que les barrières, en plastic déformable, sont fermées. Il ne faut jamais passer en chicane. Quand les barrières sont fermées le train arrive en 15 secondes ! Si on est sur les rails il faut accélérer pour dégager, pour soi et pour les voyageurs du train qui risquerait de dérailler.

    Au plan technique, il est tenu compte des variations de températures. La chaleur dilate les  matériaux mais, normalement, cela est sans conséquence. Sauf en cas de travaux avec ballast déplacé ou ôté, le ballast faisant pression sur les rails pour qu’elles soient stables. Des « tournées de chaleur » sont effectuées quand 40 °C persistent sur les rails. Et les TGV sont ralentis quand les catenaires se dilatent par forte chaleur, afin d’éviter des lignes bloquées et des retards.

    Les voies TGV sont protégées. Mais les autres voies sont accessibles à tous.

    Gérard Feldzer note que l’humain peut aussi éviter l’accident là où aucun ordinateur ne le ferait. Il cite l’exemple de la baie d’Hudson avec un avion que le pilote a su faire planer puis amerrir. A l’inverse, l’histoire du Concorde et de la pièce traînant sur la piste de l’aéroport est une erreur, les aéroports et les pistes étant des lieux fermés, protégés.

    Didier Aubert indique que 40% du personnel SNCF sera renouvelé dans les 10 ans. Soit 40.000 jeunes à former qui n’auront pas en 18 mois l’expérience des anciens.

    Suite à Brétigny sur Orge, 5.000 aiguillages de même nature avec éclisse ont été contrôlés. La France dispose de 30.000 kms de voie, 13.000 kms de voie unique, 22.000 appareils de voie, 2.400 à 2.500 postes d’aiguillage et des installations vieillissantes malgré des régénérations.

    La maintenance a changé. Avant il y avait des Brigades de voie avec une brigade de 8 à 10 personnes pour 10 à 15 kms de voie. C’était « leur » parcours. Ils en connaissaient les points faibles, revus plus souvent. Les contrôles se faisaient le jour, entre les circulations des trains. Mais depuis l’augmentation de la cadence des trains – suite à des accords avec les régions pour développer les TER – la maintenance a été modifiée. Elle se fait maintenant la nuit avec des équipes contrôlant 100 kms de voie. Il y a déresponsabilisation et moins de connaissance du réseau, moins de proximité avec les installations. Et les ateliers de maintenance pour les véhicules sont plus éloignés. Cependant, le matériel roulant dispose de la sécurité nécessaire. Par exemple, une climatisation défaillante ne concerne pas la sécurité.

    Didier Aubert aimerait comprendre ce qui s’est passé à Brétigny pour que se qui s’est passé là-bas avec l’éclisse ne se reproduise pas. Une éclisse est sorte d’agrafe géante en acier qui assure la jonction entre deux rails ; elle n’a pas à être « balladeuse ».

    Olivier Lascar est l’auteur d’un article – présent sur le Net - indiquant les 7 raisons pour lesquelles un train peut dérailler. L’une est la survenue d’un « gauche », déséquilibre causé par un problème géométrique au niveau d’un rail ; ce fut le cas en 1993 avec l’abaissement d’un rail suite à l’affaissement d’un tunnel datant de la 1ère guerre mondiale. D’où la nécessité de surveiller les voies attentivement et régulièrement.

    Pour Saint Jacques de Compostelle, ce n’est pas tant la grande vitesse sur un rail prévu pour cela qui est en cause que le passage de la grande vitesse de 200 kms heure à une vitesse de 80 kms heure dans un virage et avec un conducteur distrait par un appel téléphonique de travail. Il est dommage que ce point dangereux n’ait pas été équipé d’une balise en amont pour éviter ce qui s’est produit.

    En France il existe une radio sol train qui permet au conducteur d’être joint par les postes environnants. Pour éviter toute distraction, on évite que quelqu’un soit avec le conducteur.

    Avec 15.000 trains en circulation chaque jour en France, il y a 100 franchissements par an de signaux, sans engagement du point dangereux. Si le conducteur ne réagit pas assez vite, un système de balise arrête le train avant le point dangereux. Ce système de balises a environ 20 ans. Avant, tout dépendait du conducteur. Aujourd’hui aussi à 99% ; mais la balise est une sorte de parachute, une boucle de rattrapage en cas d’erreur du conducteur. Elle n’est en aucun cas une aide à la conduite.

    Un conducteur qui franchit un signal rouge est aussitôt mis à pied et contrôlé au niveau psychologique. Puis, quand il reprend, il est suivi de très près pendant 6 à 12 mois. Il ou elle car il y a des femmes conducteurs, moins de 10%.

    Il existe en continu un contrôle des boîtes noires des trains pour repérer si le comportement du conducteur est approprié. Ce sont des collègues de la même profession qui font ces contrôles, ce qui est plutôt bon signe estime Gérard Feldzer. Il y a beaucoup de points communs entre le train et l’avion note-t-il encore. Il précise : une erreur qui se reproduit devient une faute.

    Il y a plus de 4 millions de voyageurs par jour en train en France.

    En Ile de France, un voyageur sur 2 a peur en train pour de raisons de sûreté – agression, vol – et non de sécurité. Toujours en Ile de France se pose la question de la saturation des trains liée à la multiplication des trajets.

    Actuellement 1.000 kms de voie sont remplacés par an. Il serait mieux d’en changer 2.000 kms.

    La loi sur la réforme du ferroviaire est à l’horizon. En positif il y a déjà la réunion de RFF et SNCF, soit de Réseau Ferré de France et de la Société Nationale des Chemins de Fer ce qui fera un gestionnaire unique pour les infrastructures.

    Jean-Claude Delarue se félicite d’une prochaine conférence nationale pour faire un état des lieux, par la mise en commun des connaissances de tous : Etat, SNCF, RFF, cheminots, usagers, habitants proches des voies.

    Cette émission a permis d’apprendre beaucoup de choses quant aux  trains. Merci !

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr