Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Pardonner !

    Ce verbe enferme de l’actif et du passif. De l’actif parce que pardonner à un autre est un acte voulu, net, carré, à l’emporte pièce. Du passif parce que, dans l’autre sens, le quémandeur de pardon est en attente de la bienveillance de celui ou celle dont le pardon est sollicité. Qui peut accorder ou non cette grâce. Car cela en est bien une, le pardon cassant tous les liens négatifs qui ont été tissés entre deux personnes, le pardon étant constructif. Le pardon étant source de lumière. Source de vie.

     

    Pardonner, être pardonné est complexifié par le fait que, parfois, on pense ne pas avoir blessé l’autre, donc ne pas avoir besoin de demander un pardon ; alors même que l’autre a été atteint, meurtri, parfois grièvement. Nous sommes parfois, nous-mêmes, de ces grands blessés du cœur et de l’âme, ignorés par celui ou celle qui a entraîné cette pénible douleur.

     

    Il faut le dire, le redire, le clamer, le répéter : le pardon est guérisseur ; le pardon soigne.

     

    Il n’est pas de demi pardon. De pardon partiel. De pardon au dixième ou aux neuf dixièmes.

     

    On pardonne ou on ne pardonne pas.

     

    Pardonner est limpide. Le vrai pardon est toujours lumineux.

     

    Le pardon laisse couler un tourbillon d’eau claire, un flux continu d’énergie éblouissante et qui transperce d’une gaieté particulière.

     

    Après un pardon donné, comme après un pardon reçu, le cœur est habité d’une joie parfaite.

    Pour celui qui accordé ou reçu le pardon. Même si pour y arriver le temps humain s’est écoulé durablement : 1 an, 10 ans, 20 ans ou parfois plus.

     

    La paix est enfant et sœur du pardon. Elle l’accompagne toujours. Une paix commune et partagée qui permet l’harmonie symphonique de deux êtres réconciliés. Qui permet une vibration harmonique quels qu’aient pu être les torts apparents ou ressentis.

     

    Le pardon est un double échange. Ce pardon qui tisse l’humble quotidien de notre vie, tous ces multiples petits faits innombrables qui nous blessent et nous fragilisent.

     

    Nos vies sont plus ou moins tissées au quotidien de ces blessures classiques faites – c’et selon – de silences, d’erreurs, de non-dits, ou de paroles excessives qui claquent comme autant de coups au vent des secondes du jour ou de la nuit. Des coups parlés ou silencieux qui font mal. Qui entaillent. Qui paralysent. De ces propos meurtriers que les enfants connaissent bien tels « Tu n’es bon à rien ! », « Tu ne réussiras jamais ! » « Paresseux ! Menteur ! » Etc…

    Parties, lancées, ces phrases assassines creusent des sillons empoisonnés dans l’âme du destinataire. Comment faire barrage à de tels propos quand on a 2 ans ? 4 ans ? 7 ans ? 10 ans ? Quand on est dépendant en tout et pour tout du bon vouloir financier et affectif des adultes ?

     

    Au niveau des mineurs, de telles phrases sont lourdement toxiques.

    Sans épargner pour autant les plus de 18 ans.

     

    Celui qui pardonne gagne la paix du cœur, le bien-être de l’âme. Il est entré dans un chemin de compassion. Il chemine sur une terre adoubée d’harmonie, bercée de célestes musiques, chatoyante de fleurs joliment colorées.

     

    Pour celui qui est pardonné, la situation est identique.

     

    Entre adultes, dans le quotidien banal, ordinaire, une même personne est souvent dans la position de celui qui pardonne à certains et est pardonné ou peut être pardonné par d’autres, à qui elle a causé du tort, volontairement ou non par une de ces petites phrases qui a fait mal ou par un regard ou par un geste inapproprié.

     

    Entre enfant et adulte, le rapport relationnel est différent de celui d’adulte à adulte. Il est rare, très rare, qu’un adulte ait conscience d’être en position de solliciter le pardon du plus jeune qu’il a meurtri. Très souvent par inconscience ou négligence.

    Le respect des enfants n’est pas toujours monnaie courante.

    Ainsi un jeune garçon de 12 ans s’était-il vu prédire qu’il n’aurait jamais son baccalauréat. Diplôme obtenu brillamment, quelques années plus tard, chez les jésuites de Tivoli à Bordeaux. Ce grand sensible en avait été inutilement blessé. Et, dans ce cas précis, sans l’apaisement d’un pardon reçu et donné.

    Ce même garçon, quelques mois après ce succès, s’était vu asséner ceci par un moniteur d’auto-école avait asséné : « Vous l’intellectuel, vous n’aurez jamais votre permis de conduire ! »

    Stupide !

    Quelques années plus tard, il était un excellent professeur, avec un contact superbe avec ses élèves.

     

    Le pardon.

    Et aussi la compassion.

    Des qualités à développer.

    Pour son propre bien être autant que pour celui d’autrui.

    Un but pour cet été.

     

    contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr

     

  • Thibaud Valérian, Avignon, La jeune fille et la mort

    thibaud valérian,christopher daniel stewart,avignon Avignon festival 2012 avec Thibaud Valérian et Christopher Daniel Stewart qui, par Tall Men productions, nous offrent un poignant et réaliste La Jeune fille et la Mort issu d’Ariel Dorfman.

     

    La jeune fille et la mort soulève, par un trio intime réuni quelques heures, les positions, dans une après dictature, d’une femme et deux hommes. Un médecin, identifié comme autrefois son tortionnaire par Paulina, assurée d’avoir reconnu son bourreau ; ceci en présence du mari de cette dernière, un avocat appelé à diriger une commission d’enquêtes sur les auteurs des crimes alors commis.

     

    Où est la vérité ? Où est la justice ?

     

    Entre faits et ressentis, les comédiens Juliette Degenne, Gérard Chaillou et Claude Lesko, par ordre d’entrée en scène, donnent chair et vie à une création où Christopher Daniel Stewart, nouveau venu en Avignon, a pu investir librement toutes ses capacités artistiques. La musique est de Jean-Marie Sénia, les lumières/scénographie de Jean-Luc Chanonat. Avec la présence, également, de la musique de Schubert.

     

    Unité de temps, unité de lieu, flux tendu mental et moral sur lequel viennent exploser des paroles d’évidence ponctuées de cris d’âme, c’est un spectacle à venir découvrir en Avignon. Tous les jours à 11 heures du 7 au 29 juillet, au Théâtre Arto (tél. 04 90 82 45 61) situé 3 rue du Râteau, intra muros, à deux pas de la porte Limbert.

     

    En juillet 2011, j’avais eu le bonheur d’assister à une lecture géniale réalisée par Thibaud Valérian, accueilli alors par la Maison Jean Vilar. Autour de ces instants, un billet titré « Thibaud Valérian Avignon 2011 », est présent sur ce blog au 13.07.2011.

     

    Avec La Jeune fille et la mort pour ce festival 2012, Thibaud Valérian continue d’apporter son empreinte au monde du spectacle, une marque antérieurement ciselée au sein de la Cité des papes, notamment quand il y avait donné, il y a quelques années, Le livre blanc de Jean Cocteau.

     

    Autant de justes raisons pour aller découvrir, ce juillet et dès 15 ans, cette nouvelle réalisation de valeur de Thibaud Valérian, œuvre à laquelle Christopher Daniel Stewart a su associer excellemment un talent sûr de metteur en scène.

     

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr