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  • Maurice de Saxe Juliette Benzoni

    maurice de saxe,benzoniUne vie inhabituelle, celle de Maurice de Saxe, maréchal général de France, écrite par la plume alerte et avisée de Juliette Benzoni, vie parue sous le titre Fils de l’Aurore chez Perrin en 2007 puis aux éditions pocket en décembre 2008 tome 2 de la série Le sang des Kœnigsmark.

     

    Voici le résumé donné par l’éditeur : « Pendant des années, afin de le soustraire à la vindicte du ministre Flemming, Aurore de Koenigsmark a caché son fils Maurice en le faisant transporter de ville en ville, hors de Saxe. Devenue elle-même chanoinesse de Quedlinburg, elle a dû le confier à des précepteurs, à des valets, tandis qu'elle se consacrait à ce qui était devenu le but de sa vie : le faire reconnaître par le roi de Pologne Auguste II - l'ancien Electeur Frédéric-Auguste de Saxe - comme son fils. Bâtard bien entendu, mais autorisé à s'appeler Maurice de Saxe. Pour cela, faisant taire son amour, elle saura devenir l'amie, la confidente, voire l'ambassadrice occulte de son ancien amant. Et elle gagnera. Mais sa revanche sur la vie, c'est de France qu'elle viendra. Et combien éclatante ! Car cet enfant le plus souvent éloigné d'elle, sevré d'amour, porte en lui un véritable génie militaire. Dès treize ans, il entame une fantastique carrière qui fera de ce trop jeune fantassin saxon d'abord un comte de Saxe, puis un maréchal de France sauveur de son pays - car la France est devenue sa patrie d'adoption -, le héros de FontenoyLouis XV lui-même se mettra à ses ordres, enfin le roi du sublime Chambord avec les droits de prince souverain, et l'organisateur du mariage de sa nièce Marie-Josèphe de Saxe, dont les enfants s'appelleront Louis XVI, Louis XVIII, Charles X... Une vie menée au galop de charge par un homme irrésistible, semant les aventures féminines qui, parfois, se révéleront passions. Ainsi l'amour quasi légendaire qui l'attachera à la grande Adrienne Lecouvreur. Ainsi cette aventure princière qui fera de sa mort un mystère... »

    J’ajoute que Marie-Josèphe de Saxe épouse du Dauphin aura avec lui deux autres enfants Madame Elisabeth morte sur l’échafaud et celle qui sera la reine Clotilde de Piémont Sardaigne. (p. 394 texte pocket)

    Maurice de Saxe sera aussi avec Marie Rinteau actrice le père d’une petite fille baptisée à l’église Saint Gervais Saint Protais sous le prénom d’Aurore avec pour parrain le marquis de Sourdis ami du maréchal et pour marraine Geneviève Rinteau. Six ans plus tard cette petite fille devient pour l’état civil Marie-Aurore de Saxe (p. 408 pocket), grand-mère de George Sand dont on sait l’énergie. Un tempérament qui a de qui tenir du côté Maurice de Saxe.

    Maurice de Saxe a failli devenir souverain de La Courlande, aujourd'hui Lettonie. (p. 260)

    Alors qu'il est encore tout jeune, en hiver, avec un gel à pierre fendre, lors d'une étape des fantassins dont il est à Hanovre, la triste réalité est que "les pieds du gamin étaient en sang et son dos comme ses épaules couverts de bleus par le poids des armes et du sac". On lui propose alors de continuer en voiture. Il refuse, poursuivant jusqu'à Bruxelles à pied avec sa charge "serrant les dents". (p.117-8)

     

    Je conseille ce livre très instructif à plusieurs niveaux. Celui de la guerre et de la diplomatie en Europe, celui des responsables du pouvoir – Saxe, Russie, Pologne, Angleterre, etc…, celui de la France avec le rôle intéressant de Philippe d’Orléans auprès d’un Louis XV encore mineur, celui du génie militaire de Maurice de Saxe qui sera lu par Napoléon et de sa volonté de préserver au maximum la vie de ses militaires lors des combats et en dehors à une époque où ce n’est guère un souci des chefs. Maurice de Saxe est le premier à donner l’exemple en conduisant les assauts les plus spectaculaires, donnant sans compter de sa personne. De plus, j'gnorais a manière assez extraordinaire dont il avait redonné vie au château de Chambord; il me faudra le revisiter avec ce savoir en tête. 

    En outre une description de Paris en 1720 est faite en citant Le Paris des lumières d'Afred Fierro et Jean-Yves Sarrazin Editions de la Réunion des Musées Nationaux. (p.176)

    L'auteur mentionne en bibliographie les Mémoires du baron Adrien de Tricornot, présent au transfert des restes de Maurice de Saxe en août 1777 au temple de Saint Thomas à Strasbourg. Ces mémoires ont été imprimées et diffusées pour le seul usage familial. (p. 437, 440)    

    Que ce livre soit un roman aisé à lire n’ôte en rien la réalité d’une excellente documentation. Et ces événements n’étant pas si lointains. 

    Cet homme que je ne connaissais que de nom et par son titre de maréchal m’a interpellée. C’est le 11 janvier 1747 que Louis XV fait, avec raison, Maurice de Saxe « maréchal général, un titre prestigieux – l’équivalent de connétable de France – que seul Turenne avait porté avant lui. » (p.386 pocket)

    Cet ouvrage n'est pas pour inciter les garçons ou les filles à la guerre. Mais pour leur faire passer le message qu’avec de la volonté et en mettant les moyens on peut arriver à atteindre le but que l’on s’est fixé dans la vie. Sans se laisser décourager par  les propos parfois pessimistes de certains à qui il est préférable alors de ne rien dire, ou alors le strict minimum. Ayez foi en vous les jeunes !

     

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr 

  • « Ecoute », en 2011 comme en Bible

    Temps spirituel fort à Ermont les 8 et 9 octobre 2011, avec la participation le 9 du Docteur Odile Boudier pour une conférence sur le thème de l’Ecoute.

     

    Ces deux journées, vécues par une centaine de personnes aux racines culturelles africaines, belges ou françaises, ont été portées par une joie de prier sincère, soutenue par des chants rythmés, des farandoles spontanées. Cette louange, jaillie du fond du cœur vers Dieu Trinité, la vierge Marie, saint Joseph, a été exprimée en plénitude grâce à nos amis africains.

     

    Présente, je tiens à relayer la conférence de qualité offerte à tous le dimanche matin par le Docteur Odile Boudier, confrère très apprécié.

    Ce dimanche 9 le thème retenu était l’Ecoute, avec ses racines bibliques et sa nécessité quotidienne plus que jamais d’actualité. Sur ce thème majeur de l’écoute, le Docteur Boudier a su faire participer toute la salle, au fur et à mesure de son exposé.

    Une traduction simultanée, en flamand, avait lieu au fur et à mesure.

     

    Voici ce que le docteur Odile Boudier nous a transmis.

     

    C’est la première phrase de la Règle de saint Benoît qui a initié le thème retenu. Elle débute ainsi : « Ecoute, ô mon fils, l’invitation du maitre et incline l’oreille de ton cœur… ».

     

    L’assemblée présente entonne un chant approprié, connu de tous, à savoir « Ecoute la voix du Seigneur, prête l’oreille de ton cœur »

     

    Puis le conférencier propose de se confier à celle qui a su, d’abord, merveilleusement écouter, la Vierge Marie, mère de Jésus.

    Un très beau « Je vous salue Marie » est alors chanté.

     

    Odile Boudier évoque un passage de l’évangile de Luc lu lors de la messe du 8 octobre. Il se situe alors que Jésus est en train de parler. Une femme, au sein de la foule, élève la voix pour déclarer « Heureuse la mère qui t’a porté dans ses entrailles, et qui t’a nourri de son lait ! ». Ce à quoi Jésus rétorque  « Heureux plutôt ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui la gardent ! » Luc, chapitre 11, versets 27-28.

     

    L’assemblée s’associe à ce propos en chantant « Ta parole est lumière, Alleluia ! »

     

    Le Docteur Boudier a alors cette magnifique parole de tendresse affectueuse : « Je vous confie, vous et vos familles, à notre père saint Benoît, grand maître de sagesse.

     

    Puis dit le titre de la conférence qui est : « Donne-moi, Seigneur, un cœur qui écoute ! »

     

    Pour débuter notre réflexion, voici deux citations : :

    -celle de Saint Benoit dont la règle débute ainsi : « Ecoute, ô mon fils, l’invitation du maitre et incline l’oreille de ton cœur pour servir le vrai Roi, le Seigneur Jésus-Christ ».

    -celle de Salomon dans le Livre des Rois : « donne-moi, Seigneur, un cœur qui écoute » (1 Rois 3, 5‑ 15)

     

    Trois axes vont éclairer ces mots.

     

    Le premier axe est porté par le songe de Salomon.

     

    Le Seigneur parle en songe à Salomon : « demande ce que tu veux que je te donne ». Salomon répond de façon surprenante en présence de cette offre magnifique et sans condition ; il demande simplement : « lébh shoméa, c'est-à-dire un cœur qui écoute ».

    Si l’on veut faire un peu d’exégèse biblique il existe plusieurs traductions : un cœur attentif, un cœur docile, un cœur intelligent, un cœur plein de jugement, un cœur sage et obéissant, un cœur qui comprenne.

    « Il plut aux yeux de Yahvé que Salomon ait fait cette demande » (1 Roi 3, 10)

    Et Yahvé répond :

    « Parce que tu as demandé cela, voici que je fais ce que tu as dit : je te donne un cœur sage et intelligent » (1 Roi 3, 11-12).

     

    Tout au long de l’Ancien Testament Dieu multiplie ses appels à écouter la loi et ses prophètes sans se lasser.

    Ainsi le prophète Jérémie rappelle : « Voici la prescription que je leur ai faite : écoutez ma voix » (Jr 7, 23).

    La grande prière d’Israël, peuple de Dieu, sera le “Sh’ma Israël” traduit par “Écoute Israël” ; c’est la proclamation de la foi à un Dieu unique.

     

    L’assemblée se joint aux paroles prononcées en chantant « Ecoute Israël ! le Seigneur est notre Dieu ! »

     

    Le second axe est celui du « cœur qui écoute” dans la vie spirituelle.

     

    Qu’est-ce que cette attitude a de si essentiel pour que Dieu en fasse l’équivalent de la sagesse et de l’intelligence ?

    N’est-ce pas “cette meilleure part” dont le Seigneur nous dit qu’elle ne nous sera pas ôtée (Luc 10, 42) 

    Dans ce passage de l’évangile de Luc, les deux sœurs de Lazare, Marthe et Marie, sont présentes. Marthe, affairée aux nécessités matérielles, se plaint de n’être pas secondée par Marie, laquelle, « assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole ». (Luc 10, 39) Le Christ répond à Marthe que Marie a choisi la meilleure part et qu’elle ne lui sera pas ôtée.

     

    Dans le premier livre de Samuel dans l’Ancien Testament le vieil Elie enseignait au petit Samuel, élevé dans le Temple, d’avoir à tout moment le cœur et l’esprit dans la disposition qui suit : « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute ». (1 S 3, 9)

    Dans cette écoute silencieuse, l’âme est ouverte aux appels de Dieu et au souffle de l’Esprit Saint. Ce que rappelle la parole du Christ précédemment citée : « Heureux ceux qui écoutent la Parole et qui l’observent » (Luc 11, 28)

     

    Le troisième axe est celui du cœur qui écoute” dans la relation avec nos frères.

     

    Tous les présents sont unis par le chant « Ecoute, écoute, surtout ne fais pas de bruit, on marche sur la route, on marche dans la nuit.

    Ecoute, écoute, les pas su Seigneur vers toi, il marche sur la route, il marche près de toi. »

     

    “Un cœur qui écoute”, ne concerne pas seulement le domaine de la vie spirituelle, mais aussi nos rapports humains.

    “Un cœur qui écoute”, n’est-ce pas une attitude attendue par tous nos frères ?

    Les malades, les pauvres ont souvent autant et même plus besoin d’écoute que de remèdes et de pain.

     

    C’est sans doute le cardinal Liénard qui indiquait aux prêtres qu’un grand malade n’avait que faire de discours du style « Offrez votre souffrance ». « Tout au contraire taisez-vous !  et prenez lui la main. A ce moment là, le malade vous parlera. »

     

    Parmi ceux qui nous entourent, malades ou pas, n’entendons-nous pas secrètement leur appel ? Chacun de nos frères cherche un cœur prêt à l’écouter.

    Le rédacteur que je suis oserait ajouter ceci : ne sommes-nous pas, nous-mêmes, de temps en temps, dans la situation de l’un de ces frères ? en attente d’une écoute attentive ?

    Essayons d’offrir à cet autre, mon prochain, ce proche d’un instant près de moi un accueil, une profondeur d’attention afin qu’il soit à l’aise et reconnu.

    Il s’agit d’un accueil intérieur, d’un cœur assez fraternel pour être à l’écoute de ce qu’il y a de meilleur, souvent caché et inexprimé dans celui que l’on rencontre.

     

    Vous savez comme moi qu’il y a silence et silence. Pour écouter il faut un silence plein d’amour qui entend avec charité celui qui souffre. Mieux que de multiples paroles de consolation genre « Ce n’est pas grave, mon cher ami. Ta fille va revenir. » un silence plein d’amour se révèle plus efficace que des flots de paroles.

     

    Odile Boudier convie une jeune psychologue à venir lire trois passages d’un ouvrage de Lytta Basset S’ouvrir à la compassion publié en 2007 aux éditions Albin Michel, puis en 2009 en Poche. Cette femme, pasteur protestant qui vit en Suisse, a perdu son enfant. Docteur en théologie, auteur de plusieurs livres, elle sait trouver les mots justes.

    Au sujet des personnes déprimées à qui sont distribués des médicaments actifs chimiquement. Mais où se situe la demie heure d’écoute du silence de ces personnes ? Qui est là pour entendre la parole étouffée par le silence de ces personnes au visage fermé ?

     

    Une invocation à l’Esprit Saint ponctue ce premier passage.

     

    La lecture d’un second passage porte sur la difficulté d’écouter, la difficulté de s’ouvrir à la souffrance d l’autre et de l’accueillir. Il existe une barrière entre celui ou celle qui vit la souffrance et l’autre qui ne vit pas cette douleur. Cette solitude et cet isolement peuvent se révéler mortels. De plus, cette barrière bloque la possibilité de communiquer notre propre souffrance, la possibilité d’échanges.

     

    A nouveau l’Esprit Saint est invoqué.

     

    Un troisième passage apporte un nouvel éclairage sur l’écoute. En substance il enseigne : « Ecouter, c’est se faire conduire par la parole de l’autre ». Ou encore « Ecouter, c’est se faire conduire par le silence de l’autre pour se laisser guider ».

     

    L’Esprit Saint est de nouveau invoqué par un chant pour être éclairé, pour savoir rester en silence et ouvrir l’oreille de son cœur.

     

    Dans la relation avec autrui les responsables ont une lourde responsabilité.

    Salomon a demandé à Dieu un cœur qui écoute pour gouverner le peuple.

    C’est une qualité très importante pour les chefs, les parents, les supérieurs, les pasteurs, nos prêtres, nos curés d’avoir un cœur qui écoute. C’est ce qui permet d’accueillir leurs sujets, leurs enfants, leurs ouailles, avec une écoute totale.

    Si le conseiller n’a pas un cœur écoutant, il va, dès qu’il aura compris sommairement de quoi il s’agit, s’empresser de fournir ce qu’on lui demande, déverser des consolations et des conseils, proposer des solutions toutes faites, sortir de son expérience mille cas semblables. Et le pauvre diable en face de lui repartira les bras chargés de tous les conseils prodigués, non adaptés à son  problème.

    Il repartira, se disant qu’il n’est pas plus avancé qu’avant, le conseiller ayant déversé des solutions, toutes inadaptées, inapplicables, car ne venant pas de lui-même.

    Le conseiller, doué d’un cœur qui écoute, serait plus utile en indiquant à son interlocuteur en demande comment apprendre à colmater lui-même ses failles, à se “réparer”, à y voir clair en lui-même, ce qui sera source de paix.

     

    Dans la relation avec autrui la docilité est une vertu importante 

    La docilité permet de recevoir la parole, l’enseignement, avec simplicité. Cette docilité dans l’écoute n’exclue pas  d’exercer un discernement opérant un tri et un jugement.

    Ainsi si je me dis en entendant une homélie que je suis plus savante que celui qui prêche, ma docilité est absente.

    Au contraire, la fermeture de mon oreille en entendant les propos d’une secte permet d’exercer mon jugement.

     

    Dans la relation avec autrui l’humilité est une nécessité.

    Elle se manifeste par un cœur ouvert, acceptant les avertissements, les critiques et les reproches. Elle permet une prise de conscience de nos limites et de nos fragilités.

    Devant cette humilité, cette pauvreté du cœur, Dieu peut venir combler nos vides par ses dons et son amour.

    Méditons l’attitude de Marie qui chante dans le Magnificat : « Il s’est penché sur son humble servante ».

     

    Un texte de Saint Bernard au XII ème siècle peut nous aider dans notre prière et notre réflexion d’aujourd’hui: Ce texte se nomme « Marie, lente à parler, prompte à écouter ».

     

    L’assemblée chante « Magnifique est le Seigneur ! tout mon cœur pour chanter Dieu ! »

     

    Et un participant est convié à la lecture de ce texte.

     

    Marie était très réservée ; nous en trouvons la preuve dans l'Evangile. Quand voyez-vous qu'elle ait été loquace ou pleine de présomption ? Un jour, elle se tenait à la porte, désirant parler à son Fils, mais elle n'usa de son autorité maternelle ni pour interrompre sa prédication, ni pour entrer dans la maison où il prêchait.

    Si j'ai bonne mémoire, les quatre Evangélistes ne font entendre que quatre fois les paroles de Marie. La première, quand elle s'adresse à l’Ange ; encore n'est-ce qu'une réponse. La seconde, dans sa visite à Elisabeth, lorsque, magnifiée par sa cousine, Marie voulut plus encore magnifier le Seigneur. La troisième, quand elle se plaignit à son Fils, alors âgé de douze ans, que son père et elle-même l'avaient cherché dans l'inquiétude. La quatrième, aux noces de Cana, quand elle interpella son Fils et les serviteurs.

    Dans toutes les autres circonstances, Marie se montre lente à parler, prompte à écouter, car « elle conservait toutes ces paroles, les méditant dans son cœur » (Lc 2, 19 et 51).

    Non, vous ne trouverez nulle part qu'elle ait parlé, même du Mystère de l'Incarnation ! Malheur à nous qui avons le souffle aux narines ! Malheur à nous qui répandons toute notre âme, comme un récipient qui serait percé !

    Que de fois Marie a entendu son Fils, non seulement parler en paraboles à la foule, mais dans l'intimité, révéler aux disciples les secrets du Royaume des cieux ! Elle l'a vu faire des miracles, puis suspendu à la Croix, expirant, ressuscité, et montant au ciel. Combien de fois nous dit-on qu'en toutes ces circonstances la voix de la Vierge se soit fait entendre ? ... Plus Marie est grande, plus elle s'humilie non seulement en tout, mais plus que tous.

     

    On chante à nouveau « Ecoute, écoute, surtout ne fais pas de bruit, on marche sur la route, on marche dans la nuit.

    Ecoute, écoute, les pas du Seigneur vers toi, il marche sur la route, il marche près de toi. »

     

    Puis en chant Je vous salue Marie.

     

    En conclusion de cette réflexion en trois points : « soyons nous-mêmes lents à parler et prompts à écouter.

     

    Dans l’évangile selon saint Luc Jésus rappelle « Prenez garde à la manière dont vous écoutez » (Lc 8 ; 18).

     

    Pour terminer, une formule de prière est lue par une participante :

    « « Donne-moi Seigneur, un cœur qui écoute. »

    C'est une demande excellente, que nous allions entendre un sermon, faire oraison, visiter un malade, ou simplement chaque fois que nous avons à entrer en contact avec notre prochain. Et, quand nous sommes seuls, cette demande peut devenir notre prière habituelle pour obtenir de rester attentifs au fond du cœur, sans cesse écoutant, en face du Seigneur. »

     

    A nouveau on chante : « Ecoute, écoute, surtout ne fais pas de bruit, on marche sur la route, on marche dans la nuit.

    Ecoute, écoute, les pas du Seigneur vers toi, il marche sur la route, il marche près de toi. »

     

    Puis Odile Boudier propose que l’assemblée forme une chaîne pour un Notre Père en ayant une intention de prière spéciale pour nos deux voisins du moment. En attendant que le Christ revienne changer nos cœurs de pierre.

     

    Le repas dans la Bible, thème de la conférence le 27 mars d’Odile Boudier, est relaté sur ce blog le 31 mars 2011.

    L’écoute est, comme le repas, un moment de partage concernant tous les humains.

     

    Sur ce blog où je ne cesse de rappeler que l’homme est aussi et d’abord un être spirituel, cette conférence sur l’Ecoute était à relayer. Merci au Docteur Boudier pour le travail de transmission accompli.

     

    Contact  francoiseboisseau@wanadoo.fr

  • Jeanne d’Arc, Bernard Simonay

    jeanne d’arcQui était Jeanne d’Arc ?

    Bernard Simonay est l’auteur du roman Le lys et les ombres. Publié chez Calmann-Lévy en 2011 il concerne cette héroïne « nationale », lui donnant nouvelles vie et vigueur par 650 pages à la lecture aisée.

     

    En reprenant les sources disponibles, l’auteur dresse le portrait d’une femme bien plus réelle, humaine et accessible que celle dont on m’a enseigné l’histoire.

    Une autre Jeanne qui n’a rien d’incompatible avec la célébrité connue.

     

    Ainsi les « voix » de Jeanne ne sont pas écartées mais appuyées, renforcées en quelque sorte, par une décision temporelle qui l’emploie pour mettre en œuvre une prophétie venue d’Avignon (°p 85-86°), prophétie qui énonce que » La France, perdue par une femme, sera sauvée par une vierge », en l’espèce Jeanne d’Arc, Pucelle d’Orléans.

     

    Car Jeanne ne serait pas une vraie petite paysanne lorraine, mais une bâtarde de sang royal, issue de la famille d’Orléans, confiée dès sa naissance et pour la protéger à une famille lorraine.

     

    Après une petite enfance ordinaire, l’auteur décrit par le menu la formation de Jeanne à la langue française, à un savoir de culture générale. Puis – Jeanne aime naturellement à se battre physiquement et à gagner – son entraînement aux joutes de la chevalerie et sa formation de futur chef de guerre.

     

    Sa rencontre à Chinon avec le roi Charles VII est aussi un premier dialogue entre frère et sœur qui ne se sont encore jamais vus – demi-frère et sœur en fait. (p 345)

    Orléans délivrée (p 390), le sacre du roi à Reims (page 427), le procès avec l’évêque Cauchon (p 494) : tout cela est exact.

    Mais on a brûlé à Rouen une autre femme (p 499) que la pucelle d’Orléans.

    Jeanne est restée au secret un certain temps.

    Plus tard, libre, elle est devenue Jeanne des Armoise (p 550). Ayant rempli sa mission – délivrer la France et faire sacrer le roi à Reims – Jeanne n’était plus tenue à sa condition de pucelle.

     

    Elle a revu le roi Charles VII, à Loches, lequel l’a reconnue ainsi que bien d’autres (p. 508-511).

    Jeanne s’est éteinte le 4 mai 1449 (p 614) à 42 ans.

     

    Personnellement, ce portrait neuf de Jeanne sent l’authentique. Il n’écarte pas les « voix » (p 491) des messagers célestes sur lesquels toute l’histoire officielle de Jeanne s’appuie.

     

    Que la prophétie d’Avignon, puis les messages des « voix » soient ensuite réalisées par l’intermédiaire des voix humaines est très naturel. Pleinement complémentaire.

     

    Bernard Simonay n’omet pas de citer, notamment, l’accessibilité sur le net aux procès de Jeanne d’Arc. Et le site http://www.stejeannedarc.net/ qui « mérite le détour » tout en défendant une position opposée.

     

    Je convie fermement les moins de 18 ans à la lecture de Le lys et les ombres. Jeanne d’Arc leur paraîtra plus sympathique et réelle.

     

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr