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23/05/2011

Denis Ledogar : tendresse

Denis Ledogar,tendresse,Un livre source, celui de Denis Ledogar, prêtre et infirmier, auteur de La tendresse pour tout bagage.

 

En 1988, cet enfant de l‘Alsace devient aumônier le l’hôpital de Hautepierre. A ce titre il est l’homme de la situation pour évoquer sa présence auprès des malades ou de personnes en fn de vie.

 

Enlacée à sa vie professionnelle, l’auteur sait raconter une vie privée, depuis avant sa naissance. Il parle avec affection de deux de ses petits frères venus au monde sans vie.

Aussi Denis Ledogar, lorsqu’un bébé meurt « in utero » , dans l’utérus, dans le ventre de sa maman et que celle-ci souhaite le rencontrer est toute tendresse. (p.143-144)

 

Ou lors de la mort subite d’un nourrisson, le cas d’un petit Sébastien de trois mois. (p.144-147)

«  Dans ces moments extrêmes, je souffre terriblement. Je me sens aussi démuni qu’eux. Ce n’est pas mon enfant, mais il s’agit de la chair de la chair de ce couple qui ne demandait rien d’autre que de vivre pleinement leur bonheur. »

Denis prend alors dans ses bras le bébé, esquisse une prière, se rappelle ces mots dit au soir de son ordination « Lorsque tu te trouveras seul, face aux gens, dans les situations les plus douloueruses, n’oublie jamais deux choses : l’Evangile et ton coeur. »

Le cœur et l’Evangile, pour secourir l’« insondable souffrance des parents » mis à terre par cette mort.

 

Ce qu’il y a de superbe chez Denis Ledogar est qu’il est un homme comme tout le monde et qu'il sait l’exprimer. Par exemple avec l’anniversaire surprise des 60 ans du père Marie-Bernard. Qu’a-t-il fait préparer ? La potée boulangère aux pommes de terre, le baeckeoffe, que ce père assomptionniste – comme Denis – apprécie. Depuis l’Alsace, direction Paris où ils sont à 19 heures, le préparateur du baeckeoffe et lui. Ces 60 ans là sont fêtés au champagne. A 3 heures du matin, on repart pour Strasbourg. A 9 heures, Denis est au travail à Hautepierre. Prët à recommencer pour les 65, 70, 80 ans de ce père Marie-Bernard à qui il doit beaucoup. (ps.188-189)

 

Denis Ledogar est un homme simple. Je veux dire qu’il ose dire ses sentiments, exprimer son coeur. Dans la mission qu’il accomplit, ce me semble important. Le livre La tendresse pour tout bagage est paru en 2000 aux Presses de la ranaissance, 15,10 eruos. La préface est du directeur des hôpitaux d’alors Edouard Couty qui signale que l’auteur a reçu le prix d’honneur de la Fondation Alsace. C’était en 1999. En 2000 Denis Ledogar était élu Homme de l’année par le Club de la presse de Strasbourg.

 

« C’est à Hautepierre, et nulle part ailleurs, que j’éprouve une telle indépendance du convenu, un tel fiévreux désir de sortir des servitudes pour mieux donner la tendresse, un tel besoin de laisser voler et planer mon âme pour mieux écouter l’autre. Les épreuves m’ont renforcé dans ce besoin de partager l’amour et la tendresse du Seigneur. Au loin, les cloches d’une église carillonnent dans l’ombre et dans la vague de ce jour naissant, telle une résurrection grandiose et dominatrice du passé. La douce mélancolie du matin est déjà l’aube d’un autre jour ». (p.188)

 

Thérèse de Lisieux, devenue sainte officielle, est citée : «  Si le bon Dieu exauce mes désirs, mon Ciel se passera sur la terre jusqu’à la fin du monde. Oui, je veux passer mon Ciel à faire du bien sur la terre… » (p.175)

 

L’épilogue (p.207-211) est à la mesure du cœur de Denis Ledogar : sans limite. Il est heureux d’avoir pu être présent avec le frère aumônier musulman de l’hôpital pour les obèques d’un homme de confession musulmane, à la demande de son épouse catholique.

« Le malade a avant tout besoin d’écoute, du regard de douceur de celui qui lui rend visite. Ces actes, ces gestes-là ne sont pas propres à l’aumônier d’une confession religieuse. La tendresse n’a pas de rite, elle est l’expression du cœur.

 

Je fais un rêve et je fais le vœu qu’un jour, dans les hôpitaux de France, cohabiteront ensemble le prêtre, le pasteur, l’imam, le rabbin, le libre-penseur, le franc-maçon et tout être humain de bonne volonté. La tendresse n’est pas du chacun pour soi, elle rejoint toutes les sensibilités religieuses » .(p.210)

 

L’auteur a publié en 2003 Au chevet des malades, en 2005 Seul l’amour fracasse les tombeaux.

On trouve sur le Net une homélie prononcée par lui à Sainte Rosalie, église parisienne du treizième arrondissement, lors de la messe du 11 octobre 2009.

 

Lisez Denis Ledogar, humain autant que prêtre, ce qui est excellent !

 

Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (couverture du livre avec son auteur)

13:50 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : denis ledogar, tendresse

Commentaires

Récemment confronté à l'accompagnement d'un proche en fin de vie, j'ai lu ce livre sur les conseils d'une amie et je tiens à dire que cela m'a beaucoup aidé.
Une lecture recommandée, donc.

Écrit par : Carly | 01/06/2011

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