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Lycéenne « précoce » maltraitée

Le 15 juin 2010 le billet  «Enfants doués, « précoces »,  « surdoués » » évoquait ici l’avancée pour les jeunes concernés au niveau de l’Education Nationale. Un autre le 19 rapportait l'interview de Jeanne Siaud-Facchin.

En parallèle, j’apprenais ce qui suit.

A 48 heures du jour où elle est convoquée pour passer l’épreuve anticipée de Français du Baccalauréat, une élève de classe de 1 ère est scandalisée d’être, en quelque sorte, mise au pilori.

C’est une élève moyenne, obtenant dans toutes les matières une moyenne sur 20 de 12,25 à 12,50. Bien assez pour un passage en classe supérieure, celle de la terminale clôturée par le sésame qu’est le diplôme du Baccalauréat.

Cet après-midi là elle est furieuse, contrariée qu’elle et ses parents soient placés devant la nécessité de signer une sorte de contrat pour un suivi particulier décidé par les enseignants pour sa terminale et qui va la contraindre à se présenter et se représenter aux autorités pour justifier ce qu’elle fait et pourquoi et comment elle le fait « telle une délinquante » dit-elle à la personne du CDI, Centre de Documentation et d’Information, à laquelle elle se confie.

Pourquoi ?

Facile. Cette lycéenne, sans difficulté particulière, appartient à la cohorte des Normaux Atypiques sans le savoir. Sans que les enseignants en aient été effleurés.

Pour les apprenants et pour l’élève il traîne encore dans leur tête qu’être « surdoué » ou « précoce » doit systématiquement correspondre à des notes élevées, des résultats brillants. Pas à ces notes modestes autour de 12/20.

Ils ont tort.

D’ailleurs ce pourquoi cette élève va être signalée sur une liste spéciale – traitement jugé déshonorant par l’intéressée – est l’expression même de cette caractéristique : un comportement différent, en bordure, qui – en bref - ne plaît pas. Pas des troubles avérés du dit comportement à l’école. Juste un peu de bavardages en classe.

Non née dans une famille au courant, cette lycéenne n’a pas été testée. Les parents n’en auraient d’ailleurs pas les moyens.

Et c’est donc allégrement, sans se poser la moindre des questions, que les « autorités » ont décidé d’une mesure blessante et totalement inadaptée.

La personne du CDI, une « précoce » confirmée, a bien essayé de panser cette douleur exprimée face à un sentiment d’injustice toujours très fort chez les jeunes, plus intense encore chez les « précoces ». Elle a été écoutée, sans qu’une contre mesure soit possible pour des raisons de temps trop court. La convocation a lieu là, maintenant, ce mardi. Le Baccalauréat de Français se déroule jeudi dans un autre lycée de la ville et la lycéenne ne reviendra pas à son lycée avant la rentrée de septembre.

A ce moment là, oui, quand elle repassera au CDI, la responsable pourra lui signaler quelques livres contant la précocité, sa précocité. Deux essentiels pour moi parus l’un et l’autre chez Odile Jacob : celui co-écrit par Arielle Adda et Hélène Catroux « L'intelligence réconciliée », celui de Jeanne Siaud-Facchin « L’enfant surdoué ». Deux documents susceptibles de l’éclairer sur ce qu’elle est. De la rassurer aussi.

Question : pourquoi sait-on au CDI ce que le corps enseignant semble ignorer ? Réponse : à cause de la « précocité » de la personne qui gère le CDI ; Entre « précoce », on le sait, on se reconnaît, on se « sent », on se perçoit. Nul besoin de tour de passe-passe miraculeux ou de test.

Dommage ce dérapage ! à l’heure où l’Education Nationale est en plein effort pour ces enfants là !

Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr

 

 

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