28.09.2009
David Réguer: "Tout sauf anonyme"

Combien sont-ils, croisés dans la rue ou lors de dîners, à respirer dans cette attente ? Habités dès
le réveil par cette préoccupation envahissante: sortir de l'anonymat ! A tout prix ? Presque.
Ce que de nombreux pensent sans le dire, ce que des milliers d'anonymes rencontrés espèrent, David Réguer, lui, l'a mis en forme. En scène. Sous l'espèce d'un pamphlet très vivant paru aux éditions Anabet en mai 2009.
L'auteur n'a rien d'une personnalité éthérée ou évaporée. Du tout. C'est un solide breton, apprécié de célébrités navigantes, réaliste, Président-fondateur du Club 3.0, troispointzero@yahoo.fr, ouvert aux décideurs trentenaires, qui se réunit le 30 de chaque mois à l'écoute d'une personnalité. Le 30 septembre l'invité est Guy Birenbaum.
David Réguer connaît parfaitement ce autour de quoi il nous convoque: la sortie de l'anonymat.
La couverture de ce livre assez épatant - une silhouette anonyme sous bon éclairage - permet au lecteur de s'imaginer sous cette cape d'invisibilité provisoire. Avant que le secret de l'anonymat - ce statut d'inconnu que les autres ne remarquent pas - par une magie transformante fasse de cet anonyme celui ou celle qui envahit les radios, les magazines, les chaînes de télévisions, dailymotion, youtube ...
Tout sauf anonyme, bourré d'exemples et de références, propose mille et une recettes concrètes pour émerger de l'anonymat où baignent la majorité des milliards d'hommes peuplant aujourd'hui la terre. Anonymat persistant en dehors du cercle étroit de la famille ou du travail.
Dont il convient de sortir. D'échapper à cette gangue passe-partout qui maintient en dehors des pistes d'accès aux médias. Qui écarte du saut dans le cercle de la super média qu'est la télévision.
Enfin passer à la télé ! Ne plus être anonyme ! Etre convié, convoqué, sollicité, choyé, célébré. Passer d'une soirée VIP à une autre tant on est pressé d'invitations, se rendre d'une chaîne à une autre la même soirée. Etre un célèbre débordé !
Voici l'objectif de l'anonyme: "Ma condition ne suffit plus, j'ai trop chômé. Je veux maintenant connaître la jouvence du succès. faire partie de ce club, de l'élite, jouir de l'argent, du bien-être que procurent les regards sur moi. Enfin me sentir exister. J'ai observé ces sorties de l'ombre. Parfois fulgurantes, arbitraires, parfois futiles ou pragmatiques." (p. 9-10)
Muni de cette intention claire, il suffit de se laisser glisser sur les propos et recettes proposés au fil de ce livre de 140 pages pour jeter, enfin, à la poubelle l'enveloppe pesante de l'anonymat. Que dis-je ? Non pas pesante mais étouffante.
Comment s'y prendre ?
D'emblée on peut plonger dans la notoriété: il suffit d'y naître ! Evidemment. A défaut - qui choisit son lieu de naissance ? - il faut bien cibler son mariage. Reste in fine l'enfant caché. C'est l'immersion dans le tourbillon entraînant d'un premier chapitre bondissant d'exemples. Daniel Ducruet épousant Stéphanie de Monaco (p. 18), ou les paternités du Prince Albert (p.21). Les 50 ans festifs de Christian Audigier (p. 25), l'avignonais parti "de rien".
Si les voies du chapitre 1 er sont restées inempruntables, on passe aux propositions du chapitre 2: se créer un personnage atypique. Là encore: recettes, exemples. Un blog efficace. Une mise en phase constante avec l'air du temps. Les Enfant de Don Quichotte. Les Betancourt. L'incontournable Tennis Club de Paris. Ah ! J'allais oublier le culot.
"Un culot notoire" titre en page 36 Daniel Réguer pour parler de la percée médiatique de l'ami Arash Derambarsh, un ami au quotidien, un bien réel, bien présent.
Arrêt sur image. Arrêt sur les pages 36 et 37. L'auteur et moi n'avons pas vécu la "people-isation" d'Arash Derambarsh de la même manière. Là où il ne s'agissait à l'évidence que d'une blague, d'une farce inédite jouée en taquinant l'électronique, les journalistes les plus sérieux n'ont rien vu. Par défaut de contrôle.
D'où j'étais, tranquille et parfaitement anonyme dans mon coin - un luxe ! - je me suis fort divertie de la simplicité manoeuvrière d'Arash. Les stratégies sans complication restent souvent les meilleures.
Le plus drôle est qu'il n'y avait même pas au départ de stratégie. Disons qu'Arash Derambarsh, parti à la découverte des possibilités de Facebook, s'est mis à les explorer avec un succès qu'il n'avait en aucun cas prémédité. Il est d'ailleurs venu conter son histoire, invité par David Réguer, lors de la soirée du 30 juin 2009.
Je n'ai pas vu de "culot notoire" là où il n'y avait, après tout, qu'un travail d'explorateur. Que l'avancée, à la vue de tous, dans un chemin neuf à découvrir. Un parcours accompli avec succès, aucun média ne s'interrogeant sur la percée d'Arash, ni ne venant vérifier quoique ce soit.
Arash Derambarsh a été le premier surpris, étonné de la réussite médiatique entraîné par son cheminement hors normes. Pour moi ce n'était pas du culot mais un essai inhabituel. Qui a fonctionné. Il suffisait d'y penser. D'y aller.
Et j'ai été choquée, mécontente quand, plus tard, certains se sont permis de débiter en direct à la télévision à des heures de grande écoute des paroles allant du ridicule à l'insultant vis-à-vis d'Arash, en face à face. Personne n'avait empêché ces agressifs de faire comme lui, d'explorer toutes les possibilités de ce réseau social. J'ai pensé qu'ils étaient jaloux de lui, de sa notoriété acquise.
Arash Derambarsh, ce jour, outre sa position aux éditions Le Cherche Midi http://www.cherche-midi.com de directeur du département politique et personnalités publiques, en a gagné d'être écouté et entendu par les médias. Pour ce qu'il a déjà réussi. Pour son action en faveur de son pays d'origine, l'Iran. Pour ce qu'il pourrait proposer d'innovant auquel personne ne pense. Sauf lui.
Le personnage qui traverse le livre de David Réguer le déclare en p.44 en toute franchise: "Je fais allégeance. Tout cette matière à débat, des pauvres aux handicapés en passant par les victimes de la mode, n'est qu'un moyen pour émerger de la foule hypocrite".
Emerger de la foule anonyme, toujours. "En n'oubliant pas de triompher dans sa communauté", l'objet du chapitre III qui nous amène à mi-parcours.
Vous qui désirez absolument cascader hors anonymat, le temps est venu pour que je vous lâche, ici, afin que les heures qui s'offrent à vous soient consacrées à l'achat de ce livre singulier. Et à la découverte des recettes multiples qu'il propose.
Cet ouvrage est une réussite. Il suffisait de penser à le réaliser. Vous pouvez y dénicher les recettes de votre futur succès ou de celui d'un voisin qui ne désire rien tant que de devenir, un jour proche, un homme public. Ou une femme.
Et si la réussite médiatique totale n'est pas au rendez-vous, à défaut de ce top les idées proposées contribueront, peut-être, à vous faire émerger dans votre simple quotidien. Un succès, déjà.
Pour ceux qui voudraient rester anonymes tout en se distrayant, ils trouveront là de quoi rire et faire rire avec les réflexions de David Réguer sur la nécessité de "Surfer sur toutes les vagues", "Faire parler de soi à n'importe quel prix", "Faire du temps un ami", et pour finir de "Sacraliser avant de tirer sa révérence". Car pas de sortie d'anonymat sans rechercher l'éternité. Au passage on n'a pas oublié de "Capitaliser ses erreurs en toute conscience". Il est judicieux de s'inspirer de Jérôme Kerviel, de Nick Leason, et de tant d'autres.
On l'a compris. Devenir "Tout sauf anonyme" est un travail à plein temps. Qui dure toute la vie car, une fois conquise de haute lutte une notoriété plus impitoyable d'accès que l'Everest en 2009, il faut la garder. Là, c'est pire que l'accès au toit du monde une fois. Carrément une sorte de traversée en solitaire du désert de Gobie au quotidien avec les embûches incomptables de ce lieu. Exténuant !
J'ai scruté, ligne après ligne, sans la trouver une autre manière de devenir people: être le filleul de quelqu'un, d'un de ces Tout sauf anonyme. Un cas que j'ai rencontré. Au coude à coude Square Foch avec des noms connus.
De toute façon les jeunes, le temps passé à lire David Réguer sera un bon moment. Source d'idées utilisables, même si votre objectif n'est pas de devenir "Tout sauf anonyme".
contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr (en haut à gauche: couverture du livre Tout sauf anonyme et son auteur David Réguer; à droite Arash Derambarsh au Palais de Justice de Paris avec des ténors connus du barreau)
16:30 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : arash derambarsh, cherche midi, david réguer, livre




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