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Enfants placés à adopter ? Un scandale !

Il y a sur la page intitulée "index thèmes blog" les sujets récapitulés avec les jours où les trouver. Merci.

  

J’ai assisté le mercredi 3 juin dans le XI ème à la conférence de presse organisée par Le Fil d’Ariane, association créée par 2006 foyer st vincent de paul.jpgCatherine Gadot, pour aider les familles d’enfants placés et, bien sûr, les enfants placés. Le thème était : 29 000 familles en attente, 29 000 enfants en magasin.

 

Maître Pierre Verdier - successivement éducateur, Directeur de DDASS, avocat au barreau de Paris - est intervenu, ainsi que Jean-Pierre Rosenczveig, président du Tribunal pour enfant de Bobigny, Catherine Gadot et des parents - au sens élargi - d’enfants placés.

 

Une fois de plus j’ai pu constater que ces enfants, happés qu’ils sont dans une mécanique trop souvent impitoyable et incompétente, sont considérés comme des marchandises, des objets libres d’être placés, déplacés, transportés, sans que l’on se soucie un instant de qui ils sont, de ce qui les habite, de leurs émotions, de leurs affections, de leurs tristesses, de leurs besoins, de la manière dont eux ressentent leur véritable intérêt.

 

Petits esclaves, non entendus quand ils peuvent parler, on se les approprie, sans le moindre état d’âme, sans le moindre respect pour ces êtres vivants, humains doués d’intelligence et du désir de réussir leur vie.

Parce qu’ils n’ont pas 18 ans, on se moque d’eux.

Parce qu’ils ont été placés – injustement pour au moins 50% d’entre eux - on entend en faire profiter des familles en mal d’enfants, au mépris du droit le plus élémentaire de tout jeune être humain : grandir au sein de la famille qui lui a donné d’exister, au sein de sa culture, auprès de ceux qui l’aiment.

 

C’est une illusion d’imaginer faire le bonheur de familles sans enfant en allant « se servir » légalement dans l’imaginaire réservoir des enfants placés.

Car si on examine bien les textes, le placement est fait en principe dans l’intérêt supérieur de l’enfant. Un placement normalement passager qui a pour objectif de rendre au plus vite l’enfant à sa famille.

 

Dans ces conditions, et comme je l’écrivais à l’issue de la Journée Nationale du Fil d’Ariane tenue le 11 octobre 2008 à Bobigny, c’est le placement à domicile qui devrait devenir la règle, les familles concernées bénéficiant alors auprès d’elles du soutien approprié – quand il est nécessaire – au lieu d’assister, impuissantes, à la mise en pièces quasi définitive, légale et organisée des liens parents-enfants.

 

Trop souvent, les professionnels – enseignants, assistants sociaux, etc… - à qui les familles doivent le placement de leurs enfants, sont conduits par des intérêts qui ont peu à voir avec celui de l’enfant. En outre, il n’y a jamais de contrôle ni de ces personnes, ni des institutions gardiennes, ni des personnes en exercice en leur sein, auprès des jeunes, alors que les sommes en cause sont vertigineuses.

 

Je suis scandalisée. Et les enfants non placés tout comme moi, ceux qui sont au courant pour une raison ou une autre. De même que les rarissimes élus qui ont pu être informés.

 

Pour se mettre dans l’esprit du Projet de Loi relatif à l’adoption déposé au Sénat le 2 avril 2009, voici le chapeau d’un article de Pierre Verdier, pierreverdier@aliceadsl.fr, paru dans JDJ-RAJS (Journal du Droit des Jeunes – Revue d’Action Juridique et Sociale) de mai 2009 n°285 sur ce sujet, des lignes sans langue de bois.

« A propos du projet de loi relatif à l’adoption : la lettre et l’esprit

Dès qu’il arrive au pouvoir, chaque nouveau gouvernement annonce qu’il veut améliorer l’adoption. On ne compte plus les réformes depuis la loi fondatrice de 1966 (1). Chaque fois pour « assouplir », « faire sauter les verrous ». Après Jean-Pierre Raffarin qui avait promis il y a peu de doubler le nombre d’adoptions, après la récente réforme de 2005, le présent gouvernement ne déroge pas à la règle. Nadine Morano vient de présenter, au nom de Brice Hortefeux son Ministre de tutelle, un nouveau projet de loi relatif à l’adoption. Mais rarement ce projet de loi aura manqué à ce point d’ambition. »

(1) Loi n°66-500 du 11 juillet 1966 portant réforme de l’adoption

 

A venir : le développement de la parole de Maître Pierre Verdier à propos de l’adoption.

 

Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (photos: archives personnelles: les grilles d’un foyer de l’ASE : Saint Vincent de Paul à Paris) 

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