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Des femmes attentives à tous !

Vous disposez sur la page intitulée "index thèmes blog" des sujets récapitulés avec les jours où les trouvez. Merci.

d’entendre une malheureuse maman dire  à propos de son garçon de seulement 10 ans qu’elle était passée sans doute à côté d’une « précocité ». J’ai décidé de bannir les mots « précocité » et « précoces », de même que ses équivalents de « surdoués », à « haut potentiel » etc… leur préférant celui de « Normal ATypique ou NAT». La normalité est importante à mettre en avant car c’est la réalité première. La réalité seconde immédiate étant le qualificatif d’ATypique.

J’ai été désolée pour cette maman dépassée, n’ayant trouvé aucune aide du côté des médecins, enseignants, psy divers …son enfant ne souffrant d’aucun trouble après examens divers en milieu hospitalier. Sauf la recherche – non pas d’un trouble – mais d’une ATypicité.

Désolée car il est impossible de passer à côté d’une particularité qui persiste la vie durant, qui touche de 2,3 %  de la population en général – si l’on se cale à partir d’un QI à 130 - , avec une tendance héréditaire. La normalité ATypique ou « précocité » pour ne pas perdre ceux ou celles qui ont l’habitude de ce terme se recherche à n’importe quel âge. A 20 ans, à 30, à 50, à 70. Aucune difficulté. Bien sûr il est préférable – si des problèmes émergent le plus souvent à l’école - d’envisager cette recherche lors du cursus d’enseignement obligatoire pour apporter les solutions nécessaires, variées pas forcément compliquées ni coûteuses.

Car, je le répète, être ATypique n’est pas être malade.

Et encore: s’imaginer que les « précoces » ou Atypiques sont tous brillants et réussissent  immédiatement et parfaitement leur scolarité n’est pas vrai. Seul 1 Atypiques sur 3 se tire d’affaires sur le plan scolaire ; 2 sur 3 vont avoir des difficultés scolaires à un moment ou à un autre, par télescopage avec un système trop uniforme qui ne leur est pas adapté. Pas adapté avec un enseignement souvent trop lent et répétitif, d’où l’ennui de beaucoup de  ces enfants qui décrochent, éventuellement chahutent et sont jugés à tort comme ayant des défauts de concentration. Pas adapté en raison d’enseignants non au courant ou mal au courant qui croient déceler de l’insolence ou du refus de respect de règles de la part de ces enfants ; or ces jeunes jugent souvent avec lucidité les incohérences quotidiennes des grands et l’expriment, comme le ferait des adultes, situation insupportable pour des grands mal informés donc intolérants.

Il est rare, très rare que des « précoces » ou ATypiques soient vaniteux. C’est exactement le contraire car ils sont si lucides qu’ils se sentent nuls. D’un autre côté, saisissant tout au quart de tour pour beaucoup d’entre eux, une petite flemme peut être présente, ce qui se conçoit.

La question peut se poser d’une scolarisation en établissement particulier. Il en existe très peu. Des parents peuvent être pour si cela évite à leurs enfants d’être mal traités par des camarades qui ressentent leurs différences et les excluent. D’autres parents pour lesquels les choses ne se passent pas si mal pour leurs jeunes les laissent en circuit standard, public ou privé. D’autres établissements accueillent Typiques et Atypiques : ainsi l’Ensemble scolaire  Saint Gabriel – Saint Michel, collège et lycée, à Saint Laurent sur Sèvre en Vendée, tél. 02 51 64 62 62, est un internat et externat pour garçons et filles, avec beaucoup de verdure, d’espace, de musique, Bac général et professionnel, pour lequel les résultats sont très bons ; www.saint-gabriel.com.  Je ne donnerai pas d’autre avis que celui-ci : des enseignants ouverts d’esprit et qui ont pigé avec des copains tolérants cela devrait suffire, quel que soit le circuit scolaire, à condition que les enfants concernés se sentent bien. Reste encore la possibilité des cours par correspondance - le CNED convient, ou l’école faite à domicile que l’Education Nationale contrôle une fois l’an.

Le mot « précoce » n’est pas bon car il est faux. Etre « précoce » voudrait dire que l’on fait plus tôt que les autres ou que l’on fait avant, quelques années plus tôt que la moyenne des autres élèves. Il est quasi sous entendu que les autres feront ensuite ce que les « précoces » ou Atypiques ont réussi avant : apprendre à lire seul, disposer d’un vocabulaire très riche, faire des réflexions que bien des adultes envieraient, etc…C’est tout faux. Le fonctionnement cérébral est différent, des enregistrements le montrent. Et surtout, surtout, les perceptivités sont accrues. Avec en prime un Quotient Intellectuel qui culmine.

Ainsi on saisit mieux comment ces jeunes « répondent » ou sont « insolents » alors qu’ils ne font que se comporter d’égal à égal avec ces adultes qui les commandent. Pourquoi ? parce que pour eux, si quelque chose ne va pas, ils osent le dire sans se démonter, du moins au départ. Ensuite c’est selon.

Oser parler de « précocité » ou évoquer l’ATypicité est mal vu en général. Dans les familles où ce facteur est avéré, on préfère se taire et se débrouiller en affichant un profil bas. Avec des enseignants qui s’imaginent que les enfants NAT sont toujours brillants, les parents sont accusés de voir en leurs petits des génies.

Ces NAT ou Normaux Atypiques, tous si différents les uns des autres,  devraient être un signal pour nous rappeler que tous les autres, les 97,7 %  d’élèves qui ont la chance ou la malchance de n’être pas des NAT selon le point de vue où l’on se place, sont eux aussi porteurs de richesses très différentes de l’un à l’autre. Même s’ils rentrent mieux dans le moule standard de base de l’Education Nationale, comme les tomates normalisées qui nous sont vendues. La visibilité des NAT semble plus forte que celle des NT ou Normaux Typiques parce que le système scolaire, malgré d’énormes progrès, n’y comprend toujours pas grand-chose. Mais NAT ou NT, il faudra bien y venir un jour et cesser de voir l’à venir des enfants à travers la seule lorgnette des activités scolaires. On ne peut pas réduire nos jeunes à l’école. .

Quant aux malheureux enfants « précoces » – non délinquants, non maltraités – placés par erreur en foyer ou famille d’accueil pour les forcer à rentrer dans le moule général – ce qui est tout bonnement impossible – ils ont de fortes probabilités d’être détruits définitivement pour 99% d’entre eux. Les services gardiens de l’A.S.E. (Aide Sociale à l’Enfance) et les J.D.E. (Juges des Enfants) concernés n’ont aucune formation ni éclairage dans ce secteur. D’ailleurs, s’ils connaissaient la question, aucun enfant Normal Atypique ne serait placé à moins d’être orphelin à la fois de père et de mère et dénué de toute famille – ce qui reste très exceptionnel.

Je ne me résigne pas à voir une part importante de la population, une part non malade, normale et atypique à être toujours l’objet d’une maltraitance diffuse de la société ou, carrément, devenir objet plutôt que sujet d’une maltraitance institutionnelle par l’école, les services sociaux, la justice, l’ignorance. Si vous n’êtes pas vous-même Normal Atypique, vous en connaissez forcément, à raison de 2 sur 100 personnes. Ce qui donne pour toute la population française de 64, 303 millions d’habitants au 1er janvier 2009 en retenant le chiffre de 64 : 64 x 2,3 %, soit 1 million 472 000 Normaux Atypiques.

En ce jour de fête des femmes je les invite toutes, maman ou sans enfant, à aller voir les écrits d’Arielle ADDA à ce sujet et ses livres. Il suffit en faisant appel à Google de taper Arielle ADDA. Cela fait plus de 30 ans qu’Arielle se bat pour la non violence envers ces enfants Atypiques. Je constate tous les jours qu’on est encore très loin du compte. D’ores et déjà j’invite chaque femme à davantage de respect envers tout enfant qu’elle rencontre, garçon ou fille, qu’il ou elle lui paraisse standard ou pas.

Je continue à réfléchir sur cela, notamment grâce aux familles concernées par cette question sur plusieurs générations, car il existe un facteur génétique qui souvent se transmet. Ces  familles ont, en général, appris à résoudre cette particularité.  

Je reviendrai sur ce sujet, les jeunes. Des députés ont su se battre, eux aussi, pour ces enfants.

contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr

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