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Vincent et Marie HUMBERT

*Hier soir, lundi 3 décembre 2007, le film relatant la double épreuve vécue par Vincent et sa mama,n, Marie HUMBERT, était diffusé.

Il suivait le parcours de ces 2 êtres depuis l'accident qui met fin brusquement à la vie très active de Vincent, le réduisant à une communication par pression digitale avec sa maman et ses proches, ce beau gosse intelligent mais paralysé  ayant toute sa tête.

On suit l'espoir de Marie qui, grâce à sa persévérance, voit son fils émerger du coma et pense que l'amélioration va se poursuivre.

Jusqu'au jour où...

*Jusqu'au jour où Vincent fait connaître sa volonté d'en finir avec une vie trop amère pour lui qui le laissera cloué au lit durant plusieurs dizaines d'années au minimum.

Pour ce jeune homme actif et sportif, une vie dans ces conditions est inacceptable à ses yeux; ce n'est plus une vie

possible pour lui, une vie vivable.

Il va devoir convaincre sa mère de se rallier à sa volonté car, seul, il ne peut rien faire. Il est entièrement dépendant de la volonté d'autrui !

Ce qui est dur.

*Car près d'un être aimé que l'on a connu alerte, rieur et plein de vie, tout être humain et plus encore la propre mère tend à espérer toujours un mieux; et même si l'on arrive à essayer de se persuader que ce mieux n'arrivera jamais, ou n'a qu'une infine probabilité de se produire - de l'ordre du  miracle - on espère ce miracle et on a une envie, une envie possessive de garder près de soi, de conserver près de soi le souffle de vie de cet être cher qui a encore la chaleur du vivant, qui est encore parfaitement conscient, bref qui est encore là, respirant à vos côtés.

*Et c'est aller au-delà de soi, au-delà de son attachement très humain dans ce qu'il peut avoir d'égoîste, de possessif, que d'accéder au désir exprimé moult fois dans le cas de ce Vincent là d'en terminer avec une vie qu'il ne se sent plus capable, lui, d'assumer dans l'état physique limité où il se trouve réduit.

Choix déjà très difficile pour la maman à accepter dans sa tête. Passer à l'acte est ensuite une tout autre affaire !

*Marie HUMBERT se trouve, du fait des circonstances, amenée à être la seule à pouvoir accéder au choix de Vincent, à devoir être l'instrument de mort d'un fils chéri dès avant sa naissance.

Que c'est cruel !

*Marie essaie de se faire aider par le Président de la République qui, à l'évidence, n'est pas en situation d'encourager ce qui est un meurtre aux yeux de la loi. Elle temporise. Vincent accepte de patienter 6 mois.

Et puis la demande de Vincent ne bouge pas. Sa mère ne manquerait-elle pas d'amour pour accéder à son souhait ?

*Le contexte est particulièrement difficile car ni Marie ni son fils pour des raisons diverses - transport médical difficile ou quasi impossible, disponibilités financières - n'ont la possibilité de se transporter en Suisse - comme a pu faire l'actrice Maïa il y a quelque temps.

*La solution restante est une injection le moment venu de ce qu'une association suisse a pu fournir.

Le temps passe. Arrive le jour anniversaire de l'accident de Vincent, le 24 septembre 2003, jour fixé. Marie se résigne et fait le nécessaire.

*Mais le corps médical veille ainsi que la justice. A 20h15, toujours le 24, Vincent est intubé puis transféré en salle de réanimation. A midi, le jeudi 25, Marie en larmes est autorisée à embrasser Vincent qui est dans un coma profond. Le vendredi 26 septembre 2003 les Drs Chaussoy, Rigaud, Agesse et Mielcarek décident d'arrêter les soins actifs et de débrancher le respirateur artificiel. Ce qui ne suffit pas et le Dr. Frédéric Chaussoy doit pratiquer un injection létale. Le coeur de Vincent  cesse de battre aussitôt. Ainsi Vincent meurt sans souffrir d'étouffement.

*Mais éviter le sadisme vaut au Dr.CHAUSSOY d'être mis en examen. Marie HUMBERT est également placée en examen.

Une houle agite la France. Et finalement c'est une décision de non lieu qui est prise pour Marie HUMBERT et le Dr. CHAUSSOY

*Depuis Marie se bat au nom de son fils pour arriver enfin à une loi correcte en matière d'euthanasie.

Et l'ADMD (Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité) présidée par Jean-Luc ROMERO ne cesse de faire entendre sa voix pour donner la possibilité de choisir leur mort à ceux qui le souhaitent en cas d'accident majeur dans leur vie. Forte de plus de 45.000 membres, l'ADMD est une des plus importantes associations françaises

Prévoir un choix personnel et consenti pour une fin de vie digne c'est garantir le respect de la liberté individuelle à un moment où il peut devenir difficile de l'exercer directement.

Des jeunes m'ont dit leur admiration pour le courage de Marie, ajoutant qu'ils n'auraient pas eu le courage d'en faire autant !

OUTRE LE FILM IL Y A LE LIVRE DE MARIE HUMBERT.

Aller voir le site de l'ADMD ! 

contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr

 

 

Commentaires

  • Moi, j'ai surtout une grande pitié pour la mère, dont je crains qu'elle n'ait été abusée par des associations politisées qui se soient servi de sa douleur et de son émotion pour lui faire commettre un acte pas joli joli. Car elle a mis Vincent dans le coma en lui injectant un produit (le film le gomme largement), alors que son fils n'était pas dans un cas désespéré. Il y a plein de gens bien plus gravement atteint que lui qui ne veulent pas mourir.

  • @patrice: j'entends bien; mais j'ai parlé avec Marie et, vraiment, ce n'est pas le genre de femme à injecter un produit contre la volonté de son enfant. Dans le livre, Vincent "piétine", moralement, pour recueillir l'accord de sa mère. Seul, lui, Titi - pour reprendre l'appellation familière de sa maman - ne peut rien faire. Et si Vincent avait eu les moyens financiers de se faire transporter en Suisse, par exemple, il n'y aurait pas eu "d'affaire Vincent Humbert".
    Quant au fait que d'autres supporteraient des états plus graves, ces autres ne sont pas Vincent.
    Accepteriez-vous, vous, Patrice, de vivre la vie que menait Vincent après son accident ? Je veux dire souffrances + immobilité ? Vous auriez peut-être le courage de poursuivre, vous, une vie si réduite, avec toute votre tête.
    Moi, je crois que je n'en aurais pas le courage, pour moi. Et le ciel me garde de me retrouver dans la position de Marie HUMBERT; qu'aurais-je alors le courage de faire ou de ne pas faire ? je n'en sais rien. Et je ne vais pas aller penser à une situation pour l'heure inexistante...les difficultés quotidiennes à régler me suffisent.
    Garder la vie - don de Dieu pour les croyants, production biologique pour les autres, les uns et les autres totalement respectables - ou choisir d'y mettre fin dans des conditions très particulières - grave accident physique ou autre blessure - c'est un choix personnel dont nul n'a à juger.
    Ceci étant j'insiste sur le fait que c'était la volonté de Vincent de ne pas demeurer céans plus lontemps.

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