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1ère guerre mondiale

  • Élie, combattant de 1914

    elie billaudTous les jeunes hommes appelés à être présents dans les combats de la première guerre mondiale, placés en face à face pour se battre, auraient assurément préféré, en août 1914, rester dans leurs campagnes, travaillant à leurs travaux habituels.

    Tel fut le cas d'un jeune de l'Ouest, Élie BILLAUD, décoré Chevalier de la Légion d'Honneur le 19 juillet 1964. Voici le discours ayant accompagné ce fait il y a cinquante ans.

    « Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, mes Chers Camarades,

    Avant de vous remettre la Légion d'Honneur, qui vous a été attribuée par le Journal Officiel des 1er et 2 juin 1964 décret du 28 mars 1964, je tiens, mon Cher Camarade, à faire un retour en arrière et évoquer le courageux, dévoué et valeureux soldat de la grande guerre 14-18.

    De la classe 1908, incorporé au 114ème Régiment d'Infanterie à Saint Maixent le 10 octobre 1909, il est libéré le 1er octobre 1911.

    Rappelé le 2 août 1914 au 114ème Régiment d'Infanterie à Saint Maixent, il part au front avec ce régiment le 7 août 1914 dans le secteur de Chanteloup, ensuite la Marne où il est blessé le 8 septembre 1914, évacué à l'hôpital de Cahors. Après guérison de sa blessure « Plaie à la cuisse gauche par balle », il rejoint le dépôt de son régiment et repart au front le 11 février 1915. Il est affecté au 125ème Régiment d'Infanterie dans le secteur d'Ypres et Loos où il est blessé pour la deuxième fois le 8 octobre 1915 par éclats d'obus « Plaie région inguinale droite ». Évacué sur l'hôpital d'Evreux, puis au Mans, il rejoint après guérison le dépôt de son régiment, le 125ème Régiment d'Infanterie à Poitiers. En janvier 1916, il repart au front et est affecté au 54ème Régiment d'Infanterie le 19 juillet 1916 dans l'Aisne, puis en Belgique, Neuville Saint-Vasst où il est l'objet d'une Citation à l'ordre du Régiment N°44 du 31 août 1917 « Billaud Élie, mitrailleur « Excellent mitrailleur blessé deux fois aux cours de la campagne » ».

    Il est nommé Caporal le 16 novembre 1917.

    Il est l'objet d'une deuxième Citation à l'Ordre du Régiment le 1er août 1918 N° 157 « Billaud Élie, Caporal mitrailleur « Le 1er août 1918 a conduit sa pièce avec un bel entrain, sous le feu de l'ennemi. Chef de pièce dévoué et courageux » ».

    Il est à nouveau le 20 septembre 1918 l'objet d'une troisième Citation à l'Ordre du Régiment N°175. « Billaud Élie, Caporal mitrailleur « Chef de pièce brave et énergique, ayant le plus grand mépris du danger. A conduit sa pièce avec beaucoup d'initiative, malgré de violents tirs de barrage et a fait tomber par ses feux plusieurs élans de résistance. » »

    Il est blessé pour la troisième fois le 31 octobre 1918, par éclats d'obus « Plaies multiples jambe et hanche gauche », est évacué sur l'hôpital de Berck-Plage et rejoint après guérison le dépôt du 54ème Régiment d'Infanterie à Compiègne où il termine la guerre. Il est démobilisé en juin 1919 et retourne dans sa petite patrie à Treize-Vents (Vendée) puis Saint Amand sur Sèvre qu'il n'a pas quitté depuis.

    Par le Journal Officiel du 11 avril 1930 la Médaille Militaire lui est attribuée, digne récompense des blessures et citations obtenues de 1914-1918 et les deux mots qui sont inscrits sur cette médaille « Valeur et discipline » caractérisent bien le parfait combattant qu'il fut.

    Et nous arrivons maintenant au motif qui fait de vous le héros de ce jour, par la remise de la Croix de Chevalier de la Légion d'Honneur, qui vous a été attribuée par le Journal Officiel des 1 et 2 juin dernier, et que créa Bonaparte, Premier Consul le 19 mai 1802, pour récompenser ceux qui avaient bien mérité de la Patrie.

    Aussi soyez fier de cette belle distinction sur laquelle figurent les mots « Honneur et Patrie » et dont le Ruban Rouge symbolise bien le sang versé pour le pays et pour que vive notre belle France.

    Ouvrez le Ban.

    Remise.

    Fermez le Ban ».

    Quand les guerres prendront-elles fin ?

    Quand les hommes le voudront bien. Une telle situation repose entre leurs mains.

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (phare de Berck-Plage 2010 archive personnelle)

  • 3 août 1914 la guerre

    Il y a cent ans, un « poilu » très proche de ma famille partait, comme tant d'autres, à la guerre. Apapa14-18 001.jpg cette occasion voici un extrait de son carnet de route depuis le lundi 3 août 1914 à sa première blessure le samedi 22 août 1914. La mobilisation a été faite en France à partir du 1er Août 1914. Le célibataire qui écrit ces lignes a 23 ans quand il rejoint le front à partir du bourg de sa Vendée natale. Le texte original est reproduit tel quel.

    "3 Août: Départ du bourg pour la gare à 6H1/2, arrêt d'une heure à Chantonnay ainsi qu'à La Roche. Elan patriotique magnifique, sur tout le parcours c'est la Marseillaise et le chant du départ, arrivé à Nantes à 4 H, rentré au quartier à 6 H pour être dirigé dans une institution, Rue du Croisic, revu de nombreux camarades, assez bien couché sur la paille.

    4 Août: Journée passée au quartier à faire les préparatifs de départ. Le soir sorti en ville dire un petit bonjour aux amis

    5 Août: Départ de Nantes à 10 heures sous une pluie torrentielle, embarqué à 12h et 1/2, dans un wagon à bestiaux, passé par Angers, Le Mans, Chartres, Versailles, Juvisy où j'ai vu de nombreux aéros, Champigny, Meaux, Reims, Chastel Chéhery où nous avons débarqué à minuit le 7 après 36 H. Repas composé de conserves, melon, poires et 2 quarts de café au Mans et à Versailles. Partout le même élan patriotique.

    8 Août _ Arrivé au bourg de Chastel Chéhery à 1H, couché dans un grenier où j'ai bien dormi _ gens très affables _ bien ravitaillé _ bureau de tabac mis à sec _ départ pour St Juvin à 7 H où nous arrivons à 9 h. après avoir fait 9 K. environ _ temps pluvieux _ routes montagneuses _ en cours de route nous sommes freinés par 2 civils et 1 sous-lieutenant du 106 _ tous les 3 en auto , c'étaient 3 espions qui ont été arrêtés après avoir tué 2 capitaines d'Etat Major _ bien reçu, bien ravitaillé _

    9 Août = Départ à 5 H route peu fatigante, arrivé à Boult-aux-Bois à 9 H 1/2 après avoir fait 12 K. _ bien couché, bien ravitaillé.

    10 Août = Départ à 4h pour Brieulles S. Bar où nous arrivons à 7H _ bien couché _ mangé quelques lapins _ et de garde à la police _

    11 Août Départ à 5 H _ arrivé à Stonne à 9 H, chaleur tropicale, terrain très accidenté, côte de 6 K _ dirigé en halte gardée à 4 K _ arrivé à la Cendrière à midi village de 2 maisons, rien à boire, rien à manger si ce n'est quelques salades _ 12 et 13 Août toujours là où l'on fait beaucoup d'exercice

    14 Août départ de la Cendrière pour Haraucourt situé à 10 K _ bien couché, mangé 2 lapins _

    15 Août = départ pour Floingt situé à 12 K _ bien couché, bien ravitaillé.

    16 Août départ à 2 H pour Bouillon (en Belgique) situé à 20 K _ marche très fatigante. C'est aux cris de "Vive la France" et de "Vive l'armée" que nous entrons en Belgique, population très heureuse de nous voir, ainsi nous recevons cigares, cigarettes, café et thé.

    17 Août départ de Bouillon pour arrivée à Balan 2 K de Sevan, très fatigué couché dans une usine de blanchiment de laine _ bien mangé chez un Belge _

    18 Août passé la journée à Balan où la musique a joué _

    19 Août Départ de Balan à 5 H le soir arrivé à Corbion (Belgique) à 10H _ Bien reçu gens aimables et affables _ coutumes et mœurs Françaises_ Acheté 2 briquets _

    20 Août Arrivée à Bouillon à 10 heures après avoir fait 10 K _ couché dans une usine, pas dormi _ garde _ pluie torrentielle, orage de 2 H _

    21 Août _Resté à Bouillon. Vu plusieurs copains;

    22 Août - départ de Bouillon pour la gauche de Messaint situé à 28 K - arrivée à 2 H - l'on entend siffler les obus et les balles _ Vu les premiers blessés _ continuellement en tirailleurs _ les balles sifflent aux oreilles, les obus tombent auprès de nous, quelques camarades d'atteints _ charge à la baïonnette à 8 H _ mis les boches en déroute _ fin du combat _ couché sur le champ de bataille soirée et nuit horrible à décrire, blessés, morts, cris, plaintes, appels terribles à entendre et à voir _ spectacle inoubliable _

    Blessé à 19 H."

    Ce civil passera par la suite 18 mois dans les tranchées de Verdun. Blessé plusieurs fois, retournant chaque fois au combat, il est toujours en vie le 11 novembre 1918 quand cessent les hostilités.Plus de 60 ans plus tard, son visage se fait masque de granit quand sont évoqués à la télévision ces jours et ces nuits insoutenables sur les champs de bataille, alors que les blessés, en train de mourir appellent une mère qui ne viendra pas. Inoubliables ces jours de guerre 14-18. Atroces. Plus de ça ! 

    Contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr (photo: archives personnelles: blessés - même graves - en soins à l'arrière encore jugés aptes à retourner au front au cours de la guerre 14-18)

  • 11 Novembre 2008

     

    Vous trouvez sur la page intitulée "index thèmes blog" les thèmes qui me paraissent les plus importants avec les jours où les trouver. Merci.   Le 11 novembre 2008 : 106 visites avec 270 pages consultées

    Ce mardi 11 novembre 2008 commémore la fin de la 1ère guerre mondiale le 11 novembre 1918,papa14-18 001.jpg 90 ans après.A cette occasion voici un extrait du carnet de route d'un "poilu", depuis le début de la guerre en août 1914 à sa 1 ère blessure toujours en Août 1914. La mobilisation a été faite en France à partir du 1er Août 1914. Le célibataire qui écrit ces lignes a 23 ans quand il rejoint le front à partir du bourg de sa Vendée natale. Le texte original est reproduit tel quel.

    "3 Août: Départ du bourg pour la gare à 6H1/2, arrêt d'une heure à Chantonnay ainsi qu'à La Roche. Elan patriotique magnifique, sur tout le parcours c'est la Marseillaise et le chant du départ, arrivé à Nantes à 4 H, rentré au quartier à 6 H pour être dirigé dans une institution, Rue du Croisic, revu de nombreux camarades, assez bien couché sur la paille.

    4 Août: Journée passée au quartier à faire les préparatifs de départ. Le soir sorti en ville dire un petit bonjour aux amis

    5 Août: Départ de Nantes à 10 heures sous une pluie torrentielle, embarqué à 12h et 1/2, dans un wagon à bestiaux, passé par Angers, Le Mans, Chartres, Versailles, Juvisy où' j'ai vu de nombreux aéros, Champigny, Meaux, Reims, Chastel Chéhery où nous avons débarqué à minuit le 7 après 36 H. Repas composé de conserves, melon, poires et 2 quarts de café au Mans et à Versailles. Partout le même élan patriotique.

    8 Août _ Arrivé au bourg de Chastel Chéhery à 1H, couché dans un grenier où j'ai bien dormi _ gens très affables _ bien ravitaillé _ bureau de tabac mis à sec _ départ pour St Juvin à 7 H où nous arrivons à 9 h. après avoir fait 9 K. environ _ temps pluvieux _ routes montagneuses _ en cours de route nous sommes freinés par 2 civils et 1 sous-lieutenant du 106 _ tous les 3 en auto , c'étaient 3 espions qui ont été arrêtés après avoir tué 2 capitaines d'Etat Major _ bien reçu, bien ravitaillé _

    9 Août = Départ à 5 H route peu fatigante, arrivé à Boult-aux-Bois à 9 H 1/2 après avoir fait 12 K. _ bien couché, bien ravitaillé.

    10 Août = Départ à 4h pour Brieulles S. Bar où nous arrivons à 7H _ bien couché _ mangé quelques lapins _ et de garde à la police _

    11 Août Départ à 5 H _ arrivé à Stonne à 9 H, chaleur tropicale, terrain très accidenté, côte de 6 K _ dirigé en halte gardée à 4 K _ arrivé à la Cendrière à midi village de 2 maisons, rien à boire, rien à manger avec n'est quelques salades _ 12 et 13 Août toujours là où l'on fait beaucoup d'exercice

    14 Août départ de la Cendrière pour Haraucourt situé à 10 K _ bien couché, mangé 2 lapins _

    15 Août = départ pour Floingt situé à 12 K _ bien couché, bien ravitaillé.

    16 Août départ à 2 H pour Bouillon (en Belgique) situé à 20 K _ marche très fatigante. C'est aux cris de "Vive la France" et de "Vive l'armée" que nous entrons en Belgique, population très heureuse de nous voir, ainsi nous recevons cigares, cigarettes, café et thé.

    17 Août départ de Bouillon pour arrivée à Balan 2 K de Sevan, très fatigué couché dans une usine de blanchiment de laine _ bien mangé chez un Belge _

    18 Août passé la journée à Balan où la musique a joué _

    19 Août Départ de Balan à 5 H le soir arrivé à Corbion (Belgique) à 10H _ Bien reçu gens aimables et affables _ coutumes et mœurs Françaises_ Acheté 2 briquets _

    20 Août Arrivée à Bouillon à 10 heures après avoir fait 10 K _ couché dans une usine, pas dormi _ garde _ pluie torrentielle, orage de 2 H _

    21 Août _Resté à Bouillon. Vu plusieurs copains;

    22 Août - départ de Bouillon pour la gauche de Messaint situé à 28 K - arrivée à 2 H - l'on entend siffler les obus et les balles _ Vu les premiers blessés _ continuellement en tirailleurs _ les balles sifflent aux oreilles, les obus tombent auprès de nous, quelques camarades d'atteints _ charge à la baïonnette à 8 H _ mis les boches en déroute _ fin du combat _ couché sur le champ de bataille soirée et nuit horrible à décrire, blessés, morts, cris, plaintes, appels terribles à entendre et à voir _ spectacle inoubliable _

    Blessé à 19 H."

    Ce civil passera par la suite 18 mois dans les tranchées de Verdun. Blessé plusieurs fois, retournant chaque fois au combat, il est toujours en vie le 11 novembre 1918 quand cessent les hostilités. Plus de 60 ans plus tard, son visage se fait masque de granit quand sont évoqués à la télévision ces jours et ces nuits insoutenables sur les champs de bataille, alors que les blessés, en train de mourir appellent une mère qui ne viendra pas.

    Inoubliables ces jours de guerre 14-18. Atroces. Plus de ça ! 

    Contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr (photo: archives personnelles: blessés - même graves - en soins à l'arrière encore jugés aptes à retourner au front au cours de la guerre 14-18)